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Full text of "Bulletins d'arboriculture, de culture portagère et de floriculture"

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BULLETINS 


D'ARBORICULTURE, DE FLORICULTURE 


BT DE 


CULTURE POTAGÈRE 


DÉPOSÉ CONFORMÉMENT A LA LOI 


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BULLETINS 


; 


D'ARBORICULTURE 


DE FLORICULTURE 


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DE CULTURE POTAGERE 

RéoieéS PAR 

Vr. Burvenioh, Éd. Pynaert, Ém Bodigaa, H. J. Van Huile 

Proftseenra à l^École d^Horticnltnre de l'État à Gand 


ORGANE DU 

CERCLE D'ARBORICULTURE 

DE BELGIQUE 

FONDÉ EN 1864 


1890 


GAND 

IMPRIMERIE C. ANNOOT-BRAECKMAN, AD. HOSTB, SOCC' 


CONSEIL D'ADMINISTRATION 

DU CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE, 


PrésidêfU : 

Vice- Président : 
Secrétaire général : 
Secrétaire adjoint : 
Trésorier : 
Bibliothécaire : 
Conseillers : 


Année 1890. 
MM. 

LB COMTB DB KbRGHOYB DE DeNTERGEBM, 

à Gand. 
H. J. Van Hullb, à Gand. 
Ém. Rodigas, à Gand. 
R. Ttman, à Gand. 
Fr. Burvbnich, à Gentbrugge. 
Éd. Pynabrt, à Gand. 
L. Boddaert, à Deinze; 
F. Crépin, à Bruxelles; « 
Ch. De Muntbr, à Wondelghem ; 
J. DE PooRTER, à Everghem ; 
J. M. DE Smet, à Maldeghem ; 
L. DE NoBELE, à Gand ; 
V. Hagb, à Courtrai ; 
J. Hermans, à Herenthals ; 
A. MABRTEN89 à Gand ; 
Baron Octave Pyokb de Tbn Aerdb, à 

St-Georges (Bloemendael) ; 
Fr. Struelens, à Grammont; 
Om. Van Librdb, à Sottegem ; 
Ch. Van Wambbke, à Bruxelles; 
Is. Vermandel, à Gand. 


COMITÉ CENTRAL. 

MM. Fr. Burvbnich père, au Dries, à Gentbrugge; 
Éd. Pynabrt, rue de Bruxelles, 136, à Gand; 
Em. Rodigas, boulevard de TEcole normale, 15, à Gand, 
H. J. Van Hullb, chaussée de Courtrai, 27, à Gand. 


(/ lt( ,t . 


)»' Série, Vol. IV, B* 1. 


Janvier 1890. 


BULLETIN 

D'IRBORIGULfîJRE, DE FLORIGULTURE 

ET DE CULTURE POTAGÈRE 

RÉDIGÉ PAR 

7r. Burvenich, Éd. Fynaert, Ém. Bodigas & H. J. Van Hxdle 

profetMiir» à rÉooIe d'Horticullure de PÉlal, à Gand 

iOMMAIRE. 1. Conseil d'administration, p. 4. •— 2. Fréd. Bur^enich père. Poire Man- 
suette de Bougnies, p. 5. — 3. Emile Rodig^as. Les vingt cinq premières années du Cercle 
d'arboriculture de Belgique, p. 7.^4. Fréd. Burrenioh père. Nourrissement des abeilles^ 
p. 20. — 5. F. B. Produit des abeilles, p. 22. — 6. Ëm. Bodigas. Anémones Hépatiques^ 
p. 23. — 7. fim. B. Bibliographie, p. 25. — 8. "Èm, B. Longueur des noms de variétés, 
p. 27. — 0. £m. B. Varia, pp. 6, 24, 28, 29, 30j 31, 32. 

Planchb colobiâb : Poire Mansuette de Bougnies. 
«"ig. 1. — Nourrisseur avec passoire . . 20 | Fig.2.— Cage pour nourrissement au sucre 22 


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BULLETINS 

D'ARBORICULTURE, DE PLORICULTURE 

BT DB 

CULTURE POTAGÈRE, 


Mansuette de Bougnies. 

Cette variété encore inconnae dans la pomologie porte 
beaucoup de traits de famille de la Mansuette des Flamands, Ban 
chrétien d'Espagne ou Cfrande-Bretagne. Cette variété très 
ancienne jouissait autrefois d'un grand renom à preuve les 
nombreux baptêmes qu'elle a reçus successivement : Ango- 
lertj Beurré de Sémur, Dagoherty Délices des Paysans^ Double 
Mansuette, Poire de Sle Catherine, Solitaire, etc. De nos 
joui», la Mansuette n*est plus guère cultivée. La Mansuette de 
Bougnies est un heureux perfectionnement de l'ancien type. 
Nous sommes redevables des fruits et des greffes à un des plus 
anciens membres de notre Cercle, M. Arthur Hélin, arboricul- 
teur diplômé de l'*' classe, à Montignies-lez-Lens. C'est un 
semis de feu Mathieu Yander Meren, jardinier de M. Tabbé 
de BiSBAU DE Bougnies qui habite Montignies-lez-Lens. C'est 
M. HÉLiN qui a servi de parrain au nouveau gain, auquel il 
déclare avoir donné le nom de de Bougnies pour ne pas établir 
de confusion de noms entre Tobtenteur de la nouvelle Mansuette 
et celui d*an pomologue belge bien connu, M. de Biseau 
d'Hautbvïllb de Binche. 

* 

Noi^s devons dans cette description nous borner en grande 
partie à ce que nous avons pu observer nous même dans nos pépi- 
nières. Arbre de très bonne croissance et d'une vigueur soutenue. 
L'ensemble de sa couronne présente un port pyramidal très 


— 6 — 

régalier. Nous croyons pouvoir affirmer que la MansueiU de 
Baugnies sera une précieuse acquisition pour la grande culture 
en haut vent. Le fruit est beau, d*un volume régulier et de très 
bonne qualité, juteux, parfumé, eau légèrement acidulée, chair 
mi-fondante, mi-croquante; maturité, septembre. Sa chaude 
coloration constitue un mérite pour la grande vente, où 
on recherche surtout les fruits qui payent de mine. Pour 
la culture en verger, cette variété présente encore cet avan- 
tage qu'elle peut être greffée au pied, parce^qu*elle forme sans 
entregrefEage des tiges bien droites, saines et solidement 
bâties. 

Les rameaux sont d'un brun clair, l*écorce est marquée 
de petites lenticelles grises et arrondies. 

Les feuilles sont amples, longuement pétiolées, sillonnées de 
nervures fortement marquées. 

Les yeux sont presque ronds, courts et placés sûr des 
supports saillants. 

Quant à la date de la première fructification, nous ne 
pouvons à regret renseigner nos lecteurs. 

Fréd. Burybnich père.*^ 


Nouyeanx Lilas. — Au concours du 6 mai dernier, à TEx- 
position Universelle de Paris, plusieurs variétés nouvelles de 
Lilas attirèrent l'attention des connaisseurs. Leur obtenteur, 
M. Victor LuMoiNB, à Nancy, a fait connaître dans le Garden 
and Foreêtf l'origine de ces nouveautés. Elles ont pour point de 
départ une variété très ancienne dont les fleurs sont pourvues 
de corolles* emboîtées les unes . dans les autres. Les fleurs de 
cette variété furent fécondées avec le pollen de bonnes variétés 
du Lilas commun, telles que Ville de Troyes, sanguinea, etc. ; 
d'autres fleurs reçurent du pollen de Syringa oblata. De ce 
semis on obtint des variétés telles que S. hyhrida hyacinlhi- 
fiora^ rubella plena, renoncule, etc. Celles-ci furent le point de 
départ d'un nouveau croisement et ont donné des variétés à 
fleurs doubles reproduisant les coloris que l'on rencontre chez 
les variétés à fleurs simples. Ém. R. 


— 7 — 

Les vingt cinq premières années du Cercle 
d*arboriculture de Belgique: 

Rapport te M. Emile Rodigas, secrétaire général. 

L*arboricaltare fruitière était dans son premier épanouissement; 
l'administration centrale avait établi dans plusieurs de nos pro- 
vinces des cours publics donnés sur cette brancbe appelée à 
ajouter une part considérable aux produits de la ferme. Sur 
plusieurs points^ renseignement laissait à désirer et ceux qui 
étaient alors à la tête du mouvement borticole, comprirent l'im- 
périeuse nécessité de mettre un terme à un état de choses qui 
devait compromettre les progrès de la culture fruitière. Telle 
est l'origine du Cercle dont la création fut décidée en principe 
à la session du Jury d'arboriculture de TEcole d'horticulture de 
Gand en décembre 1863 et de celle de Yilvorde au mois d'août 
1864. Une commission provisoire fut nommée à cette époque 
sous la présidence du docteur Rodioas. La première circulaire 
lancée par le Secrétaire de cette commission, M. J. I. De Beug- 
EiBRy d'Anvers, appela à une réunion à Bruxelles tous ceux qui 
s'occupaient de renseignement de l'arboriculture en Belgique. 
La réunion eut lieu le 23 octobre 1864 et ce jour-là on jeta 
hardiment les fondements de l'institution dont nous avons fêté 
récemment la vingt-cinquième année d'existence. 

J'ai hésité à faire l'historique de notre association depuis 
sa fondation jusqu'à ce jour, parce que j'ai craint d'avoir à faire 
trop ressortir les mérites d'une œuvre à laquelle mes collègues 
et moi nous avons contribué avec une ardeur incessante; 
j'aurais préféré laisser à d'autres le soin de relever les faits qui se 
sont accomplis durant ce quart de siècle ; mais je n'ai pu me 
soustraire au devoir qui incombe au Secrétaire général, rappor- 
teur officiel des travaux de l'année, et il eût été difficile de signa- 
ler ceux-ci sans parler des fêtes jubilaires. D'ailleurs, ce qui m'a 
encouragé, c'est qu'au dessus de la prodigieuse quantité de 


— 8 — 

mémoires publiés dans les Bulletins depuis vingt-cinq ans, au 
dessus des recherches de toute nature faites par nos collabora- 
teurs et des travaux personnels des principaux rédacteurs de 
l'organe du Cercle, au dessus des multiples indications données 
sur la pqmplpgie, T^rborici^Uure fruitière et 4'horticulture, je 
retrouve pour ainsi dire à chaque page une même pensée qui leg 
domine toujours, ceHe de pousser avec persévérance au char du 
progrès, d'aider au relèvement de Tagriculturei de contribuer 
dans la mesure du possible au bien-être des populations et 
d'apporter quelque chose, si peu que ce soit, au développement 
de la richesse nationale. 

Les fondateurs du Cercle donnèrent pour but à rinstitution 
l'amélioration de renseignement de l'arboriculture, le choix et 
la classiâcation des meilleures variétés fruitières, l'examen des 
publications arboricoles. En même temps ils inscrivirent dans 
leur programme que le Cercle s'occuperait de toutes les questions 
touchant aux intérêts de rarboriculture. 

Celui qui veut feuilleter la longue série des Bulletins^ pourra 
se convaincre que l'on est demeuré fidèle à toutes les promesses 
et que jamais on ne s'est écarté de la voie primitivement tracée. 
Le nombre des adhérents qui se sont successivement joints aux 
premiers fondateurs dit hautement que l'association répondait 
à un besoin ei était appelée? à rendre de réels services. 

Lors de la première séance publique tenue à Anvers le 4 juin 
1865, le Cercle qui s'appelait alors € Cercle professoral pour le 
progrès de l'arboriculture en Belgique » comptait déjà 108 
membres. Je ne m'étendrai pas sur les luttes que notre Société 
eut  soutenir dès le principe. Il sied mieux de rappeler qu'on a 
été invulnérable à l'envie et insensible aux attaques des esprits 
faibles et des malheureux. L'opposition qui surgissait sous des 
formes multiples à chacune des assemblées générales, tenues sur 
divers points du pays, émanait d'un petit clan qui redoutait une 
seule chose, notamment la supériorité de l'intelligence et du 
savoir, la puissance de la théorie pure ébranlant l'antique rou- 
tine. A l'assemblée générale du 25 décembre 1865, l'estimable 


J 


- 9 - 

pré^d«iit^ M. VANDBN Hbckb de Lbbcbeke, avait émis Tidée de 
voir le Cercle GOûiinuer les Annales de Pomologie doot la publi- 
cation , faite aux frais de TÉtat, venait de cesser. Cette idée de 
reprendre la feruite d'une œuvre, Nationale dans son essence et 
dans son but, fut conâidérée comme une prétention trop grande 
et sa réalisation aurait pu mettre sur un piédestal ce Cercle que 
Ton n'aimait pas à voir grandir. Voilà pourquoi Topposition fut 
sjsténMitique et demeura telle durant plusieurs années ; elle était 
faite d'impuissance et d envie; elle a âni par s'éiclipser, sauf chez 
quelques déclassés. 

Dès la seconde assemblée, tenue à Vilvorde, on s'occupa de la 
théorie de la dégénérescence des fruits et de la nécessité de 
recourir aux semi<s pour combattre celle-ci. Et lorsque récem- 
ment, vingt-cinq années plus tard, cette même théorie fut émise 
dans un autre milieu, ne yit-on pas iseux-Ià ménaes qui assis- 
tèrent à la première discussion et qui la dénigrèrent, s'extasier 
maintenant comme s'ils s'étaient trouvés devant une idée nou- 
velle ? Le Bulletin est là pour attester ce que j'avance. La théorie 
de VAN MoNS^ la nomenclature des variétés, l'uniâcatiori des 
méthodes de l'enseignement de l'arboriculture, le programme 
de cet enseignement décrété le 15 mars 1865, grâce à l'inâuence 
naissante du Cercle, toutes ces questions furent longuement 
discutées dans les premières réunions. 

Alors vint à surgir la fameuse question de la taille longue et 
de la taille courte mise en lumière par les controverses suscitées 
dans les séances du Cercle. Ne sont-ce pas ces discussions mêmes 
qui ont fait connaître non seulement certains procédés de 
culture, mais aussi des arboriculteurs qui sans cela seraient 
encore aujourd'hui parfaitement ignorés ? 

Dans le principe, le Cercle était loin d'avoir Tappui de 
l'administration centrale ; celle-ci avait été mal renseignée sur 
ses travaux et son but. Ce n'est qu'en 1867 que l'État consentit 
à lui donner un faible subside pour l'aider à la publication des 
Bulletins. Par contre, plusieurs communes et des sociétés d'hor- 
ticulture consacraient l'utilité de ceux-ci en 9'y abonnant et le 

2 


— 10 — 

Conseil provincial dô la Flandre Orientale n*ayait pas attenda 
aussi longtemps pour lui témoigner la sympathie qu'il accorde 
d'ordinaire aux œuvres utiles. 

Bien plus que les Annales de PomologU, les Bulletins oui oon» 
tribué à faire connaître en Belgique età l'étranger les variétés 
fruitières obtenues de semis sur notre sol. G*estie Cercle qui le 
premier envoya par delà nos frontières, une nombreuse collec- 
tion pomologique bien dénommée. L'apparition des fruits belges 
à Bordeaux en 1867 eut un incontestable succès. En même 
temps le Cercle s'efforçait d'étendre dans nos provinces les plan- 
tations fruitières et de perfectionner les procédés de culture. 
Le choix des douze meilleures poires de verger, la taille sur 
empâtement, la taille des racines des arbres qu'on transplante, 
le traitement des faux bourgeons du Pécher, la taille des pro- 
ductions fruitières de la Vigne, la taille du Poirier en fuseau, 
étaient discutés contradictoi rement dans les séances de laSociété. 
Car, il convient de le rappeler encore, le Cercle n'a jamais eu 
un esprit étroit pour base. Ses fondateurs ont voulu connaître 
aussi les méthodes suivies ailleurs que chez eux, ils n'ont jamais 
répudié aucune pratique quand elle était rationnelle et toujours 
ils ont mûrement examiné les divers procédés aûn d'en apprécier 
tous les résultats. Ils se sont souvenus que le jardinier qui avait 
eu d'abord des droits à l'éducation physique, a les mêmes droits 
à l'éducation intellectuelle. 

Partout dans ses excursions, le Cercle hautement apprécié a 
toujours rencontré l'accueil le plus sympathique. A l'assem- 
blée tenue à Liège en 1868, il fut reçu à la Société libre 
d'Émulation. En mai 1869, à l'Hôtel de ville de Malines; la 
même année, en septembre, à l'Hôtel de ville de Tournai; en 
mai 1870, à l'Hôtel de ville d'Alost; en 1871, au Waux Hall 
de Mons et à l'Hôtel de ville de Louvain ; en 1872, à l'Hôtel de 
ville de Courtrai et au Palais de justice de Huy; en 1873, à 
l'Hôtel de ville de Oand, en 1874 à l'Hôtel de ville de Bruges. 
C'est que Ton comprenait partout que notre association poursuit 
un but d'utilité publique. 


— Il — 

A partir du mois d'octobre 1866, les Bulletins deviennent et 
sont restés mensuels; dès 1869, ils sont publiés séparément 
dansles deux langues nationales de notre pays et ici les éditeurs 
de Torgane dd Cercle ont le droit de poser cette simple question : 
qaelle est donc la Société qui aurait voulu faire ce que le Cercle 
a fait pour nos compatriotes? Quels sont ceux qui n'auraient pas 
reculé devant les sacrifices de temps et d'argent résultant de 
cette double publication ? 

L'étude des fruits à déclasser, celle des erreurs de sjnonjmie 
concernant les fruits belges, les raisins a cultiver en plein air 
en Belgique, le choix des meilleures pommes de verger, les 
formes à donner aux arbres fruitiers, les variétés locales de 
fruits, la culture en pots des arbres fruitiers, les causes modifi-. 
catrices de la qualité des fruits, le jardin de l'instituteur, la 
culture intensive des arbres fruitiers, les abris, la culture 
forcée et la culture retardée, l'utilisation des pignons, le 
greffage des boutons à fruits, le cisellement des raisins, telles 
sont quelques-unes des questions que je relève au courant de 
la plume et qui donnent la preuve de ce que l'intérêt général 
a toujours présidé aux investigations et aux recherches faites 
par les membres de notre Société. 

En 1869 on aborda pour la première fois la question de la non 
taille des arbres fruitiers. Alors parurent aussi dans le Bulletin 
les figures noires des meilleures poires de verger. En 1870, le 
Cercle adresse à la Chambre des Représentants une requête 
demandant une loi protectrice des oiseaux utiles à l'agriculture. 
Dès lors le Cercle avait déjà le droit de parler au nom de 
l'arboriculture belge tout entière, puisque le nombre de ses 
membres disséminés dans toutes les provinces dépassait le chiffre 
de cinq cents, sans compter les adhérents qu'il comptait à 
rétranger. 

Fréquemment le Cercle a fait des visites à des cultures bien 
établies. C'est ainsi qu'il visita le jardin de M. Houtard^ à 
Courcelles où M. Gillukbns se distinguait comme arboriculteur; 
les jardins des environs de Gand,ceux de MM.HENNAU,L£soiNMfi 


- 12 - 

et Galopin à Liège ; celui de M. Millet, à Tirlemont ; de 
M. GRéâoiRE-NÈLis, à Jodoigne; de M. de Poorter, à Evergem ; 
ceux des écoles de Tournai et de Vilvorde, celui de M. Brunbau 
à Uccle et les serres à vignes de Hoeilaert. 

Le Cercle a pris part à toutes les manifestations intéressant 
directement Tarboriculture ou la pomologie en Belgique. C^est 
par ses soins qu'une œuvre d'art fut offerte au pomoLogue et 
éminent patriote tournaisien M. B. C. du Mortier. 

C'est par son initiative encore que fut élevé à Gentbrugge au 
mois d'août 1879 un monument public à la mémoire du célèbre 
horticulteur Louis Van Houttb. 

Si le Cercle a rencontré partout de nombreuses sympathies, il 
n'a pas non plus marchandé son aide quand elle a été invoquée. 
Il s'associa de tout cœur aux organisateurs du premier concours 
provincial de vergers ouvert par la Société provinciale de la 
Flandre Orientale et contribua à rendre cette œuvre grande et 
féconde. 

Cependant, malgréson désir de bien faire, malgré le caractère 
d'intérêt public de ses desseins, le Cercle n'a pas toujours réussi 
à les accomplir. Dès l'année 1870 a surgi dans son Conseil le 
projet d'un concours national de jardins fruitiers. Ce projet , 
longuement étudie par la suite et ânalement élaboré sur des bases 
très larges, après des échanges de vues avec l'administration 
centrale, semblait entrer dans les voies de l'exécution, lorsque 
soudain, en 1881, il fallut j renoncer temporairement. Il 
paraît que l'exécution de ce programme aurait donné au Cercle 
gantois, comme l'appelaient les envieux, une prépondérance 
dont des sociétés rivales auraient pu s'effaroucher. Voilà 
comment Tabsence d'union, quand il s'agit d'un intérêt public, 
nuit aux meilleures choses! 

L'administration du Cercle tendait si peu à imposer son 
autorité, l'idée de centralisation était si Ipin de son but que 
dès 1870 elle songea à instituer des sections locales partout 
où le nombre des membres du Cercle aurait permis d'en 
établir. Des sections furent installées à Liège d'abord, à Anvers 


— 13 — 

et à Gand ensuite ; mais, malgré leur utilité et leurs travaux 
spéciaux, il fallut dès 1874, dans l'intérêt de Tinstitution mère, 
renoncer à les maintenir. Une seule de ces sections, affran- 
chie désormais de toute tutelle, a su se développer et grandir, 
c*est celle de Liège qui marche résolument sur les traces de 
son ainée et qui comme celle-ci tient haut et ferme le drapeau 
de la pomologie. Les autres ont eu le sort de tant de petites 
associations éphémères qui ne veulent connaître ni l'activité ni 
la persévérance, rares vertus quand il s*agit d'intérêt général. 

A partir de 1871 un supplément réservé au jardin d'agrément 
et au potager fut joint au Bulletin qui jusque là ne s'était occupé 
qae d'arboriculture et de pomologie. Le çuccès de cette addition 
fat tel que, dès Tannée suivante, il fallut satisfaire au désir 
exprimé par la majorité des lecteurs et fondre les divers 
éléments en un seul et même fascicule. A partir de 1872 aussi, 
modiâcation plus heureuse et plus importante encore, les Bidlâ' 
tins renferment des planches coloriées de fruits permettant 
ainsi de réaliser d'une façon plus complète un des desiderata 
des fondateurs, celui notamment de répandre par tous les 
moyens la connaissance et la culture des meilleures variétés. 
Et savez-vous quel est le nombre des fruits qui ont déjà passé 
dans notre galerie iconographique ? Ce nombre est aujourd'hui 
de 315; savoir : 122 poires, 37 pommes, 65 fraises, 21 pêches, 
18 raisins, 18 cerises, 10 prunes, 17 groseilles, 3 brugnons, 
2 framboises, 1 nèfle et 1 abricot. 

Depuis 1872, l'organe du Cercle se compose chaque année 
de 2 volumes, l'un français, l'autre flamand, de 384 pages avec 
planches coloriées et nombreuses vignettes. Aucune des questions 
d'actualité se produisant dans le domaine de l'horticulture n'en 
est exclue; toutes j sont l'objet d'un examen impartial. On l'a 
répété assez souvent, les Bulletins sont pour les membres du 
Cercle une tribune libre où chacun est admis à exprimer sa 
manière de voir et où tous sont conviés à faire connaître les 
résultats de leurs recherches et de leurs expériences. Les 
Bulletins ne se donnent pas le rôle aisé du silence; ils ne se 


— 14 — 

reconnaissent pas le droit de se désintéresser dans les questions 
utiles, qu'elles appartiennent à la théorie pure, comme celle du 
mouvement de la sève dans les plantes, ou qu'elles soient exclu ~ 
sivement du ressort de la pratique, comme la taille des rameaux 
fructifères de la Vigne. 

Prenez le premier volume venu des Bulletins et vous y trou- 
verez la preuve de ce que je viens de dire : l'éloge de van Mons 
et l'enlèvement des Sabines s'y coudoient avec la torsion des 
rameaux du Poirier et le choix des essences à planter sur les 
coteaux longeant la Meuse; les cordons en guirlande et les 
contre espaliers marchent de pair avec le boisement des dunes 
et les plantations publiques; le cisellement des raisins et les 
plus beaux Conifères, avec la Botanique élémentaire, la Chimie 
horticole et les arbres fruitiers en buissons. Réellement les 
Bulletins, dans leur ensemble, constituent une bibliothèque 
d'une variété infinie. 

Cependant pour ceux de nos lecteurs désireux de s'intruire 
davantage et à qui ces enseignements auraient pu ne pas suffire, 
les Bulletins, fidèles en ce point encore aux vœux inscrits dans 
le Statut, ont signalé à profusion les publications nationales 
et étrangères se faisant jour dans le domaine de l'horticulture. 
Le premier ouvrage cité fut celui de M. Charles Baltbt sur 
la Culture du Poirier, puis le Traité de la culture fruitière par 
M. GiLLBEENS. Toutes les œuvres importantes des écrivains 
arboricoles, des |)omologues, des horticulteurs, ont été succes- 
sivement analysées avec une constante impartialité. 

On ne s'est pas même borné à faire connaître ces écrits; les 
principaux établissements de France, d'Allemagne, d'Angleterre 
et de Hollande ont aussi été passés en revue. Les pépinières 
d'Angers, d'Orléans et de Troyes, les cultures de Suisnes et de 
Montreuil, celles de Dubreuil et de Gressent, celles du Westland 
et de Boskoop, celles de Londres et des environs de cette métro- 
pole, ont fait l'objet de communications nombreuses et détaillées; 
plus spécialement nous avons présentes à la mémoire les 
excursions faites en 1879 en Hollande et en 1882 en Angleterre* 


— 15 — 

L'aocneil réservé aux membres du Cercle en ces diverses circon- 
stances est de ceux dont on garde un impérissable souvenir.. 

A leur tour les étrangers furent convies plus d'une fois à se 
rendre au milieu de nous et eux aussi se rappellent volontiers les 
réceptions qui leur ont été faites en Belgique. Nos confrères de 
France ont rendu compte de l'impression profonde qu'ils ont 
emportée du congrès tenu à Gand en 1875. Cette session de la 
Société pomologique de France à Gand fut pour celle-ci une des 
plus heureuses et des plus riches en enseignements. Les fruits 
de Belgique purent être comparés avec ceux de France, de 
Hollande et d'Angleterre et leurs mérites furent hautement 
appréciés. 

Lors des fêtes nationales de 1880, le Cercle convoqua un Con- 
grès à Bruxelles même et ses travaux ont été considérés comme 
ayant une importance marquante. Enfin le Congrès convoqué 
cette année, à l'occasion du Jubilé du Cercle, n'aura pas été moins 
fructueux. 

Depuis sa fondation jusqu'à ce jour, le Cercle a ouvert à 
Gand dix expositions pomologiques. La première, organisée en 
vue de participer à l'exposition internationale de Vienne, eut lieu 
en 1873. Le lot collectif du Cercle fit sensation dans la capitale 
de l'Autriche, malgré le voisinage des fruits colorés par le 
soleil du midi. Aussi l'octroi par le Jury de la plus haute récom- 
pense fut ratifié par les visiteurs dont l'admiration se tradui- 
sait par ces mots : « Wie schdn das Ohst ans Belgien! > 

Une exposition plus importante encore fut celle du 18 octobre 
1874. Les récompenses promises n'avaient qu'une valeur intrin- 
sèque minime ; malgré cela, le succès fut éclatant à divers 
titres. Cette exposition nous valut de la part d'un Ministre 
d'Etat ces paroles dont je me souviendrai toujours : « Je vou- 
drais, me dit-il, féliciter celui qui eut la généreuse pensée 
d'appeler les instituteurs à prendre part à ces concours. Cher- 
cher à les guider, à les stimuler, c'est semer pour l'avenir! 
Votre Cercle d'arboriculture, n'eût-il que ce seul mérite, aurait 
le droit d'être compté au nombre des institutions vraiment 


— 44 — 

ne saarait se comparer à celai des dégustateurs dont le visage 
s'épanouirait en mordant dans la chair juteuse et parfumée qu*il 
devrait à nos semis. Même sous le rapport de la reconnaissance 
des arrière-neveux, je ne crois pas que le pomologue ait trop à 
se plairxdre. Dans Tunet Tautre, après une trentaine d'années, 
elle est toujours circonscrite dans des groupes assez restreints 
de délicats littéraires ou de spécialistes horticoles qui seuls, en 
goûtant une jouissance, sont en état de remonter par la pensée 
au pauvre mort qui la leur a fournie. C'est précisément pour cela 
que nous nous reprochons d'avoir un peu contribué à amoindrir 
le petit tribut de gratitude que le bon chanoiue peut encore 
percevoir. 

Nous avons péché sans trop nous en douter, sur la foi du 
Dictionnaire pomologiqae d'A. Leroy, lequel maintient, en 
France, Arenberg contre Hardenpont. Enfin, c'était surtout au 
point de vue de l'intérêt commercial que nous adressions notre 
observation à notre ami Baltbt. Il faut bien que M. le comte 
DB Kbrghovb le sache : si sincère que soit la contrition qu'il 
obtient de nous, la mémoire du chanoine de Mons n'j gagnera 
pas grand*-chose. Pour restituer à Hardenpont ce qui appar- 
tient à Harjmsnpont, ce serait contre dame routine qu'il faudrait 
lutter et la routine représente le lutteur masqué de la fin que 
les athlètes réussissent si rarement à tomber. Cet Améric 
Yespuce de Noisette a eu beau commettre son usurpation de 
litre quarante-sept ans après le bon baptême, comme nous voilà 
en 1890, elle a eu le temps de faire du chemin. Dans le Centre, 
dans l'Ouest, tous nos jardiniers ne jurent que par Arenberg; 
en dépit de la décision du Congrès pomologique, les catalogues 
des pépiniéristes que nous venons de consulter s'associent tous à 
ce déni do justice ; il n'est pas jusqu'à ÏÉco agricole, qui vient 
de nous tomber sous la main, dans lequel nous lisons, aux 
cours des denrées de la Halle ; t Poires d'Arenberg, 100 fr. les 
100 kilos ! > 

M. le comte db EIbrohovb appréciera, je Tespère, l'impuis- 
sance de ma conversion, de même qu'il voudra bien me tenir 


— 17 — 

la part de tous les pomologues compétents Taccaeil le plus dis- 
tingué ; et, comme le Président du Jury l'a dit alors : cil j 
avait dans ce lot le plus d'intelligence et le plus de progrès. » 

L^expositiondu 29 septembre 1889 est de date trop récente 
pour qu'il faille en rappeler le souvenir. Avant de remettre à 
ceux qui ont bien voulu j prendre part, les belles récompenses 
qui leur ont été attribuées, le Conseil leur exprime, par mon 
organe, sa vive reconnaissance pour leur généreux concours. 
Grâoe à eux, le contingent du Cercle a obtenu à Paris la plus 
haute distinction avec les félicitations du Jury : nos coopérateurs 
oat le droit d'en revendiquer la meilleure part. 

Le Cercle ne s'est pas borné à faire voir les fruits aux expo- 
sitions et à les décrire platoniquement dans les Bulletins, Il a 
fréquemment distribue des graines, des plants et des grefions. 
Ces distributions ont permis de faire connaître directement et de 
répandre une série d'excellentes variétés. Les documents qui ont 
paru dans l'organe du Cercle ont eu soin de faire ressortir 
le dévouement dont plusieurs de nos confrères ont fait preuve 
en ces circonstances. 

Le 6ercle a voulu également répandre l'instruction dans les 
écoles. Il a ouvert dans ce but un concours pour le meilleur 
traité élémentaire d'arboriculture et un autre encore pour le 
meilleur traité de culture maraîchère. Les ouvrages couronnés 
ont eu les honneurs de la publication. J'aime à citer les noms 
des deux lauréats : M. Louis Henry, aujourd'hui chef des 
cultures au Muséum d'histoire naturelle à Paris, et notre 
confrère M. Fr. Burvenigh. 

Un autre concours heureux a été celui des corbeilles par- 
terres. Celui qui a eu le moindre succès est le concours offert 
itérativement aux collaborateurs des Bulletins» Il semble que 
nos confrères aient voulu faire presque toujours la sourde 
oreille et laisser aux premiers fondateurs le soin trop exclusif 
de continuer leur œuvre. 

Le Cercle, depuis sa fondation, a honoré ceux qui ont 
rendu des services marquants à l'horticulture. Il a admis 


— 18 — 

parmi ses membres correspondants les hommes d'élite qui 
s'étaient distingués par leurs écrits ou leur dévouement à la 
ckose publique. Il convient de rappeler les noms de : De 
Caisne, DuBR^uiLy Dr Lucas, Oberdibck, Dochnahl, Karl 
EocH, LiNDLBY, Th. Riyers, Robbrt Thompson, Jos. Mbre- 

DITH, Ma8, JaHN, FoRESTy D. HOOEBR, WlLLBRMOZ, ThoMAS 

MooRE. Ed. Otto, dont nous avons successivement déploré- la 
perte. 

A ces noms viennent se joindre ceux de MM. Oh. Baltet, 
Éd. Andrb, J. B. Verlot, Cusin, Krelaob, M. T. Masters, 
RoBiNSON, Ch. Verstraete, h. Witte, Lbbl et Waldeck qui 
continuent d'offrir à notre Cercle leurs témoignages de sym- 
pathie. 

Notre association compte actuellement dix-sept sociétés cor- 
respondantes avec lesquelles se fait réchange continuel des 
publications. 

Le titre de membre d'honneur n'a pas été prodigué. Il a été 
conféré seulement aux ministres Alphonse VandbnPeereboom et 
DELG0UR,à MM. B.C. Du Mortier et Louis YanHoutte. MM.Bel- 
LEFRoiD, RoNNBBRG, Grjégoire, Dblgroix et comtc T'Sbrclaes 
DE WoMMERSOM out été nommés membres honoraires. 

•Je remplis un devoir en rappelant le souvenir de ceux que le 
Cercle plaça à sa tête depuis sa fondation et qui l'aidèrent à con- 
duire vaillamment sa barque à travers bien des vicissitudes. Les 
présidents MM. van den Hecke de Lembeee, Edmond de Ghel- 
LINGE DE Walle, comte Ch. de Kbrchove de Denterghem ; les 
vice-présidents MM. A. Gailly et D' Rodigas ont laissé parmi 
nous un impérissable souvenir; si leurs noms sont inscrits au 
livre d'or de notre Cercle, je ne crains pas de l'affirmer, ils 
sont gravés également au fond de nos cœurs. 

Permettez-moi de joindre à ces noms, celui de Testimable 
vieillard que nous étions toujours heureux de voir à nos réunions, 
M. Dobbblabrb-Hulin dont le dévouement au Cercle est connu 
de vous tous, et celui d'un pomologue aussi aimable que distin- 
gué que la mort est venue, bien avant l'heure, enlever à notre 


— 19 - 

milieu. Delrue-Schrbyens était un ami sincère et dévoué pour 
nous tous ; sa mémoire aussi nous restera chère. 

A côté de ses heures pénibles^ le Cercle eut ses triomphes et 
ses fêtes. Les prix obtenus à Lille, à Bordeaux, à Vienne, à Bru- 
xelles, à Anvers et à Paris sont les jojaux de sa courpune; ils 
ont contribué à nous encourager toujours dans les efiforts que 
nous avons faits pour relever le renom de notre pomologie. Il 
m'est permis aussi de citer spécialement les festivités auxquel- 
les le Cercle convia en 1873, en I878et en 1 883 les sommités de la 
presse horticole européenne et cet autre banquet du 21 décembre 
1873^ si cordial malgré son caractère officiel, et puis la série de 
festivités venant interrompre allègrement les travaux du Con- 
grès pomologique de 1875 ; je n'oublie pas le banquet du Jury du 
20 septembre 1875 qui donna naissance à la pittoresque allégorie 
du trèfle à quatre feuilles devenue presque légendaire. J'aurais 
mauvaise grâce à ne pas mentionner les fêtes jubilaires oâfertes 
successivement à chacun des folioles de ce trèfle et le cordial 
entrain que les membres du Cercle apportèrent à ces inoubliables 
festivités. 

Heureux ceux qui peuvent encourager comme vous l'avez 
fait, Messieurs, ceux qui travaillent et qui sont animés de Tardent 
désir d'être utiles à leurs compatriotes! Les vingt cinq premières 
années de son existence ont [)ermis au Cercle d'arboriculture de 
Belgique de tracer un sillon durable, mais il est loin d'être 
parvenu au but qu'il s'est donné et à la réalisation duquel ses 
fondateurs ne suffiront bientôt plus ; que tous ceux qui ont à 
cœur les mêmes intérêts unissent leurs efforts pour aider le 
Cercle à poursuivre son œuvre avec la conviction de rendre 
service à la fois à la patrie et à l'humanité! 


NonrriBsement des abeilles. 

L'apiculteur préToyant soigne en antomna pour donner k ses 
colonies d'abeilles, ce qui pourrait leur manquer de eubsistancc 
pendant l'hiver. Cependant, malgré les conseils qu'on donne 
aux débutants, il 7 en a toujours qni commencent par com- 
mettre la faute de vouloir hiverner des colonies faibles et mal 
approvisionnées ou de négliger l'inspection des ruches à 
l'automne. Quelles que soient les causes du manque de vivres, 
lorsqu'on le constate, on doit se hâter de venir en aide aux 
pauvres engourdies, incapables de pourvoir a leur propre 
subsistance. 

Le mode le plus simple et le pins naturel de ravitailler la 

colonie, est de suspendre un ou degs rayons de miel opercolé 

derrière la grappe d'abeilles et de fermer rapidement la ruche. 

Nous tenons toujours dans ce bnt et ponr l'éventualité des 

besoins quelques cadres que nous ne confions pas à l'extracteur ; 

c'est un fonds de réserve que nous gardons pour celles qui y oat 

si équitablement droit. 

A défaut de miel en rayons ou de miel extrait dont on connaît 

ta provenance et le degré de pureté, on 

peut recourir au sirop de sucre renfermé 

dans des nourrisseurs, qu'on place sur 

l'orifice supérieur réservé dans les ruches 

, à cet effet. On se sert de bocaux en verre 

de la contenance de un ou même de 

2 litres, car avec des récipients trop 

petits on doit trop souvent déranger les 

abeilles. L'oriûce de ces iiourrisseurs eat 

1. - NomiiKeni iHK! fermé par une fine mousseline ou mieux 

piMoiie. par une |)etite passoire en fer blanc à fond 

de toile métallique. On pourrait encore remplir de ce même 

sirop des rayons vides et suspendre les cadres comme s'il 

s'agissait de rayons de miel. On doit en ce cas verser le sirop 


— 21 - 

bien lentement, afin que l'air ait le temps de s'échapper des 
alvéoles et que celles-ci se remplissent bien. 

Les apiculteurs les plus distingués recommandent pour le 
nourrissage d'hiver le sirop de sucre candisé en plaques, que Ton 
obtient en faisant dissoudre du bon sucre blanc dans très peu 
d'eau. On fait cuire jusqu'à ce que Teau soit évaporée au point de 
donner au sirop une consistance telle qu'une cuillière puisse 
presque j rester debout ; on ajouté encore un peu après avoir 
retiré du feu et on verse dans un moule approprié placé sur une 
plaque de marbre ou une dalle huilées. Le moule le plus pratique 
est un cadre vide de la ruche qu'on pose sur le marbre et dans 
lequel on verse prestement mais doucement le mélange. 
M. Somme, curé à Retonfay, un maître en apiculture, recom- 
mande d'j ajouter 10 à 15 grammes d'un mélange de 28 gram- 
mes de borax, 28 grammes d'acide salycilique dissous dans 
2 litres 272 d'eau. C'est comme remède contre la laque que 
M. Somme préconise Taddition de ces ingrédients dont quelques 
apiculteurs contestent l'utilité. 

Quand on ne veut pas se donner la peine de fabriquer des 
plaques, on peut remplir le nourrisseur, fig. l,ou tout aufre bocal 
à large goulot de sucre candi et engager l'ouverture dans Torifice 
circulaire qui se trouve au haut de la ruche. Il existe pour cet 
usage des bocaux spéciaux sans fond, qu'on peut remplir sans les 
retirer de leur position et par conséquent sans déranger les 
abeilles pour lesremplir à nouveau, point très important pendant 
Thivernage. 

Nous nous sommes servi avec grand succès d'un appareil de 
nonrrissement avec sucre candi, qui est très recommandable à 
cause de sa simplicité et de sa ressemblance avec la méthode 
rationnelle décrite au commencement de cet article. Le cadre 
ordinaire de la ruche est garni de chaque côté de petites lattes 
distantes de 2 centimètres, ou même moins, ou d'un treillis 
formé de fils de fer ou garni de toile métallique à mailles larges. 
On forme ainsi une cage dont on remplit le vide avec des mor- 
ceaux de sucre candi, qui, s'humectant par la buée qui règne 


— 22 — 

dans la ruche, pourra être graduellement recueilli par les 
abeilles. 

C'est un cadre-cage du genre de celui que nous employons 
pour le nourrissement, que nous avons appliqué à Textracteur 

■ centrifuge pour l'extraction 


des débris de rayons cassés 
ou provenant de la taille des 
ruches de l'ancien système. 

Il résulte de ce que nous 
venons de dire au sujet du 
nourrissement que le sucre 

2. -Cage pour nottiriMemeiit au sucre. ^q{i gg donner daus SOn état 

de pureté absolue, mais sans qu'il soit servi dans un état liquide 
aux abeilles. Les solutions de sucre quelconque, dans la bière, 
dans le vin blanc, etc., les sirops trop clairs, les cassonnades, 
les mélasses dont se servent parfois nos apiculteurs, ne sont 
pas recommandables. 

Une nourriture trop liquide incite les abeilles à faire des 
consommations exagérées qui peuvent amener la dyssenterie, ou 
les pousse à faire des sorties intempestives. En terminant, nous 
répétons avec tous les apiculteurs prévoyants : c'est en septem- 
bre qu'il faut soigner pour les provisions. 

Frbd. Burvbnich pèrn. 


Produit des abeilles. 

Nous lisons dans ; Elsass-LothringUser Bienen Zûchter : 
c Suivant un rapport sténographique de la Chambre des 
députés allemands, l'abeille procure annuellement à la nation 
allemande, un bénéfice net de 17 millions de marks (le 
mark =» fr. 1,25). Quel beau revenu provenant du travail des 
abeilles 1 » 

P. B. 


— 23 — 
Anémones hépatiques. 

Parmi les printanières vivaces, je ne connais point de fleura 
plus gracieuses, d*un coloris plus agréable. Aussitôt les der- 
nières neiges dissipées au soleil, elles relèvent leur corolle 
et viennent égayer le parterre. Les véritables amateurs de ces 
plantes préfèrent les tenir en pots et ils procèdent à la division 
des touffes aussitôt que la floraiison est passée. 

La multiplication se fait de la sorte avec la plus grande 
facilité. La motte est débarrassée complètement de la terre 
et deux ou trois pousses munies de quelques racines constituent 
une bonne plante. Trois ou quatre de ces plantes mises 
séparément autour d'un pot forment une excellente, potée. 
Ces pousses peuvent être plongées dans une couche de tannée 
ou de fibres de noix de coco. 

Les jeunes plantes passent dans cet état une douzaine de mois 
puis elles peuvent être empotées séparément et traitées de la 
même manière que précédemment. 

La terre qui leur convient le mieux est la terre franche, 
c'est-à-dire un mélange de terre de jardin avec de Targile et du 
sable par tiers. 

Les racines pénètrent assez profondément dans le sol, pour ce 
motif le parterre qui leur est destiné devra être bêché à un demi 
mètre de profondeur. Il est bon que le sous -sol soit perméable. 
Si Ton a soin de butter un peu avec du terreau, les plantes 
mises en pleine terre, celles-ci peuvent demeurer en place deux 
ou trois ans et fleurissent alors en abondance. 

Les plantes en pots peuvent être tenues à froid sous un simple 
châssis à l'exposition de Test. Dans cette situation, elles s'épa- 
nouissent de bonne heure. Veut-on jouir plus tôt encore de 
leurs flears? il suffit de porter les pots dans une serre modérément 
chauffée et de les mettre assez près du vitrage. 

Le nombre des variétés est assez considérable ; le coloris va 
depuis le bleu le plus foncé jusqu'au rouge vif et au blanc le 
plus pur en passant par toutes les nuances du bleu et du rose. 


- 24 - 

Personne n*a possédé une collectioo plus complète de ces jolies 
fleurs que mon père qui en a obtenu les plus belles variétés, 
entfettutres VAnenomM hepeUica Barhmh ctont le coloris «ftt du 
bleu le plus foncé, puis la rariété ctfrulm laevigata, d'uâe 
nilàfi<de lilacée des plus distinguées. Il existe deux Variétés de 
fleurs blanches simples isntièreinent distinctes en ce que bhez 
Tune les étamines sont parfaitement rouges. 

Non seulement les Hépatiques se multiplient ptt voie â^ séhlis 
miis elles donnent par ne moyen une série dte vacations et ne 
rendent que rarement la formé originale. Nous avons vu toute- 
fois la variété ûlba staminièus rubriif dont il vient d'être ques- 
tion, se reproduire avec plus de constance que les autres VàHétés. 

Les Hépatiques à fleurs doubles ou pleines, rouges et bleùés, 
auti^fois très répandues, sont . devenues fort rares dans les 
jardins. 

ËM. RodiOAS. 


^li^^dMad^ 


Guerre aux oampagnols. — Dans quelques campagnes de 
nos Ardeunes, l'invasion de ces petites souris au pelage fauve 
grisâtre sur le dos et blanchâtre en dessous, menace de devenir 
un véritable fléau. Expulsés des champs de blé par les moisson- 
neurs et ne trouvant plus à consommer leur déprédations dans 
les grains couchés, les campagnols s'en prennent aux jardins 
où ils envahissent les abricots et même les raisins. Pour écarter 
ces ennemis on peut recourir à remploi de Tacide phénique ou 
bien encore, comme on Ta conseillé déjà dans ce Bulletin 0-), à 
l'emploi du camphre dont une petite quantité suffit pour 

éloigner les destructeurs. 

ËM. R. 


(l) Bulletin leSSi, p. 240, 


— 25 — 
Bibliographie. 

lie Petit Jardin^ par M. D. Boi8(l). — Ce livre qui semble 
être plas spécialement destiné aux amateurs de jardinage, est en 
réalité un traité d^horticulture général qui fournira à tous ceux 
qui le consulteront des leçons fort complètes jsur les procédés de 
culture^ tels que : modes de multiplication, plantation, soins 
d'entretien d'un jardin aussi bien d'agrément que d'utilité, le 
soi, les engrais, les semis, le bouturage, les maladies des plantes, 
etc. Il indique également les travaux mois par mois. M. Bois 
nous est particulièrement connu par la part qu'il a prise à la 
propagation du Stachjs tubéreux et à la publication d'un livre 
sur les plantes à soumettre au blanclument. 




lies fruits de choix à cultiver dans les vergers et les 
jardins, par G. Mighiels(2). — Écrit sans prétention aucune, 
dans un langage simple et clair, le petit livre que nous avons 
sous les yeux, a pour but principal de faire connaître par une 
description suffisamment complète et par des figures coloriées 
réunies en un seul tableau pouvant servir de planche murale, les 
fruits que l'auteur a choisis comme dignes d'être généralement 
admis dans les cultures. 

Son choix est très sobre ; il se borne à cinquante sept variétés ; 
ce nombre se trouve même réduit à quarante sept dans le tableau 
colorié. L'auteur décrit 15 pommes, 26 poires, 5 prunes, 4 
cerises, 5 pêches, 1 abricot et 1 raisin. Les autres variétés sont 
laissées au collectionneur. 

Les connaisseurs n'hésiteront pas à dire que le choix fait par 
M. G. MiCHiELsest bien fait. Cependant toutes les variétés qu'il 


(1) Vol. in-18, 352 pages et 149 gravures. Baillièrk et fils, à Paris; 
1889. Prix : 4 fr. cartonné. 

«2) Vol. in-12 de 180 pages accompagné d'une grande planche chromo- 
lithographiée de fruits. Bruxelles, Mertbns et Pakbnt, 1889. Prix : 5fr. 


— 26 — 

t 

énainère, ne trouveraient pas grâce devant le Congrès pomolo- 
gique de France et pins d'une serait rejetée sans miséricorde par 
«•i aréopage dont nous ne saurions approuver le rigorisme. 
Autour des ^toseriptiAiui de fruits, Tauteur a échelonné une 
série de petits chapitres consacrés à des questions utiles et 
franchement pratiques, telles que la récolte et la conservation 
des fruits, le choix des arbres dans les pépinières, l'agencement 
d'un jardin fruitier, la plantation sur butte, la culture fruitière 
sans taille, les entre-plantations. L'ouvrage se termine par des 
extraits des lois et règlements concernant la plantation, les 
clôtures, les bornages, etc. En parlant des efforts déployés 
en faveur de la propagation de l'arboriculture et de la pomologie, 
l'auteur ne cite que V Album de pomologie et les Annales de 
pomologie lelge et étrangèrey ainsi qu'une modeste brochure Les 
fruits belges. Franchement, il en est d'autres en Belgique qui 
depuis un quart de siècle peuvent se dire les continuateurs des 
Annales de pomologie et leur œuvre, à défaut de leurs noms, 
aurait peut-être bien mérité une petite mention. 

* * 
Les Fougères rustiques, par H. Corrbvon(I). — Ce livre 
dont nous avons annoncé la publication probable dans le BuHe- 
tin de 1889, p. 216, vient de paraître. Conçu avec méthode, 
écrit dans un langage sobre et correct, il renferme des chapitres 
d'un grand intérêt sur les Fougères dans les âges géologiques, 
leur classiâcation, leur structure anatomique et leur développe- 
ment, leur dissémination et la place qu'elles occupent dans la 
nature. L*étude des Fougères, rustiques sous notre climat, est 
des plus complètes; l'auteur s'est inspiré des meilleurs travaux 
des âlicologues pour la classiâcation et la description des tribus 
et des espèces très variées qui les composent. Un grand nombre 
de celles-ci appartiennent également à notre ûore. 


(1) Un vol. de 240 pages avec 48 figures. Prix : 5 francs. A Genève, 
chez Tauteur; à Bruxell<ss, G. Mayolez. 


- 27 — 

Le livre de M. Corrbvon contient en outre d'excellentes 
données sur la culture des Fougères, leur reproduction, leur 
utilisation en horticulture. Ce qui complète Tagrément que pré- 
sente ce livre, c'est qu'il est imprimé avec le plus grand soin. 
Comme Belge nous remercions cordialement l'auteur d'avoir 
▼oula dédier son livre d'une façon aussi charmante à ses amis 
de Belgique. Êm. R. 

Longueur des noms de variétés. 

Un correspondant du OardenerB' Chronicîe qui signe du 
pseudonyme Rosa, demande que les noms des variétés des 
roses soient aussi courts que possihle. Il dit avec raison que les 
hommes célèhres sont indiqués suffisamment par leur nom 
propre et peuvent se passer de titres quelconques. Ainsi, les 
noms de Duke of Wellington, Duke of Marlborougb, Sir Robert 
Peel, Richard Cobden, Comte de Lesseps, ne perdraient rien 
à devenir tout court, Wellington, Marlborough, Peel, Cobden, 
Lesseps. Il propose de supprimer les prénoms et de dire rose 
Bernardin, Christy, Lefebvre, Jacqueminot, etc., au lieu de 
Camille Bernardin, Captain Christy, Charles Lefebvre, Général 
Jacqueminot, etc. Il demande aussi qu'on supprime ou tout au 
moins qu'on mette en abrégé les mots de Comtesse, Duchesse, 
Madame^ Mademoiselle^ etc. Les propositions de Rosa sont 
certainement fondées. Nous trouvons que des appellations 
comme Anne-Marie de Mentravel, Mademoiselle Elisabeth de 
Grammont, Souvenir de Madame Bernet, Marguerite de 
S^Amand, etc., sont d'une longueur démesurée ; mais< nous 
trouvons aussi qu'il serait au moins téméraire de vouloir modi- 
fier les dénominations existantes, et nous nous bornons à émettre 
le vœo que les nouveautés soient dotées des noms les plus 
courts. Et ceci ne concerne seulement pas les roses. La même 
observation doit s'adresser à la plupart des variétés de plantes 
quelconques, de ûeurs de toute nature, de légumes et de fruits. 
Ces longs qualificatifs constituent pour le jardinier un bagage 
inutile et pour tout le monde une source d'erreurs. Ëm. R. 


— 28 — 
Varia. 

La ^irande exposition internationale d'horticulture qui aura 
lieu à Berlin du ^ avril au 5 mai prochain, s'annonce comme 
devant avoir un très grand succès. Les inscriptions seront reçues 
jusqu'au P' mars 1890. S'adresser au Secrétaire général, 
Invaliden Strasse, Berlin, 42, N. 

Ampélopsis Veitohi fol. porpureis. — MM. H. Colltbr 
et C"*, à Tunbridge Wells (Angleterre), mettent au commerce 
une variété d^ Ampélopsis Vdtcki à feuilles pourpres. On connaît 
l'utilité et l'élégance du type à feuillage vert foncé. Si la nou- 
velle venue est constante et réellement du coloris indiqué^ ce 
sera une acquisition des plus importantes et des plus désirables. 

Soiadopitys vertioillata. — On sait que le pin parasol est un 
des plus caractéristiques de TOrient. Les voyageurs qui ont 
visité le Japon, parlent d'exemplaires d^une hauteur considérable 
et d'une extrême régularité. On ^dit qu*un des plus grands 
spécimens^ le plus grand peut-être, se trouve aux abords d'un 
temple à Nikko. Sa hauteur atteint vingt-quatre mètres et sa 
circonférence à la base mesure 4'"15. On assigne à ce colosse un 
âge de 250 ans. 

Planteur mécanique. — Le rapport annuel de la sectiim des 
forets pour 1888 à Washington, renferme la description d'une 
machine à planter que nous signalons à nos lecteurs. C'est une 
machine mue par des cbevaux et composée comme suit : un 
coQteao ouvre le sol à une profondeur de 40 à 50 centimètres; ce 
coofteau est suivi d'un soc qui écarte la terre sur une largeur de 
20 centimètres, puis la machine, par un appareil rotatif qui tient 
les boutures, vient les placer successivement dans le sol ; à la 
suite deux lames courbées relèvent la terre que deux roues pen- 
ohées viennent ânalement presser contre le plafit. Un hommepeut 


— 29 — 

planter ainsi de dix à quinze mille boatares par jour. L'expérience 
faîte depuis deux ans a montré que les sept huitièmes des plants 
ont réussi* 

Température de l'eaa d'arrosage. — Une discussion s'est 
produite récemment dans la Hevue Horticole à propos de la 
température de l'eau d'arrosage. M. J. Dybowski y résume les 
expériences comparatives qu*il a instituées, à l'École de Grignon 
et à Paris, pour arriver à connaître Tinfluence supposée de 
cette température de Teau sur les plantes arrosées. Des lots de 
plantes parfaitement identiques ont été arrosés^ les uos avec de 
Teau ayant la température de Tair ambiant^ l'autre avec de 
Tean èL-\-2 degrés seulement, d'autres passant successivement 
par diverses températures jusqu'à -|- 50 degréS;. Après plusieurs 
semaines d'expérimentation, malgré le» excès de température 
froide ou chaude, rinflueoce a été nuUci Les expériences faites 
dans des milieux différents, serre chaude ou serre froide, n'ont 
pas donné de différence. M. Dtbowsky explique le résultat en 
disant que l'eau mise en contact avec le sol prend rapidement 
une même température et est sensiblement en équilibre avec 
celle du fond du pot lorsqu'elle arrive aux racinea. 

Araucaria Imbrloata. — Ce majestueux conifère qui oomp« 
tait de très beaux représentants dans nos régions avant le 
rigoureux hiver de 1879-1880, est devenu assez rare dans les 
cultures. Sous le climat insulaire de TAngleterre, cet arbre a 
parfaitement résisté et les beaux spécimens y sont fréquents. 
Sous la môme influence, certaines régions cdtières de France 
possèdent également de beaux pieds. On cite un groupe crois- 
sant à Pennandre à quatre lieues de Brest dont les individus 
ont trente mètres de hauteur. Quelques-uns de ces arbres ont 
1 mètre de diamètre. Plusieurs d'entre eux fructifient régulière- 
ment et se, ressèment à proximité. Cest là un cas de naturali- 
sation qui mérite d'être cité. 

* * 


^ 58 — 

Nous n'avons rien à dire quant à la culture de ces sortes 
de plantes, tout jardinier la connaît amplement. 

Ém. Rodiqas. 


Remèdes contre les maladies de la Pomme 

de terre. 

Dans nos provinces, la récolte des pommes de terre a, été, 
Tan dernier, exceptionnellement belle; néanmoins vers la 
an de la saison on craignit le retour de la terrible maladie 
produite par le Peronospora infestans. On a donné contre ce 
mal cinquante remèdes aussi infaillibles le premier que le dernier. 
Cependant aucun n*a été d'une efficacité absolue. Ce qui semble 
encore être le meilleur moyen, c'est d'administrer lorsque les 
plantes mesurent quelques centimètres de hauteur, un arrose- 
ment de sulfate de fer dissous dans Teau à raison de 2 i/s kilog. 
de sulfate pour cent litres d'eau. Dans les terres sableuses on 
emploie environ cent kilog. de sulfate à l'hectare; dans les terres 
calcaires on peut doubler et tripler la dose. 

Le chroniqueur agricole de V Étoile belge, dont la compétence 
est reconnue, recommandait dernièrement un autre remède. Il 
consiste dans l'emploi de ce qu'on a appelé la bouillie bordelaise. 
Celle-ci est composée d'eau, de chaux et de sulfate de cuivre, à 
raison de 100 litres d'eau pour 3 kilog. de chacun de ces derniers 
ingrédients. M. Millardet, de Bordeaux, a employé cette com- 
position avec succès contre certaines affections cryptogamiques 
de la vigne. M. Prillieux l'a appliquée aux pommes de terre et 
est arrivé à prévenir la maladie et à en arrêter la propagation. 
Dans le Grand-Duché de Luxembourg, l'on a fait des expériences 
au moyen de la bouillie bordelaise, qui ont donné de bons 
résultats. 

La bouillie est projetée sur les feuilles, de préférence au 
moyen d'un pulvérisateur. 

Ëm. Rodiqas. 


— 31 — 

l'extraction des alcaloïdes. Le salfate de qainine se rend en 
moyenne à 105 francs le kilo^ et Técorce faarnU d'ordinaire 
2,5 de fébrifuge pour eent kilos d'écorces. 

La Société néerlandaise d'horticulture et de botanique, 
à rinstar des Sociétés de Londres, Paris, Oand et Bruxelles — 
pour cette dernière ville il s'agit seulement de la Société TOrchi- 
déenne — a institué à Amsterdam des comités permanents ajant 
pour mission déjuger du mérite des produits végétaux, plantes, 
fleurs, légumes et fruits qui leur seront présentés. Ces comités 
(ôoriculture, arboriculture^ culture maraîchère et sciences) ont 
déjà tenu quatre réunions^ en juiui septembre, octobre et novem- 
bre, et ont décerné des certificats de 1** et 2^" classe. 

Parmi les certificats de l'^ classe, nous remarquons ceux 
décernés aux plantes suivantes : Cupressus Latvsoniana Wester^ 
mani, à MM. Jurissen et flls à Naarden ; Dimorphantîis man- 
gehurùms fol. aur. var., à M. Overbtnder, à Ape^.doorn; 
Croeosma aurea imperialis et Nerim excelléns Moore à 
MM. Erelagb et âls, à Haarlem; Cupressus Lawsoniana versi - 
eolor^ panaché de jaune et de blanc, à M. Jonokindt Coningk, 
à Dedemsvaart. 

Le bouquet d'un vin de qualité supérieure peut être aisé- 
ment communiqué à un vin ordinaire par le fait du changement 
de la levure qui le fait fermenter. M. A. Rommibr a fait con- 
naître ce mode de transmission dans une note communiquée à 
l'Académie des Sciences de Paris. Il suffit d'introduire une levure 
active dans une cuve au commencement du foulage. Cette levure 
envahit bientôt toute la cuve, parai jse la germination des 
levures naturelles et communique au vin son arôme distinotif. 
Cet arôme dépend donc absolument des microbes. 


— 3t — 

SaUsbnite adiaatifolla» — Un des plim be&ox eKemplaire»4é 
06 Conifèrd, si carieax par son feaillage et par ses fruits oonsi- 
dérés'comme comestibles^ existe dans les jardins rojaaxideKew'. 
Cependant ce spécimen est peu de chose comparé à ceax qae les 
▼ojageurs signalent en Chine et an Japon. Antoar de Tokio, ils 
sont très nombreux. Il en existe un auprès. du Temple de Eojenji 
qui, à la hauteur de deux mètres, mesure, plus de sept mètres et 
demi.de circonférence. Sa hauteur est évaluée à trente deux 

mètres, 

* 

* * 

Fnmigstioii des^enresi — L\Orehidophile a signalédernière^ 
ment le procédé emploTér par M . C. Rohak pour la fumigatloa 
des serres. Un bloc dé fonte cylindrique haut de 0'<'23y ayant 
0<"16 de diamètre et muni dfun anneau est placé dans- un fourneau 
jusqu'à ce qja'ilait la température dd ronge naiissant ; on ledépese 
alors dans la serre sur un vase plat^ puis on suspend au dessus 
de lui un bidon de fer blanc osr tout autre vase rempli de jus de 
tabac, et percé d'un.petit trou par lequel le liquide découle' lente* 
ment, sur le bloc écbaaffél La vaporisation se pourssit^ très 
régulièrement;, sans' que le jardinier doive dtre présent. Le 
volume du bloe:est<caUmlé selon la quantité de liquide; Un litre 
de nicotine étendu d'un demi litre d'eau est vaporisée* par le t4oc 
en moins de 20 minutes. Cette quantité suffit pour une serre de 
60 mètres cubes environ. 

» 

Les iiis du Japon sont actuellement l'objet d'un commerce 
d'exportation dont Sempervirens a fait récemment ressortir 
l'importance. 

Durant les mois d'août et dé septembre derniers il a été expé- 
dié du seul port de Yokohama en destination de Hambourg, 
722 caisses; de Londres, 5079 caisses; de San Francisco, 
456 caisses ;deSingapore, 223 caisses; de Hong Kong, 120 caisses ; 
de New York, 112 caisses; de Bombay, 61 caisses. 

En octobre, une seule maison a expédié 419 caisses de lis ; la 
plupart de ceux-ci sont des Lilium aurtUum. Ém. Rodioas. 


mtm 


Série, Vol. 17, H» 2. 


Féîrier 1890. 


BULLETIN 


TÎ'ARBORIGULTURE, DE FLORICULTURE 

ET DE CULTURE POTAGÈRE 


RÉDIGÉ PAR 


Pjt. Borvenich, Éd. Fjrnaert, Ém. Bodigas Se H. J. Van Huile 


proregseurs à TÉcoie d*IIorticuliare de rÉtat« à Gand 


\. 1. Ëd. Pynaert Pomme Ribston Pippln, p. 33 — 2, Cercle d'arboriculture de 
Belgique. Assemblée générale du 22 décembre 1889. p. 36. — 3. Ëm. R. Le banquet annuel, 
p. 39. — 4. Ëm. R. Les nouveaux Canna, p. 40. — 5. G. de OherviUe. Le Beurré d'Harden- 
pont, p. 41. — 6. Ém. R. Destruction du ver blanc par le sulfure de carbone, p 45.-7. Ëm. 
ILociieas. Les fruits de luxe, p. 47. 8. Ém. Rodigas. Les sentiers dans les jardins, p. 48. 
— Q. Ém. R. Plantes vivaces à fleurs bleues, p. 50. — 10. Poiriers pour la culture en espalier, 
[>. 53. — 11 Ëm. R. Fixation des sables dans les dunes, p. 55. - 12. Ém. Rodin^as. Dahlia 
à fleurs .^e..Ca<:^tus, p. 56. — 13 Ëm. Rodig^as. Remèdes contre les maladies de la Pomme 
de terre,. p. 5^1 — 14. Ëm Rodigas. Le sulfate de fer en arboriculture, p. 58. — 15. Ëm. R. 
Cultures iriiiîièf es en Angleterre, p. 60. - 16. Fréd. Barvenioh père Un jubilé, p. 61. — 
17. 'Ém. ^. Nécr-GÎt)gie, p. 63. — 18. Ëm. Rodigas Varia, pp. 49, 52, 63-64. 


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- 62 — 

digne fopdatear de la drme qae ses ûls et dignes successears 
Fritz et John Bbnàry sauront tenir à la hauteur de sa réputa- 
tion et de sa grande renommée. 

Le témoignage rendu à M. Benart a dû lui causer une sur- 
prise d'autant plus grande et d'autant plus agréable qu'il est en 
même temps une manifestation de touchant amour filial. 

M. Benart a adressé, à tous ceux qui lui ont témoigné leur 
sympathie en cette circonstance, un superbe portrait et une 
lettre dans laquelle il exprime tout le plaisir que lui ont fait les 
témoignages d^estime et d*amitié auxquels le jubilaire dit atta- 
cher le plus grand prix. 

Frbd. Burvenich père. 


Nécrologie . 

M. D'Avoine (Hippolyte) est décédé à Malines, sa ville 
natale, le 31 janvier 1890, à Tâge de 53 ans. On peut dire sans 
exagération que sa vie entière fut consacrée aux plantes et aux 
fleurs. Fils d'un amateur malinois distingué, il continua Tœuvre 
commencée par son père et réunit des collections nombreuses de 
plantes qu'il n'hésitait pas à faire voir aux expositions florales 
où elles remportèrent souvent les premières récompenses. Il 
était dévoué de cœur et d'âme à la Société royale d'horticulture 
de Malines qui fêta, en novembre 1886, le 25'°*' anniversaire de 
l'entrée de M. H. D'Avoine dans le Conseil d*administration de 
la Société et qui avait espéré lui faire décerner, à cette occasion, 
une haute distinction justifiée par les services rendus durant 
un quart de siècle par le zélé secrétaire de la Société. Depuis 
trente ans, ceux qui sont à la tête de l'horticulture nationale, 
aimaient à voir M. Hippolyte D'Avoine représenter une des 
plus anciennes sociétés horticoles de Belgique et prendre part 
aux travaux des jurys de toutes les floralies. Aucun jury ne 
semblait complet sans la présence de cet homme foncièrement 
bon et loyal qui ne comptait que des amis. Il a succombé 
aux suites de Tinfluenza. Ém. R. 


,— 63 — 
Varia 

LeG-roselllier à grappes Pay's newProliflo est signalé dans 
la Gartenflora comme surpassant les meilleures variétés con- 
nues. Le fruit n*est pas plus gros que celui de la Qroseilîe 
Cerise, mais il est moins acide et la plante rapporte trois fois 
plus de fruits. 

Cddre du Liban. — Dans le précédent volume du Bulletin^ 
p. 353, nous avons signalé le bel exemplaire de ce Gonifère 
existant à Ëpinaj sur Seine. 

A ce propos, M. A. Lecart, de Louvain, veut bien signaler 
à nos lecteurs trois magnifiques Cèdres existant dans le parc de 
M. le Baron Lunden, à Humbeek (Brabant) et ayant respecti- 
vement à 1 mètre du sol 3"84,3"92 et 3"61 de tour. Le premier, 
qui est le plus élevé, a 25 mètres de hauteur et sa cime couvre 
une surface de 363 mètres carrés Une de ses branches, située 
à 3"*30du sol, a une circonférence de 1™40. 




Les vignobles de la Tunisie font des progrès plus con- 
sidérables d'année en année. Daprès un rapport publia dans 
le Journal officiel tunisien, la récolte en vins s'élève dans la 
Régence de Tunis en 1889 à près de 32,600 hectolitres, c'est- 
à-dire à plus du double de la récolte de Tannée précédente. 
Quelques riches Arabes ont commencé la création de vignobles 
à la façon européenne; le nombre des hectares plantés a 
augmenté de 758. Les plantations indigènes donnent générale- 
ment des raisins de table. Les vignobles de la Tunisie couvrent 
aujourd'hui environ 5,200 hectares dont les quatre cinquièmes 
appartiennent à des Européens. 




Pour conserver les olous employés aux espaliers et en 
éviter la rouille on conseille de chauffer les clous jusqu'au rouge 
et de les jeter alors immédiatement dans de l'huile de lin froide. 


— 64 - 
En horticulture comme ailleurs, il n'y a pas de petites écono- 


mies. 


S^iinigation des serres. — A propos du procédé relaté à la 
page 32 de ce Bulletin, d'après VOrchidophile, notre collègue 
M. Éd. Ptnaert émet l'avis que ce procédé ne serait pas très 
pratique dans un établissement de quelque étendue. Ainsi, 
dit-il, « rien que pour ma serre à Orchidées, j'ai calculé qu'il 
faudrait cinq blocs pareils à celui décrit dans VOrchidophile et 
naturellement aussi cinq bidons. » 


* 
« * 


La Betuwe, comme nous V inôique Sempervirens, n'est pas 
située au Nord de la Hollande, ainsi que le Bulletin de 1889 l'a 
dit par erreur; maison donne ce nom à la partie méridionale 
fertile de la Gueldre, par opposition à la Veluwe, région Nord- 
Ouest de la Gueldre, sablonneuse, accidentée, qui compte de 
nombreuses bruyères et par suite est beaucoup moins fertile* 




Le Jate ou olianvre de Bengale a pris une place ino portante 
dans industrie européenne. Il est fourni par deux plantes de la 
famille des Tiiiacées, le Corchorus olitorius et le Corcàorus capsu- 
laris, cultivées dans plusieurs parties de llnde, plus spéciale- 
ment dans les alluvions. C'est leur liber qui par macération 
fournit une filasse longue, simple, soyeuse et divisible en fila- 
ments très fins. Ces filaments sont employés en Europe pour 
des tissus grossiers et. des tapis et étofi'es pour rideaux, passe- 
menteries, etc. On en fait même du velours avec une trame de 
coton prenant très bien les impressions et portant en relief des 
fieurs et des branchages. Les déchets entrent dans la préparation 
du papier. L'importation en Belgique a quadruplé en une période 
de dix ans. 

Ëm. Rodiqas. 


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Siny, rose de Chine éclatant à fond iaui 
cuivre, très vif, greffé en pots, fr. 8,00. 

Catalogue sur demande. 


— 65 -- 


Ii'Abrioot-pêohe. 

En donnant place dans la galerie iconographique de nos 
BfUletins à cette variété déjà ancienne, mais toujours excellente, 
si pas la meilleure de toutes les variétés d*abricots,nous croyons 
ne pouvoir mieux faire que de reproduire les renseignements 
suivants extraits du volume I des Annales de pomoloçie. 

c Cette variété mérite la première place dans nos jardins, car 
il n'en est pas de plus méritante : partout elle est cultivée avec 
une prédilection bien connue, et depuis Duhamel, qui la donne 
également pour la meilleure du genre, aucune variété nouvelle 
ne Ta remplacée dans Testime des amateurs. Son volume surpasse 
celui de Tabricot commun ; sa forme, un peu aplatie et irrégulière, 
la rend très reconnaissable ; sa peau, d'un jaune foncé fauve du 
côté du soleil, est ordinairement marbrée de points rouges, très 
multipliés quand le fruit est exposé au midi ou récolté sur un 
plein-vent. 

I La queue est courte et placée dans une cavité peu profonde, 
d'où part une rainure moins prononcée que dans les autres 
variétés. 

« La chair, très fondante, est d*un jaune tirant sur le rouge 
orange, surtout à Tétat de maturité parfaite; Teau est abondante, 
sacrée, relevée et parfumée, d*un goût particulier. 

« Le nojau est gros, aplati, assez raboteux, bordé d'un côté par 
trois arêtes saillantes; de l'autre, par une rainure entièrement 
creuse et qui peut être traversée au moyen d'une aiguille. 

c L'arbre est vigoureux; ses bourgeons sont gros, forts^ rouge 
brun du côté du soleil, verts et tiquetés de points gris du côté 
de l'ombre. 

I Les boutons sont gros, courts et larges à la base, triples et 
souvent réunis par groupes. 

«Les feuilles sont larges, arrondies vers la queue et terminées 
en pointe, leur pétiole est assez long, faible, et supporte mal le 


- 66 - 

poids de la feuille, ce qai donne à cet arbre un aspect particulier 
et fatigué. 

€ Cet excellent fruit mûrit ordinairement du 15 au 30 août ; il 
est facile d*en prolonger la jouissance jusqu'aux derniers jours 
du mois de septembre, en cultivant Tarbre au couchant et au 
nord. Nous en avons parfois récolté dans les premiers jours du 
mois d*octobre. 

c On cultive VAbncot-pêche en espalier et en plein vent, quand 
on peut le garantir des vents du nord. Cette variété se repro- 
duit assez identiquement de noyau. » 

D*après Robert Hogg, V Ahricot-piche (vrai), celui que 
représente notre chromolithographie; ne serait pas V Abricot- 
pêche de Duhamel, comme le suppose Fauteur de l'article des 
Annales. Celui-ci serait synonyme à* Abricot blanc , variété de 
petite dimension, mais fine de saveur, délicate et en somme 
excellente. Cette variété est connue en Angleterre sous le nom 
de White Masculine, mais elle y est peu répandue; Tarbre 
lui-même est délicat, comme beaucoup de variétés dont une 
longue culture a affaibli la constitution. 

Il existe un Abricot-pêche tardif dont les fruits ont les mémos 
qualités et caractères que Tordinaire, mais arrivant à maturité 
quinze jours plus tard. 

V Abricot Moorpark, dont le nom figure dans la plupart des 
catalogues marchaqds, a une telle ressemblance avec ï Abricot- 
pêche que dans la pratique il serait difficile de l'en distinguer* 

Si Ton ajoute à cela que les variétés qui à Tinstar de VAbriâoi- 
pêche peuvent se reproduire de noyau, ne le font pas toujours 
intégralement, il n*y aurait pas de motif d'allonger indéfiniment 
la nomenclature des variétés nouvelles. 

Ed. Pynaert. 


— £57 - 
Fleurs comestibles. 

Généralement nous nous contentons de jouir de la vue des 
fleurs, notre amour pour elles ne va guère jusqu*à les manger. 
C'est à peine si nous couronnons nos salades de laitue avec 
quelques fleurs de Capucines et si nous préparons des beignets, 
qui, soit dit en passant, sont extrêmement agréables, avec les 
grappes de fleurs blanches du Robinia pseudo-acacia. Nous nous 
souvenons que, étant enfant, nous avons dégusté en mélange 
avec la laitue en salade, des fleurs de Phlox de la Caroline. 
C'était fort joli, mais ces fleurs étaient absolument dénuées 
de goût. 

La Revue des sciences naiurelles^ 1890, n** 2, nous apprend que 
les Chinois emploient une grande quantité de fleurs à^Hemero- 
callis graminea pour parfumer leurs potages. En 1886» 
3,500,000 kilogrammes de ces fleurs ont été expédiés du seul 
port Chinkiang, sur le Yan-tse-Kiang, vers différents points de 
la Chine. Les fleurs de certains Lis s'emploient dans les mêmes 
conditions par les Chinois. Ces dernières jouent aussi un rôle 
alimentaire au Japon, seulement on y mange les bulbes et non 
les fleurs. 

Dans rinde on utilise les fleurs de la Bassie, Bassia latifolia 
et Bassia longijolia, arbres è feuilles coriaces, de la famille des 
Sapotées. Ils portent d'énormes quantités de fleurs dont la 
corolle se gonfle et devient une masse charnue et sucrée; la 
saveur en est intermédiaire entre celle du raisin sec et de la 
flgue. Les fleurs du Bassia latifolia sont les plus volumineuses, 
elles se consomment sans préparation ou cuites avec des grains 
de blé grillé. Les parsis en distillent une mauvaise eau de vie. 
Le bois de Bassia est recommandé pour sa dureté. Leurs fruits, 
de la grosseur d'une prune, fournissent une matière huileuse. 

Les Indiens mangent aussi la fleur du Calligonum polygo- 
noides, arbrisseau de la famille des Poljgonées. Les fleurs de 
cette plante sont d'un rose rougeâtre et émettent une agréable 
odeur de fraise; les Indiens les mangent cuites avec de la farine 
ou avec des viandes rôties. Ém, R^ 


— 68 - 

Congrès agricole et forestier international 
à Vienne, en septembre 1890. 

De plus en plus et partout les questions dlntérét général sont 
inscrites à Tordre du jour des réunions extraordinaires aux- 
quelles des hommes» ne poursuivant que le bien, croient devoir 
convoquer leurs collègues de temps à autre. A ce sujet, au mois 
de septembre dernier, appelé comme vice-président de notre 
Cercle, à présider le Congrès pomologique à Gand, nous disions 
dans notre discours d ouverture que les Congrès en général, ces 
réunions de spécialistes appelés à la libre tribune, ont subi le 
sort réservé à la plupart des choses : ils ont eu leur phase de 
naissance, celle de leur entier développement et enfin celle des 
conclusions pratiques. Dans le principe, les Congrès n'inspiraient 
aucune confiance et avaient de la peine à se maintenir. Peu à 
peu on j prit goût et ce à tel point qu'on a peut-être abusé 
quelque peu des Congrès de toute espèce, si ce n*est par le fait 
même de les convoquer, au moins par le trop grand nombre de 
questions portées à Tordre du jour. 

Il s*en suivait qu*on discutait à perte de vue, qu'on embrouil- 
lait les questions au lieu de les résoudre et qu'on se séparait le 
plus souvent sans avoir appris grand chose. 

A première vue on serait tenté de croire que ces reproches 
sont aussi un peu applicables au Congrès de Vienne, dont le 
programme, comme on le verra plus loin, est assez vaste. Qu'on 
se détrompe : des mesures excellentes ont été prises pour éviter 
toute confusion. 

Tout d'abord le Comité organisateur du Congrès de Vienne est 
exclusivement composé de grands propriétaires fonciers et de 
professeurs spéciaux en renom et présidé par le Baron Arthur 
DE HoHENBRUCK, dout, lors de notre présence au Congrès horti- 
cole de Vienne en 1873, nous avons appris à connaître le 
dévouement absolu à tout ce qui peut faire progresser Tagricul- 
ture et ses embranchements. Ensuite, on a si bien compris et 


— 69 — 

distingué Tessentiel de Taccessoire, si bien distribué les diffé- 
rentes sections et coordonné les matières à discuter et les 
conclusions à prendre, que tout peut marcher avec la régularité 
et la clarté désirables. 

Comme les intérêts de TAutricbe avant tout le justifient, le 
Congrès de Vienne est principalement agricole et forestier; 
Thorticulture n'y figure qu'en sous-ordre ou plutôt pas du tout, 
nominativement bien entendu. Mais il en sera question iucidem- 
ment, l^horticulture ou du moins quelques-unes de ses branches 
constituant tout simplement un des principaux perfectionne- 
ments de Tagriculture proprement dite. 

Voici au surplus comment le Comité a composé son pro- 
gramme : 

A, — Agriculteurs. 

1. Économie agricole: bétail, culture, service vétérinaire, etc. 

2. Produits : fruit?, légumes, plantes industrielles, apicul- 
ture, etc. 

3. Génie rural : drainages, cours d'eaux, transports, bâtis- 
ses, etc. 

4. Industrie agricole : sucrerie, distillerie, laiterie, etc. 

5. Enseignement : recherches agronomiques. 

B. — Forestiers, 

6. Economie forestière : commerce de bois, expériences. 

C. — Agriculteurs et forestiers. 

7. Économie politique : lois agraires, syndicats, crédits, etc. 
Comme nous venons de le faire remarquer aux n®' 2 et 5 

ci-dessus, l'horticulteur aura son mot à dire, quand ce ne serait 
que pour faire ressortir les admirables résultats auxquels, à 
force d'étude et de persévérance, on est arrivé en horticulture 
et auxquels lagriculteur comme le forestier arriveraient égale- 
ment, en ayant recours bien entendu, aux mêmes procédés 
rationnels. C'est bien dans ce sens que nous demanderons la 


~ 70 — 

parole si, comme nous nous le proposons, nous pouvons nous 
rendre au Congrès dont il s'agit. 

Les annonces de participation au Congrès de marne que les 
questions à y proposer, devront être envoyées avant la fin 
d'avril 1890 au Comité du Congrès, Vienne, 1, Herrengasse, 13, 
qui se fera un devoir de donner tous les renseignements désirés. 

Voici une clause assez intéressante, nous semble-t-il, du 
programme provisoire : « A partir du 1 juillet 1890, tous ceux 
qui désirent faire partie du Congrès auront à pajer au Comité 
10 florins, soit 20 marks ou 25 francs, moyennant quoi il leur 
sera remis un billet de membre accompagné du programme 
spécial ; ils recevront également les rapports préparatoires et à 
la fin du Congrès un résumé imprimé des résolutions arrêtées 
par les sections. Ils auront en outre droit à la réduction probable 
des prix réservée aux membres du Congrès sur les chemins de 
fer austro-hongrois, ainsi qu*un billet de faveur pour visiter 
TExposition pendant la durée du Congrès. Enfin ils seront admis 
à toutes les fêtes organisées en Thonneur des membres du Con- 
grès et à toutes les excursions qui seront entreprises, après la 
clôture, dans les grands domaines ou dans les établissements de 
cultures industrielles. > 

C'est ingénieux et pratique à la fois et il y a lieu de féliciter le 
Comité d*avoir introduit pareille mesure, qui certes portera ses 
fruits. Le Comité provisoire vient de nous adresser quelques 
programmes que nous tenons à la disposition des intéressés. 

H. J. Van Hulle. 


La culture des abeilles commence à être appréciée dans 
toutes nos provinces. Sous le titre de « Société d'apiculture du 
bassin de la Meuse, » une Société vient de se constituer à Liège, 
dans le but de propager la culture des abeilles, de faciliter la 
vente du bon miel indigène et de faire connaître les meilleures 
ruches et toutes les opérations de cette culture spéciale. La 
Société est présidée par M. le baron Ad. de Moffarts; elle a 
pour secrétaire M. Alph. Wathelbt, instituteur en chef à 
Prayon-Troo^, Éw . B. 


— 71 — 

Les Nymphaea cultivés pour la fleur. 

Un horticalteur américain > M. B. Grat, de Malden, dans le 
Massachusetts, a décrit dans le Qarden le système saivi en 
Amérique pour produire les fleurs de Nymphaea qui sont là bas 
très recherchées sur le marché. On cultive simplement ces 
plantes dans de grands vases ou larges terrines sans trous, 
remplies à moitié de terre et d'eau. Ces sortes de cuves sont 
enterrées jusque près du niveau du sol. Leur hauteur est d'une 
soixantaine de centimètres. 

Les espèces cultivées sont le Nymphaea odorata var, rosea, 
le Nymphaea Detaniensis, le Nymphaea coeruîea, le Nym- 
phaea dentata et le Nymphaea fiava. Le N, Devoniensis donne 
abondamment de grandes fleurs d'un beau rose ; c'est un 
hjbride du Nymphaea rubra et du Nymphaea alha. Le sol des 
bassins consiste en bonne terre de jardin mêlée par moitié à 
d'excellent fumier d'étable ou d'écurie, le tout saupoudré d'os 
réduits en poudre et recouvert d'une couche de sable de trois 
centimètres d'épaisseur. 

lie Victoria regia lui-même, planté d'abord en serre et porté 
ensuite dans un bassin à l'extérieur, avec chaleur artiflcielle 
de l'eau au commencement de l'été et aussi de l'automne, se 
développe fort bien tout en restant pendant six à huit semaines 
sans chaleur autre que celle du soleil. Il fleurit depuis juillet 
jusqu'en octobre et mûrit ainsi parfaitement ses graines. Cette 
culture des Njmphéacées est hautement intéressante; elle offre 
à l'amateur une grande diversion aux cultures de tous les jours. 

Ëm. R. 


Un vieux Chêne. — Le Chêne colossal qui se trouve au 
cimetière d'Annouville, non loin d'Yvetot (Seine inférieure), 
couvre de son ombre une superficie de 236 mètres carrés; l'arbre 
s'est creusé à la base. Cette cavité a été convertie en chapelle; 
elle est assez grande pour abriter quarante enfants. Éh- R* 


Deux nouveaux Céleris. 

Le premier des deux est dq Céleri à côtes. UM. ViLuoaiN 
sont les premiers pro[iagatears sinon les obtenteurs de cette 
nouvelle variété offerte au commerce ce printemps sous le nom 
de C. Patcal plein blanc. 

Le grand mérite de cette variété consiste dans la largeur et 
l'épaisseur de ses pétioles, qui, comme le montre ta âgure ci- 
contre que nous devons à l'obligeance de la maison Yiluoruc- 


3. - C^trl PsHil plein bluic. 

Andrieux et C' de Paris, ont un développement remarquable ; 
ils sont charnus et très tendres. 

Comme taille, ce Céleri est plutôt -lemi-coart et se place entre 
les grands Céleris, comme le C. turc et les Céleris courts. L« 
cœur est plus plein que chez ce dernier et l'époque de vente 


— 73 — 

sera plus éteodue; le C. PataU ae conserve admirablemeot 
en oellier pendant l'hiver; ce sera une esoellenU variété pour 
succéder dans l'ordre de ta consommation au C. doré ou Chemin 
qui est ane variété pour l'été et l'aatomne. Bile a comme <je der- 
nier la teinte dorée et le gofkt exempt de toute saveur acre ce qui 
en fait un si délicieux Céleri à manger crû en salade ou à la 
oroqae-an-sel, avec le fromage, k la façon anglaise. 

Le C. Poieai est également annoncé en Amérique. La maison 
D. M. Pbrry and C", h. Détroit (Michigab), en donne ane descrip- 
tion qui ne cadre pas entièrement avec les données qui précè- 
dent. Pourtant il s'agit bien de la mâme plante, car la flgare 


4. - C^lari me OJHil d« Frafoe, 

qui accompagne la description de MM. Fbrry and G°, est identi- 
quement la même que notre gravure. 

Voici comment elle est annoncée en Amérique : C- Pascal 
géant, nouveau, distinct et incomparablement le meilleur. Une 
amélioration îssae du Céleri plein doré, de grande valeur pour 
le marché. 

Elle a hérité la belle teinte, les cdteg grosses, pleines et tendres 
et la saveur incomparable du Céleri doré, en outre elle est d'un 
plus grand développement. Bile produit des pétioles parfaite- 


— 74 — 

ment blancs, de plus de ietuis pieds de longueur et gros en pro- 
portion, sans jamais produire la moindre partie ûlamenteuse. 
Le C. Pascal géant est sans pareil par son goût (rich nuttj 
flayor). Il se conserve bien, se prête au transport, il se conserve 
pins Longtemps sans se faner que toute autre variété. Nous 
croyons que c^est le meilleur Céleri qui existe et nous espérons 
que nos clients voudront en faire une culture d'essai (1). 

La deuxième variété est un C. rave sur lequel nous avons 
déjà attiré Tattention des membres de notre Cercle. C'est le 
(?• rave de Prague, 

Les essais que nous en faisons depuis trois ans dans nos cul- 
tures, en terre sablonneuse, confirment chaque année que c^est 
une variété absolument supérieure pour les terres légères. 

Les parties charnues de la racine sont bien rondes, très ten- 
dres et produisent peu de libres latérales. 

Fréd. Burvbnigh père. 


Caoographie horticole. 

Le Crosnes du Japon dont il a été tant parlé pour et contre, 
semble faire sou chemin. Partout aux étalages des marchands de 
comestibles on en voit exposer une petite banse. Et notez que 
c'est le seul légume qui reçoive l'honneur de l'étiquetage. A un 
nouveau magasin nous le voyons figurer muni d'une jolie pan- 
carte Croim de Chapau. 

C'est sans doute pour rester dans les modes qu'un journal 
de la ville de Flore a annoncé une vente aux enchères 
à'AiMléès MolUres. 

Fréd. Burvenich père, 
■ 
(1) La maison Ferby Tannonce à 9 dollars (fi*. 48-06) la livre (432 gr.). 


— 75 — 

Plantations fruitières le long des routes. 

Le remplacement des essences d'arbres à ramures trop élevées 
ou trop étendues et à racines trop traçantes, par des essences 
fruitières demeure une des questions les plus importantes de 
notre agriculture. Les quelques essais malheureux faits dans 
notre pays sont venus juste à point pour aider la routine à ne 
pas accepter les multiples considérations qui plaident en faveur 
de Tadmission des arbres fruitiers le long des routes. 

M. Tabbé Harmand, directeur de Torphelinat agricole de 
Haroué, dans le département de Meurthe et Moselle, donne 
quelques renseignements exacts sur le produit comparatif d*une 
plantation de peupliers et d^une autre de mirabelliers dans deux 
communes voisines. Ces renseignements contenus dans la Sevue 
horticole du 1'^ mars, p. 107, ont une grande éloquence et si Ton 
pouvait réunir les renseignements analogues que la pratique 
peut fournir en grand nombre, .la question des plantations 
fruitières ferait de rapides progrès dans l'opinion publique. Voici, 
en résumé, les renseignements fournis par M. Harmand. 

La commune de Haroué plantait en 1852, 190 peupliers. Celle 
d'Ormes-et-Vilie plantait en 1857, 422 mirabelliers. Les peu- 
pliers de Haroué ont été abattus en 1885 et 1887 et ont produit 
en moyenne 9 francs par arbre après 34 années de végétation, 
c'est à dire à peine 26 centimes par année, malgré la beauté 
réelle de chaque arbre. 

La commune d'Ormes-et- Ville exploite ses mirabelliers depuis 
33 ans, d'une manière assez défectueuse, il est vrai, attendu 
que sur 422 arbres il n'en reste que 352 dont quelques-uns très 
beaux et les autres mutilés. La récolte la plus faible n'a produit 
que 9 fr. en 1886 ; la récolte la plus belle a donné 860 francs 
en 1887, mais le total, depuis la dixième année de la planta- 
tion jusque maintenant a produit 5044 francs, soit 45 centimes 
par arbre et par année, tandis que chaque peuplieri comme on 
Ta vu plus haut, n'a produit que 26 centimes par année. 

Un revenu annuel de 45 centimes par an pour un arbre frui- 


— 76 — 

tier est absolument trop minime, surtout si l'on compare ce 
revenu avec le produit de 14 fr. par arbre indique comme revenu 
moyen des arbres d'un des beaux vergers du Limbourg dont il 
a été question au Congrès pomologique de Gand(l). Mais le 
mirabellier n*e8t pas aussi productif que certains autres arbres 
fruitiers et nous avons tenu à rapporter le fait, précisément 
parce que ce produit minime de 45 centimes est encore Supérieur 
de près du double de celui donné par le peuplier. D'ailleurs les 
mirabeliiers avaient été abandonnés à eux-mêmes et les adjudi- 
cataires et autres intermédiaires ont certainement tiré de la 
récolte annuelle an produit plus élevé. Ém. Rodioas. 


Faux oafé. — Dernièrement une commission instituée à 
Vienne, ayant à examiner une série de denrées alimentaires, y a 
trouvé du café ne contenant pas la moindre trace du café vrai, 
et du pain de froment composé uniquement de fine fleur obtenue 
par la mouture d*écorce de certains arbres. Il parait même que 
ce pain de sciure de bois n'était pas trop mauvais. Quant au 
café, il est fabriqué sur une grande échelle avec de la farine 
torréfiée à laquelle certaines substances chimiques viennent 
donner en même temps le goût et la couleur du café naturel. Ces 
matières sont tellement bien moulées en fèves qu'il est fort 
difficile, même à l'œil le plus expérimenté, d'en reconnaître 
Torigine. Mais ce qui est plus encore, c'est qu'il existe dans une 
ville voisine des frontières belges deux fabriques qui, au prix de 
3600 marks, fournissent tous les appareils nécessaires à la 
fabrication de ce faux café. Une installation de ce genre permet 
d'apprêter de 10,000 à 12,000 kil. de fausses fèves de café par 
jour. Cette fabrication revient tout au plus à une vingtaine 
de francs par 100 kilogrammes. Ém. R. 

(1) Voir bulletin 1889, p. 312. 


— 77 — 

La pomme de terre Biohter's Imperator. 

Nous nous éloignons de plus en plus des temps où l*agricuN 
tare n^était qu^un métier et où Tapprentissage sons la direction 
d'un vieax routinier constituait tonte Tinstruction agricole. 
Aujourd'hui TAcadémie des sciences elle-même comprend mieux 
les intérêts publics et elle ne croit pas trop descendre des 
sphères élevées dans lesquelles elle plane quelquefois, en s*occu- 
pant de ce qui touche à la culture. 

Dans sa séance du 20 janvier dernier^ la savante compagnie 
a pris connaissance des intéressantes et utiles recherches con- 
tinuées par M. Aime Girard, à la ferme de la Faisanderie, à 
Joinville le Pont (Seine), dans le but d'obtenir, par une sélec- 
tion judicieuse, une variété de pomme de terre très riche en 
fécule. 

La variété dite Biehter'B Imperator a donné des résultats 
extrêmement considérables. Tandis que les rendements de pom- 
mes de terre de 15,000 à 18,000 kilogrammes à Thectare sont 
considérés comme excellents, la variété qui nous occupe est 
arrivée à donner 35,000 et même jusque 39,000 kilogrammes 
de tubercules renfermant de 17 à 20 p. ^/o de fécule anhydre. 

M. A. Girard a été autorisé au commencement de Tannée 
dernière, par M. le Ministre de Tagriculture de France, à pré- 
lever sur la récolte de la ferme de Joinville le Pont, 6,000 kilo- 
grammes de plants sélectionnés par ses soins et à en confier la 
culture à une quarantaine d'agriculteurs répartis sur divers 
points de la France. Les résultats obtenus ont, en général, 
dépassé les espérances. Quelques lots ont été trop éparpillés, 
d'autres ont été cultivés dans des terres de jardin et ont produit 
des rendements exagérés. On n'a tenu compte que des résultats 
obtenus par trente trois expérimentateurs doht les essais ont pu 
se faire dans les conditions de la grande culture. Dans le sys- 
tème de M. Girard, le choix du plant est la plus importante des 
causes qui influent sur Tabondance des récoltes et la richesse 


— 78 — 

des tabercales en fécule* Il en résulte que le cultivateur doit, 
pour la plantation, donner la préférence aux tubercules de 
moyenne grosseur, choisis parmi les touffes dont la végétation 
aérienne présente le plus de vigueur. Les expériences faites sur 
divers points de la France ont donné en moyenne un rendement 
à Thectare de 36,000 kilogrammes de tubercules avec des 
richesses en fécule variant entre 20 et 24 p. <»/o, soit 7,900 kilo- 
grammes de fécule. Les cultivateurs qui se sont écartés des 
instructions données par M. Girard, ceux qui^ par exemple, 
ont récolté dès le mois de septembre, qui ont planté des tuber- 
cules non entiers, exagéré Tespacement, donné une fumure 
insuffisante, ont vu les rendements atteindre au maximum 
30,000 kilogr. et dans certains cas tomber à 16,000 et même à 
13,000 kilogrammes. 

Il résulte des observations faites par M. Girard et ses colla- 
borateurs qu*une culture bien entendue donne un rendement 
beaucoup plus considérable aussi bien en tubercules qu'en 
richesse de matières alcoolisables ou fécule anhydre. 

La pomme de terre Bichter's Imperator mérite donc d'être 
recommandée spécialement en vue de la grande culture. 

Em. Rodigas. 

Un bel Orme. — Il existe à Pelvésy, commune de Saint 
Génies, dans la Dordogne, un orme dont voici les dimensions. 
A la base, il a une circonférence de treize mètres; à un mètre au 
dessus du sol, il mesure encore neuf mètres de circuit; la circon- 
férence des quatre branches principales qui s'élèvent verticale- 
ment, est de 5°*70, B^'BO, 5 m. et 3'»80. Cette circonférence des 
branches serait déjà considérée comme très notable pour de gros 
arbres. La hauteur approximative de Tarbre est dô cinquante 
mètres. Au même endroit, il existait un autre orme plus gros 
encore qui est tombé il y a peu d'années et qui en tombant a 
démoli une des ailes du château. Ses branches ont fourni cent 
mètres cubes de bois. La circonférence de cet orme à la base 
était de quinze mètres, Ém. R. 


— 79 — 


Sempervirencu 

Ce n'est pas, comme on pourrait le croire à priori^ de la 
publication horticole hebdomadaire, créée sous ce nom dès 1872 
en Hollande, qae nous voulons parler ici, mais bien d'une 
catégorie de plantes qu'on pourrait désigner sous cette dénomi- 
nation assez poétique de sempenArens ou toujours vertes. 

On sait en effet que la grande généralité des plantes ligneuses 
de nos contrées septentrionales sont à feuilles caduques, c'est- 
à-dire naissant en avril-mai pour tomber en septembre-octobre ; 
pendant sept mois sur douze donc, ces plantes sont dépourvues 
de leur principal attrait. A côté de ces végétaux-là il y en a 
aussi à feuilles persistantes, c'est-à-dire restant attachées de 
longues années, toujours pourrait-on dire, attendu que pour une 
feuille qui tombe dix nouvelles ont poussé au préalable : de là 
leur nom de toujours vertes. 

Certes dans tout jardin, dans les grands, dans les parcs sur- 
tout, la grande majorité des arbres et arbustes à J rencontrer 
doivent appartenir à la catégorie des feuilles caduques : leur 
port est incontestablement le plus majestueux, leur bois a le 
plus de valeur, leur ombre est plus étendue et leurs feuilles 
mêmes, après la chute, sont en quelque sorte indispensables en 
culture. Mais il n'en est pas moins vrai qu'en hiver, dépouillés 
complètement, leur aspect est loin d'être réjouissant. 

Les sempervirens au contraire peuvent modifier singulière- 
ment cet aspect ; seulement il faut savoir les employer bien à 
propos, car un jardin où on aurait fait abus de sapins par ex., 
serait aussi monotone, pour ne pas dire aussi triste que celui 
dont on aurait tout à fait exclu les sempervirens. 

Nous venons de dire sapins, comme le vulgaire les appelle ; 
Conifères vaut mieux, bien qu'il j en ait à feuilles caduques, 
comme le Cupressus distieha et le Ginhgo Uloia par exemple. 
Mais à part ces rares exceptions, tous les Conifères sont à feuilles 


— 80 — 

persistantes, dono vertes en hiver comme en été et peuvent 
donner la note gaie dans la morte, saison. Aussi forment 
ils la majeure partie des toujours vertes et par le très grand 
développement auquel certains genres peuvent atteindre, et 
par le port si varié propre à certaines espèces, et par la diver- 
sité de leurs aptitudes pour tel et tel sol, telle et telle situation. 

Qu'on ne s*y méprenne pas cependant : ils ont aussi de graves 
défauts, celui entr'autres de ne pas réussir du tout dans Tinté- 
rieur des villes industrielles et même de ne jamais arriver à 
leur maximum de beauté dans un jardin trop emmuraillé. Non, 
il faut Tair vif et pur de la campagne pour que les Conifères 
puissent arriver à toute leur majesté et étaler tous leurs 
charmes. 

Ici encore cependant il j a des exceptions : le Taaus haecata 
et quelques rares autres vont assez bien en ville, tandis que 
d'autres espèces, dans leur jeunesse surtout^ redoutent beau- 
coup d*étre trop exposées au vent. 

A part les conifères, il existe une bien plus grande quantité 
qu'on ne le pense de sempervirens, convenant bien mieux que 
ceux-là dans une foulé de circonstances. C'est un examen auquel 
nous nous livrerons dans un prochain numéro, et pour les Coni- 
fères et pour les autres toujours vertes; on sait du reste que 
leur plantation est permise pour ainsi dire toute Tannée, sauf à 
j>rendre quelques petites précautions. H. J. Yan Hullb. 


Iris Sari var. lurida Boiss. — C*est une des plus belles 
espèces parmi les Iridées. Les fleurs sont très grandes et se 
produisent au sommet d'une hampe peu élevée. Les segments du 
perianthe sont orbiculaires, les intérieurs réfléchis à macules 
brun noir sur fond paille ; les extérieurs sont à macules pourpre 
clair sur fond violacé pâle. La plante est originaire de TAsie 
Mineure. Ém. R. 


Le Tilleul. 

DaDB Bon n" de juillet 1889, la Bévue de Thorticulture belge et 
étrangère a publié an article sur la râleur ornementale de cet 
arbre et sur son rôle cODSidérable dans les plaotations d'aligné- 


5. - Ti1l»nl à aniUd* laipni. 

ment et dans le pajsage, .Ce travail est accompagné d'une 
jolie gravure qui montre le port imposant et pittoresque de 
cet arbre majestueux. Grâce à l'obligeance de l'administration 
de la Revue, nous pouvons la mettre sous les jeux des lecteurs 
du Bnllelin. 


ii 


— 82 — 

C'est à an tout autre point de vue cependant que nous allons 
nous occuper du Tilleul^ notamment comme arbre mellifère. 

Avant de relater à ce sujet nos observations personnelles, 
nous croyons utile de communiquer à nos lecteurs un article 
publie, il j a cinq années, par G. M. Doolitle, dans un journal 
apicole (1), qui un moment interrompu a repris le cours de sa 
publication avec de notables améliorations. 

c Je crois que leTUleul est Tarbre du monde qui donne le plus 
de miel. En effet, si je ne me trompe, personne n*a jamais parlé 

d'aucune autre plante qui fournisse en moyenne 20 livres par 
jour, et trente huit jours de suite pour une colonie : Gallupen 
donne ce témoignage. Une de mes ruches me procura cette 
moyenne pendant dix. jours consécutifs; je notai 66 livres en 
trois jourst 

c En relevant mes notes depuis douze ans, sur le produit de mes 
abeilles, je trouve que le Tilleul seul m'a donné, chaque année 
une moyenne de 70 livres par ruche de miel en rayons. La 
moins forte a été de 45 livres et la plus forte de 120. Ceci est le 
produit moyen du rucher et non de chaque colonie individuelle- 
ment. Je trouve donc qu'il est avantageux de conduire ses 
abeilles dans les bois de tilleul, quand cet arbre manque auprès 
de nous. 

€ Si je suis dans le vrai, les Tilleuls^ trois ou quatre semaines 
avant de produire leurs fleurs mellifàres, forment des boutons 
accompagnés de folioles, auxquels nous pouvons reconnaître s'il 
y a lieu de se préparer au fransport. 

c Voici sur ce sujet le fruit de mes études approfondies : C'est 
en juin et juillet de l'année précédente que tous les arbres 
forment leurs boutons à fruits, en sorte que, même dans l'hiver, 
ces branches, qui semblent mortes et nues, indiquent l'espérance 
fondée de la saison mellifère suivante. Elles n'attendent que 


(1) Le Conservateur des abeilles, publié sous la direction de M. A. Four- 
niBE, apiculteur à Angerville (Seine-et-Oise), 


■ 


-sa- 
la cbalear du printemps poar se développer en pousses fécondes. 
Aassitôt que vers la fin de mai, ces boutons se développent, 
nous pouvons savoir parfaitement si le transport pourra se faire 
ou non. En examinant bien, nous trouvons à la base de chaque 
feuille la grappe de boutons enroulés sous la forme de la moitié 
d'un petit pois. 

« Chaque jour elle s*accroit et sept semaines après la première 
feuille, les fleurs s'ouvrent présentant aux abeilles le festin 
somptueux de leur nectar. Telle est la règle générale qui 
permettra à l'œil exercé de juger, près de deux mois à Tavance, 
ce que sera la récolte des tilleuls. 

« Mon ami Root me demande s'il y a des saisons où le tilleul, 
quoique très abondant, ne donne pas de miel ? 

c Je n'ai pas souvenance d'une telle saison. La plus courte 
récolte a été de trois jours de forte miellée avec une diminution 
graduelle de deux jours; mais le miel était eu si grande abon- 
dance que les abeilles étaient impuissantes à en préparer assez 
vite le logement nécessaire. La plus longue est celle de l'année 
dernière, i 

Nous ne voulons pas^ nous faire juge, s*il y a oui ou non 
quelque chose d'exagéré dans ce que M. Doolitle avance, mais 
nos propres observations nous ont permis de constater que les 
abeilles butinent très longtemps sur le Tilleul et qu'on peut 
notablement prolonger la saison de la miélée en adjoignant dans 
les plantations le Tilleul argenté à l'espèce commune à laquelle 
il succède immédiatement par sa floraison. 

Nous n'hésitons pas à déclarer que beaucoup d'observateurs 
ont été induits en erreur sur la durée de la récolte de nectar 
dans les fleurs de Tilleul. Cette erreur s'explique par ce fait 
que souvent après la floraison, les feuilles de Tilleuls transpirent 
un suc sucré appelé miellée ou rosée de miel. Or, en cas de 
disette, les abeilles recueillent cette matière qui procure à vrai 
dire un miel assez médiocre. 

La présence des abeilles pour prendre ce butin dans la olme 
des tilleuls a fait croire à une durée de floraison plus longue 


— 84 — 

qu'elle n'est en réalité. Chose étrange mais qui prouve le délicat 
instinct de nos intéressantes bestioles, c'est qu'elles abandonnent 
le Tilleul dès que les feuilles sont atteintes par les pucerons, qui 
en salissent la surface. 

Tout ce que nous venons de rapporter au sujet du Tilleul, ten- 
drait à faire émettre le vœu de voir entrer de plus en plus cet 
arbre dans les plantations. Mais ce serait naturellement à con- 
dition qu'on en profite en élevant des ruchers à proximité. Il 
existe sur la grande voierie de Courtrai à Harlebeke une double 
ligne de tilleuls sur un parcours d'environ 5 kilomètres. Ces 
arbres sont gigantesques et forment une immense voûte sur la 
grande chaussée. Il j a quelque temps, un apiculteur en renom a 
donné une conférence dans une commune située sur la route en 
question. Il a eu... deux auditeurs! Ajoutons que le colza n'est 
pas tout à fait abandonné dans cette localité bordée au reste par 
les riches prairies à faucher de la vallée de la Lys. On ne se rend 
pas assez compte de ce que l'abeille recueille dans les bonnes 
prairies où à côté des graminées dont quelques-unes sont assez 
mellifères, on trouve des Lotiers, dSs Trèfles, de Mélilots, des 
Médicago et autres Papilionacées toutes mellifères, les unes 
plus que les autres. 

Notre rucher situé à Gentbrugge est entouré de tilleuls 
argentés et autres. A 7 minutes de là se trouve une ave eue de 
97 tilleuls. Gentbrugge compte deux apiculteurs fixistes qui ont 
cinq ou six ruches. Deux antres^ s'inspirant de notre exemple et 
de nos conseils, ontétabli des ruches à cadres. Que de miel perdu, 
lorsqu'on réfléchit sérieusement à ce que nous dit M. Doolitle; 
c'est que la population de trois ruches suffit à peine pour faire la 
récolte du miel d'un seul arbre pendant les années favorables à 
sa floraison. 

En Amérique où l'apiculture constitue une puissante industrie, 
on plante des vergers de Tilleuls, que disons-nous, «les forêts. 
Nous prenons à témoin la déclaration de M. A. L. Root : 

W J'ai fait planter 50 à 100 mille tilleuls dans ma ferme aux 
abeilles. L'entreprise cependant est coûteuse et il faudra long- 


— 85 — 

temps encore arant de faire ane vraie récolte. Il y a doaze ans 
déjà que notre verger de tilleuls est planté et la moitié des 
arbres commence à rapporter. Mais le terrain est assez pauvre 
et ils ont été plantés trop loin Tun de l'autre, it faut les planter 
à 3°*50 et en déplanter un sur deux lorsqu'ils commencent à 
être resserrés ; s'ils sont très petits^ il est bon de les planter à 
moins de 2 m., car pour obtenir de bons et prorapts résultats, 
le sol doit être promptement ombragé. » 

Disons en terminant, ce détail n'est pas sans importance^ que 
le miel de Tilleul est le meilleur pour l'usage de la table. Il 
conserve à un haut degré le doux parfum des fleurs et se cris- 
tallise facilement. Fréd. BvKyEmou père. 


Enseignement agricole primaire. 

La loi du 20 septembre 1884 range les notions d'agriculture 
au nombre des matières obligatoires de renseignement primaire 
dans les communes rurales en Belgique. Un programme a tracé 
le tableau des leçons de culture aux écoles communales. Le 
département de l'instruction publique vient de préciser davan- 
tage les indications de ce programme. Une circulaire en déter- 
mine le but, le caractère et la méthode. Elle expos3 que les 
notions d'agriculture, d'horticulture et d'arboriculture qui doi- 
vent, par l'intermédiaire de l'école primaire, contribuer aux 
perfectionnements de l'agriculture nationale , doivent être basées 
sur des principes positifs de science naturelle en se bornant à ce 
qui est nécessaire^ à ce que ces sciences offrent d'applicable aux 
faits agricoles, veillant scrupuleusement à présenter avec exac- 
titude et à propos tout ce qu'elle y prend. Les données de la 
science doivent éclairer, vivifier, féconder les travaux de l'élève 
d'abord, ceux du cultivateur ensuite. 

La circulaire ministérielle veut que les leçons soient intui- 
tives, Tagriculture étant une science toute de faits. Or les faits 
doivent être matériellement constatés. L'enseignement agricole 


- 86 - 

primaire doit être appuyé sur rexpérimentation et le travail 
pratique. Il faut doue que la méthode soit intuitive et naturelle. 
Le livre d'agriculture que l'enfant de la campagne doit lire et 
étudier avant tout, c'est le jardin de l'école, c'est le champ que 
ses parents cultivent. 

D'après la circulaire , les leçons doivent s'appuyer dans une 
juste mesure, sur l'expérimentation et le travail pratique. 
L'instituteur devra baser ses leçons sur des expériences faites 
devant les élèves. Il fera lui-même usage des instruments 
nécessaires, il fera ensuite exécuter, sous sa direction, des 
opérations analogues par les élèves les plus capables. Il sera bon 
d'assigner aux élèves une partie de jardin dans laquelle ils cul- 
tiveront un certain nombre de plantes potagères. 

Les leçons doivent être données aux trois degrés de Técole, 
d'après un programme déterminé. Les notions les plus impor- 
tantes seront rappelées occasionnellement dans divers exercices 
scolaires (lectures expliquées, dictées, rédaction), ainsi que 
dans des visites à la iPerme et des excursions à la campagne. 

La circulaire passe en revue les moyens intuitifs de rensei- 
gnement agricole aux écoles primaires. Elle dit ce que doit être 
le jardin de l'école, comment il convient de faire les excursions 
à la campagne, comment les instituteurs et les élèves feront des 
collections concernant le règne animal, le règne végétal^ le 
règne minéral, les notions élémentaires de physique, l'agricul- 
ture proprement dite, l'arboriculture et l'horticulture. Elle 
rappelle que le jardin mis à la disposition de Tinstituteur c n'est 
pas uniquement destiné à fournir à celui-ci des fruits et des 
légumes; il doit avant tout servir à l'enseignement pratique de 
notions d'agriculture^ de botanique, d'arboriculture et d'horti- 
culture; en même temps, il faut qu'il soit un jardin modèle où 
l'on puisse observer les meilleures variétés de légumes et d'arbres 
fruitiers. » 

Le document officiel dont nous ne pouvons donner qu'une 
analyse fort sommaire, détaille d'une façon claire et complète 
tout ce qu'il convient d'établir dans un jardin modèle au point 


— 87 — . 

de vue de Tarboricultare, de la culture potagère, des plantes 
officinales, des fleurs, sans oublier les essais de culture démon- 
strative • 

La circulaire ministérielle du 15 février 1890 recommande 
aux communes de donner l'enseignement agricole dans les 
écoles d'adultes, indépendamment des cours spéciaux institués 
déjà dans 244 communes du royaume, par les soins du ministère 
de l'agriculture et confiés à des agronomes ou à des profes- 
seurs spéciaux. Il s'agit de compléter cette mesure et de 
faire répéter les connaissances que les élèves ont acquises à 
l'école primaire et d'enseigner aux jeunes gens, toujours par 
voie intuitive, les notions nécessaires pour suivre avec fruit les 
cours agronomiques institués par le gouvernement. Le docu- 
ment officiel est suivi du programme détaillé de l'enseignement 
aux divers degrés et il se termine par une liste d'ouvrages sur 
l'agriculture, l'arboriculture et ^horticulture, que les institu- 
teurs peuvent consulter avec fruit pour leurs études personnelles 
et pour la préparation de leurs leçons. Ëm. RonieAs. 


Les Oignons précoces. 

Parmi les nombreuses variétés connues dans le commerce et 
dans les cultures, il en est dont la qualité la plus marquante est 
de se conserver longtemps à l'état de repos, c'est à dire qui 
poussent tardivement. Telles sont VO. rouçe sang plat as BncM' 
mch^ ancienne variété, VO, jaune rond de ZiUau, plus récent et 
VO. rosé de bonne garde, tout à fait nouveau, mis au commerce 
l'an dernier par la maison Vilmorin-Andribux et C'^ de Paris. 
Il parait qu'on a réussi à en garder d'une année à l'autre, mais 
c'est exceptionnel. Voici d'ailleurs la description qui a accom- 
pagné la mise au commerce de VOiçnon rosé : 

« Étonnant de conservation 1 Nous en avons gardé plus d'un 
an sans constater de dépréciation sensible dans sa qualité 
marchande. C^est bien Toignon de grande culture à vendre aux 
approvisionneurs pour la consommation de mars, avril et mai, 


avant que les nouveaux oignons blancs n'apparaissent en quan- 
tité. Il est à peu près de même grosseur que les oignons rouge 
pâle ordinaire et rouçe foncé, mais d'un rose légërameat sau- 
moné on plutôt cuivré, bien plat, à collet 6n, bien piocé. > 

Si nous insistoDB sur le mérite des variétés qui sont de longue 
garde (jnsqu'en avril-mai), c'est pour avoir l'occasioD de mettre 
en évidence la néoessité de produire des oignons nouveaux dans 
l'Intervalle que les derniers conservés se ooasomment et que 
des nouveaux de la pleine saison (août-septembre) ne paraissent 


a. — Fatits OigaODS de Halhaiee on d« Cambni. 

sur les marchés. L'oignon blanc hâtif semé à l'automne et 
hiverné aveo quelques soins produit des oignons dès la fin de mai . 
Aucun procédé de culture tiâtive n'est plus simple et plus aûr 
cependant que par le moyen des bulbillea repiquées. Les petits 
bulbes de toutes les variétés d'oignons peuvent se repiquer au 
printemps et produire de gros oignons ; mais aucune ne surpasse 
rO. jaune d« Mulhouse. 

Les petits bulbes sont figurés ici de grosseur naturelle. 

On peut faire un semis spécialement en vue de l'obtention des 
oignons à replanter i on sème dru et on plombe fortement le 
sol. On plante les bulbes ainsi obtenus au printemps de la même 
façon que les écbalottes et les caïeux d'ail. Dès qu'ils poussent, 
la tige florale se montre; on doit l'enlever le plus tôt possible 
afin que l'oignon seul se développe. On obtient de cette façon de 
gros oignons dès la fin de mai, au moment où toutes les provi- 
sions d'hiver sont épuisées. Fr^d. Burvemch père. 


Haricot nain Shah de Perse. 

Cette variété nouvelle appartient à la série des Haricots k 
parchemiQ, maia, commâ chez d'autreB variétés da cette caté* 
gorie, cette doublure coriace qui tapisse iatérieurement les 
gousses se forme relativement tard. 

Cette particularité permet de les utiliser en cosses vertes très 


jeunes avant que le grain ne marque. Ce sont ces Haricots que 
l'on Doaims Jllets ou aiguilles. 

La variété Shah de Perse serait, selon MM. ViLMoam- 
Andrieux, bien supérieure à la précieuse variété H. noir de Bel- 
gique tant recherchée pour la cueillette en aiguilles, à cause de 
sa précocité due surtout à sa rusticité relative. Nous laissons 
suivre ici la description qu'en font les premiers propagateurs : 

< Moins hâtif mais bien plus fertile que Le H. noir de Bélçigue^ 


— 90 - 

celui-ci est réellement destiné à lui succéder dans la culture des 
filets pour haricots verts. Très haut pour un Haricot nain, il 
supporte admirablement, sans les laisser traîner à terre, des 
cosses très nombreuses et d*une longueur remarquable. Il n'est 
pas rare d'en rencontrer de 0°'20 de long et même davantage; 
comme elles sont en outre presque cjlindriques et très droites, 
elles ne peuvent manquer d'attirer Tattention des acheteurs et 
d'offrir, par suite, à la culture un produit des plus rémunéra- 
teurs. Feuillage vert foncé, grain allongé, très noir. » 

Nous engageons vivement nos lecteurs à essayer cette inté- 
ressante nouveauté et surtout à en faire une culture compara* 
tive avec le H. noir de Belgique et le H, Flageolet à graine 
noire, autre variété hien précieuse pour la production des filets 
ou aiguilles. Fréd. Burvenich fère. 

La Chasse aux truffes. 

Le Périgord n'est pas seul à fournir ce précieux champignon. 
Voici ce que dit le Jardin^ à propos d'autres sources de truffes 
naturelles : 

« On sait g:énéralement peu que, dans le département de la 
Haute-Marne, l'industrie de la truffe est exercée sur une assez 
vaste échelle. Le centre de la région truffière est un petit 
village du nom de Richebourg, à quelques lieues de Château- 
Yiliain et d'Arc-en-Barrois, au centre de grands massifs fores- 
tiers. Les neuf dixièmes de ces truffes sont expédiés sur Paris, 
après avoir passé, parait-il, par Cahors ou Périgueux. La récolte 
s'y fait au moyen de chiens noirs ou gris foncé, d'apparence 
hargneuse. Le chasseur de truffes se sert pour l'extraction des 
précieux champignons d'un outil à lame pointue en forme de 
houe. 

€ C'est du 1" octobre à la fin de février qu'a lieu la chasse aux 
truffes, qui se vendent alors de 4 à 6 fr. la livre suivant la 
qualité et la grosseur. Nous avons récolté des truffes dans le 
parc d'Arc-en-Barrois, sans autre secours que le bout d'une 
canne, et en moins d'une heure nous en avions mis de côté au 


— 91 — 

moÎDS une lirre, c'est dire combien elles sont abondantes dans 
cette région et faciles à déterrer. 

c La truffe de la Haate-Marne, de parfum médiocre, est une 
truffe grise, fournie par le Tuber uncinatum (Chatin); elle j est 
quelquefois mêlée à une espèce de qualité tout à fait inférieure, 
à odenr de bitume qui la rend impropre à ralimentation, le 
Tuber Mtuminatum. Malgré l'abondance de la truffe en Cham- 
pagne, le Périgord n*a rien à craindre. » 


Expositions annoncées. 

La Société de oulture maraîchère et d'arboriculture des 
plateaux de Hervé fêtera cet été le dixième anniversaire de sa 
fondation par une grande exposition -concours qui aura lieu le 
28 septembre, au Kursaal de Chaudfontaine. 

Société royale d^horticultore de la province de Namur. 
— La 25*°* exposition organisée par cette Société aura lieu au 
Kursaal, à Namur, le 29 et le 30 juin 1890. Les plantes, fleurs 
et fruits pourront être exposés par tous les amateurs et horti- 
culteurs belges ou étrangers. Il est fait un appel spécial pour 
les roses. 

Société royale d'agriculture et de botanique de Gand 
(Casino). — L'exposition annuelle de plantes et de fleurs aura 
lieu les 11, 12 et 13 mai. Une exposition de Chrysanthèmes et 
de plantes ornementales sera ouverte du 16 au 19 novembre. 

Société néerlandaise d'horticulture et de botanique. — 
Cette Société a décidé qu'une exposition nationale de Chrysan- 
thèmes aura lieu à Amsterdam du 13 au 17 novembre 1890. 

Société provinciale d'horticulture et de botanique de 
Bruges. — L'exposition d'hiver aura lieu le 13 avril prochain 
au local des Halles. 

Société royale d'horticulture de Liège. ■— L'exposition 
printanière aura lieu, au Casino Grétry du 20 au 22 avril. 

ÉM. R. 


- 92 - 

Avis important. 

SÉCHOIR RYDER. 

Un séchoir Byder vient d*étre installé à TËcole d^hortical- 
ture de l'État, boulevard de TÉcole normale, 15, à Gand. Des 
expériences de dessication de fruits et de légumes auront lieu 
successivement en présence des élèves de TÉcole et des auditeurs 
des conférences publiques sur Tarboriculture fruitière, par les 
soins de M. Burvenigh. Les premiers essais ont eu lieu récem- 
ment et ont donné des résultats excellents. 

Les particuliers qui désirent faire eux-mêmes des essais de 
cette nature, peuvent en obtenir l'autorisation en s'adressant 
à M. RoDioAs, directeur de TÉcole d'horticulture. 


Varia. 


A quel moment faut-il arroser? — Un vieux dicton, connu 
des jardiniers, prétend qu'un arrosoir d'eau administré à la soirée 
en vaut deux qu'on donnerait dans la matinée. Ce dicton est 
vrai surtout pour les cultures de plein air. Il n'est pourtant pas 
sans valeur non plus pour les cultures sous verre et, comme 
exemple à l'appui, Vllluitririe Garten Zeitung de Vienne cite 
les centaines de grands exemplaires de plantes se trouvant 
dans la vieille orangerie du jardin du prince de Schwarzenberg: 
ces plantes reçoivent en effet et ont reçu régulièrement depuis 
toujours leurs arrosements le soir entre 5 et 6 heures. 




La Garantie générale agrioole. — Sous ce titre vient de se 
constituer, à Anvers, une société civile, en mutualité, contre la 
grêle et la gelée des récoltes, contre l'incendie et contre la mor- 
talité des bestiaux et des chevaux. Cette société mutuelle d'assu- 
rances agricoles mérite d'être sérieusement encouragée. Pour 
tous renseignements on peut s'adresser au directeur-gérant de 
la société, rue Van Luppen, 25, à Anvers. 


- 93 


* 


Floraison du Staohys. — Le Stachys tuierifera a été l'an 
dernier d'une végétation généralement superbe. Les plants mis 
seulement à une distance de 0"^30 n^ont pas trouvé cet espace- 
ment suffisant. M.RuiNET du Taillis, à Bodinio, dans le Finis- 
tère, a obtenu jusque un demi kilogramme par pied. Quelques- 
unes des plantes cultivées dans cette partie de la Bretagne ont 
fleari et même fructifié; toutefois les graines ne sont point 
parvenues à leur état de maturité. C'est la première fois que la 
floraison de TÉpiaire tubéreux est signalée en France. 


* * 


Le Ministère de l'Agriculture en Angleterre. — A 
Texemple des contrées voisines, sur le continent, l'Angleterre 
possède aujourd'hui son ministère de l'agriculture. Le premier 
titutulaire est l'honorable M. H. Chaplin. Naturellement le 
nouveau ministre a dans ses attributions tout ce qui concerne, en 
dehors de l'agriculture proprement dite, l'horticulture et la 
sylviculture. Dans un des récents débats de la Chambre des 
Communes, M. Picton a signalé à l'attention du ministre la 
concurrence faite aux produits indigènes par les abondantes 
importations de pommes venant du continent. Le nouveau 
ministre a dit qu'il n'est pas du tout d'avis que l'arboriculture 
fruitière touche de près à l'enseignement agricole et il a exprimé 
l'idée que la culture des fruits dépend quelquefois plus du climat 
que de toute autre chose! — Nous trouverions extriâmement 
étrange un pareil langage dans la bouche d'un ministre. 

Cela nous rappelle le mot d'un personnage qui avait quelque 
prétention à se faire passer pour agronome et qui exprima un 
jour cette idée également toute neuve pour lui « que le soleil 
pourrait bien avoir quelque influence sur la maturation du 
raisin. » M. le ministre Chaplin devrait bien expliquer, dans une 
autre séance, quel est le produit cultural sur lequel le climat n'a 
pas d'influence. 


- 91 - 

Pommes de terre japonaises. — Un de nos correspondants 
j de Hamboarg, M. BRueGEMAN, nous a envoyé au commencement 

1 du moisde janvier, avec demande de renseignements, un échan- 

j tillon d'un produit nouveau, mis en vente à Hambourg chez un 

;' marchand de primeurs, sous le nom de Pomme de terre du 

\ Japon. Ce produit se vendait au prix de deux marks la livre. 

Quelle ne fût pas notre surprise en ouvrant la petite boîte, d'y 

trouver des tubercules d*Ëpiaire tubéreux, Stachys afflnis. Chez 

\ nous, ces tubercules de plus en plus appréciés, sont reçus avec 

faveur sur toutes les tables. 

I * * 

Fruits et fleurs aux Halles de Bruxelles. — Aux premiers 

jours de février, les Ananas des Indes se vendaient de 10 à 15 fr. 
\ pièce ; le raisin noir des serres obtenait de 10 à 15 francs 

\ le kilogr. Les primeurs de légumes s'écoulaient facilement, les 

laitues de 6 à 10 centimes pièce, les scarolles de 10 à 15 centi- 
mes, les chicorées de 12 à 18 centimes, les radis à 75 centimes 
la botte, les haricots verts, en aiguilles, à 9 fr. le kilog. Toutes 
les fleurs étaient en hausse : les Mimosa se vendaient de 4 à 
5 fr. le kilogr., les Violettes de 25 à 30 centimes le petit bou- 
quet^ les roses Safrano de fr. 0,80 à fr. 1,20 la douzaine^ le 
Lilas blanc de 3 à 4 fr. le bouquet. 




Le Danemark n'est pas un pays horticole proprement dit, 
bien que Tagriculture soit la grande ressource du pays. Les 
céréales, l'élevage du bétail et l'industrie laitière y sont surtout 
florissants. En 1888^ les beurres danois expédiés pour l'Angle- 
terre représentaient une valeur de soixante millions de francs. 
La culture maraîchère et horticole proprement dite se trouve 
aux environs des grandes villes, Copenhague, Aarhu s etOdensee. 
L'île de Fionie, qu'on appelle le jardin du Danemark, est renom- 
mée pour ses jardins et surtout ses vergers. Presque tous les 
horticulteurs font à la fois la culture maraîchère et la culture 
florale. Ils portent leurs produits au marché dans des voitures 


— 95 — 

coavertes et vitrées comme de petites serres. Le jardin bota* 
nique de Copenhague est un des plus beaux et des mieux tenus. 
M. E. Bergmà^n a publié dans le Journal de la Société natio' 
nale d'horôicjdture de France sur le Danemark, la Suède et la 
r^orwège, des notes horticoles extrêmement intéressantes. 

* * 

Un marronnier colossal est celui de Malebranche, planté 
dans le parc du collège de Juillj dirigé par les pères Oratoriens. 
Il mesure contre le sol 8°^40 de circonférence, mais à la naissance 
des grosses branches, il a 16 mètres de tour; certaines de ces 
branches ont 3 mètres de circonférence. Le diamètre de l'en- 
semble dépassait 45 mètres avant la perte des branches infé- 
rieures. On attribue à cet arbre plus de deux siècles d'existence; 
il aurait été planté, dit M. B. A. Carrière, vers 1663, c'est à 
dire 48 ans après Tintroduction du Marronnier en Europe. 

* 

Plantes alpines. — Un nouveau jardin botanique alpin vient 
d'être établi sous le nom de Linnaeay sur une colline de la vallée 
du Valais, à une altitude supramarine de 1690 mètrç^, non loin 
du village de Bourg St-Pierre, près de la route qui mène au 
St-Bernard. Cette altitude permettra d'y cultiver non seulement 
les plantes des Alpes, mais aussi un grand nombre des représen- 
tants de la flore des Pyrénées, du Caucase et même de l'Hima- 
laja. Le nouveau jardin est placé sous l'habille direction de 
M. H. CoRREVON, dont on connaît la prédilection pour les 
plantes alpines. 

* * . 

Encore le oentenaire de la réintroduction du Chrysanthème. 
— A propos de cette réintroduction qui a été célébrée un peu 
partout Tannée dernière, il a été question du nom du réintro- 
ducteur, Pierre Blancard. C'était, nous apprend la Revue 
Horiicoîe, un capitaine au long cours, qui passa une grande 
partie de sa vie en mer. Il alla plusieurs fois en Chine et au 
Japon et c'est au retour d'un de ses voyages, en 1789^ qu'il 


— 96 - 

rapporta les fameux chrysanthèmes d'où sont issues les nom- 
hreuses variétés actuellement répandues dans les cultures 
européennes. • 

Morina betoniooides Benth. — C'est une gracieuse plante 
vivace originaire du Sikkhim, portant des épis de fleurs d*un 
beau rouge rose, cramoisi à la base des lobes de la corolle. Les 
feuilles sont bordées de longues épines. 

* * 
Production des Pêches en Amérique. — En 1887, les 
états du Marjland, de Delaware, de New Jersej et d'Hudson 
Vallej expédiaient quatre millions cinq cent mille paniers 
contenant chacun douze douzaine des Pèches emballées chacune 
isolément et séparées Tune de l'autre par des bandes de carton 
entrecroisées. En 1888, les deux états de Marjland et deDela- 
ware ont à eux seuls expédié environ huit millions de paniers. 
Montreuil n'a qu'à bien se tenir et bientôt il faudra, en présence 
d'une augmentation de production aussi notable, demander des 
droits protecteurs sur les importations américaines. 


* * 


Le liège du oommeroe est fourni par le Quercus suber^ 
arbre de moyenne grandeur, à feuilles persistantes, indigène de 
la région méditerranéenne. Son bois est très solide, bien qu'il 
soit employé le plus souvent comme combustible. Un Ohéne 
liège peut fournir vingt récoltes dont la première commence 
lorsque l'arbre a atteint une quinzaine d'années. L'écorce est 
d'autant meilleure que l'arbre est plus âgé. Un arbre séculaire 
peut donner de 100 à 200 kilogrammes, bien que le cultivateur 
ne s'attende qu'à un produit moyen de 50 kilogrammes. La 
récolte a lieu de juillet en août, Técorce est fendue longitudina- 
lement de distance en distance depuis le haut jusqu'en bas, 
puis, une incision circulaire détache les deux extrémités. Le 
liège est produit en Espagne, en Italie, en Portugal, en France 
et en Algérie. Em. R. 


♦^■iH v^; 


— 97 - 

Féolie précoce de Haie. 

(HALKS SARLT PEACH.) 

Les Américains nous ont fourni une série de pêches précoces, 
en tète desquelles nous rencontrons toujours la P« Arnsden dont 
les Bulletins ont publié un portrait chromolithographie. 

Cette collection, car o*est une véritable collection, de pêches 
précoces, semble issue d'un même type, tellement les caractères 
généraux s^ ressemblent. 

Citons les variétés les plus méritantes parmi lesquelles la 
P. de JBale (pas Halle) âgure dignement. 

Arkansas à fruit gros, pourpre, très foncé, recommandée 
comme une des meilleures, des plus précoces. 

Qo^ernor Garland. Très gros fruit d'une jolie teinte rose, très 
précoce. 

BoneyweU. Fruit de grosseur moyenne. Coloris très foncé, 
très beau fruit de qualité supérieure, maturité fin-juin, commen- 
cément de juillet. 

Bpaii. Cette variété semble directement issue de Amsden, 
Tarbre en a toutes les allures ; mais, le fruit est plus gros, la chair 
moins fondante et elle est moins précoce de quelques jours. 
* Précoce Aleœander, Cette variété est déjà bien répandue dans 
les cultures où elle se montre presqu*aussi hâtive qu^Amsden et 
si possible encore plus fertile. 

Argentée (Early Siher). Cette variété a été annoncée comme 
devant être de 10 jours plus précoce que la P. Amsden^ mais elle 
est de la même saison, ce qui est déjà très beau. Une plus grande 
précocité ne serait. pas à souhaiter, elle ne pourrait que nuire à la 
qualité. C'est ainsi que la P,Afnsden, cueillie fin j uin, n*est souvent 
mûre qu'à l'extérieur tandis que la partie du fruit avoisinant le 
noyau est encore plus ou moins tassée et même de consistance 
vitreuse. 

Précoce de Haie. (Voir planche noire.) Fruit de grosseur 
moyejine, légèrement mamelonné, d'un teint moins chaud que la 

7 


— 98 — 

P, Amsden; beau carmin pâle, chair blanche. Cette variété est 
surtout recômmandabie pour la culture en plein vent ; elle a le 
pédoncule tellement adhérant que le fruit, même très mûr, se 
détache avec certaine difficulté. Seulement elle ne répond pas 
entièrement à son nom de baptême {HaWs Sarly) ; elle mûrit 
généralement dans la seconde quinzaine de juillet. 

Précoce de Barper. Grosse rouge lavé de pourpre; on la dit 
aussi précoce que Amsden et Alexander. 

Précoce du Canada. Originaire de Jordan (Ontario) où-elle a 
été obtenue par Abraham Higo, qui Ta annoncée comme surpas- 
sant en précocité toutes ses compatriotes Arnsden^ Alexander, 
Boneyweïl, etc. Elle s*en distingue toutefois par une chair se 
détachant plus franchement du noyau. 

Rouge de Mai. «D'après son nom, elle devrait être la plus 
précoce de toutes les pêches. j[l ne nous a pas étë donné d'en 
voir les fruits, mais à en juger par son aspect, elle pourrait 
bien n'être qu'une réédition de Amsden. Nous ne pouvons rien 
affirmer à ce sujet avant d'en avoir vu le fruit. 

Mais ce ne serait pas la première fois que nous verrions 
se passer avec les nouveautés en fruits ce qui arrive aux 
figures de cire qu'on montre dans les foires et qui tour à tour, 
selon les circonstances, changent de nom pour représenter un 
autre personnage d'actualité. 

Espérons qu'on s'arrêtera quelque part avec les pêches pré- 
coces et qu'on n'offrira pas un jour à la pomolggie des 

pêches d'avril ! 

Saunders. Encore une variété prétenduement plus précoce de 
dix jours que la pêche Amsden; lavenir nous l'apprendra. 

Comme conclusion, nous répétons ce que nous avons mainte* 
fois fait remarquer dans ces Bulletins, c'est que les Américains 
font des pas de géant en pomologie et en arboriculture et que 
déjà nous leur sommes redevables de variétés précieuses en 
pêches, poires, pommes et coings. 

Préparons -nous à voir un jour leurs fruits sur nos marchés. 

Frbd. Burv£nich père. 


1 « 


99 — 


Jardins de Tantiquité. 

Quand de nos jours on visite une propriété, parc ou 
jardin d'agrément, on les trouvera irréprochables, passables, 
insignifiants ou absurdes, suivant que le plan d'exécution en 
a été conçu et aussi — disons le de prime abord — suivant 
qu'on est plus ou moins compétent pour en juger. 

En général, plus un jardin est vieux et par conséquent ses 
plantations sont développées, plus elles imposent et on pardonne 
alors assez généreusement ce que leur tracé a presque toujours 
de défectueux. Pour les créations plus récentes on est moins 
miséricordieux; les fautes commises, s'il y en a, sautent du 
reste plus facilement aux yeux. Enfin, si c'est en dépit du 
bons sens qu'on a fait le jardin, les profanes mêmes ne tarderont 
pas à s'en apercevoir. 

Quand nous disons profanes, c'es( pour avoir l'occasion de 
dire que leur nombre diminue de plus en plus.^ Autrefois on 
créait des jardins, un peu au hasard : une grande pièce d'eau, 
baignant en partie ou mârae complètement le château, une 
grande pelouse, un bois dans lequel les allées serpentaient 
plusieurs fois sur elles-mêmes, et on avait le jardin classique 
de répoque. Ceux qui savaient procéder avec un peu plus de 
méthode étaient fort rares; de là le renom que les maîtres 
es arts de ces temps avaient acquis. Dans ce dernier demi- 
siècle sfirtout le goût dans la création des jardins s'est non 
seulement modifié du tout au tout, mais, grâce en grande 
partie à l'enseignement horticole, ce goût s'est énormément 
répandu dans le public, devenu plus compétent, donc plus 
difficile. 

Il 7 a certainement lieu de se féliciter de ce que les proprié- 
taires sachent apprécier davantage les conditions auxquelles 
doit répondre un jardin pour se rapprocher de ce qu'on appelle 
las règles de l'art; le bon goût n'a pu qu'y gagner. 

Mais se rend-on bien compte combien le goût s^est modifié dans 


— 100 ~ 

les divers âges des peuples? Si nous ne faisons plus ce que 
faisaient nos arrière grands përes, nous imitons encore moins 
nos premiers çincêtres. À ce sujet le Oarden andFarest, de New- 
York, fait une très intéressante étude. 

c La riche imagination des Hindous, dit-il, se manifestait dans 
les formes architecturales, lesquelles, tout en manquant de la 
pureté grecque, sont d'une beauté ravissante, s'harmonisant 
fort bien avec les sites demi-tropicaux qui les entourent. Aucun 
des anciens restes hindous ne rappelle le temps où la pierre 
remplaçait le bois comme matérial de construction et ceci semble 
ne pas avoir été antérieur au 3® siècle avant le Christ. Mais en 
Orient, les coutumes et les goûts semblent être étrangement 
persistants, et par leurs témoignages nous sommes amenés à 
déduire le r$le que le jardinage y a joué dans les temps reculés. 

c Le plus simple type d'un ancien jardin fut la cour enserrée, 
intimement liée avec le temple ou habitation. Les grands monas- 
tères bouddhistes, où des milliers de gens habitaient ensemble, se 
composaient d^un nombre immense d'appartements entourant des 
cours ouvertes et on peut encore suivre les traces des restes de 
leurs bocages et de leurs vastes bassins. Le plan d'un de ces 
temples, au Sud des Indes, publié par Fergusson, montre une 
énorme colonnade de 235 mètres de long, encerclant inté- 
rieurement rédiflce principal, entouré lui-même des deux côtés 
par un large jardin méthodiquement planté, le tout enserré par 
un mur de 6 à 7 mètres de haut. Dans ce cas, les jardins 
n'étaient qu'un détail dans un grand ensemble architectural; 
mais dans d'autres cas, les constructions étaient dominées par. le 
paysage ; toujours cependant on attachait une importance capitale 
à l'unité de Teffet. 

« On peut affirmer que nulle part on n'a si bien compris qu'aux 
Indes l'art de faire ressortir les formes architecturales en y 
adjoignant des pièces d'eau. Au surplus, dans un climat chaud et 
où les ablutions sont fréquentes, il était tout rationel de mettre les 
habitations près des lacs et des courants d'eau. Aussi établissait 
on harmonieusement contre des fonds ou des collines fortement 


\ 



Ttï 


- 101 - 

plantés» des temples, colonnades, terrasses, kiosques et large? 
avenues, dans le principal Hntérât des bains à prendre.^ On cite 
même des palais majestueux élevés au milieu d*un lac immense, 
c En examinant ces créations, on doit en convenir qu'on avait 
su assimiler avec un rare talent Tart à la nature et que le 
hasard, la chance .d'un beau site étaient fort habilement mis à 
profit pour ^tteipdre ce but. Jamais de brusques transitions : 
da temple ou du palais au bois, plantes, taillis ; ici et là des 
constructions secondaires se distinguant toutes non seulement 
par leur beauté intrinsèque, mais aussi par leur raison d'âtre à 
cette place et la diversion qu'elles devaient produire. 

c Pour donner une idée de l'importance que les Indiens atta- 
chaient à leurs jardins, on peut citer le grand Palais d'Oodey- 
par, qui couvre toute la crête d'une vaste colline, dont la base 
est baignée par les eaux bleues du lac Peshola, crête que Tar- 
chitecte a élargie à Taide d'une triple terrasse immense, soutenue 
par des arches voûtées. Ce palais, comme d*habitude, consiste en 
une multitude de consttructions partielles et leur ensemble, avec 
leurs jardins attenants^ est arrangé de telle sorte qu'il fait pen- 
ser à ces fameux « jardins suspendus » de Babjlone. 

€ Une fontaine aux eaux jaillissantes se trouve à un point 
central, d'où des allées dallées de marbre blanc rayonnent dans 
diverses directions, de même que des cours d'eaux limpides 
vont en cascadant se perdre dans l'ombre des orangers. Une 
galerie en marbre blanc d'où la vue s'étend sur toute la vallée, 
entoure cet endroit enchanteur, formé de jardins en terrasse 
garnis de pavillons, de fontaines et qui vont jusqu'au lac, bordé à 
son tour de constructions analogues. Le toit voûté d'une de ces 
dernières repose sur un millier de colonnes élancées, tandis que 
tout autour règne une vapeur diaphane aux couleurs de l*arc-en- 
ciel, effet produit artificiellement par des eaux jaillissantes 
invisibles. 

€ Des parterres réguliers ont toujours été le trait caractéristi- 
que du jardinage hindou, et démontrent que le goût pour l'har- 
monie comme pour la vivacité des teintes, distinguait cette race 


I 


à 


— 102 — 


dans la recherche de la beauté artistique. Aussi , nous septentrio- 
i naux, ne pouvons-nous nous fî&ire une idée des effets de couleur 

! ' que les Indiens savent produire par une combinaison des 

I éléments architecturaux et naturels sous leur beau ciel bleu 

ensoleillé. » 

Comme de tous temps des communications entre les Indes 
! et la Chine ont existé, le progrès a suivi la même route. Le 

jardinier hindou a-t-il appris quelque chose des Chinois? C^est 
plus difficile à dire. Il est plus probable qu^il a siibi Tinfluence 
de la Perse, son maître jadis. On retrouve en effet quantité 
d'éléments d'origine persane dans l'architecture de la péninsule 
hindoue ; or, là comme ailleurs le jardinage a suivi la même 
influence. La Perse serait donc le berceau du goût effréné 
pour le jardinage. Quintus Curtius écrit d'un prince persan : 
c II passait tout son temps, accompagné des vœux et des chants 
dé ses concubines, à chasser, à tirer des animaux, pour les 
e^lprisonner (parquer, de là parc sans doute) dans son parc. > 
Voilà pour des époques qui se perdent dans les ténèbres de 
Tantiquité. Que ces jardii^ furent vastes, majestueux, rationels, 
de bon goût pour l'époque, nous n'en doutons pas un instant. 
Aujourd'hui cependant nous ne pensons pas qu*on trouverait 
encore un seul Crésus disposé à les imiter. Les goûts ont 
donc quelque peu changé. Dans notre égoïsme et à tort ou 
à raison, nous trouvons même que la manière de procéder de 
nos jours est infiniment préférable à celle de nos prédécesseurs; 
nos successeurs en diront probablement >autant de nous; c'est 
Thistoire du monde et de Thumanité. 

H. J. Van Hullb. 


Plantations firuitières le long des routes. — L'administra- 
tion des ponts et chaussées du département de TOise a décidé de 
faire des plantations fruitières ce printemps, à titre dressai, 
sur une des routes de ce département. On a commencé par 
planter des pommiers à cidre. 


— 103 — 

Nouvelles variétés de <c Crassula » hybrides. 

{ROCHE A X JASMINBO-COCCINBA Éd. P.) 

Les jolies variétés de Crassala que nous avons mises au com- 
merce récemment, appartiennent, comme nous le disions dans la 
Rttue de rHorticuUure belge et étrangèrej <}ui en a publié une 
jolie planche coloriée, à un genre de plantes dignes en tout point 
d^étre chaudement recommandées par les amis des fleurs. C'est 
par elles que les débutants s'initieront le plus facilement à la 
culture des plantes d'appartements et de fenêtres, certains 
d'avance, de voir leurs essais couronnés de réussite. 

On ne possède pas, en effet, de plantes moins exigeantes en ce 
qui concerne le sol et les arrosements, d'une bonne venue et d'une 
floraison plus certaine, d'une culture plus aisée, tout en manifes- 
tant, comme la plupart des autres fleurs, leur reconnaissance des 
soins intelligents, attentifs et réguliers qu'on leur accorde. 

Depuis quelque temps, il semble que, dans le monde horticole, 
il se produise une sorte de réaction contre les plantes dites à 
feuillage, c est-à-dire exclusivement ornementales par l'élégance 
de leur port ou la beauté de leur feuillage. Les Orchidées aux 
corolles si brillantes et si variées, en envahissant les jardinières 
des salons, ont contribué à cette modification du goût public. 
Mais, quoiqu'elles aient considérablement diminué de prix, 
notamment toutes les espèces cultivées pour la fleur coupée, les 
Orchidées sont encore loin de pouvoir être comptées parmi les^ 
fleurs destinées à orner la fenêtre des amateurs, aux prétentions 
et aux ressources modestes. 

Le commerce demande aujourd'hui, des plantes à cultiver 
« for the million, » que l'on puisse propager indéfiniment pour 
1 alimentation, des marchés. A ce point de vue, nous pensons 
qu'il n'eu existe pas répondant mieux à ce desideratum, que les 
hybrides nouveaux de Crassula ou Rochea (pour être correct au 
point de vue botanique). Si nous avons conservé la dénwnination 
de Crassula, c'est que les Roehea coccinea et jasminea^ dont le 


- Ctettula liliMJt (BsiAta X jatmlmo-falcala Éd. FJ. 

(Gravare d'ïjièi la Oardmtri'.CkrtiiMt.) 


oroisement a produit ces charmantes variétés, sont géoéralement 
connus aoa» U nom 4c Crattula parmi les jardiniers. Ceux-ci 


De connaissent qu'un Rochea, le B. faleata, 
cause de ses feuilles recourl>éâS en faux. 


— 106 — , 

I 

De plas, c^est sous la désignation de Craiiula que leur heu- 
reux obtenteur, M. Foucard, horticulteur à Orléans, de qui 
nous en avons acquis Tédition entière, a présenté ces plantes à la 
Société nationale d'Horticulture de France, en séance du 13 juin 
1889, et c^est sous cette désignation que ces plantes, qui furent 
jugées fort belles, comme dit le rapporteur, obtinrent une prime 
de 1^* classe, récompense hautement justifiée par leur mérite 
exceptionnel. 

Ces considérations n'ont, botaniquement parlant, aucune 
valeur : mais les jardiniers, je crois, seront d'accord avec nous, 
i surtout parce qu'il s'agit de plantes destinées à la culture 

générale. Les Crassula présentent, en effet, toutes les qualités 
i qu on peut exiger de plantes populaires. Elles fleurissent natu- 

rellement à la fin du mois de mai ou au commencement 
de juin et elles ont le grand mérite de se développer 
assez vite et de fleurir dans Tannée de leur multiplication, ce 
qui n'est pas le cas pour le Crassula (Roekea) coccinea quMl faut 
cultiver deux ou même trois ^ûs avant de pouvoir l'apporter en 
fleurs au marché et qui, d'ailleurs, ne fleurit qu'au mois de 
juillet. . 

Les formes obtenues par le; croisement des C. falcata et 
jasminea représentent toutes les nuances intermédiaires. 

Ces hybrides nouveaux offrent, par la richesse et la variété 
de leur coloris, une grande supériorité sur leurs parents; ils 
ont, en outre, l'avantage d avoir une croissance plus trapue et 
un port plus ramiflé. Rien n'est plus facile que diobtenir, en 
pratiquant le pincement de la jeune tige, des toufles compactes 
dont chaque ramiflcation se couvre de larges corjmbes, formant 
un ensemble qui constitue une magnifique potée fieurie, comme 
le montre notre deuxième gravure noire, faite d'après une 
photographie. 

11 y a peu de choses à dire c6ncernant la culture de ces 
plantes. Aussitôt la floraison terminée, on les bouture. Ce bou- 
turage ne demande pas de soins spéciaux : on ne doit pas même 
le faire sous verre. Plantes charnues^ elles peuvent être trai- 


-- 107 — 

tées comme celles-ci. Les boutures se plantent en terrines ou 
niéme directement en petits pots; aussitôt qu'elles sont enraci- 
nées, on les met dans les pots de 6 à 7 centimètres. On leur 
^donne plus tard un second rempotage, en pots de 0<"12, dans 
lesquels on les.cultive jusqu'à leur floraison. La terre sera aussi 
fertile que possible; un mélange de terreau de feuilles, de ter- 
reau de couche et de terre franche convient parfaitement. 

DESCRIPTION DES NOUVELLES VARIÉTÉS DE CRA8SULA. 

1. Mad. Fréd. Fouoart. ~ Fleurs très nombreuses, réunies en corym- 
bes terminaux, grandes, bien faites, à fond rose tendre, nuanoées 
vers Textrémité des pétales de carmin vif. Variété superbe. 

3. M. Baehner. — Charmante variété à fleurs d'un coloris éclatant, à 

fond blanc pur se marginant vers les bords des divisions en 
rouge écarlate. 

4. JL^ Cannell. — Nombreux bouquets très fournis de grandes fleurs 

de forme parfaite ; pétales à fond blanc pur légèrement colorés 
sur les bords de rose très pâle. Variété exquise. 

5. H. Pfltzer. -> Joli bouquet d'un ensemble délicat. Fleurs grandes, 

bien formées à fond blanc crème, teinté de /ose frais vers 
l'extrémité des pétales. Variété très distinguée. 

6. M'* Wynne. - Plante de grand effet d'un coloris éblouissant. Les 

fleurs forment de nombreux bouquets serrés et sont d'un rouge 
carmin très vif aVec une teinte un peu plus claire au centre des 
pétales. Éd. Pynaert. 


Splraea opuUfolia L. var. heterophylla fol. aur. marg, — 
M. Ë. WoLP, de St-Pétersbourg, signale dans la Oartenflora 
(1890, p. 9), une variété du Spiraea opuUfolia qui se produisit 
par dimorphisme en 1886 sur un rameau de eette plante. Ce 
rameau bouturé a donné lieu à la fixation de cette variété qui se 
distingue par la panachure de taches jaunes qui bordent abon- 
damment le limbe de ses feuilles généralement trilobées. Plus 
la panachure est marquée et plus les feuilles sont profondément 
lobées. Ce serait une plante à isoler sur les pelouses. 

ÈM. R. 




t 


J 


f 


•- 1 


J 


- 108 — 
Deipc heures à Haarlem. 

Nous avons passé deux heures à Haarlem. C'est trop peu de 
temps pour celui qui, aimant les spécialités de Thorticulture 
dont cette jolie ville est le centre, voudrait se rendre un compte 
exact de ce que les environs de Haarlem renferment dans ces 
campagnes qui s'étendent à p^rte de vue, nous dirions jusque 
dans les dunes. Deux heures suffisent cependant pour celui qui 
ne dispose pas à son gré de longues journées et qui sait faire 
Tapplication du dicton latin « Ab uno disce omnes. » En moins 
d'une demi heure le chemin de fer vous conduit d'Amsterdam 
à Haarlem à travers une plaine unie en partie sablonneuse, en 
partie tourbeuse, couverte de beaux pâturages nourrissant de 
riches troupeaux et alternant avec de vastes champs consacrés 
à la culture des plantes bulbeuses et avec des jardins et des bois. 
Auprès de ceux-ci se dressent de toutes parts de simples, mais 
élégantes et proprettes villas qui donnent à cette partie de la 
Hollande un cachet de richesse et de bien-être qui charme le 
voyageur. En passant, on jette un coup d'œil à ce qui fut, il 
n'y a pas si longtemps, le lac de Haarlem, que des travaux 
hydrauliques extrêmement considérables ont converti en polders 
d'une étonnante fertilité. Toujours en passant on admire cet 
autre travail de la patience et du génie de l'homme, notamment 
la rivière Y asséchée, naguère encore un affluent du Zuiderzee, 
aujourd'hui endiguée et offrant également de riches cultures. 

Nous ne nous arrêtons guère à la ville elle-même dont 
Taspect est celui de la plupart des villes de Hollande, aux 
constructions modestes et peu élevées, toutes également simples, 
mais touteS' également propres et bien entretenues. Pourtant 
l'antique hôtel de ville, l'église de St-Bavon, la bibliothèque de 
la ville, l'institut Teylerien dont les publications périodiques 
jouissent d'une juste renommée dans le domaine de la science, le 
musée de cet institut, la statue de Laurëns Coster à qui l'on 
attribue la découverte, en 1423, de l'imprimerie au moyen de 
caractères mobiles, le bois de Haarlem qui offre de charmantes 


I 




— 109 — 

promenades, tout cela mérite à coup sûr de axer Tattention. Mais 
nos mom^Bnts sont comptés et nous nous rendons directement 
a rétablissement horticole fondé en 1811 par E. H. Krelaob 
et dont le renom n'a fait que grandir sous la direction habile 
du propriétaire actuel, M. ^. H. Erblaob, personnalité bien 
connue de tous ceux qUi s'occupent d'horticulture. 

En l'absence de M. J. H. Krelaob, Pun des chefs, M. J. R. 
Groos, nous fait les honneurs des cultures avec la plus grande 
amabilité. L'établissement principal, situé à Haarlem même, au 
Kleinen Qoutweg, a une superficie de quatre hectares; les dépen- 
dances, au Wagenweg, à Heemstede et à Overveen; occppent 
six hectares environ à peu près entièrement consacrés à des 
plantes bulbeuses dont la culture est faite par une quarantaine 
d'ouvriers. Nous ne dirons rien du gracieux jardin d'hiver ni des 
vastes magasins, remises, forceries et serres diverses, réservant 

* 

toute notre attention aux plantes bulbeuses ou rhizômateuses 
qui constituent ici une spécialité unique. Tout ce qui est b^ulbe 
ou tubercule à fieurs y est représenté ; toutes les bonnes espèccTs 
ont été successivement soumises à des essais de culture et nous 
n'exagérons pas en disant que l'établissement Krelaoe possède 
plus de dix raille espèces et variétés de tulipes, jacintbds, 
crocus, narcisses, anémones^ renoncules, fritillaires, lis^ iris, 
glaieuls, amaryllis, scilla, etc., représentées chacune par des 
quantités considérables. Le chef de l'établissement s'est particu- 
lièrement appliqué à l'étude de la synonymie des plantes qu'il 
cultive. C'a été le travail de toute une vie, et nous formons des 

9 

\ 

vœux pour que le résultat n'en soit pas perdu pour la postérité. 
Pour plusieurs groupes de ces plantes la nomenclature scienti- 
fique a été longtemps négligée et il existe encore aujourd'hui, 
dans le commerce horticole, une déplorable confusion de noms 
pour une sérié d'espèces. La monographie de quelques espèces 
et variétés de Lis publiée par M. J. H* Krelaob et le cata^ 
logue raisonné des Lis, cultivés à l'établissement de Haarlem, 
témoignent des connaiseances étendues que l'auteur a acquises 
par ses persévérantes recherches. 


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— 110 — 

. L^époqae la plas fayorable pour yisiter les cultures de Haarlem 
est san^s contredit celle de la floraison des jacinthes ou encore 
celle des tulipes qui se suivent d'assez près; c'est donc le prin- 
temps. Alors des campagnes à perte de vue sont couvertes de véri- 
tal^les tapis de fleurs* des coloris les plus variés; c'est que le nom- 
bre des cultivateurs grands et petits dépasse le chiffre de deux 
mille. Presque tous ont accédé à la convention faite par la Société 
générale pour la culture des plantes bulbeuses à Haarlem et se 
son't engagés à ne plus envoyer à l'étranger des fleurs coupées, «i 
ce n'est en petites quantités .ne dépassant guère le poids de 
3 kilogrammes par colis. 

Nos lecteurs savent que les cultivateurs de Haarlem expédient 
les bulbes dans le monde entier. Tous ont à cœur de veiller à 
fournir des marchandises irréprochables sous tous les rapports. 
L'exactitude des dénominations ne laisse rien à désirer. 

Nous avons dit que le printemps est l'époque la plus favorable 
pour yisiter Haarlem; cependant le nombre des plantes bulbeuses 
j est tellement considérable que la floraison en plein air des 
espèces estivales succède sans interruption à celle des espèces 
printanières, et que les fleurs d'automne qui s'épanouissent 
jusqu'aux gelées, présentent encore de grandes richesses. Que le 
voyageur, celui qui aime les plantes, n'hésite pas à passer deux 
heures à Haarlem I Em. Rodioas. 


Une école de laiterie et de fromagerie vient d^étre insti- 
tuée par le Ministre de l'Agriculture, à Soumagne, dans le pays 
de Hervé. Cette région est connue dans le monde gastronomique 
par son beurre et ses fromages qui sont exportés dans l'Europe 
entière. La direction de l'école est confiée à M. Chevron, profes- 
seur à rinstitut agricole de Gembloux. Afln de rendre la branche' 
industrielle de la fromagerie plus florissante encore, le Gouver- 
nement fait étudier pratiquement en Bretagne la fabrication des 
fromages de luxe, afin d'introduire dans le pays de Hervé la 
fabrication de ces fromages. Ém<, R. 


— 111 - 

La déoortioation des Vignes. 

Il • 

Dans presqae toas les traités d'arboriculture, de même que 
dans chaque cours démonstratif de taille d^arbres, on appelle 
l'attention sur l'utilité de ce travail. Il faut en convenir cepen» 
dant, il n'est pas assez généralement appliqué et cela provient 
principalement non de ce qu'on doute de son efficacité, mais bien 
parce que cette opération est plus facile à recommander qu*à 
exécuter, faute d'un instrument propre. 

A ce sujet nous venons de lire dans V Agriculteur ce qui suit : 
« La décortioatipn est un travail d'hiver qui a pour effet de 
débarrasser les troncs des vieilles écorces inutiles pour l'existence 
de la plante, et qui recèlent de nombreux insectes nuisibles. 

< On a, depuis plusieurs années, appliqué le décorticage des 
ceps de vigne, non pas exclusivement contre la cochylis et la 
pyrale, mais aussi pour les débarrasser de nombre de plantes» 
de mçusses et vieilles écorces, qui nuisent à leur développement. 
Deux propriétaires de la Gironde, M. Stbaté, maire de Cadarsac, 
et M. CoNDREA, à Langoiran, ont maintenu depuis lopgtemps 
leurs vignes en santé et en production, malgré le phylloxéra, 
par le décorticage, en même temps que par de bonnes cultures. 

< On emploie maintenant pour cette opération une brosse 
métallique très maniable, inventée par M. Denizet, directeur de 
Tasile de Cadillac (Gironde). Elle pèse 250 grammes quand elle 
a quatre rangs de barbes, et 157 grammes lorsqu'elle n'en a que 
deux. Le grand modèle, du prix de fr. 2,25, sert pour la souche 
et les branches latérales; le petit modèle, à fr. 1 ,75, sert pour les 
enfourchements. Sa longueur totale est de 27 à 30 centimètres, 
dont 12 du manche, et le reste armé de soies en âls fins d'acier, 
assez rigides pour détacher les écorces les plus adhérentes, assez 
longues el souples pour décortiquer sans écoroher. Les premiers 
essais montrent qu'on décortique vingt ceps par heure, mais des 
ceps vraiment difficiles, soit 200 par jour. On peut affirmer qu*on 
ira facilement à 300 au moins par jour dans les vignes basses. 
Peut-étrCyau lieu de la brosse métallique qui vient d'être décrite. 


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— 112 - 

pourrait-on employer une brosse en chiendent. C'est an surcroît 
f de dépense, mais l'augmentation de la ré.Golte de vin payera très 

largement le décorticage. On peut procéder au décorticage 

, ^ pendant toute la morte saison de la vigne : Tépoque la plus 

favorable est celle qui précède ou suit les froids. Dans les vignes 

\ faibles surtout, on le complète utilement par un badigeonnage 

au sulfate de fer à 10 ^/o » . 

* Il y a quelque profit à tirer de ce qui prÀ^ède, nous semble-t- 
il, pour ceux surtout qui cultivept la vigne en grand en 
I Belgique, daQs les serres de Hoeylaert et environs, par ex. Nous 

j savons bien que l'amateur intelligent et qui n'a qu'une culture 

j limitée de vignes, s^ donne régulièrement la peine d'enlever tous 

1 les ans, lors de la taille, la yieille écorce sur les ceps et qu'il y 

applique même le badigeonnage. Mais ce que nous savons aussi 
et d'expérience, c'est que, faite à la main, c^est une besogne 
longue et ennuyeuse. Sur les parties âgées passe encore, mais 
/ sur les branches de 3 à 4 ans, Técorce ne cède pas volontiers. 

La brosse mécanique, si réellement elle exécute le travail, 
comme il est dit ci-dessus, est donc appelée à rendre des services 
importants en viticulture, car il est incontestable que la décorti* 
cation, si elle a sa valeur dans les vignobles. Ta à plus forte raison 
j] dans les serres, où pour plusieurs raisons qu'il est inutile d'expli- 

quer ici/ les insectes apparaissent, nichent et se reproduisent 
bien plus fréquemment qu'à Tair libre. 

H. J. Van Hulle. 


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Semis d*églantier. -^ Le greffage des rosiers a pris, depuis 
quelqueâ années, une extension tellement considérable que les 
églantiers recherchés dans l^s bois ne suffisent plus aux besoins 
des horticulteurs. Nous n'apprendrons rien de neuf en, disant 
que le semis des graines d^églantine fournit d'excellents sujets 
bien constitués et beaucoup mieux enracinés que lès plants qui 
proviennent de l'arrachage. Dès la fin de la seconde année ou â 
la troisième année, les semis d'églantier fournissent des sujets 
convenables pour le gre£fage des tiges. ëm. R. 


ÎBrUETIND'ARnnRlCIlt.TIIKK.ETC, 


CHAM/SLCYPARIS BOURSIERI icUPRESsus LAWSoNi 
WESTERMANI AUREA 



— 118 — 


Ciiamaeoyparis Boursieri 

iCUPBJSiSJSUS LAWSONI) WESTERMANI AVRBA, 

Yoilà le nom donné par l'obtenteur, M. J. Jurrissen, à la jolie 
plante figurée ci-contre; il est un peu long, d'après nous ; mais on 
aura agi de la sorte afin' de mieux faire ressortir Torigine de la 
variété et par suite la ccnfiance qu'elle peut inspirer relative- 
ment à sa facilité de végétation, à son port élégant , à sa rusti- 
cité. Sous ces difTérents rapports le Ch. Wesiermani aurea. a 
complètement hérité du Boursieri ou Lawsani, connu et apprécié 
de tous et de vieille date déjà. 

Hâtons-nous de dire que la figure ci-contre ne peut donner 
qu'une faible idée de ce que la plante est en réalité ; aussi notre 
artiste et nous «même avons-nous été assez embarrassés. En ne 
donnant qu'iine. branche ^e grandeur naturelle, c'aurait été in- ^ 
signifiant et incomplet, les diverses nuances qui caractérisent la 
variété se retrouvant réparties sur plusieurs branches. En 
donnant la plante entière, impossible de montrer un peu en détail 
la netteté des teintes. C'est cependant à cette dernière résolution 
qu'ion s est arrêté. Le dessin cependant permet dans la mesure 
du possible, de juger du mérite exceptionnel de ce gracieux 
nouveau Conifère mis au commerce par M. Jurrissen de 
Naarden, près d'Amsterdam, à des conditions très abordables. 
(V. l'annonce sur ia couverture. ) 

Exposée pour la première fois à Gand, au Casino, en 1888,' la 
plante j attira l'attention de tous les amateurs, non seulement par 
son port, mais surtout par le mélange harmonieux des couleurs 
vertes, olivâtres et dorées principalement, qui distinguent son 
feuillage. Là plante a de plus un air de fraîcheur particulier et 
depuis le moment de la pousse jusqu^à la fin de la saison, elle est 
vraiment ravissante à voir. En hiver même, son coloris persiste, 
mais moins apparemment, cela va de soi. 


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— 114 — 

N. 

c Depuis 8 à 10 ans que noua tenons la plante dans nos ctiltares, 
nous écrit M. Jurrissbn, pas un seul pied n'a été inconstant, et 
pour ce qi^i est de la rusticité, ajoute-t-il, elle est parfaite, 
attendu que sans couverture aucune, jamais un pied n'a souffert 
de la gelée, alors que S'autres variétés panachées cultivées à, 
côté, y avaient été plus ou moins sensibles. • 

Nous pouvons confirmer ce fait : l'exemplaire que nous en 
possédons n'a eu rien à souffrir du froid dans notre jardin, mais 
sa panachure est moins accentuée ; c'est à cause delà morte saison 
et de la fumée si funeste pour tous les Conifères dans les jardins 
de ville. 

H. J. Van Hullb. 


Institution d'un oours d'agriculture 

pour soldats. 

Après les événements de 1^48 qui ont menacé }a paix de 
l'Europe entière et qui ont provoqué une crise générale des 
affaires, toute la sollicitude de nos gouvernants s'est portée 
sur l'agriculture. Beaucoup de nos lecteurs se rappelleront 
que c'est de cette époque que datent l'institution des écoles 
d'horticulture et d'agriculture, la création des bibliothèques 
rurales et des conférences publiques sur diverses branches 
de culture. C'est le ministre Rooier qui a donné en ce temps 
là cette forte impqlsion au mouvement agricole. 

Depuis le commencement de la crise actuelle, on ne s*est 
pas moins préoccupé des intérêts agricoles. Parmi toutes les 
mesures prises, nous citerons l'institution d'un cours d'agri- 
culture pour soldats. M. le ministre De Bruvn, dans une des 
dernières séances de la session actuelle, a communiqué à la 
Chambre Tintention du gouvernement d'instituer sous peu dfes 
cours d'agriculture et d'horticulture pratiques pour les soldats des 
diverses garnisons. 


— 115 - 

Voici quelques détails sur cette innovation qui he laissera 
pas d'emporter lapprobation du pajs entier et surtout des 
agriculteurs qui verront leurs enfants au retour du service 
munis d'un bagage de connaissances sérieuses sur l'agriculture. 

Evidemment il faudra des champs d'expérience ; c'est pour 
cela que ces cours se donneront exclusivement dans les places 
fortes, notamment : Anvers, Termonde, Namur et le camp de 
Beverloo. Ces champs comporteront chacun un demi hectare* 

Le cours pourra être suivi par les soldats qui en feront la 
demande. 

Par suite des exigeolcesdu service^les soldats ne sont libres qu'à 
partir de 4 i/s heures de l'après-midi; le cours ne sera doûné 
qu'après la susdite heure et cela pendant la saison d'été, du 
1 avril au 30 septembre. Les engrais nécessaires seront fournis 
par le département de la guerre. 

Le gouvei^nement est persuadé que les soldats suivront c^s 
cours en grand nombre. 

Sans vouloir rien préjuger des résultats immédiats de cette 

institution, lious ne pouvons qu'y applaudir. Nous croyons 

« 

qaVn ne peut mieux utiliser les loisirs du soldat qu'en l'intéres- 
sant à la culture du sol. Nous applaudirons bfen plus fort encore 
le jour qu'on pourra ne plus du tout priver l'agriculture et 
l^industrie de ses bras les plus vigoureux. 

Fréd. Burvbnich pèn. 


Spiraea millefollum. — M. C. S. Sargent a signalé récem- 
ment dans le Garden and Forest, une Spirée qui fût découverte, 
il y aune trentaine d'années, dans le Colorado de l'Ouest, aux 
États Unis, par le D*" Bigelow. Cette plante a été retrouvée en 
grandes quantités sur le territoire du Nevada. C'est une espèce 
pubescente atteignant près de deux mètres de hauteur. Les 
feuilles vert grraâtre, bipennées, sont longues de 0'"05 à O^'OS. 
Les fleurs disposées en grappes terminales sont entièrement 
blanches. Ëm. R. 


- 116 — 


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Exposition florale à Bruges. 

La Société provinciale d'horticulture de Bruges peut être 
fière des progrès qu'elle réalise et auxquels les juges fie ses 
charmantes floralies aiment à applaudir. La spacieuse salle 
des antiques halles brugeoises n'était pas convertie cettfe 
fois en un jardin d*hiver ordinaire, mais en une féet^ie florale 
dans laquelle les Orchidées jouaient le grand rôle. Ce n*est pas 
à dire que les Palmiers, ces rois des végétaux, dont M. Dumon 
PB Mbntbn a l'habitude de montrer des spécimens parfaits, 
aient fait défaut. Ils étaient au poste associés cette fois à quel- 
ques espèces rares et belles, présentées par M. SpAE-yANX>ER 
Meulen. Lutte aussi entre les superbes Araucaria de M. Vincke, 
horticulteur brugeois, et ceux de MM. De Smet frères, spécia- 
listes connus pour la multiplicatpn et la culture de ces Coni- 
fères exotiques. Mentionnons aussi 'un riche apport d'Amaryllis 
fleuris exposés par M. Yutlsteke, de Loochristj,et les élégantes 
et légères compositions florales, bouquets, milieu et bouts de 
table, faisant honneur à MM. Verhaeghe, les habiles fleuristes 
brugeois. 

Cependant l'attrait principal sont les Orchylées. Nous ne 
dirons pas que tout pâlit à côté de ces ravissants joyaux 
enchâssés parmi ces gracieuses Fougères, ces Palmiers mignons 
et même ces jolis Primula obconica qui leur servent de repous- 
soir; nous constatons que la vogue est aux Orchidées et que 
cette vogue est irrésistible. Mais aussi que de ravissaAtes 
fleurs ! Ce n'est pas ici le lieu de passer en revue les six 
collections qui sont en présence et qui se distinguent -toutes 
par leur richesse et leur variété et qui ont va,lu à MM. Vincke, 
Vandbrstraeten, de Bruges, Mobns, de Lede et Van Noten, 
de S' Nicolas, des éloges hautement mérités. Pouvoir admirer 
du coup six collections là où l'on faisait jusqu'ici vainement 
appel à six plantes, c'est assister à une évolution extrêmement 
considérable de l'horticulture. Eu. R. 


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— 117 — 
Les fruits /d0 luxe. 

SojoDS fiers, étrangers, car c'est du qualificatif flatteur de 
fruits de luxe que les Français taxent les fruits introduits en 
France de l'étranger et notamment de Belgique. 

Nous avons l'habitude d'appeler fruits de parade, les poires, 
pommes, raisins, etc., qui imposent par leur grosseur, cou- 
leur, forme^ sans considérer du tout leur parfum, leur saveur, 
leur conservation et, souà ce rapport^ nous sommes quelque 
peu redevables aux Français. C'est du reste d'eux aussi que nous 
viennent pas mal de bons fruits que nous avons toujours acceptés 
avec reconnaissance^ sans jamais avoir songé à les frapper du 
.moindre impôt. 

Le Français en a agi de même jusqu'ici et voilà qu'il fait 
mine de vouloir changer d'avis. Nos fruits, il les appelle de luxe, 
ils ne doivent cependant pas être inférieurs en qualité aux siens. 
Est-ce parce qu'ils lui arrivent trop abondamment? parce qu'ils 
sont si bien appréciés et font la concurrence au vrai pays des 
fruits, la France, qu'on en veut à l'Angleterre et à la Belgique 
surtout? C'est fort probable. Voici, dans tous les cas, ce que nous 
lisons dans le Bulletin de viticulture d'Arbois (Jura). 

< Une pétition adressée, par un certain nombre de producteurs 
de fruits, au ministre de l'agriculture, demandait que les fruits 
de luxe étrangers qu'on expédie en France, par quantités de 
plus en plus grandes, fussent frappés d'un droit d'entrée. - 

« M. Tisserand, directeur de L'agriculture, apprenant que 
presque toutes les primeurs de Paris provenaient de l'Angleterre 
et de la Belgique, dont le climat est inférieur au nôtre, est allé 
dans ces deux pays et a constaté que pour remplacer le soleil 
qui fait défaut, on use du charbon. 

c J'ai vu, a-t-il dit, des serres qui couvraient dix et vingt 
hectares, et dans lesquelles on arrivait à produire cent et cent 
cmquante tonnes de raisins de luxe par an. On commence la 
culture dans des bâches, chaufiées pendant l'hiver, et, dès que 
le soleil est assez fort, on cesse le chauffage. 


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c Dans le Nord, des indastriels se sont lancés dans la culture 
forcée des arbres fruitiers; leurs efforts ont été cc^uronnés de 
succès, et, sans le secours du soleils ils sont arrivés à produire 
des fruits qui ne le cèdent en rien aux primeurs étrangères. 

c Voilà où en est la question quUl faut résoudre; c'est un 
contre-sens, à mon avis, a dit M. Tisserand, de voir un pays 
aussi riche que la France, favorisé d*un aussi l^on climat, rester 
en arrière des autres au point de vue de Tagriculture. , 

€ L'impôt sur les fruits étrangers pourrait être de 2 fr. 50 par 
kilo; la majoration serait de courte durée, car la prod action 
rétablirait promptement l'équilibre. > 

Gomme Belges nous devons faire des vœux pour que la mesure 
proposée ne soit pas appliquée. Du reste, il y a quelques jours, 
une délégation de viticulteurs belges a été reçue en audience 
par M. le Ministre de Tagriculture à Bruxelles, auquel ils ont 
exposé à quelles suites funestes donnerait lieu ce système de 
protectionisme français, si jamais il était pris au sérieux. 

Mais il ne devra pas en être ainsi. Gomme Téminent direc- 
teur de Tagricùlture au ministère à Paris, Ta dit : c'est un 
contre sens de voir un pays aussi riche que la France, favorisé 
d*un aussi bon climat, rester en arrière des autres au point 
de vue de Tagriculture, et nous ajoutons, au point de vue de 
la viticulture de luxe^ pour nous servir de leur expression. Que le 
Français se mette à Tœuvre avec la minutie et les soins que nous 
y mettons et probablement à Tair libre et à plus forte raison sous 
abri vitré, il arrivera non à nous égaler, mais à nous surpasser et 
dès lors pas ne sera nécessaire de recourir aux taxes vexatoires. 

H. J. Van Hullb. 


— 119 ^ 


Protection ou libre-échange horticole. 

A peine notre article intitalé « Fruits de luxe » qu'on vient 
de lire plus haut, était-il à riroprimerie, que nous recevions la 
Sevue horticole, de Paris, s'occupant du même sujet. Ce que ce 
recueil estimé écrit par rapport à ce qu'il appelle la t protection 
du travail national » mérite la sérieuse réflexion deg productears 
de Belgique comme de France. C'est ce qui nous engage à 
reproduire les lignes qui sufVent : 

< Nous avons souvent parlé déjà des réclamations adressées 
par les horticulteurs français au sujet de l'entrée en franchise 
des fruits frais envoyés de l'étranger* 

c La prochaine expiration des traités de commerce va faire 
étudier sérieusement la question, et tout nous fait prévoir 
qu'elle sera résolue conformément au vœu de nos horticulteurs, 
c Tout naturellement aussi, les horticulteurs étrangers 
protestent. Un meeting a eu lieu dernièrement à-Bruxelles, pour 
protester contre Tintention qu'aurait le gouvernement français 
d'établir des droits à l'entrée des fruits de luxe en France. 

c En prenant cette résolution, le gouvernement ne ferait que 
suivre l'e^mple donné par la Belgique, qui s'en est particulière- 
ment bien trouvée. 

I Nos amis parlent de représailles en imposant les légumes 
et primeurs du Midi, ainsi qt^e les fleurs coupées, qui seraient 
expédiées pour la somme énorme, disent-ils, de 1 million et 
demi. 

t Renseignements pris, il est entré, de France en Belgique, 
69,344 fr. de légumes primeurs, y compris légumes en conserves, 
en 1888 (les relevés de 1889 ne sont pas encore établis), contre 
300,023 fr. de légumes expédiés de Belgique en France, et 
25 millions de kilog. de racines de chicorée, pour une valeur de 
5 millions de fr. !... 

« Quant aux fleurs du Midi, nous en expédions bien moins, 
comme valeur, chez nos voisins, que les Belges ne nous envoient 
de fleurs d'Orchidées et de plantes de tous genres. 


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i _ 120 - 

:; f D'ailleurs^ an fait paraît acquis aujourd'hui. Il ne s'agit 

;] plus de disputer sur les mérites respectifs des deux grandes 

j théories économiques : protection ou lihre-échange. 

; c On a fini par comprendre que cette discussion n'avait vérita- 

J • blement aucune importance, si on veut s'en tenir aux questions 

i de principes. 

j « Aujourd'hui, tout le monde est à peu près d'accord pour 

'] reconnaître qu'il faut, au contraire, examiner les faits, chacun 

!j en particulier, en se plaçant au simple point de vue de la pro- 

tection du travail national. 

t Notre collaborateur, M. Anatole Cordonnier,^a entrepris, 
depuis quelque temps déjà, en faveur des droits à établir à 
rimportation des fruits frais, une campagne acti ve', qu'il conduit 
avec son énergie bien connue et ses qualités d'homme pratique, 
c Nous publierons dans le prochain numéro de la Hevue une 
remarquable étude, qu'il vient de nous envoyer, sur cette question 
de la protection du travail national. > 

Nous.sorames curieux de lire le travail de M. Anatole Cor- 
DONNiBR. Ce que nous savons déjà c'est qu'il s'est mis pratique- 
ment à l'œuvre en construisant depuis un an ou deux à Roubàix, 
à l'instar de ce qui sé^ fait à Hoejlaert, une quantité de serres et 
de serres à vignes surtout. Son intention a-t-elle été dès le 
principe de faire la concurrence aux viticulteurs belges, entre- 
prise où il réussira pour sûr si on prélève des droits d'entrée en 
France? Est-ce par-là qu'on peut s'expliquer son ardeur à pour- 
suivre la question de principe? T,el semble bien être le cas et 
nous sommes loin de l'en blâmer, commercialement parlant. Mais 
nous plaçant à un autre point de vue, nous disons avec ia Revue 
Horticole, aujourd'hui c'est un fait acquis: il ne s'agit plus de 
discuter sur les mérites respectifs des théories économiques : 
suivant les intérêts individuels ou nationaux qui sont en jeu on 
est ou protectionniste ou libre-échangiste. Il ne saurait du reste 
en être autrement aussi longtemps que ne seront supprimées 
dans tous les pays, ces barrières qu'on appelle douanes et qui 
entravent encore tant l'activité humaine. H. J. Van Hulle. 


Choa Frfdse de Veau. 

Ce chou doit son singalier nom à ses feuilles à grosses c&tes 
et à limbe frisé, frangé et ondulé, qui donnent à l'ensemble 
de la plante un aspect étrange. Le tout forme une sorte de 
pomme assez imparfaitement close, mais de très bonne qualité. 
Les feuilles libres mSmea sont très tendres saitoat lorsqu'elles 
ont subi l'effet de la gelée. On sait que tes grands froids ramollis- 
sent, détirioFént les tissus des plantes et leur enlèvenr en 
grande partie leur goût ou leur arôme particulier. C'est ce qui 
fait que pour oertai ns légumes  texture an peu coriace et d'un 
goût êui ftnerù trop prononcé, rarrivée des froids est favora- 


10. - Cliou Ftniw île Vfeï. 

ble, indispensable même pour rendre certains légumes propres 
à la consoramatiaD. Pour d'autres dont laconsistantSe etla saveur 
n'ont rien de désagréable, la gelée ne peut que leur nuire en les 
modiâanl. C'est ce qui doit engager les jardiniers à laisser la 
gelée exercer son influence sur certaines plantes et & abriter 
soigneusement un grand nombre d'autres contre toute atteinte 
de gelée. La chou frangé est très rustique et se conserve bien 
l'hiver, sans doute par suite de cette particularité qu'il présente 
d'avoir une pomme très lâche. Il en existe une variété plus 
pommée, mais peu répandue dans les cultures, c'est le Chou de 
Çontancei- 


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f — 122 - 

Le ohoQ que les Pbrtagaîs apprécient tant et qolls cnltiTent 
80QS le nom de Cowoe troncAuda, n'est autre chose qu'une forme 
de chou à grosses côtes. Fréd. Burvenigh père. 


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Lilas rosés. 


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Que de fois nous avons vu supprimer comme mal venus des 
thjrses de lilas qui avaient été obtenus au forçage et dont la 
blancheur n^était pas complète. Une teinte légèrement bleu porce- 
laincy une nuance si peu rosée qu'elle fut, faisait jeter au rebut 
les malheureuses fleurs qui avaient le tort grave de n'être pas 
assez étiolées. Et voilà que la mode, toujours capricieuse, a 
changé tout cela. Cette année surtout, les rebutées d'autrefois ont 
été chojéeSy pour ne pas dire les seules accueillies. Partout il a 
fallu des lilas rosés ou ce que Ton a appelé très improprement 
des lilas teintés. 

Certaines variétés telles que le IMoê Varin et surtout le LUas 
Sauge se sont toujours montrées difficiles à la production des 
fleurs blanches ; rien n'empêche désormais de les employer pour 
le forçage, puisque le bianc pur n'est plus de rigueur. Néan- 
moins l'habitude des jardiniers étant de se servir pour l'obtention 
des fleurs blanches, surtout du Lilas de Marly et des formes qui 
s'en rapprochent le plus, ils continueront probablement long- 
temps encore à jréférer ces mêmes variétés pour produire les 
lilas rosés. 

M. Ë. A. CARRiàRB décrit comme suit le procédé auquel 
on a recours pour obtenir les fleurs à teinte rosée : Il 
faut «maintenir les plantes à une température de 12 degrés 
environ, en leur donnant continuellement de l'air et de la 
lumière, c'est-à-dire n'ombrer que très légèrement et jamais en 
plein, mais seulement pendant les forts coups de soleil. Si la 
serre était placée dans une situation quelque peu ombragée, il 
ne serait pas nécessaire d'ombrer. Le temps voulu pour obtenir 
de3 lilas roses ou teintés est plus long d'environ du double que 


— 123 - 

pour obtenir des lilas blancs, ce qui se eomprend, du reste, la 
température où on les place étant beaucoup moins élevée, et, de 
plus, la serre étant presque toujours aérée. S'il arrivait des 
contre temps considérables, par exemple des grands vents froids 
accompagnés de forte gelée, on placerait sur les châssis ouverts 
des paillassons que Ton rabattrait sur la partie levée de manière 
à tamiser et à arrêter partiellement rentrée du froid i 

M. Carrière rappelle que M. LévâguE, horticulteur à Ivrj, 
a cultivé les lilas roses ou teintés depuis 1882 et qu*il en a 
obtenu des prix toujours plus élevés que ceux des lilas blancs. 
Ces derniers seront néanmoins toujours nécessaires et employés 
pour la confection des bouquets. Em. Rodigâs. 


Un bouturage intéressant. 

Ceux qui s'occupent d*arboriculture fruitière connaissent le 
procédé de multiplication de la vigne désigné sous le nom de 
bouturage d'un œil ; ils savent quel prodigieux développement ce 
bourgeon bouturé peut prendre en une seule année et tous les 
avantages qui découlent de cette manière d'opérer. Un procédé 
analogue vient d'être appliqué avec un succès complet par notre 
estimé confrère M. le pjrofesseur J. I. De Beucker, d'Anvers; 
seulement il s's^git ici du bouturage de boutons à fleurs. 

L'année dernière, vers le mois d'août, M. De Beugker a 
bouturé des boutons à fleurs d'Bydrangêa paniculata. Ces bou- 
tons étaient muni« d'un talon bien aoûté. Ils se sont parfaitement 
enracinés et, repiqués en petits godets, ils ont pris rapidement 
un bon développement. Récemment leurs inflorescences ont 
vivement excité Tattention des visiteurs de Texposition florale 
d'Anvers. Ces immenses panicules juxtaposés et toutes de' 
même hauteur, épanouis à la fois, présentaient un aspect 
entièrement nouveau. 

De jeunes plantes obtenues de cette manière, traitées en pots 
relativement petits, pourront être soumises au forçage et être 


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- 124 — 


utilisées dès le premier prititemps. Le jardinier intelligent 
saura en tirer autrement parti soit en les disposant en bordure 
autour de certaips groupes ou massifs, soit en les comprenant au 
nombre des espèces à fleurs admises dans la composition des 
^ parterres. On le voit, le procédé rais en œuvre par M. De Bbuc- 

KER est de nature à trouver une série d'applications et rien 
n*em péchera de l'étendre à d'autres genres de plantes dont on 
voudra, d'une manière analogue, utiliser à un moment donné 
les inflorescences. E&l. Rodigas. 


Varia. 


Statioe Suworowi Rgl. — Le genre Statice s'est enrichi 
d'une très belle espèce découverte au Turkestan par le docteur 
Regbl fils. Les feuilles en sont radicales, oblongues, obtuses 
et mucronées. L'inflorescence est un panicule très allongé, à 
rachis disparaissant sous une masse de fleurs d'un très beau 
rose, dans le genre des fleurs d'une variété de Statice incana. 
La plante s'est montrée parfaitement rustique sous le climat de 
St-Pétersbourg. 




La oulture de l'Ananas prend actuellement une grande 
extension en Floride. C'est une des principales ressources de 
cet État. L'hectare de terre est planté à raison de environ 
40.000 plants. L'Ananas rapporte dès la deuxième année autant 
que des Orangers de dix ans. Il se passe d'abri dans le sud et 
n'a besoin dans le nord que d'une légère couverture. On se 
sert de la variété Grande Trinidad et de celle dite Reine 
d'Egypte, 




La fabrioation des essences parfumées prend un développe- 
ment croissant aux Etats Unis. Cette fabrication a amené la 
culture des plantes odoriférantes. Il existe dans la Caroline du 
Sud des champs entiers plantée de tubéreuses à raison de 120,000 




J . \ 


— 126 — 

V 

branches latérales qui sont pincées à leur tour à la troisième et 
quatrième fleur avec suppressioa des bourgeons latéraux. 

Le oentenaire du Dahlia a été célébré par la Société natUh 
nais du Dahlia, le 6 septembre dernier, au Palais de Cristal à 
Lon\lres. Ce que c'est que l'ingratitude des hommes. Aucune 
fleur peut-être n*a donné, durant toute une moitié de ce siècle, 
plus de jouissance aux amateurs de jardins que la merveilleuse 
fleur si riche en coloris, si parfaite de forme que la culture avait 
flni par obtenir du type primitif du Dahlia variabilis; presque 
partout on a oublié le Dahlia pour se souvenir seulement du 
Chrysanthème, dont nous sommes loin de contester la beauté, 
mais qui pourtant, malgré son introduction également séculaire, 
ne s*est réellement révélé franchement que depuis peu d^années. 




Trains de fleurs. — Les journaux français ont fait connaître 
dernièrement la formation de trains spéciaux amenant chaque 
jour du midi les violettes et les roses vendues ^n quantités 
énormes dans les rues des capitales de France, d'Angleterre, de 
Belgique, etc. A leur passage, dans les gares couvertes, ces 
trains se trahissent eux-mêmes par le parfum suave qui s*exbale 
des wagons, malgré les emballages qui protègent les fleurs. 
C'est pour les employés une véritable jouissance. Le principal 
train passe à Lyon à 5 heures du soir. Il est en destination de 
Paris seulement. Ces trains voyagent avec la plus grande 
rapidité; les violettes sont emballées en petits paniers de 
0"'40 de long, sur O'^'BO de large. Les frais de transport sont 
évalués à fr. 1-20 les cinq kilogrammes. 




L'Eoole d'horticulture et d'agriculture d'Alnarp, la princi- 
pale école de la Suède, est située non loin de Malmé. Elle a été 
fondée en 1868 et comprend une étendue de 563 hectares dont 
350 affectés aux cultures de l'école, 43 en pâturages et le reste 


\ 

/ 


. — 127 — 

en location à de petits fermiers. L'école a des étables modèles 
avec trois cents vaches. Les élèves sont logés dans un magnifique 
châteati au milieu d'un parc paysager. En dehors de la partie 
agricole^ rétablissement comprend des serres, on jardin bota- 
nique, un jardin potager* le tout en très bon état. 

Dans ses notes horticoles sur la Suède et la Norwège, aux- 
quelles nous empruntons ces détails, M. Ë. Bergmann signale 
d'autres établissements' du même genr^, entre autres l'institut 
agricole d*Ulhena^ près d*Upsal fondé en 1848 sur une étendue 
de 372 hectares et possédant deux stations météorologiques. 

Comment on massacre les noms. — La Bévue de Vhorti' 
culture belge relève quelques noms baroques qu'on pouvait lire 
d^ns des collections importantes de Chrysanthèmes lors de la 
dernière exposition du Casino. Des planter différentes étaient 
marquées de l'étiquette M. Arewoir avec l'indication d'un obten- 
teur fantaisiste, M. Bonnamy et un Souvenir de M. Bredy^ 
identique à une autre variété marquée également du nom de 
3/. Arevvoir. Sans nul doute le propriétaire avait inscrit simple- 
ment la marque < A revoir > pour indiquer son incertitude et 
le jardinier ^vait très sérieusement écrit M. Arevvoir! Ailleurs 
le Chrysanthème i/"*' Audiguier figurait sous le nom de Sapo- 
nette. Ce joli nom de Saponette était censé être le féminin de 
Saponet et Saponet était la modification charmante de japonais. 

* 

Prunus Simoni et Prunier Kelsey. — La Bévue Horticole, 
dans sa chronique du 16 février, insiste sur le rapprochement 
spécifique que présentent ces deux arbres quand on examine leur 
mode de végétation et surtout le feuillage. A ce caractère de 
similitude, ce journal ajoute celui des fleurs et la précocité de 
l'épanouissement de celles-ci. Dès le commencement de janvier, 
les yeux ont manifesté cette année un développement bien mar- 
qué et peu de jours après les boutons étaient très gonflés. De 


T 1 


— 128 — 

cette similitude de caractère on dédait avec raison une analogie 
de cultare et la conséquence que dans ^ nos régions on devra 
planter l'un et Tautre arbre à bonne exposition le long d*un mur 
bien abrité; même, ajoute le journal précité, il sera prudent de 
garantir les arbres contre les froids tardifs. 

* * 

Un orme géant. — Il existe d^ns la commune de Saint 
Sauvant dans la Charente inférieure, un Ulmus campestris qui 
mérite d'être signalé. Cet arbre est planté dans un ravin dans 
la propriété dite Lorgère, à quelques mètres de l'habitation qu^il 
recouvre pn^sque totalement de sa ramure. La circonférence à 
un mètre du sol est de 6'°50; le tronc a 12 mètres sous les 
branches; à cette hauteur trois branches partent horizontale- 
' ment du tronc, puis celui-ci reprend sa direction verticale et 
s'élève encore à 7 mètres sans branches où alors se forme sa 
tête. La hauteur totale est de 35 mètres. 

Expositions annoncées. — La Société des conférences 
horticoles dlxelles organise, sous les auspices de Tadministra- 
tion communale, pour le 15 et le 16 juin 1890, une exposition 
de roses et autres fleurs de saison, ainsi que de fraises, ^o- 
seilles et raisins. 

— La Société d'horticulture d'Ëpernay ouvrira, du 19 au 
23 juin 1890, une exposition générale des produits de Thorti- 
culture, de la viticulture et des arts et industries qui s*j ratta- 
chent. Six primes de 300 fr. chacune, des diplômes et des 
médailles d*or, etc., seront affectés aux concours. 

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— 129 — 

Foire Favorite Morel. 

Noas sommes redevables da beau et bon fruit que nous figu- ' 
rons, à un semeur persévérant et nous pouvons ajouter heureux , 
M. MoRELy de Lyon, auquel nous devons d'autres poires de toute 
première qualité, entr'autres, Souvenir du Congrès, variété trop 
peu répandue dans les cultures, quoique son introduction date 
de plus de 20 ans; c'est à l'exposition universelle de Paris 
en 1867, que nous Tavons vue et dégustée pour la première 
fois. L'obtenteur en avait exposé des spécimens capables de 
lutter, en volume et en coloris^ avec les fruits en carton pierre 
des débal leurs genre Balm et C>*, qui viennent offrir chaque 
année des fougères à fleurs de Cameliia et autres merveilles^ 
aux amateurs des petites villes de province ! 

La poire Favorite Morel est issue d'un pépin de Bon Chrétien 
William dont elle a hérité les allures et le faciès extérieur, 
ainsi que beaucoup de ses caractères essentiels. Les qualités de 
la poire Bon Chrétien William ont attiré l'attention de bien des 
semeurs. C'est d'un pépin de William que notre ami Baltet a 
procréé sa délicieuse et méritante poire D^ Jules Quyot. M. Fré- 
déric Clapp, le grand semeur américain, a trouvé sa célèbre 
Clafp^s Favouriie àaji^Mn semis de pépins àe Poire William. 
Le Souvenir du Congrès en est également un descendant. Si la 
recherche de la paternité n'était pas défendue, nous trouverions 
bien des descendants de \eL Poire William non reconnus comme 
tels, à commencer par la Poire de V Assomption, Triomphe de 
Vimne, If"* Treyve, André Desportes, etc. 

La Revue horticole de Paris a figuré et publié une description 
de ce fruit en 1874. Il a parfaitement tenu ce que Ton en a 
promis dès sa première apparition et le Congrès pomologique de 
France qui l'a inscrite dans ses registres < Des fruits admis par 
le congrès > n'aura pas à se déjuger. 

Le fruit est gros, parfois ventru et quelquefois allongé, presque 
calebassiforme, jaune olive marbré de rouille autour du pédon- 

9 


— 130 — 

ouïe, plus légèrement teinté près de l'œil. La chair est blanche, 
âne, fondante, très juteuse, légèrement acidulée. Les logea sont 
presque nolles, beaucoup de fruits sont privés de pépins fertiles. 
Le calice est presque entièrement caduque comme dans la poire 
William. 

L'arbre rappelle son origine par sa croissance eu forme 
pyramidale, mais le bois est pins robuste, moins cassant, plus 
vigoureux. Quoique précoue au rapport et des pins fertiles, 
la variété Favorite Morél ne se couronne pas aussi vite qae le 
poirier William. AasHi cette variété peut-elle être greffée sui 
coignassier dans toutes les conditions et pour toutes les formes 

Le fruit mûrit eu octobre, un peu plus tard que celui dn Wil ■ 
liam, mais il est fâcheux que la différence dans l'époque de matu- 
rité aoitsi peu notable. 

En somme, bon fruit, très recommandable, surtout dans les 
terrains faibles où il remplacera avantageusement la Poire WU- 
liam dont l'arbre s'use et s'épuise trop vite. 

Fréd. Burvenich fère. 


Nécrologie. 

On annonce la mort de M. À. Dubreuil, l'éminent professeur 
d'arboriculture dont les publications ont fait école. M. Dubreeiil 
avait atteint l'âge de 79 ans. Il fut le premier maître de la 
plupart des arboriculteurs belges d'il j a trente à quarante ans. 

Une notice biographique du savant professeur sera publiée 
dans un prochain SulUtin. 


- 131 — 

Les meilleures fraiseis. 

Voici venir la saison des fraises. C'est le moment de parler de 
celles que Ton peut considérer comme les meilleures sous divers 
rapports. Au mois de juin dernier, cette question a fait Tobjet 
de débats très intéressants à la Société rojale d'horticulture 
de Londres; les résultats eu ont été publiés dans le 3°"* fas- 
cicule du vol. XI du Journal de la Société. Nous y trouvons un 
excellent article du à la plume très compétente de M. A. F. 
Barron, directeur du jardin de Ghiswick, où sont instituées 
les diverses expériences concernant les travaux de la Société* 
Après avoir passé en revue Thistorique du Fraisier, M. Barron 
rappelle la classification des fraisiers comestibles faite par 
M. Henri de Vilmorin, dans Les PlarUes 'potagères. Cette 
classification est sans contredit la plus simple et la plus com- 
mode pour les praticiens. Le genre Fraisier se compose, d'après 
cet auteur, de six espèces bien définies, d*où sont issues les 
diverses variétés et formes que nous possédons actuellement. 
Ce sont : 

1. Fragaria vesca, fraisier des bois. 

2. F. alpina, fraisier des Alpes. 

3. F. elatior, fraisier Hautbois. 

4. F. virginiana, fraisier de Virginie ou écarlate. 

5. F. chiloensis, fraisier du Chili. 

6. F. grandiflora, fraisier à grandes fleurs, ou de la Caroline^ 
ou encore fraisier Ananas. ^ 

Le Fraisier des bois, fraisier commun, est trop connu pour 
qu'il faille le décrire. Le fruit en est fort petit en comparaison 
des variétés perfectionnées des autres races. Il est remarquable 
par sa fixité; on n'en connaît guère de variations. Le fruit a 
cependant la grande qualité d'être très parfumé. 

Le Fraisier des Alpes ressemble au Fraisier des bois. Seule- 
ment il a les fruits plus grands et de forme plus allongée ; en 
outre, sa fructification est successive, d'où le nom de fraisier 




— 132 — 

des quatre saisons qu'on lui donne en France. Il parait que 
cette espèce fut trouvée sur le mont Çenis et introduite en 
France en 1764. On prétend aussi que les Hollandais Tout intro- 
duite en Angleterre et que de là elle passa dans les jardins 
de Trianon. Ce qui est certain, c'est que la fraise des quatre 
saisons est excellente, fort productive, d'un rapport prolongé. 
Il s'en fait à Paris nne consommation énorme. 

Le Fraisier Hautbois qu'on appelle Capron en France, vient 
probablement d'Allemagne. Pareinson écrivait en 1627 que ce . 
fraisier provenait de Bohême et qu'il était alors d'introduction 
récente. Le nom de Hautbois ne serait qu'une corruption an- 
glaise du nom allemand Haarbeere! Il en existe une variété 
sous le nom de belle Bordelaise qui est plus prolifique. Le jardin 
de Chiswick en possède une forme obtenue par le D" Bei^nett, 
d*Aberdeen, et qui serait un croisement entre le Fragaria ïucida 
et le Fraisier Hautbois proprement dit. 

Le Fraisier, de Tirginie^ connu aussi sous le nom de Scarlett, 
Old Scarlett et Bath Scarlett, est originaire du Canada et de l'Est 
des Etats Unis de l'Amérique Septentrionale. Son introduction 
remonte à 1629. Cette espèce a donné lieu à une race aujourd'hui 
très répandue et comprenant d'excellentes variétés, telles que 
Roseberrj, Black Prince et probablement aussi Vicomtesse 
Héricart de Thurj. 

Le Fraisier du Chili fut introduit en France en 1 712. Miller 
le cultivait dans son jardin à Eltham^ quinze années plus tard . 
Pans cette race le fruit est généralement du volume d'une noix. 

Le Fraisier de la Caroline ou à grandes fleurs n'est probable- 
ment qu'une forme du Fraisier de Virginie. Une variété en 
aurait été introduite en France vers le milieu du siècle passé, une 
autre aurait été importée de Hollande en Angleterre et c'est de 
cette dernière que seraient provenues les plus grandes et les 
meilleures des fraises anglaises. Bien habile pourtant serait 
celui qui parviendrait à découvrir l'origine réelle des centaines 
de variétés répandues aujourd'hui dans les cultures. Il est plus 
simple de faire comme M. H. de Vilmorin et de les réunir 


— 133 — 

toates dans un immense groupe en les considérant comme les 
résultats de croisements multiples dont les effets sont traduits 
par des formes d'une désespérante variété. 

Le travail de M. Â. F. Barron se termine par le choix des 
variétés considérées généralement comme formant l'élite de ce 
qui existe actuellement. Voici la liste des douze meilleures : 

1. Noble (Laxton). Fruit très grand, arrondi, d'un beau 
coloris rouge foncé, de qualité moyenne^ bien constitué, fruc- 
tification abondante, maturité très précoce, devance d'une 
semaine Queen^s Seedling. A valu à son obtenteur M. Laxton, 
de Bedford, un certificat de mérite en 1887 à la Société royale 
d'horticulture de Londres. 

2. £inç of the Barlies {Roi des précoces) (Laxton). Le fruit 
n'est pas très grand, mais d'un beau coloris et d'excellente 
qualité ; de grand rapport. 

3. Vicomtesse Héricart de Thiry (Jamin). Cette variété, 
obtenue par M. Jamin, de Bourg la Reine, est certainement une 
des meilleures à tous les points de vue. Le fruit mûrit de bonne 
heure, il est régulier, de bonne forme, d'un beau coloris, de toute 
première qualité et de très bon rapport. 

4. Président (Green). Grand et beau fruit, de belle apparence 
ot de bonne qualité. Recommandable pour la grande culture et 
la principale récolte. 

5. Sir Joseph Pmton (Bradley). Fruit grand, rouge foncé, 
très beau, de bonne qualité. C'est la variété de grande culture 
dans le Kent et celle qui alimente le plus largement le marché 
de Covent Garden. 

6. Sir Charles Napier (Smith). Recherchée comme la précé- 
dente sur le marché de Londres^ cette variété est surtout culti- 
vée dans le Middlesex. Fruit grand, rouge pâle, très beau, d'un 
goût agréablement acidulé. 

7. Countess (D' Roden). Très fertile, fruit aplati en crête de 
coq, souvent divisé au sommet; beau et bon. 

8. Lucas (De Jonqhe). C'est une variété d'origine belge, elle 
est remarquable par sa vigueur et sa fertilité. Sa maturité est de 


/ 


— 134 — 
ne Ballon, son fruit «st g^rand, beau rouge, son goût est 

British Quein (Myatt). Fruit d'une beauté hors ligue, 
, roage pâle, quelquefois trop pâle aa sommet et ne mûris- 
las toujours celui-ci. Demande des soins particuliers de 
e, mais les paye abondamment. 

D' Eogg (Bradle-ï). Peut parfaitement remplacer la 
é précédente. Plus vigoureuse que celle-ci. 

Wattrloo (Fournies). Remarquable par ses proportions 
1 beau coloris pourpre foncé. Qualité de second ordre, 
rite tardive. 

Elton Pine (T. A, Knight). Excellente variété tardive, 
[le couleur rouge et de bon goût. 

Barron donne ensuite une seconde liste de douse variétés 
ceux évidemment à qui lechoix précédent ne donnerait pas 
re satisfaction. Elle comprend les suivantes : 
LCk Prince, 
iiliue. 
eu'e SMdling. 

Harr;. 
Orosse Sucrée. 


. Radclyffe. 


7. Soutenir de Kieff. 

8. Oscar. 

g. James Veitch. 
to. A. F. Barron. 
II. Bleanor. 


la. Frogmore Late Pins. 

Ém. Rodigas. 


seotioidfl du ohicalste C. Hohr. — M. C. Mohr, chimiste 
b, a donné dernièrement à la Société royale horticole et 
oie de Hny. une conférence sur l'emploi de divers insecti- 
et plus spécialement d'un liquide obtenu au moyen des 
es d'un arbre macérées dans l'eau chaude et permettant 
itruire les pucerons et antres insectes qui attaqnent les 
ies. Dans sa conférence, il s'est étendn sur la nécessité de 
aître les ennemis de l'horticulture, afin de mieux les com- 
■a. Nous engageons les praticiens à soumettre à quelques 
s l'insecticide préconisé par le chimiste Mohr. 

Eu. R. 


— 135 — 

Parterres de Chrysanthèmes. 

La culture du Chrysanthème ne fait que s'étendre. Les grandes ' 
et petites expositions auxquelles cette plante a donné lieu l'an 
dernier, auront contribué sans aucun doute à la rendre plus popu- 
laire encore. Beaucoup de personnes s'imaginent qu'il faut 
nécessairement la tenir en pots, ce qui est sans contredit le plus 
sûr moyen de jouir jusqu'au bout de sa floraison même autom- 
nale qui est toujours compromise, dans nos contrées, par 
l'invasion des gelées hâtives. 

Le Chrysanthème se prête à la composition de parterres ou 
massifs pour lesquels on peut recourir aux nombreuses variétés 
que Ton possède aujourd'hui, soit en formant des mélanges ou, 
ce qai est infiniment plus beau, des parterres de deux ou de 
trois couleurs seulement. Vus à quelque distance, ces parterres 
unicolores ou simplement entourés d'une bordure produisent le 
plus grand effet. Depuis quelques années, M. Mi^x Cornu, 
administrateur du Muséum à Paris, a donné une attention plus 
spéciale à la culture du Chrysanthème en groupes ou massifs. 
M. L. Henry qui n'est pas un inconnu pour les lecteurs du 
Bulletin, a résumé récemment dans la Hevue horticole les résul- 
tats auxquels ces essais de culture ont donné lieu et il recom- 
mande de composer de la manière suivante les parterres que l'on 
pourrait le mieux isoler dans la pelouse ou sur le bord des 
chemins. 

Première saison. — Président Gréty^ carminé violaqé. Mara- 
bout, blanc rosé, puis blanc pur ; ces deux variétés ne sont pas de 
grande taille et forment isolément des parterres pouvant se 
passer de bordure^ 

Veut-on des parterres composés de deux variétés, on pourra 
choisir dans ce qui suit : 

a. Centre. Sœur Mélanie, blanc pur. Comme bordure 
Président Grévy, carminé violacé. 

h. Centre, Samson, jaune d'or ou Sulphurea superba, jaune 


— 136 — 

canari. Comme bordure, Mademoiselle Marthe, pompon blanc 
jaunâtre pais blanc pur. 

e. Cbktee. Royal Soleil, acajou rougeâtre pointe or. CooiDie 
bordure, Flew parfaite, rose lilacé. 

Deuxième aalaon. — Pour parterres d'une seule couleur, 
sans bordure, on pourra choisir : Monsieur Boyer, rose glaoé ; 
Gloire de Valence, roae lilacé, Mont d'or, pompon acajou doré. 
Cette dernière est un peu plus tardive. 

Pour parterres de deux couleurs on prendra, en deuxième 
saison : 

a. Centre. JtUta Lagratère, rouge cramoisi foncé. Comme 
bordure. Madame 0ambut, pompon blanc, ou bien Mont d'or, 
pompon acajou doré. 

b. Centre. Marguerite, pompon jauno d'or. Comme bordure. 
Madame Gamiut, pompon blanc. 

c. Centre. Rose Taeemier, pompon rose. Comme bordure. 
Mont d'or, acajou doré. 

Troieiàme salaon. — Comme parterre unicolore on peut 
prendre Nigrieans, pompon rouge cramoisi foncé ou bien Riqui- 
qui, acajou doré. Ces deux variétés sont très tardives. Cette 
dernière peut parfaitement être mise au milieu et recevoir 
l'autre comme bordure. Km. R, 

Plantes et luminaire. — Unjoarnal américain, The Qarden 
and Forest, indique l'emploi qui fut fait récemment du feuillage 
des Fougères pour tamiser la lumière. Â un banquet donné à 
Washington, une table avait été dressée autour d'une salle dont 
le milieu était occupé, sur douse mètres de longueur et deux 
mètres et demi de large, par des masses de Fougères an pots, 
sous les frondes desquelles étaient dissimulées des centaines 
de petites lumières électriques. C'était le seul luminaire de la 
salle du banquet. Les feuillages ne dépassaient pas de beaucoup 
la table autour de laquelle les convives trouvaient place. L'éclat 
de la lumière tamisée de la sorte était encore suffisamment vif 
et tout à fait agréable. Em. R. 


— 137 — 

Coloration des raisins. 

Lors des deux dernières sessions du Jury d*arboriculture^ 
nous avons eu l'occasion de voir de près les expériences insti- 
tuées par M. le professeur Ëm. Laurent, dans la grande serre à 
vignes de TÉcole d'horticulture de l'Etat, à Vilvorde. 

Dans la séance du 8 mars 1890 de la Société royale de botanique 
de Belgique, M. Laurent a fait connaître le résultat de ses 
expériences; il nous a paru utile d*en communiquer les princi- 
cipaux faits aux lecteurs des Bulletins. 

Les expériences de M. Laurent ont porté à trois reprises 
sur des vignes cultivées en serre et appartenant à la variété 
Franlenthal' Deux grappes dont les grains étaient parvenus au 
dixième de leur développement, disons au volume de petits pois, 
furent introduites dans des boîtes en carton noirci à Textérieur. 
A la maturité, la coloration des raisins fut aussi marquée, d'un 
aussi beau noir bleuâtre, que celle des autres grappes'du même cep. 

Quatre autres grappes furent séparées des feuilles environ- 
nantes par deux décortications annulaires d'un demi centimètre 
de large ; une décortication était pratiquée au dessus, l'autre au 
dessous du point d'insertion des grappes. Cette opération fut 
faite le même jour de l'introduction des deux grappes précitées 
dans les boites obscures. M. Laurent introduisit deux des quatre 
grappes ayant subi la double décortication dans les boites 
obscures ; les deux autres également séparées des feuilles demeu- 
rèrent exposées à la lumière. A l'époque de la maturité des 
raisins dans la serre^ les deux grappes, soustraites à la lumière 
avaient les grains plus petits que les grappes laissées dans les 
conditions ordinaires.. Ces grains étaient verts, sauf quelques-uns 
très légèrement marbrés de rouge; le jus était acide et sans 
saveur sucrée. Les deux grappes dont les sarments qui les 
portaient avaient aussi subi deux décortications annulaires mais 
qui n'avaient pas été plongées dans l'obscurité, avaient meilleur 
aspect. Les grains avaient presque toute la grosseur normale ; 
la plupart étaient rougeâtres sur presque toute leur surface ; les 

10 


— 138 - 

antres étaient restés vert§. La saveur des premiers et à plus 
forte raison celle des seconds était peu sacrée. 

L'expérience répétée en 188d eut des résultats quelque peu 
différente, parce que les décortications annulaires et l'introdoc- 
tion dans les boîtes obscures eurent lieu un pea plus tard, 
lorsque les grains avaient déjà acquis leur développement 
normal ; la coloration fut naturellement plus marquée. 

De ces expériences M.Ladrbmt tire les conclusions ani vantes : 
t La matière colorante des raisins se développe à l'obscnrité 
lorsque la nutrition or^nique est assurée. Dès que les produits 
d'assimilation qui prennent naissance dans les feuilles, ne 
peuvent plus arriver jusqu'aux grappes, ia (coloration reste 
imparfaite. Elle est nulle, à très peu de chose prés, dans les 
grappes affamées (par suite des décorticationa annulaires), 
placées à l'obscurité, 11 y a un commencement de coloration dans 
les mêmes grappes isolées qui, grâce à la chorophjlle de leurs 
grains, peuvent décomposer l'acide carbonique. • 

La composition chimique de la matière rouge des raisins peut 
expliquer les faits ci-dessus rapportés. Il existe, selon tonte 
vraisemblance, une relation entre la production de la substance 
sucrée et celle des pigments des raisins, c'est oe qui permet 
d'expliquer les cas de coloration imparfaite des raisins noirs 
qne l'on constate dans certaines cultures. > Ils restent rouges et 
faiblement sucrés lorsqu'on en conserve un trop grand nombre 
sur un même cep, lorsque la radiation est insuffisante ou encore 
lorsque les pédicelles se dessèchent.... Dans ces diverses circon- 
stances, les raisins ne reçoivent qu'une quantité insuffisante de 
matière sucrée, et la substance rouge se trouve diminuée dans 
la même proportion, t 

Le Qardtnerè' ChronieU en partant du travail de M. Ladrent, 
semble regretter que celui-ci n'ait pas assez tenu compte de 
l'infiuence de la température. Nous ne comprenons pas bien 
cette sorte de réserve; la température des serres à vignes durant 
les mois dejuinjuillet et août, est oonnue de tous les praticiens. 
Ëh, Eosioab. 


— 139 — 

Prévision du froid nocturne. 

Un de nos amis noas communique le n^ du 28 avril du Berli- 
ner Tageblatt qui contient un article extrait de la Pflanzenbô'rse 
attribuant à M. le professeur Drudb. directeur du Jardin bota- 
nique de Dresde, la méthode que nous avons publiée en 1888, 
dans V Illustration Horticole, iponr prévoir, presque à coup sûr, le 
refroidissement ou rayonnement nocturne, par la simple consul- 
tation du psjchromètre. 

On sait que cet appareil se compose de deux thermomètres 
ordinaires dont Tun a la capsule enveloppée d^une mèche de 
mousseline ou de laine plongeant par son extrémité dans un 
petit flacon rempli d*alcool ou d'eau et se trouvant par conséqu ent 
constamment mouillée. Si Tindication des deux thermomètres 
vers 3, 4 ou 5 h. de l'après midi est sensiblement égale, il est très 
probable que la faible sérénité du ciel n'amènera pas un refroi- 
dissement nocturne considérable, parce que l'air sera à peu 
près saturé d'humidité. Si, au contraire, Técart entre l'indica- 
tion des d^ux thermomètres augmente dans l'après midi, il est 
plus que probable qu'il y aura gelée ou tout au moins refroidis- 
sement considérable; le refroidissement sera d^autant plus grand 
que la différence entre les deux thermomètres sera plus sensible. 

Le jardinier qui a des forceries, des espaliers ou simplement 
des plantes délicates à soigner, fera donc bien de comparer les 
échelles des deux thermomètres, l'un sec, l'autre humide, comme 
nous venons de l'indiquer. Plus de trente années d'expérience 
nous autorisent à dire que très rarement pour ne pas dire jamais 
cette observation n'a donné lieu à erreur. 

Ainsi que nous l'avons recommandé à la page 22 du volume 
de 1888 de V Illustration Horticole^ il sera bon de faire les obser- 
vations chaque jour à la même heure; on acquerra plus de faci- 
lité à établir la conclusion. 

Ëm. Rodioas. 


— 140 — 


Le Cooos australis. 

M. Nardy père^ dans une notice communiquée à la Société 
d'acclimatation de France, présente des observations intéressantes 
sur la culture du Cocos australis le long du littoral méditerra- 
néen; ce palmier pourrait y être considéré comme un arbre 
fruitier d'une certaine utilité. En outre, les Cocos australis, 
Bonetti, maritima, campestriSy Tatai ne devraient être regar- 
dés, d'après l'auteur, que comme de simples formes, sans ûxité 
aucune, d'une seule et même espèce : le Cocos australis. 
M. Nabdy étaje son opinion sur ce fait que les semences de 
ces Cocos différemment dénommés, donnent lieu par le semis 
à des sujets qui diffèrent autant entre eux que les types dont ils 
proviennent. 

A Hjères, certains Cocos australis de semis ont présenté 
quelques faits particuliers. Chez les uns, le faciès diffère absolu- 
ment; chez les autres, c'est la disposition des palmes; chez 
d'autres encore, c'est la couleur. Une plante de huit ans a 
développé l'année dernière deux régimes portant chacun une 
quarantaine de fruits parfaitement mûrs vers le milieu d'octobre. 
L'enveloppe charnue de la graine était de couleur rouge orangé ; 
la chair fine et fondante, juteuse et de couleur un peu moins 
foncée, avait une saveur agréable rappelant celle de l'abricot 
et de l'ananas. Ces fruits ronds, aplatis aux deux extrémités, 
mesuraient, les plus gros, 0'°10 de circonférence sur 0°'02 de 
hauteur. 

M. Nardt signale, dans son étude, l'existence plusieurs fois 
séculaire et relativement peu connue d'une belle oasis, qui 
compte six mille dattiers, à £lche, sur les côtes méditerranéen- 
nes de l'Espagne. 

Les cocotiers sont répandus, à l'état cultivé, dans l'Amérique 
méridionale, Cejlan et Inde anglaise, sur une surface de 
802,050 hectares ; ce qui représente environ 280 millions de 
cocotiers en plein rapport. Ém. R. 


— 141 — 

Asperges d'automne. 

A la fin de septembre de Tannée dernière, un Congrès de 
culture maraîchère a été tenu à Chiswick par la Société royale 
d'horticulture de Londres. Le résumé des actes de ce Congrès 
vient d*être publié dans la première partie du volume XII du 
Journal de cette Société. Un de nos amis, M. Shirley Hibberd, 
j a traité de la culture des asperges dans les terres fortes et du 
produit de cette culture pour l'automne. En même temps, il 
avait déposé sur le bureau du Congrès des échantillons d'asper- 
ges de belle venue, de 0™15 à 0"25 de long et de 0"04 de cir- 
conférence, offrant une partie verte au sommet des turions, ce 
que nous avons Thabitude d'appeler des asperges vertes. La 
question de savoir ce qui vaut mieux ou des asperges entière- 
ment blanches ou des asperges à pointes vertes est tout bonne- 
ment affaire de goût, dit M. Hibberd; il est aussi facile, ajonte- 
t*il, de produire les unes que les autres et, si les Anglais ne 
produisent que des asperges vertes, c'est apparemment qu'ils les 
aimrent ainsi. M. S. Hibberd dit qu'il n'existe qu'une seule 
variété d'asperge : nous ne sommes pas de cet avis. 

Quant à la production des asperges d automne, M. S. Hibberd 
l'a expliquée à peu près comme suit : 

Dans la marche ordinaire de la culture, on ne doit guère 
s'attendre à une récolte automnale; elle se produit parfois par une 
saison chaude et humide et peut être considérée en général comme 
un accident de peu d'importance. M. Hibberd a été dans le cas 
de devoir produire durant plusieurs années, sans aucune inter- 
ruption, une succession de produits et c'eût été pour lui un 
véritable désastre de devoir interrompre la récolte. Il dût, en con- 
séquence, ne jamais couper que le strict nécessaire; il disposait 
d'une aspergerîe très étendue, eu égard à la quantité de turions 
requise pour le moment. Ce procédé donna lieu fréquemment 
à des récoltes automnales abondantes allant jusque vers le 
8 octobre, même dans un terrain froid et argileux. La difficulté 


— 142 — 

D« commençait qu'avec l'invasion des gelées. Lorsque la récolte 
printanière est excessive, celle de l'automne est nulle. Le plus 
sdr moyen d'obtenir cette dernière, c'est de réserver une plancbe 
dans une situation abritée et de s'abstenir de toute coupe jusqu'au 
momentoùlesjonrsoommencent à décroître. Alors la végétation 
printanière sera vigoureuse, la maturité des tiges sera précoce et 
les plantes entreront en repos au mois de juillet. Il suffira ensuite 
de bien mouiller l'aspergerie ou mieux encore de l'irriguer pour 
provoquer une végétation nouvelle et l'on pourra obtenir pour 
la table un très beau produit qui, suivant l'affirmation de 
M. Shirlet HtBBEED, s'harmonise [)arfaitement avec la perdrix 
et le coq de bruyère, Ew. Rodigas. 


DispositloQ utile des jardins botaniques. 

La géographie végétale est considérée avec raison comme une 
branche considérable de ta botanique. Le professeur Ehqler qui 
a eu l'occasion d'établir des sections de géographie botanique à 
Munich d'abord, à Kiel et à Brealau ensuite, vient de signaler 
son arrivée à la direction du Jardin botanique de Berlin par l'iQ' 
troduction de ce système spécial, qui consiste à réunir dans des 
endroits déterminés, par groupes ou collections sociales, les 
plantes appartenant par exemple à la flore du Cap, à celte 
de l'Australie, à celle des Al[ies, à celle du Mexique et ainsi de 
suite. Dans nos régions, ce sont plus particulièrement les espèces 
forestières qui peuvent servir à représenter nettement les 
contrées végétales. Ainsi les genres et les espèces du Canada, 
ceux appartenant aux rivages du Nord de l'Atlantique, la flore 
des Alléghanies, celle du Thibet et de l'Himalaya, celle des 
Prairies américaines, celle des Andes, celle des Montagnes 
Rocheuses ont des caractères tellement particnlierg, qu'il n'a 
fallu aucun effort pour leur réserver des quartiers bien distincts. 
L'exemple donné par le Jardin botanique de Berlin sera certai- 
nement suivi par d'antres Jardins botaniques. 

Eu. R. 


— 143 — 


Conifères pour petits jardins. 

Un des membres de notre Cercle nous a demandé quels 
Conifères il faut préférer dans un jardin n'ayant pas un quart 
d'hectare d'étendue. Nous lui avons envoyé la liste ci «jointe 
dont nos lecteurs pourront à leur tour tirer profit; nous 
ajouterons que les Conifères ayant subi des transplantations 
successives peuvent être mis à demeure pour ainsi dire en 
toute saison, bien que l'automne et le mois de mai soient 
les meilleures époques pour faire la plantation. Nous dirons 
aussi qu'un jardin de 25 ares n'est déjà pas ai petit et qu'il 
serait envié par bien des amateurs confinés dans les murs 
de la ville. Cependant il ne faut pas abuser de l'usage des 
Conifères, car ils ne sont réellement beaux que s'ils ont toute 
liberté et un emplacement isolé sur la pelouse. Cela dit, 
voici la liste telle qu'elle a été dressée par M. W. Coleman, 
dans le Journal of The Royal Horticultural Society. 

Abies Engelmanni glauca. 

— Hookeriana ou Pattoniana. 

— tsaga. 
PinuB contorta. 

— Bungeana. 
~ Cembra. 

— parviflora. 
Sciadopitys verticillata. 
Cryptomeria elegans. 
CapressuB erecta viridis. 

— Nutkaensis argentea. 
Biota fllipendala. 

— orientalis anrea. 
compacta aurea. 


Retinospora (toutes les variétés). 
Juniperus rigida. 

— excelsa. 

~ chinensis (mas.). 

— drupacea. 

— suecica. 

— hibernica. 

— thurifera. 

— virginiana glauca. 
TaxuB adpressa. 

— baccata fastigiata. 
elegantifisima. 

Cephalotaxus peduncalata. 
Prumnopitys elegans. 


elegantissima. 

Dans la liste qui précède, bien qu'il ne faille pas les planter 
tous, on peut presque choisir au hasard, parce que tous ont 
des mérites réels. Rien n'empêchera d'ajouter un Gupressus 
Lawsoni Westermaniana^ à feuilles panachées jaune d'or, dont 
le Bulletin a donné une planche coloriée. ëm. Rodigas. 


Féches et Nectarines. 

'r. RtvBRS, le cultivateur biâncoDnu de Sawbridgeworth, 
El Société rojale d'horticulture de Londres, au mois d'août 
-, un mémoire dans lequel il fait l'historique du Pêcher et 
les caractères différentiels de la pèche et de la nectarine- 
eux qui désirent udc provisiou uon interrompue de-fruits 
tout l'été, il D'y a pas de système comparable à la culture 
perforé vers le sommet, permettant de modérer la vigueur 
ires et de douner à ceux-ci tous les soina qu'ils réclament, 
itiqué cette culture depuis trente ans et n'a jamais éprouvé 
I. Voici les variétés que M. Rivers recommande pour la 
I en pots dans les serres vergers ou sous vitrage, 
'dobes. — Â, pour juillet : Alexaoder, Waterloo, Early 
:e, Early Louise, Hale's Early. 

our août : Grosse migaonno hâtive, Rivers' Early York, 
*, Grosse mignonne, D* Hogg. 

tour septembre : Grosse mignonne, Galande, Goshawk, 
dra Nobless, Noblesse, Royal George, Englisb Galande, 
g Castle, BarringtoQ, Princess of Wales, Walburton 
able, Gladstone, Sea Eagle. 
rectarînes. — A, pour juillet : Âdvancs. 
wur août : liOtd Napier, Improved, Downton, White 
i), Spencer. 

)ur septembreïStanwickËIruge, Newton, MiltonGoldoni, 
' Orange, Humboldt, Pine Apple, Victoria, 
orme que M. Rivers recommande le plus pour tes pêchers 
) est celle en pyramide, ne dépassant pas S â 10 pieds de 
r. Il est assez remarquable que dans la liste des pêches 
parM. Rivers il n'a été réservé aucune place aux variétés 
aines dont plusieurs ont déjà acquis droit de cité dans 
les cultures. Ëm. R. 


— 145 — 

■s, 

m 

La grande Exposition générale d'horticulture 

à Berlin, en avril 1890. 

Depuis 1837 on a organisé et réitéré au Casino à Gand, les 
grandes Expositions quinquennales d'horticulture ; rÀliemagne 
est entrée dans la même voie, à Berlin notamment. En 1883 la 
« Société pour Tavancement de Thorticulture dans les Etats 
prussiens» fit un premier essai d'une grande Exposition inter- 
nationale qui réussit si bien que déjà en 1885 une seconde eut 
lieu. Depuis lors on semble s'être décidé à ne renouveler pareilles 
exhibitions que tous les 5 ans, et c'est ainsi qu'on a pu voir en 
1890à Berlin un des plus décoratifs étalages horticoles qu'on ait 
pu admirer n'importe où. 

L'espace dont nous pouvons disposer ici ne nous permet pas 
d'entrer dans beaucoup de détails; ne notons donc que les points 
principaux. 

L'emplacement était le jardin du c palais royal des exposi- 
tions > (Kôn. Ausstellungs Palast), situé juste à côté de la station 
de Lehrte, à Berlin même. C'est un terrain spacieux, parsemé 
de plusieurs constructions, toutes des plus imposantes, mais 
parmi lesquelles il nous faut citer surtout le magnifique palais 
principal et ses dépendances, où Flore a pu étaler tousses 
charmes; c'est ce qu'elle a fait du reste. Aussi le Jury, réuni le 
jeudi 24, a-t-il dû être divisé en 14 sections; dans la nôtre, 
la 10™% il a fallu fonctionner pendant deux jours; dans les 8™* et 
14""« sections, on a dû travailler bien plus longtemps encore; de 
là le retard qu'a subi la publication officielle des noms des 
lauréats. 

Nous sommes heureux et fiers de pouvoir citer parmi ces 
derniers les Belges et surtout M. d'Haene, auquel au surplus 
un prix dlionneur spécial a été adjugé comme à l'exposant ayant 
participé lô plus à la beauté de l'exposition : il avait en effet pris 
part à 45 concours. Mais comme le but de l'Exposition était 
moins la valeur intrinsèque des plantes exposées, que l'effet 


— 146 — 

d^ratif fl obtenir mAme de plitotea assez commUDes, c'est k 
M. Sbidel, de Dresde, qu'on a accordé le prix d'honnear de 
S. M. Cet exposant, n'avait cependant garni qn'nn seul salon, 
mais au milieu de celui-ci une bonne centaine de Rliodonden- 
drons, Âzaleas mollis, etc., en fleurs, étaient disposés comme 
au liasard avec un tel goût de pittoresque, dans une pelouse qu'il 
avait accidentée de blocs de rochers, chute d'eau, ravins, etc., et 
occupant tout le milieu de la salle, qu'il méritait réellement une 
distinction hors ligne : c'était justice, considéré à un point de 
vue spécial. 

Les lots d'Orchidées de MM. Vutlsteke, Vinckb, Peeters, 
et d'Haene, les Palmiers de MM. d'Haenb, Vihcee et PETaicK, 
les Anthurium M. Louis de Smet et les Sarracenia de MM. De 
SuBT, frères, ont produit énormément d'effet; mais c'est surtout 
devant le superbe envoi d'Azalées de M. Peeters que les 
Berlinois nous semblaient être en extase. Devant ce lot comme 
devant les nouvelles introductions, les plantes ornementales, 
etc., exposés par les Belges, la foule était par moments tel- 
lement compacte que la circulation était absolument impossible. 

Mais si dans les sections S, 3 et 4 : plantes de serre, les belges , 
à peu près les seuls exposants étrangers (à part Sander, de 
Londres, et de Yilhobin, de Paris), ont pria une part très bril- 
lante à la fête — et par le valeur commerciale de leurs enyois 
et par la supériorité ds la culture — tant s'en faut qu'ils aient 
fait presqu'à eux seuls l'exposition horticole à Berlin, comme 
certains journaux l'ont insinué. Non : il n'y aurait eu que des 
Allemands, que la hardie et coUossate entreprise n'en aurait pas 
moins été une des plus réussies qu'on puisse rêver. 

A eux seuls, pour ^inai dire, les Allemands ont rempli les 
sections 5 : Koaiers — jamais pensons-nous, pareil apport n'a eu 
lieu; 6 : arbustes forcés — à l'exception des Rhododendron, Asa- 
lea pontica etc. pour lesquels les belges restent les maîtres, on 
peut difficilement se faire une idée du parti que l'on sait tirer 
d'autres essences;? : plantes vivaces et bulbeuses; 8 : fleurs cou- 
pées fraîches et séchées, bouquets — ce que les Allemands ont su 


— 147 — 

réaliser . sous ce rapport, dépasse vraiment toute imagination; 
9 : arboriculture et pépinière — peu en fait d'arbustes à feuilles 
caduques, mais par contre des collections de conifères d'une 
richesse sans égale; 10 : pomologie — rien d'extraordinaire en 
fait de fruits proprement dits, mais excessivement intéressant 
sous le rapport du parti qu'ils savent tirer de ces derniers, soit 
séchés, soit fabriqués. Comme président de cette section du jury, 
nous avons été condamné entr'autres à déguster une soixantaine 
de vins, cidres, poirées et autres fabrications de jus de fruits 
autres que raisins; 11 : culture maraîchère — plus spécialement 
remarquable par les forceries poussées à un haut degré de per- 
fection en Allemagne ; 12: architecture horticole — comme dessin, 
comme coloris, nous nous attendions à mieux ; comme tracé, 
comme conception, nous continuons à être de l'avis que l'archi- 
tecture allemande se rapproche bien plus de la nature que celle 
suivie en France notamment; 13 : machinerie horticole — ce 
qu'il y avait ici de serres, bâches, châssis, chaudières, presses, 
instruments de tout genre n'est pas à narrer; 14 enfîn : 
sciences botaniques et horticoles — remplissant à peu près le 
quart de l'ensemble du palais principal dont la surface totale 
couvre plus d'un hectare. 

Voilà bien assez, nous dira-t-on, pour se faire une idée de 
l'activité mise en œuvre par nos confrères du Nord-Est. Ce 
n'est qu'un côté cependant du but principal qu'ils poursuivaient, 
à savoir : la décoration horticole mise en rapport avec l'archi- 
tecture proprement dite. C'est ce qui formait la 1'" section et, à 
l'exception de M. d'Haene et de M. Vincke, tout a été fourni 
ici par des Allemands : des Berlinois pour la plupart. 

Que dirons-nous de cette section? si ce n'est que les Allemands 
sont passés maîtres dans cette partie et que nous, en Belgique, 
nous n'avons pas attaché assez d'importance jusqu'ici à ce côté 
de la question. Si nous, nous savons mieux cultiver certaines 
plantes et aimons peut-être mieux celles-ci pour elles-mêmes, 
en vrais amateurs, eux le plus souvent ne les apprécient que 
pour l'efifet qu'elles peuvent produire dans une combinaison 
architecturale quelconque. 


— 148 — 

,Ce qn'ili ont t«nfé d« réaliser sons cé d«niier rapport, n*a pn 
échapper au viaitenr un peu attentif. Dans chacune des nom- 
breuses salles <)ont l'ensemble forme ce gigantesque palais 
ans proportions si vastes, un arrangement qneloonque portait 
le caractère de dilettantisme ornemental. Ici un salon de 
réception, où les meubles, tapis et gobelins etc. font cause 
commune avec les plantes; là un autre où la sculpture, la pein- 
ture sont de la partie; à côté, une chambre commune garnie de 
jardinières et d'étalages floraux dirers; plus loin, salies garnies 
pour cérémonies direrses (mariages, baptêmes, deuil) i aillears 
des fenêtres, des balcons, des escaliers, des pavillons, des gale- 
ries, des berceaux, toujours garnis arec un bon goût extrême de 
tout ce que Flore met à la disposition de ses fervents adorateurs. 
Il j avait là aussi un charmant jardin d'hiver, tout enrocaillé, 
avec chute d'eau etc., et gracieusement garni déplantes ad hoc, le 
tout fabriquéen deux trois jonra de temps. Puis partout des rases 
garnis, des suspensions, des guirlandes, des bronzes, des marbres 
dont la valeur artistique était rehaussée par une application 
sobre mais intelligente de fleurs et de verdure. Il y avait même, 
tout-à-&it au fond de la salle, et faisant suite à elle, deux vues 
dioramiques, montrant un lointain tellement enchaoteur et 
trompeur qu'on a'j aérait rendu, sans un parterre fleuri qn'oD 
aurait dû écraser pour passer outre. 

Pour narrer tout, même superficiellement, ilfaudrait écrire un 
gros volume sur cette mémorable exposition et il est bien pos- 
sible que noua j reviendrons plus amplement sous peu. Pour le 
moment disons simplement que pour nous, et pour beaucoup 
d'autree qui ne voudront peut-être pas en convenir, elle a été 
instructive au suprême degré. 

Aussi tous les amis de l'horticulture, producteurs comme con- 
sommateurs, doivent-ils savoir gré aux hommes qui ont conçu 
l'idée de cette floralie. On comprend qu'il n'est guère possible 
de nommer tous les coopérateurs; mais les chefs deceux-ci doivent 
cependant être cités ici. Ce sont: S. Kxc. M. le ministre Freiherr 
yoN Lccius-Ballhaosen, qui s'est montré dès le principe et 


— 149 — 

jusqu'à la fin le protecteur généreux et éclairé de l'horticulture ; 
M. le prof' D' Wittmâce, qui dès le principe aussi s'est chargé 
de la publicité à donner à Tentreprise; M. von Pommer-Esche, 
qui a dirigé les installations suivant un plan d'ensemble avec on 
réel talent; et last not leoêt M. le Maréchal von S^ Paul Illaibe, 
qui comme chef du Jury et toujours avec calme et dignité était 
partout premier et dernier à la besogne et a peut-être contribué 
le plus à la bonne réussite générale; nous avons vraiment admiré 
rinteiligente activité de cet homme. 

Honneur à ces chefs et, en leurs personnes, tous ceux qui 
ont aidé à réaliser si admirablement un beau rêve et à ajouter 
des attraits nouveaux à la passion horticole. 

H. J. Van Hulle. 


Chanvre de manille. — On donne ce nom, dans le com- 
merce, aux ûbres extraites des feuilles et de la tige du Musa 
textiliSf espèce de bananier dont les fruits, durs et petits, ne 
sont pas comestibles. Ce bananier, encore appelé Abaca, est 
originaire des Philippines et cultivé dans les provinces d'Albaj 
et de Camarines. On le cultive dans un sol riche, gras et humide. 
Les fibres blanches, quelquefois jaunâtres, sont soyeuses, rési- 
stantes et longues de un à deux mètres. D'autres espèces de ce 
genre fournissent des ûbr£s analogues, mais moins solides, tel 
est le cas pour les Musa paradisiaca, M. sapientum^ M. syl- 
vestris et M. trogloditarum. Le Musa texHlis vit en moyenne 
une dizaine d'années; le plant de semis donne sa premère récolte 
la deuxième année; les plants provenant de rejetons fournissent 
déjà un produit la première année. A Manille on en fabrique 
divers tissus variant d'après leur blancheur et la finesse de leur 
texture. Les uns sont raides et rugueux, les autres souples, unis 
et légers. 


Fraise JMouard Lefort- 

La BevMt SorticoU conBacre sa plancbe da 16 février à la 
reproduction de ce fruit qui, à des mérites de tout premier 
ordre, joint le caracUtre d'une forme particulière permettant 
de le distinguer de loin de toutes les autres Tariétés aujourd'hui 
connues. Cette fraisa a obtenu un premier prix à, l'Exposition 
universelle de Paris et une prime de première classe à. la Sooiété 
nationale d'horticulture de France. Elle a été obtenue de la 
-variété Gé»&al Chansy. 

Voici comment elle eet décrite psr M. E. À. Carrière : 
< Plante robuste, très vigoureuse, excessivement productive, 
issue du fraisier Général Ckanay, qu'elle rappelle un peu par 
l'ensemble de ses caractères. Coulants ou stolons très abondants, 
longs et gros. Feuillage bien nourri, à folioles grandes, forte- 
ment Qervées, laidement dentées, d'un vert foncé, luisant 
en-deasus; pétiole long, velu, surtout vers le sommet. Fruits 
très abondants, portés sur des hampes raides et fermes, se 
tenant bien, d'une bonne grosseur moyenne, d'environ 30 à 35 
millimètres de longueur, très renflés vers le milieu, atténués 
suxdaux bouts, mais davantage vers la base, arrondis au som- 
met, qui, également atténué, donue à l'ensemble l'aspect d'une 
massue d'un genre particulier, d'un rouge très foncé, très bril- 
lant, et pouvant former de très beaux desserts. Graines petites, 
peu nombreuses, légèrement saillantes; chair bien pleine, 
ferme lorsque le fruit est bien mûr, d'un très beau rouge. 
juteuse, sucrée, de saveur âne et d'un parfum fort et très 
agréable. > La plante, on le voit, répond à tous les desiderata : 
elle est très robuste, très rustique et d'une fertilité considérable. 
En outre, le fruit non seulement résiste bien à l'bumidité, mais 
il supporte parfaitement l'emballage et le transport. Nous serions 
presque tenté de dire qu'il a trop de bonnes qualités. 

Eu. R. 


— 151 — 


'Roses d'élite. 

Au Congrès des rosiéristes tenu à la Société royale d'horti- 
culture de Londres le 2 et le 3 juillet 1889, on s'est occupé d'un 
grand nombre de questions telles que : la taille des rosiers, le 
classement des variétés au point de vue horticole, les sujets 
convenant le mieux au greffage, la revue des rosiers obtenus 
depuis 1860, les variétés de rosiers dits décoratifs, le Rosa 
polyatUha comme sujet, les roses modernes et Thybridation et 
enfin le choix des plus belles variétés de roses pour des con- 
ditions déterminées. 

Le rév. W. Wilks, secrétaire de la Société royale d'horticul- 
ture, s'est chargé de résumer le travail fourni par de nombreux 
rosiéristes répandus dans le Royaume Uni. Ce résumé a été 
publié dans le fascicule III du vol. XI du Journal of the Royal 
HoriieuUural SocietyW; nous y puisons, pour nos lecteurs, les 
renseignements suivants. 

Comme nous l'avons dit, il s'agit de déterminer les plus belles 
roses pour des conditions spéciales. 

Les plus belles fleurs d'exposition parmi les rosiers hybrides 
remontants font l'objet de la première liste. Les rosiéristes, au 
nombre de 79, ont réparti leurs votes sur 68 variétés. Voici 
les 12 qui ont obtenu le plus grand nombre de voix : 


1. A. E. Williams, 71 voix 

2. La France, 69. 

3. Marie Baamann, 65. 

4. Âlftred Colomb, 61. 

5. Charles Lefebvre, 60. 

6. Ulrich Brunner, 6o« 


7. Gabrielle Luizet, 55 voix. 

8. Merveille de Lyon, 48. 

9. Baronne de Rothschild, 39. 

10. Etienne Levet, 37. 

11. Louis Van Houtt6,36. 

12. Duke of Bdinburgh, 27. 


(c) Les personnes étrangères à la Société royale dliorticultnre peuvent 
obtenir, au prix de 5 shillings, les fascicules de ce journal, 117, Victoria 


Street SW. à Londres. 


- 152 - 
Invités à exprimer lear vote sur une deuxième série de 
douïe variétés également pour exposition, les rosiéristea au 
nombre de 76 ont éparpillé leurs voix sur une quantité beaucoup 
plus considérable euoore, soit 123. Les suivantes sont rangées 
en tâte : 


I. EK Andry, 31 voix- 
a. Eugénie Vardier, 31. 

3. Marquise de Castellaoe, 37. 

4. François MicMon, ag. 

5. DakeofBdinburgh, 24. 

6. Camille Bernardin, 33. 


7. Dupuy Jamain, 33 voix. 

8. Horace Veinet, 2t. 

g. CouQiesa of Oxford, 11. 

10. Louie Van Houtte, ao. 

11. Duke of Wellington, aa 
II. Marie Verdiar, 30. 


La combinaison des deux listes qui précèdent donne 
résultat suivant : 


I. CbarlesLerebvre,75T(nx. 
a. La France, 74. 

3. Marie Baamann, 74. 

4. A. K. WilliamB, 73. 
S- Ulrich Bcunner, 70. 
6. Alfred Colomb, 69. 


7. Gabriel Luizet, 6g voix. 

8. Merveille de Lyon, 66. 

g. Baronne de RotbEcbild, 5g. 

10. LooU Van Houtte, 56. 

11. Etienne Levet, 55. 

la. Duke of Bdinburgh, 51. 


Pour les variétés convenant le mieux à la fleur coupée, 
64 votants ont émis leur appréciation. 


1. La Franoe, 51 voli. 

3. Général Jacquemine t, 36. 

3. Duke of Bdinburgh, 30, 

4. BaronnedeRotbachild, 26, 

5. Fiaber Holmes, 33. 

6. Gabriel Luizet, 33. 


7. Ulricb Brunoer, 33 vi 

8. Prince Camille, at. 
g. Boule de neige, ii. 

To. Captain Christy, 20. 
it. Dupuy Jamain, 20. 
13. Eugénie Verdier, 18. 


Inutile do faire ressortir la supériorité considérable donnée 
dans cette liste à la rose La France, suivie d'asses loin par 
une variété très méritante, elle aussi, la rose Général Jacqut- 
minot. 

Les meilleures parmi les roses tbé pour exposition ont été 
déterminées de la manière suivante par 78 votants : 


— 153 — 


1. Catherine Mermei, 71 voix. 

2. Comtesse de Nadailhac, 66. 

3. Maréchal Niel, 62. 

4. Marie Van Houtte, èï. 

5. Souvenir d'Elise, 57. 

6. Innocente Pirola, 49. 

7. Niphetos, 48. 


8. Souvenir d'un ami, 44 voix. 

9. Jean Ducher, 43. 

10. Edith Gififopd, 39. 

11. The Bride, 37. 

12. Anna Olivier et Madame Lom- 
bard, 35. 


L auteur donne une seconde liste à la confection de laquelle 
64 votants ont pris part; la combinaison des deux listes modi- 
fie plus ou moins celle qui précède et donne lieu au résultat 
suivant : 


1. Catherine Mermet, 78 voix. 

2. Marie Van Houtte, 78. 

3. Comtesse de Nadailhac, 71. 

4. Souvenir d'un ami, 69. 

5. Jean Ducher, 66. 

6. Maréchal Niel, 65. 


7. Souvenir d'Elise, 64 voix. 

8. Innocente Pirola, 64. 

9. Madame Lambard, 63. 

10. Niphetos, 59. 

11. Rubens, 57. 

12. Anna Olivier, 56. 


Quinze autres variétés obtiennent un nombre de voix encore 
considérable, la dernière, Madame Eippolyie Jamain réunissant 
encore 24 suffrages. 

Il s'est agi ensuite de choisir une douzaine de variétés les plus 
rustiques parmi les rosiers thé ; 53 votants ont déterminé la liste 
suivante : 


1. Madame Lambard, 45 voix. 

2. Marie Van Houtte, 39. 

3. Anna Olivier, 32. 

4. Souvenir d'un ami, 31. 
5- Gloire de Dijon, 26. 

6. Rnbens, 24. 


7. Francisca Krucher, 23 voix. 

8. Edith Gifford, 23. 

9. Jean Ducher, 23. 

10. Caroline Kuster, 20. 

11. Homer, 20. 

12. Catherine Mermet, 20. 


L'espace nous manque pour donner plus de développement à ces 
listesdans lesquelles néanmoins les amateurs trouveront certaine- 
ment l'élite des variétés de roses. Ém. R. 


Primevère de Yunnan, 

PRIMULA OSCONICÂ. 
A la dernière expoaitioti florale de la Société d'horticulture 
de Bruges, toute uoe rangée de cette gracieuse Primevère, 
originaire du Tunnan , servait de bordure, parmi des Adiantum, 
à une charmante collection d'Orchidées. Dans un récent article 
de la Sevue Horticole, M. E. A. Carrière fait ressortir avec 
raison les nombreux méritas de cette jolie plante qu'il qualifie 
d'éminemment ornementale et qui deviendra une vraie plante 
de marché. Elle âeurit abondamment et longtemps, elle forme 
une touffe compacte, basse et émettant de nombreuses feuilles 
entre lesquelles partent les hampes florales. Les feuilles sont 
obovales, largement arrondies, à bords légèrement ondulés, un 
peu chiffonnées, très courtement dentées. Le pétiole est rou- 
geitre, velu, comme laineux. Les hampes florales sont dres- 
sées, droites, raides tout en étant ténues. Elles sont rougeàtres, 
également laineuses, terminées par une forte inflorescence 
ombelloïde ou sub-capitée; tes fleurs sont nombreuses, assez 
grandes, d'un rose carné très légèrement lilacé. Le centre de 
la fleur présente un ceil jaunâtre. La plante est relativement 
rustique; no simple abri vitré, sans chauffage, suffit pour la 
conserver dans de bonnes conditions. On peut la cultiver en 
pots ou sur une plate bande en terre de jardin ordinaire ou 
terre franche, c'est-à-dire contenant du sable, de l'argile et 
de l'humus; elle ne dédaigne pas le terreau de feuilles. La 
culture rationnelle, d'après M. Carrière, est de rentrer les 
plantes l'hiver sur une tablette de la serre froide; dans ces 
conditions, elles ne cessent presque pas de fleurir. La multi- 
plication du Primula obeomca peut se faire par séparation des 
touffes ou par semis. Les éclats mis en pots sous châssis 
reprennent très facilement. Le semis se fait aussitôt après la 
cueillette des graines ; le plant est repiqué en petits godets et 
placé près du vitrage. Il est traité pins tard comme les plantes 
obtenues d'éclats. Eu. R. 


— 155 — 

Exposition de Mont-St-Amand. 

Établie dans une des sections les plus importantes du centre 
horticole gantois, la Société d'horticulture Flora marche vive- 
ment dans la voie d'un constant progrès* Secondée d'ailleurs 
par de nombreux amis de Thorticulture, qui, par leurs dons, 
médailles et œuvres d'art, lui viennent puissamment en aide, 
la Société organise des expositions qui excitent à bon droit 
l'admiration générale. Celle qui a eu lieu le 27 avril 1890 était 
des plus remarquables. La salle de l'exposition contient assez 
de plantes de choix et de riches collections pour remplir un 
espace au moins double. Il serait difficile de détailler les apports 
auxquels ont contribué lois horticulteurs comme les amateurs. 
La palme revient aux nombreuses Orchidées trônant sur l'estrade 
du fond; la riche collection de M. Alfred Van Imschoot, 
président de la Société, mérite une mention toute spéciale. Elle 
renferme de véritables perles et témoigne d*une culture bien 
entendue. Citons aussi les Orchidées de M. Pauwels et les 
Cjpripedium de MM. F. Desbois et C*''; les beaux palmiers 
de M. AuG. Van Gbert, les Anthurium de M. R. Grenier, 
les charmantes Fougères de M. A. Rigouts, horticulteur à 
Gendbrugge, les Dracaena de M. De Meter et les plantes 
panachées du même exposant; les Azalées de l'Inde de 
MM. J. Vervaene, J. De Kneef, V. Cuvelier, A. Rigouts et 
AuG. Van Geert, rivalisant toutes de coloris et de belle culture. 
Parmi les nouveautés nous trouvons des variétés dédiées au 
célèbre explorateur Stanley, comme pour démontrer que l'hor- 
ticulture, elle aussi, s'intéresse aux grands problèmes de la 
civilisation. 

Mentionnons enfin un groupe de plantes miscellanées, 
exposées hors concours par M. De Smet-Du vivier. Ce groupe 
contient parmi de nombreuses et belles plantes à feuillage, 
des Ërica, des Anthurium, des Alocasia, des Medinella, des 
exemplaires d'Orchidées fleuries qui relèvent admirablement 
le mérite de leurs rivales. £m. Rodigas. 


Faut-il arroser les arbres en hiver ? 

M. K. A. Garriârb a coDHsillé, dans la Revue Horticole, de 
faire dea essais d'arrosage en hiver, parce que, dit-il < les 
arbres souffrent de la sécheresse même pendant l'hiver. > 
M. Clausbn, directeur de l'Ecole impériale d'Arboriculture de 
Nikita en Crimée, Tient de confirmer, dans le journal précité, 
la manière de voir de M. CABiiitef. Il arrive fréquemment, 
dit-il, que l'hiver est relativement très sec et qu'à l'époque où 
la terre devrait être le pins trempée d'humidité, c'est-à-dire an 
mois de mars, la couche humide atteint à peine une oia* 
qaantaine de centimètres. Aj^nt constaté cet état de choses, 
M. Glausen fait à l'aatomne pour les grands arbres des arro- 
sages suivis. Depuis dix ans il applique ce procédé qu'il est en 
situation de faire presque sans aucune dépense. Ces arrosages 
se continuent pendant l'hiver et parfois même pendant une 
partie du printemps, aussi longtemps que l'eau n'est pas 
nécessaire à d'antres cultures. On peut, d'après la vigueur des 
arbres, indiquer les années auxquelles les arrosages ont été 
commencés, t C'est, en effet, à partir de ce moment que le 
développement s'est accentué et que les pousses ont été plus 
vigoureuses et beaucoup plus longues. > Eu. R. 


Magnolia porviflora. — Un horticulteur de Châtenay, dans 
une des dernières séances de la Société nationale d'horticulture 
deParis, a exposé un jtfa^noïw pa«>ï/ïora récemment introduit 
du Japon. Croissant sur les montagnes dn Japon, l'espèce sera 
rustique pour nos régions comme le Magnolia Souldnffeana 
avec lequel elle a de l'afllDité. Ce dernier est un hybride du 
Magnolia Yulan Desf. et du M- discolor Vent. Les boutons 
du nouveau venu sont globaleni do même que les fleurs qui 
sont petites, d'un blanc pur et qui répandent une odeur de 
seringat etd'ananas très prononcée. La petitesse' des fleurs per- 
mettra d'utiliser celles-ci dans la confection des bouquets. 
Eu. R. 


— 157 — 

Varia. 

Fiantes onltivées par les enfants. — Les inspecteurs sco- 
laires régionaux et cantonaux dans plusieurs parties de l'Alle- 
magne, ont recommandé aux chefs d^nstitution de s'adresser 
aai sociétés horticoles afin d*ohtenir de celles-ci des lots de 
plantes en pots, à mettre à la disposition des jeunes enfants qui 
veulent cultiver celles-ci et les représenter à des moments 
déterminés, comme à des concours. Nous n*avons pas besoin de 
dire combien ce procédé doit être utile à l'éducation de la jeu- 
nesse, comment il occupe convenablement les loisirs de l'enfant, 
combien il éveille en lui Tidée du beau dans la nature et en 
somme comment il contribue au développement de l'horticulture. 
Déjà à Dusseldorf, Bonn, Majence et ailleurs, les enfants sont 
initiés de cette façon aux principes du jardinage; les plantes 
sont admises dans les écoles non seulement sur les cours, mais 
aussi dans les corridors et aux fenêtres des classes. La Société 
d'Horticulture de Francfort sur l'Oder vient de décider qu'elle 
encouragera la même organisation dans cette localité. 

Société hortioole de secours mntuels. — Sous le titre de 
< Bîoemisten Ziekenleurs » s'est constituée à Ledeberg une 
société de secours mutuels destinée à secourir les jardiniers et 
onvriers jardiniers que la maladie ou l'âge empêcherait de tra- 
vailler. Un arrêté royal en date du 7 mai 1890 approuve les 
statuts de cette société. Nous avons trop souvent insisté sur 
l'utilité et la nécessité d'une institution de ce genre pour qu'il 
soit nécessaire de dire combien nous sommes sympathiques à 
la Société. Nous engageons vivement les horticulteurs et les 
amateurs à porter leur obole annuelle à la caisse de la Bîoemisten 
Ziekenbeurs. Les membres honoraires payent la cotisation de 
5 fr. par an. Un versement une fois fait de cinquante francs 
les rend membres protecteurs à vie. 


— 158 — 

Le trésorier est M. Prospbr Db BaoYCKBR, bortioulteur, 

Qeotbrugge-Nord. 

Snoore iea Eakls. — La coUare dea plaqueminiars, dont il a. 
été question précédemment, prend une réelle importance aux 
États-Unis d'Amérique, plus ipéoialement eu Floride et en 
Géorgie. D'après le journal The &ar4en and Foreit, cea fruits ,t 
sont réooltés avant leur maturité et consommés seulement vers 
l'hiver, alors que leur pulpe a ane oausistance de gelée. On les 
sèche également au four pour les consommer à l'état sec. 

Le Cercle des roslérlstes d'Anreis ouvrira le 39 juin pro- 
chain, au Palais de l'Industrie, son exposition annuelle de Roses, 
Rosiers en pot, d'arbustes, de plantes annuelles, fleurs de pleine 
terre, etc. 

Le programme sera envoyé sur demande faite à M. J. B. Le- 
NAERTS, président, rue des Fortifications, 60, Anvers. 

Soya hlaplda. — Les premières graines de cette sorte de pois 
oléagineux, originaire de Chine, furent rapportées de ce pays 
en 1855 par M. Montiqny, consul de France à Shanghaï. Ces 
graines sans amidon ont été spécialement recommandées pour 
le régime alimentaire des personnes atteintes de diabète. Il a 
été dit bien des choses en iaveur de cette plante et contre elle. 
Les mérites ne sauraient en être contestés. C'est surtout dans 
l'Allemagne méridionale que la culture du So;a s'est le plus 
répandue. 

Lie dn Japon eu prime. — Dernièrement, en passant par 
la rue Royale, à Bruselles, nons vîmes, à l'étalage d'un magasin 
d'articles japonais, de très beaux bulbes deZlViKmaurafwm.Une 
carte était axée sur quelques objets avec la mention que tout 
acheteur pour la valeur d'une somme de dix francs recevrait en 
prime un bulbe de Lis du Japon. 


— 159 — 

FonmieB empoisonnées. — M. le baron von Richtofen, 
président de la police à Berlin, signale à Tattention publique les 
pommes en tranches, desséchées, de provenance américaine, 
aujourd'hui très répandues dans le commerce. D'après la com*- 
mission d'hygiène de Berlin, Tanaljse a démontré que ces pom- 
mes renferment des quantités considérables de sel de zinc dont 
la présence est attribuée au mode de préparation. Coproduit 
peut par suite donner lieu à de graves inconvénients pour la 
santé publique. 

Le tilleul de Kadier-en-Eeer. — Parmi les arbres qu'on 
pourrait appeler historiques, on cite souvent le Tilleul de 
Morat, en Suisse. Nous n'avons pas besoin d'aller aussi loin pour 
en voir un autre exemplaire non moins remarquable. Dans 
le Limbourg néerlandais, à une petite lieue de Maestricht, on 
trouve près de l'église de la commune de Kadier-en-Keer, 
un tilleul dont le tronc mesure au delà de 6 mètres de circon- 
férence. La plantation de cet arbre est attribuée à des soldats 
romains occupés au siège de Tongres qui était la capitale des 
Aduatiques. Il j a 22 ans, en 1868, une partie de la frondaison 
fut abattue par un orage; les débris constituèrent la charge de 
six voitures à quatre roues. Il j a peu d'années, un incendie 
survenu dans le voisinage a entamé la cime de l'arbre plusieurs 
fois séculaire ; néanmoins il est encore vigoureux et il recouvre 
de son ombre une très grande surface. 

Bremurus baoharious Rgl. — Le n"* du 1**^ février de 
la Gartenflora renferme, p. 57, la description avec portrait d'une 
nouvelle espèce d'Eremurus découverte dans la Boukhariê 
par le D' Regel et introduite par lui, en exemplaires isolés, 
dans les cultures européennes, notamment à St-Pétersbourg, à 
Baden Baden chez M. Max Leichtlin et chez M. Ë. Gumbleton, 
à Belgrove, Queenstown (Irlande). Celui-ci est probablement le 


— 160 — 




,- »' .. ( 


seul qui ait conservé la plante ; Tblyer dernier paraît avoir 
détruit les autres exemplaires. Cet Ereniurus aux feuilles 
linéaires triquètres.. d'un vert glauque, ûnement dentées sur les 
bords, s'élève à environ trente centimètres; de leur milieu part 
une tige florale entourée à la base d'une bractée engainante 
et atteignant jusque près d'un mètre de hauteur et garnie, à 
partir de la moitié de la hauteur, d'un racème lâche de fleurs 
pédioellées aux sépales blancs, traversés après l'épanouissement 
d'une nervure rouge orange. 


* * 


Lob boorBeB hortiooleB à BrazelloB en 1890. — Ce n'est 
pas aux horticulteurs qu'il faudra signaler de nouveau Tutilité 
des réunions provoquées à Bruxelles par la Chambre du Com- 
merce horticole Bruxellois* L'institution de ces réunions où les 
producteurs peuvent produire au besoin les échantillons de leurs 
marchandises et traiter de la vente de celles-ci, a augmenté con- 
sidérablement l'importance de l'horticulture à Bruxelles et dans 
les environs de la capitale. 

Les bourses se tiennent au local < Le Corbeau, » 32, rue de 
rÉvêque, à Bruxelles, à 7 i/î heures du soir. En 1890, il y aura 
encore des bourses aux dates suivantes : 2 et 16 juin, 7 et 
21 juillet, 4 et 18 août, 1 et 15 septembre, 6 et 20 octobre, 3 et 
17 novembre, 1 et 15 décembre. 




L'ananaB, plante textile. — La vitrine du pavillon de 
l'Espagne, à l'exposition de Paris de 1889, renfermait de mer- 
veilleuses broderies, mouchoirs, robes de baptême, etc., faits 
en ûbres extraites des feuilles de l'Ananas. Ces feuilles donnent 
(in produit supplémentaire qui ne nuit nullement à la formation 
du fruit. La toile faite avec ces fibres dépasse en beauté et en 
finesse les tissus européens les plus beaux. Un mouchoir brodé 
en mélange avec de la soie vaut de 10 à 100 francs. 

Ëm. R. 


- 161 - 

Poire Beurré Gambier. 

Cette poire est peu répandue quoiqu'elle figure depuis long- 
temps sur les catalogues. Nous croyons, sans pouvoir l'afSrmer 
d'une façon catégorique, que c'est un des nombreux gains de 
M. X. Griêgoirb, de Jodoigne. 

La planche ci-contre reproduit exactement ce fruit, de volume 
moyen, quelquefois plus gros qu'il n'est figuré^ de forme ovoïde 
très régulière, à épicarpe jaune paille, marbré irrégulièrement 
de roux fauve et quelquefois assez bien lavé de rouge du côté 
ensoleillé. 

C'est un très bon fruit, à chair fine, fondante, bien parfumée, 
légèrement jaunâtre. Sa maturité a lieu en janvier-février. 
Malgré les qualités du fruit et la fertilité de l'arbre, le Beurré 
Gambier ne sera jamais qu'un fruit d*araateur. Il lui manque la 
vigueur et la rusticité pour pouvoir entrer dans la grande 
culture. Il pousse passablement sur coignassier et le port de 
larbre permet d'en faire de belles pyramides. Sa véritable desti- 
nation est cependant la petite forme. La publication périodique 
d'arboriculture et de pomologie, publiée par feu M. A. Mas, 
président de la Société d'horticulture de l'Ain, a jugé ce fruit 
digne d'être mentionné dans ce recueil précieux, dont la publi- 
cation a été trop tôt interrompue par la mort de son savant 
fondateur. M. Mas s'est montré fort sévère dans le choix des 
fruits qu'il a décrits dans son ouvrage. C'est une recommanda- 
tion sérieuse pour la poire que nous signalons à nos lecteurs que 
d'avoir attiré l'attention d'un des pomologues les plus éminents 
de la France et d'avoir été choisie pour être reproduite dans son 
Ouvrage iconographique. 

Préd. BuRVENicH père. 


11 


CERCLE D'ARBORICULTURE DE BELGIQUE. 


Un joafDal politique bruxellois a pnblié récemment nn 
article de nature à porter atteinte à l'honnear des organisatenrs 
de l'exposition pomologique qui a eu lien & Oand an mois de 
septembre dernier. Un jonmal politique gantois a reproduit cet 
article le même jour. 

Ces journaux sont poursuivis devant les tribunaux com- 
pétents. 

En attendant la décision de la justice, le Comité déclare 
leurs assertions absolument fausses. 
Oand, le 23 juin 1890. 

Au nom do Comité central: 
Le Seeréiaire-général, 

Étf. RODIGAS. 


Irii retloalata BiB. — C'estuueespèoe bulbeuse qui ne dépasse 
guère une dizaine de centimètres de hauteur, à bulbe ovale 
allongé, petit, blanchâtre, cE^'enx relativement gros, aplatis, 
naissantan niveau da plateau du bulbe. Les feuilles sont étroites, 
dressées, peu nombreuses, d'un beau vert, dépassant quelquefois 
la hampe âorala. Le tube floral, long, est légèrement violacé; 
la fleur est relativement grande, à divisions externes et lames 
pétaloïdes d'un violet noir taché de jaune foncé. Cette espèce, 
originaire de Perse, est hâtive, jolie et rustique. La fleur dégage 
une agréable cdear de violette. M. E. A. Carrière recommande 
d'en faire des petites potées comme pour les Crocus. 

ÉH. R. 


— 163 — 

Nos plantes auz prises avec la vermine. 

N'est-il paa oiseux de revenir encore sur cett^ question déjà 
si souvent traitée dans tous les écrits relatifs à la culture? Soit; 
seulement on ne peut rester indifférent en présence des dévasta- 
tions que, cette année encore une fois, nous constatons un peu 
partout dans les jardins et dans les vergers. 

LêBS aliises attaquent nos jeunes légumes dès leur levée et les 
tuent en quelque sorte avant d'être nés ; la cloque et les pucerons 
ont envahi nos pêchers; les chenilles surtout pullulent de 
nouveau sur nos pommiers et poiriers d'une façon réellement 
inquiétante et les ormes mêmes sont cette année éprouvés d'une 
manière effirajante et insolite, non par le scolyte, son ennemi 
ordinaire, mais bien par le Cossus. 

Pour la plupart de ces hôtes incommodes, on connaît à peu 
près la cause de leur apparition, qui existe dans l'âpreté de la 
température succédant à une série de jours et de nuits d'une 
grande douceur relative^ Dans tel sol, dans telle situation, sur 
telle essence ou variété, le mal a aussi plus de prise, que dans 
ou sur tels autres. Pour les chenilles, dans un assez long article 
publié Tan dernier (voir page 205, BulL, 1889), nous avons 
révoqué en doute la grande efficacité de la conservation des 
oiseaux insectivores et la destruction des cocons et anneaux 
avant l'édosion et attribué tout le mal au temps favorable à 
cette éclosion et propagation. Pour les ormes, on n'est guère 
mieux édiûé : on sait bien d'où le ver rongeur provient, mais 
on ne sait pas pourquoi il sévit tant cette année et pour quelles 
causes il s'attaque à ces arbres-oi, tandis que ceux-là, il les laisse 
parfaitement indemnes, ainsi que cela se présente dans les plan- 
tations municipales de Qand entr'autres. 

Mais si généralement les causes sont plus ou moins connues, 
en est-il de même des remèdes? Et ceux-ci fussent-ils efficaces, 
sont-ils assez facilement applicables, pratiques ? ou bien leur 
application coûterait-elle plus que le résultat attendu ne pour- 


— 164 — 

rait produire, comme c'est souvent le cas ? Pas plus longtemps 
que hier, nous nous trouvions au jardin d*un manucher très 
intelligent et actif et il nous montrait entr'autres un petit carré 
(environ 100 m. c.) de groseilliers à maquereau. Tenez, nous dit- 
il, voilà un carré qui m'a rapporté Tan dernier 90 fr. ; cette 
année-ci, littéralement mangées par les chenilles comme elles le 
sont, ces plantes ne me produiront absolument rien. Des nids 
d'insectes, je n'en ai pas remarqué, continua-t'il, et la vermine 
est venue soudain je ne sais d'où; j'ai pensé un moment 
répandre de la chaux vive sur mes plantes atteintes, mais à 
part la difSculté d'appliquer cette chaux juste où elle doit être, 
j'aurais rendu plantes 0t fruits tellement dégoûtants que je 
n'aurais plus su vendre du tout ces derniers; force m'a donc été 
de patienter. 

Nous croyons cependant que la chaux serait le meilleur pré- 
servatif; seulement il faudrait l'appliquer dès le début et de bas 
en haut sur le feuillage, saupoudrage qui s'effectuerait assez 
lentement, nous semble-t-il, à moins de pouvoir se servir d'un 
soufflet dans le genre de celui dont on se sert pour soufrer les 
vignes. Il va de soi qu'une fois le danger conjuré, il convien- 
drait de laver les plantes en les aspergeant à grandes eaux. 

Les journaux horticoles ont préconisé, dans ce dernier temps, 
un autre moyen pour détruire les chenilles. C'est de dissoudre 
un demi kilogr. de savon bran dans cent litres d'eau, à quoi 
on tâchera de mélanger aussi intimement que possible, en 
agitant toujours, deux litres de pétrole. Ce liquide est foudroyant, 
dit-on, pour les insectes' qui en sont touchés; malheureusement il 
l'est aussi par les branches, si le mélange n'a pas été parfait. 
Puis, sur de petites plantes naines passe encore, mais sur de 
grands arbres, chercher les nids d'abord, puis y aller appliquer 
le liquide dont il s'agit, tout cela est beaucoup plus facile à dire 
qu'à faire. 

Quand, malgré les oiseaux insectivores que nous protégeons 
et malgré la chasse aux cocons faite pendant l'hiver, nous 
apercevons quand môme encore des chenilles dans notre 


— 165 — 

jardin, le printemps venu, de grand matin, nous faisons grimper 
on homme sur nos arbres, où il détruit tout simplement la mau- 
vaise engeance, soit à l'aide de réoheniiloir, soit par écrasement. 
C'est un procédé innocent mais sûr et qui va plus vite qu'il ne 
paraît. 

Et les pucerons donc ! en vient-on plus facilement à bout? 
Tant s'en faut. Pour nous, le meilleur moyen d'éviter les altises, 
c'est de pailler, ou de terreauter le sol et d'entretenir son humi- 
dité. Tout autre remède, pour plantes basses bien entendu, n'est 
efScace que pour un jour ou deux. Pour des arbres, c'est diffé- 
rent; les pucerons du pécher par exemple ne résisteront pas 
à un bassinage au jus de tabac suffisamment allongé et répété 
plusieurs fois à 3-4 jours d'intervalle. 

Quant à l'insecte qui s'attaque aux ormes et plus spécialement 
à ceux de certaines promenades publiques à Gand, feu M. Puls 
a appris aux lecteurs de ce recueil (voir BuU. 1886 et 1887), 
d'abord que c'était le scoljte, puis la chenille du Cossus {Cossus 
îigmperda Fabr.) qui était le destructeur. Diaprés lui, le 
papillon choisit de préféreace les arbres les plus sains et c'est 
sur les parties les plus jeunes que la femelle dépose ses œufs, 
au nombre de 600 à 700, durant les mois de juin et juillet. Dès 
le mois d'août, les chenilles éclosent : le première année, les 
larves percent à peine l'écorce, la seconde elles vont jusque dans 
l'aubier, la troisième, alors qu'elles sont devenues grosses comme 
un petit doigt, elles pénètrent jusque dans le cœur. 

C'est là probablement qu'elles se transforment en chrysalides, 
après avoir eu soin de forer une galerie partant de la moôUe 
jusqu'à travers l'écorce, pour ménager ainsi un passage pour 
elles-mêmes ou pour le papillon lorsque le moment sera venu. 

Voilà donc un ennemi des plus redoutables : sa première 
apparition passe en quelque sorte inaperçue, d'abord parce qu'il 
s'attaque de préférence aux ormes les mieux portants, que 
personne, sauf l'homme prévenu, ne croirait compromis; ensuite 
parce que les jeunes vers sont d'autant moins visibles qu'on 
les soupçonne moins; et enfin parce que l'arbre quoiqu'envahi 


déjà, ne donne k première vne, anonn aojet d'inquiétude qoant 
k l'état général de sa santé. Ce n'est que deux ans après que le 
mal paraît au grand jour et se montre tel qu'il est, c'est à. dire 
d'aatant plus terrible qu'il est plus difficile d'y remédier. 

Aussi, lorsqu'on 1887 M. Pdls jeta son cri d'alarme k propos 
des ormes de la Place d'Armes, plantés en 1882/83 et resplen- 
dissants de vigaeur et de santé, trouya-t-il tout le monde 
incrédule. La commission spéciale, dont nous faisions nous 
même partie, convoquée k cette époque par le collège éohevinal 
de Gand pour examiner la question, fut, elle aussi unanime — à 
l'exception de M. Pdls — à trouver les craintes exagérées. 
Aujourd'hui cependant on doit reconnaître que le regretté 
entomologue a été dans le vrai et que ses prédictions se sont 
en grande partie réalisées. 

Une autre question est celle de savoir s'il fallait alors at à 
plus forte raison s'il faut aujourd'hui recourir aux mojens 
radicaux, l'extraction des arbres, qu'il préconisait comme seule 
planche de salut. C'est ce que nous nous proposons d'examiner 
dans un prochain artide. H. J. Van Holle. 


Ea Australie et en HoaveUe Zélanâe, les lapins, introduits 
d'Europe, étaient devenus tellement nombreux que toute l'agri- 
culture do ces régions était menacée de destruction. Une récom- 
pense de 25,000 livres sterling avait été promise parles autorités 
anstralienuesàrinventeur du procédé jugé le plus efBoace pour 
combattra ce nouveau fléau. Quatorze mille mojeos ont été 
indiqués, y compris le virus du choléra des poules préconisé par 
M. Pastbub. Aucun moyeu n'a été jugé asses meurtrier. En 
Nouvelle Zélande on a introduit les furets pour combattre les 
lapins; ceux-là viendrout-ils à bout de ceux-ci? Ce qui est 
certain, c'est qoo la Nouvelle Zélands seule a fourni l'an dernier 
environ dix raillions de peaux de lapin à l'Angleterre. 

ÉM. R. 


— 167 — 

Un Conifère utile. 

U Araucaria imlricata n'est pas seulement un arbre d'orne- 
ment hors ligne, dont le port afiecte une forme pyramidale d'une 
admirable régularité et dont les branches, étendues horizontale- 
ment autour du tronc, sont couvertes, de même que la tige et les 
rameaux, de feuilles sessiles, imbriquées, luisantes et d'un beau 
vert foncé ; mais encore son bois dur, âexible, solide et à grains 
serrés, peut être employé comme bois de construction etd'ébénis- 
terie. De plus, le tronc laisse suinter une gomme-résine dont 
Todeur rappelle celle de l'encens; enûn les cônes renferment de 
nombreuses graines qui servent d'aliment dans la région méri- 
dionale des Andes chiliennes, où cet arbre forme de vastes forêts 
couvrant les flancs des montagnes. Un seul cône contient de 200 
à 300 graines, souvent il y a 20 cônes sur un seul rameau. Ces 
graines ont la forme des amandes en Europe, mais le volume en 
est double. D'après le D'Poeppio, l'Araucaria est pour les Indiens 
de l'Araucanie ce que le Dattier est pour les populations du 
Sahara, ou le Cocotier pour les insulaires de l'Océan Pacifique. 
Ces graines forment la base de leur alimentation. Il est regrettable 
que V Araucaria imlricata, malgré sa rusticité relative, ne puisse 
pas être considéré comme propre au climat de nos contrées. 
Parfois il résiste, pour ainsi dire sans abri, à une série d'hivers; 
puis un beau jour un refroidissement plus considérable, allant à 
— 18® c, emporte le bel arbre qui donne aux jardins un cachet 
particulièrement pittoresque. 

La découverte de cet arbre majestueux fut faite dans le Chili 
méridional en 1780, par un espagnol Don Fr. Dendariarena 
et vers la même époque, au Pérou, par Ruiz et Pavon accom- 
pagnés de DoMBEY qui remit à Lamargk les premiers spécimens 
secs. De là le synonyme de Dombeya cMImHs. 

ÉBf. R. 


Légumes nouveaux ou peu répandus. 

Auàerçine èlantAenaine. L'aubergine est un frait très recherché 
et très populaire dans le Midi où la pUote est connue soas plus 
d'une doutaine de noms dérivant tous l'un de l'autre et changeant 
d'une localité à une autre. 

U Aubergine Uanelu est plus connue sous tes noms AoplaïUe 
aux aufit poule pondeute, œuf végétal. Dans les climats froids, 
l'Aubergine n'est guère cultivée que oomme ornement. 


II, — Aubrr/lni Uanelu wUtu. 

Lea variétés les plus répandues dans les pays méFidionanz 
sont : A. violette longue et ronde, A. motatitteuse, A. vioîeUt 
hâtive, A . panachée de la Guadeloupe, A . blanche dt Chitu, A . de 
New-York, A. noire de Pékin. Il en existe encore bon nombre 
d'autres, mais qui se rapprochent plus ou moins des formes 
types mentionnées plus haut. 

GaroUe rouge à forcer paritienne. Nous avons cultivé cette 
variété pour la première fois en oultnro forcée et nous ne 
pourrions assez la recommander pour la haute primeur SQrtont. 
MM. ViLifORiN avaient bien raison, quand ils écrivaient que c'est 
l'idéal de la carotte maraîchère pour châssis; elle est d'un beau 
rouge, plus précoce que la C. Grelot. Ses feuilles sont extrême- 


ment courtes et bien dressées, œ qui perniet de la lemer plus 
dra. Il parait qoê, dans les marais de Paris, on combine ane 
cultara de £adit rouge rtmd àjoreer, de Zaitue Qotte on de 
L. Tom-Pouee avec la Carotte rouge à forcer parisienne. Le 
radis se vend d'abord, la laitue huit jours plus tard et la 
carotta sis semaines après. 

CAou de MUan MHf de la St-Jtan. Cette variété dépasse en 
précocité tout ce qui est connujusqulci en faitdechoux pommés 
blancs et de Milau. Ni le Ckov, Ae Eitidng, qui est si remarqua- 


12. - CliDU de JHIan de la, Sl-Jtaa. 

ble, ni le Chou d'Yorh, ni le C. cœur de Ixmif, avec hcb dérivés, 
Chou Fxpress et C. hâtif de Mennes, ne peuvent le surpasser en 
précocité. Nous avons mis eo regard toutes les variétés précitées 
et ce dans des conditions identiques. Nous verrons ainsi quels 
sont les premiers arrivants. 

Chou fieur Géant de Naples demi-Aâtif. Malgré le beau 
volume et l'excellente qualité du Chou^eur çéant,\^a cultivateurs 
des régions du nord ne l'estiment pas au même degré que les 
cultivateurs de l'Italie, du sud de la France et de l'Algérie, à 
cause de sa tardivité. Aussi ta nouvelle variété, à végétation 
aussi vigoureuse et abritant de même une pomme énorme et 
bien blanche dans son abondant feuillage, sera des plus recher- 
chées; elle constitue vraiment une excellente acquisition pour 
les cultivateurs du nord de la France, de Belgique et de 
Hollande. 

(2 


— 170 — 

Chou frilé Brieoti dé Mosbach.^ la halle de Paris, eu nomme 
Btieoli un cfaoo frisé d'hiver dout on consomme feuilles et jets 
ui priotemps; c'est une iwirne resaouroe à l'époque où les 
légamei frais commenoeut & maaquer. 

Les CkoiH! frites ordinaires sont également précieux à la 


m frit* it Xmhack. 


même époque. Le Chott frUé d'hiver de Motbach a les feuilles 
plus larges et plus foumiâs. 


Concombre blanc long parinen. Tandis que les Aliemacda et 
les Anglais recherchent dans les concombres longs la couleur 
vert foncé la plus intense, en Hollande et eu France on ne 
dédaigne pas les C. jattaes et les d blane$. Les maraîchers 
parisiens ont amélioré leur rariété C. blanc hâtif au' point d'en 
obtenir à fruits moitié plus longs. 

Cest la maison Viluorin qui a propagé hors de Paris cette 
excellente variété déjà si recherchée. 

Concombre vert Umg de Car^i/.Cette variété est en grand renom 
«n Angleterre où les concombres à gros fruits sont l'objet d'une 
culture des plus soignées et qui se pratique sur une vaste échelle en 
serre & forcer; elle y est répandue sous le nom de C. Cari\feaitU. 


— 171 — 


Dana une caltnre soignée, les fruits se montrent par troohets 
de 3 à 4; ils peuvent atteindre nue longueur de 30 à 40 c. Ils 
sont cylindriques, an peu atténuas du côté de l'insertion. 


14, — Concombre btane long pariaitn. 

lisses et d'an vert bien franc, deux qualités fortement 
appréciées sur les marobés anglais. 

Nous en avons en ce moment, dans la serre à vignes, dea sujets 
en pots, qui démontrent que la plante est vigoureuse et acoom- 
modante. 

MM. ViLKORiN pensent que, ru sa précocité et son tempéra- 
ment sain, on pourra essayer cette variété en pleine terra sous 
la climat de Paris. 


— 172 — 

Courge prolifique trêi hâtive. Cette variété de coorge comes- 
tible appartient à la grosse espèce (Cucurhita mawima)^ mais elle 
est d^une précocité incomparable. Dans une des années les plus 
défavorables au nouage et à la maturation des fruits en géDéral 
(1888), des fruits mûrs ont été produits en moins de trois mois. 
Elle mérite donc bien répithète de très hâtive autant que celle de 
prolifique, puisque chaque plante peut fournir jusqu'à 10 fruits, 
pesant de 3 à 4 kilog. La chair est jaune, épaisse, sucrée et fari- 
neuse. Les fruits ont Técorce couleur rouge brique et se conser- 
vent longtemps à Tétat frais. Cette variété est dans nos cultures 
d'essai depuis cette année seulement. Nous tenons les détails 
ci-dessus de la maison Vilmorin qui a mis cette variété en vente 
Tannée dernière en même temps que la C. des Missions, due à 
M. Paillieux, rinfatigable introducteur de bons légumes. 






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Endive Reine d^Mver. Cette variété qui forme, avec toutes 
celles connues jusqu'à ce jour, une race distincte, est issue de 
VE. bâtarde de Bordeaux. Elle a un feuillage et un mode de 
croissance qui la placent entre les endives scaroles à larges 
feuilles et les variétés frisées. Elle a une végétation luxuriante et 
prend un développement plantureux. En outre, elle a une grande 
rusticité relative, qui a surtout attiré Tattention sur cette nou- 
veauté.C'est M.Emile David, jardinier à Savignj-sur-Orge, qui 
a obtenu cette variété et qui a su la mettre en bonnes mains pour 
la répandre en cédant la propriété à MM. Yilicorin-Andrieux, 
de Paris. 

C'est une variété qui a fait ses preuves ; elle a passé en plein 
air des temps très rigoureux, sans subir la moindre altération. 
Parmi les nombreuses variétés que nous avons essayées depuis 
plus de trente ans, c'est celle qui a le mieux affronté la gelée et 
l'humidité. C'est en toute connaissance de cause que nous la 
recommandons. 

{Sera continué.) Fr. Burvenich pire. 


— 173 — 

Fent-on prémunir la Pomme de terre oontre 
la maladie et peut-on la guérir? 

La question D*est pas neuve. Elle fut posée officiellement deux 
fois à 66 années de distance. Le premier appel à la bonne 
volonté des chercheurs eut lieu en 1779. L'année 1778 avait 
été désastreuse. pour la culture de la pomme de terre; presque 
toutes les plantations furent ravagées par une maladie inconnue 
que les fermiers de cette époque appelèrent le feu de St. Antoine. 
La châtellenie d*Audenarde préoccupée de cet état de chose qui 
menaçait de devenir une calamité publique, offrit un prix de 
300 florins à celui qui présenterait le meilleur mémoire sur la 
question suivante : < Den aart en oorspronk te verklaren van 
het kwaad, waardoor het komt dat het loof van de aardappels 
zich inkrimpt en kruld, dus voor 't meeste gedeelte den plant 
zijne waare geaartheid en vruchtbaarheid benemt, en welk het 
hulpmiddel zou zou zyn om dit gebrek te verbeteren. » 

L'Académie Impériale des sciences et belles-lettres de Bru- 
xelles fut chargée d'examiner les mémoires et dans sa séance 
du 18 octobre 1781. la compagnie décerna le prix à P. Van 
Bavbgem, ancien médecin militaire, établi à Baesrode près de 
Termonde. 

Sa méthode parut en 1782 sous le titre de « Prijsverhandeling 
over de ontaarding der aardappelen, > chez A. Blusse et flls, 
Dordrecht, et la châtellenie d'Audenarde fut si satisfaite de ce 
mémoire qu'elle doubla la valeur du prix proposé. 

L'année suivante, Van Baveoem publia un second opuscule 
« Eort noodzaakeiyk bericht tôt het landvolk. Om de aardap- 
pelen in hunne ware deugd, geaardbeid en voor 't kroUen te 
bewaren. > 

A cent ans de distance, les conseils de Van Bavegem peuvent 
encore être suivis par nos cultivateurs. Il les résume en sept 
points : 

l"" Renouveler de temps en temps les variétés par semis. 


— 174 — 

2° Choiair comme plants d«s taberciilea entiers, de dimenaion 
inojenne,ajrant beaucoup de jeta, et lei conaerver dans une place 
bien aècbe. 

3° Bâcher et fumer la terra le plus tôt possible. 

4* Ne paa planter profondément et mélanger à la terre autour 
de chaque plante unetasse de chaux pour rendre le sol plus friable 
et préserver les tubercules des invasions de vers. 

5* Planter de préférence pendant la vieille lune, les fanss 
prenant moins de développement. 

6* Attendre au moina quatre ans avant de replanter aur le 
même champ. 

7° Planter le plua tôt possible au commencement d'avril. 


En 1845, année si malheureuse que le souvenir en eat encore 
vivace dans nos Flandres, la maladie reparut avec une intensité 
extraordinaire. 

L'Académie s'en émut et la question fut reportée à l'examen 
de aes membres. Des rapports très intéressants de MM. B. Du- 
MOBTIEE, Martens et MoRREN furent discutés pendant deux 
séances. De son cété, M. le D' Dbcaisne de Paris résuma les 
différents travaux dans sa remarquable Histoire de la Maladie 
des pommes de terre,. mais tout se borna, hélas, à cet échange de 
vues. On ne découvrit point de remède et le fléau s'étendant 
comme une tache d'huile, laissa à peine sur les champs dévastés 
la semence pour l'année suivante. Depuis cette époque jusqu'à 
nos jours, les pertes occasionnées par le Peronotpora infestant 
furent très variables. Par les étés secs, les atteintes étaient peu 
sensibles; il y eut même une époque si favorable à la onltara de 
la pomme de terre que l'on crut sérieusement à la disparition 
totale de la maladie. 

L'année 1888 prouva combien on s'illasionnait h cet égard. 
Dans les terres fortes, les variétés fines pour la table m gâtèrent 
complètement et les variétés appropriées à la grande culture ne 
donnèrent qu'un rendement de 8,000 à 13,000 kilog. par hectare. 


— 175 — 


* 


Entretemps on constata en France une nouvelle maladie de 
la vigne appelée Mildew ou Peronospora vitieola. Par une 
étrange coïncidence, c^était en 1878, juste à cent ans de 
distance de la prenoière invasion constatée en Belgique sur la 
Pomme de terre. On ne s'en inquiéta guère ; quelques feuilles tom- 
bèrent avant Tépoque normale, mais cet accident n^eut aucune 
suite fâcheuse ni sur le rendement» ni sur la qualité du vin. 

Ce n'est qu'en 1884 que le Mildew se propagea tout-à-coup 
avec une rapidité extraordinaire sur les vignobles du Bas-Médoc 
et dans la commune de St-Estèphe. Vers la mi-août toutes les 
feuilles avaient disparu» jaunies et flétries, les fruits étaient à 
nu, ridés, privés de leur sève nourricière; ces plantes ainsi 
frappées ressemblaient à nos groseilliers à grappes atteints du 
Pkylloitieta tibesiu On ût dans ces quartiers un vin plus que 
médiocre, se vendant à vil prix, et les malheureux propriétaires 
déjà si éprouvés par le Phylloxéra demandèrent à la science un 
remède qui les mît à l'abri de ce nouveau fléau. 

Les savants n'avaient pas attendu ce cri d'alarme. Dès 1882 
M. MiLLARDBT, professeur à la faculté des sciences de Bordeaux, 
faisait part à M. David, régisseur du château Dauzac de la marche 
qu'il comptait suivre pour combattre le Mildew. En 1883 il flt 
chez lui quelques timides essais. En 1884 le traitement s'appli- 
qua sur une plus grande étendue au domaine de Dauzac et on 
put en constater les heureux résultats. 

C'était une solution de 6 k. sulfate de cuivre, 12 k. de chaux 
étendue d'un hectolitre d'eau. 

De son côté M. Jouet, régisseur des châteaux Latour,Léoville- 
Barton et Langoa, après avoir vainement cherché en 1884 à 
enrayer la maladie, fut frappé de voir que les quelques plants qui 
aboutissent à la voie publique et que de temps immémorial on 
asperge de sulfate de cuivre et de chaux, pour les prémunir 
contre la maraude, conservaient toutes leurs feuilles et ne pré- 
sentaient que des taches insignifiantes de Peronospora. 


— 176 — 
En 1885 tous les vignobles conflég aux aoins de M. Joubt 
reot aûumis à uDe solation àe 11 k"" aulfate de cuivre et 11 k°* 

chaas par hectolitre d'eaa. Le résaltat fut splendide. Les 
ÏDBB luxuriantes at d'un vert iateuse tranchaient agréablement 
r les champs mildiousés des voisins. 

A. cette même époque, M. David en collaboration avec 
.MiLURnBT ne fat pas moins henreuxà Dauzac etM.PKiLLiEux, 
specteur général de l'ag^riculture, constata officiellement le 
1 octobre 1885 qae la question était résolue. 
Gn 1886 on réduisit le dosage à 6 k" de salfote et 6 k°' de 
laux par hectolitre d'eau et des spécialistes cherchèrent à 
venter un instrument pour répandre ce liquide d'ane manière 
en uniforme. 

Ces appareils, nommés pulvérisateurs, fonctionnèrent dans le 
ibnt avec d'assez grandes difficultés. Le liquide étant épais, les 
ndaita s'engorgeaient, ce qui augmenta considérablement le 
ùt de la main d'œuvre. 

M. MiLLARnBT, continuant ses expériences avec son collègue 
) la faculté, M. Oaton, démontra en 1887 que l'on pouvait 
idnire le dosage de la bouillie bordelaise, nom donné à ce 
)uide, à 3 k" sulfate pour 1 kil. chaux, à 2 k" aalfate contre 
,670 gr. chaux, à 1 </a kil. sulfate et 500 gr. chaux et môme à 
kil. sulfate et 350 gr. chaux. 

La chaux doit être grasse et vive, si elle est délitée, il faat 
ïubler les quantités indiquées. 

En ce moment on se sert également dans le département de la 
ironde de la formule 1 i/a kil. sulfate cuivre et i/s kil. chaux. 

Pour préparer la bouillie dans de bonnes conditions, on fait 
issondre 1 i/ï kil. snl&te de cuivre dans 96 litres d'eaa. 

Dans un second baquet on éteint i/i kil. chaux grasse en pierre 
\ lorsqu'elle est bien réduite en poudre, on j ajoute 4 litres 
'ean, de manière à former un lait de chaux dont on rejette les 
atites pierres et les impuretés. 

On verse ce lait de chaux à travers un tarais métallique dans 
i solution de sulfate de cuivre en aj^ant soin de faire brasser au 


— 177 — 

far et à meaare ce liquide. On obtiaadra ainsi une liqueur d'un 
beau bleu céleste qui est la bouillie bordelaise. 

Le sulfate de chaux et l'hydrate d'oxyde de cuivre tendant 
par leur poids à se déposer au fond da baquet, on devra remuer 
le mélange chaque fois qu'on voudra remplir le pulvérisateur et 
passer la bouillie au tarais pour éviter l'obstruction des coaduits . 

Il est essentiel que le sulfate ait au moins 98 "j, de pureté et 
que la chaux soit de bonne qualité; si elle est délitée, on en 
emploiera 1 kil. 


Pendant que M. Millaeuibt réduistùt les dosages, les inven- 
teurs simplifiaient et amélioraient les pulvérisateurs. Des con- 
cours furent institués dans le Médoc, des prix distribués et 


15. ^ tolverïi&ttinr Lonmbigtifi. 

antre tous les concurrents M. le D' LonuAioMB de Riscle rem- 
porta la palme; son appareil simple et solidemeut construit, par 
la maison Monservibz de Bordeaux, pulvérise admirablement le 
liquide et peut rendre les plus grands services, non seulement 
pour répandre la bouillie bordelaise, mais comme arrosoir dans 


— 178 - 

les BerreB et poor détruire les ohenilles qui infestent depuis 
quelque temps lea arbres fruitiers. 

Il se compose d'un récipient en cuivre pouvant contenir 
11 litres, d'une petite pompe foulante et d'un conduit partie an 
caoutchouc, partie en cuivre qui sert à distribuer le liquide. 

Le tout est fixé sur une planchette et se porte sur le dos au 
mojen de deux bretelles. L'ourrier actionne la pompe avec 
an balancier qui lui vient sous le bras à hauteur de la main 
gauche et dirige à volonté de la droite le jet sur les plantes à 
asperger. 

L'instrument pèse à vide 6 i/j k. et chargé environ 19 k. 

Il se manie si facilement qu'un ouvrier peut sulfater à l'aise un 
demi hectare de pommes de terre par jour, surtout lorsque les 
fanes ne sont pas encore très développées. Il est donc approprié 
à la grande culture. 

pa divisibilité de son jet est telle qu'il ne dépense qu'un 
dizième de litre de liquide par mètre carré aspergé. Uns lance 
appliquée au tuyau permet d'envoyer l'eau è, 6'°50 de hauteur. 

L'entretien est nul, il suffit de graisser de temps en temps le 
piston, les rondelles de raccord qui sont en cuir, avec de l'huile 
de pied de bœuf et du suif de moutons et d'huiler la petite sou- 
pape pour conserver à l'appareil toute la puissance de son jet. 

La maison Monserviez fabrique encore un autre pulvérisa- 
teur. Celui de l'ingénieur Durd. Il fonctionne aussi très bien, 
ne réclame pas autant de soins de graissage, et ooûte meilleur 
marché. Il peut être mis entre les mains de l'ouvrier la plus 
maladroit, il ne saurait le détraquer. 

Remède et instruments tout était donc trouvé pour préserver 
la vigne du Mildew. M. Millardet songea en octobre 1885 à 
l'appliquera la maladie de la pomma de terra et des tomates. 

Les essais se firent en 1886 et donnèrent de bons résultats. 
M. Jouet fut également heureux dans cette voie. En 1887 
d'autres propriétaires suivirent l'impulsion, mais l'été étant 
très sec, il fut difficile de constater la différence entre las champs 
traités et ceux qui ne l'étaient pas. 


\ 


— 179 — 

En 1888 le succès fat complet pour ceux qui tentèrent une 
nouvelle épreuve. M. Cazbaux-Cazalet entre autres, écrivit à 
la Feuille Yinicole de Bordeaux, dirigée avec tant de talent par 
MM. Kehrig et De Gribs, que l'invasion rapide, complète, en 
tous terrains, des pommes de terre de toutes variétés, la des- 
truction absolue des fanes dans tontes les propriétés environ- 
nantes, ainsi qu'au milieu d'un carré témoin qui avait été laissé 
sans traitement, ne lui permettent pas de douter de TefScacité 
de la bouillie bordelaise. 

J'ai renouvelé l'expérience chez moi en 1889; j'ai traité 
environ 25 ares variétés diverses, toutes plus sujettes les unes 
qae les autres au développement du Peronospora. 

Blanches et violettes hâtives. Institut de Beauvais, Blanche 
de Schelderode (Yaatjes à Gand), Blanche de Lille à tiges 
violettes (blauwloovers à Courtrai, Rijsselsche bolders dans le 
paj8 d'Audenarde, Favorite des Flandres), ont reçu les unes 
trois traitements, les autres deux avec de la bouillie bordelaise 
dosée à 1 i/s kil. et i/s kilo chaux. Des sillons témoins ont été 
conservés sans être aspergés. Les fanes se sont desséchées vers le 
10 août, alors que le 20 septembre les parties traitées étaient 
encore bien vertes et n'avaient perdu qu'une faible quantité de 
leurs feuilles. 

Quant à la qualité et au rendement, ils furent hors ligne. 

Je procédai à la récolte le 22 septembre. Les sillons témoins 
ne me donnèrent que 16,750 k^' de tubercules sains par hectare 
et 5750 k^ mauvais, tandis que ceux qui avaient été sulfatés 
atteignirent 23,850 k°* pommes de terre intactes et seulement 
1650 k~ plus ou moins gâtées. 

Au jardin d'expérience de Gand, les résultats pour les variétés 
traitées préventivement furent plus beaux encore. La variété 
rouge du pays, plantée le 16 avril, produisit 38,900 k<^" contre 
25,850, soit une différence de plus de 13,000 k°" en faveur des 
plants aspergés. 

J'ai répandu en tout 50 k^»* sulfate de cuivre par hectare. 
16 1/9 k""" de chaux et 3200 litres d'eau, quantités assez fortes, 




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1-' 


— 180 — 

mais qa'on pourrait, je pense, réduire à moitié ou s/i lorsqu'on 
traite en grande culture. 

Le coût pour trois applications est d*environ 50 francs par 
hectare, y compris la main d'œuvre. A 5 fr. les 100 kilos le 
bénéfice net peut donc monter à 600 fr. l'hectare. Pour réussir, 
il est essentiel d'appliquer le remède préventivement et de le 
renouveler de trois en quatre semaines. Les vents trop violents 
forment obstacle à une bonne pulvérisation, par contre les 
pluies légères servent à délayer le liquide et à rendre l'action 
de l'hydrate d'oxyde de cuivre plus immédiate et plus efficace. 

Le composé cuprique déposé sur la feuille ne passe pas de 
suite dans son tissu, il faut qu'il séjourne un certain temps à la 
surface. Les observations de M. Boussingault fils montrent que 
ce passage par endosmose ou imbibition ne peut se faire que par 
de belles journées vers le soir, au moment où la feuille a perdu 
une certaine partie de son eau de constitution et elle ne réussit 
qu'avec des solutions cupriques très étendues. De là l'obligation 
d'avoir sur la feuille un composé peu soluble ou ne le devenant 
qu'avec lenteur. C'est ce que réalise la bouillie bordelaise. 

Tous les sels de cuivre détruisent les spores du Peronospora. 
M. Bellot des Minières, dans son domaine de Haut-Bailly, a 
obtenu un succès splendide avec l'ammonine de cuivre; 
M. Andoynaud recommande l'eau céleste; M. Skawinski s'en 
tient aux poudres qui portent sonnom;M.lebaronDBCHBFDEBiEN 
préconise la sulfostéatite ; mais dans l'ensemble, si on juge par 
les résultats acquis et surtout si on considère le coût <les divers 
traitements, la bouillie doit être placée au premier rang. 

Un obstacle peut cependant se présenter pour certaines 
fermes : la manque d'eau. On devra recourir dans ce cas, assez 
rare en Flandres, à la sulfostéatite cuprique qui est excellente, 
appliquée à la pomme de terre. J'en ai fait une expérience con- 
cluante l'année dernière. 

D'autres compositions viendront peut-être simplifier la besogne 
et diminuer encore les frais. Mais que dès maintenant tout le 
monde se mette à l'œuvre : la bouillie suffit à tous les besoins. 


— 181 — 

On retrouvera ainsi les grands rendements d'autrefois et pour 
peu que le soleil nous prodigue sesrayons^on verra reparaître, 
comme avant 1845, ces délicieux tubercules dont les vieillards 
nous parlent avec tant d'enthousiasme que l'on ne saurait dire ce 
qu'ils regrettent le plus : leur jeunesse passée ou la rïice des 
zaailingen qui périt à cette époque néfaste. 

E. Thienpont. 


Variétés nouvelles de Chrysanthèmes du Japon. 

Les fêtes florales organisées Tan dernier par les sociétés horti- 
coles pour célébrer le centenaire de l'introduction du Chrysan- 
thème en Europe, ont fait pousser les nouvelles variétés comme 
des champignons dans les cultures intensives des semeurs. Il 
est certain qu'il est sage, en cette matière, comme en d'autres, 
de savoir se borner. Nous allons nous contenter de faire un petit 
choix, parmi les obtentions nouvelles d'un semeur dont les succès 
jusqu'ici se sont le mieux soutenus, M. Simon Dblàux, de Tou- 
louse. Nous extrayons les descriptions suivantes de son catalogue. 
La première variété, Sose Laing, a été reproduite en chromo- 
lithographie dans la Revue de VhorticuUure belge de février der- 
nier et, à voir son portrait, on doit dire que c'est un gain magni- 
fique. Mais laissons la parole à M. Délaux : nul mieux que lui 
ne sait décrire les Chrysanthèmes. 

Sose Laiiig. -Voici, sans contredit, la plus remarquable 
variété connue dans cette riche famille; coloris entièrement 
nouveau, d'un contraste frappant; les boutons et les ligules^ 
au revers des pétales, cramoisi lie de vin; en s'épanouissant, 
la fleur est du plus beau vieil argent lavé de cramoisi violet, 
au centre, formé en spirale, cramoisi vineux pointe or. Ces 
diverses couleurs^ nettement tranchées sur la même fleur, 
produisent le plus magnifique effet que Ton puisse rêver; c'est 
une véritable variété à sensation pour exposition. 


— 182 - 

JmU» ToiuiMnt, issue de Sdwin Mùlyneua. Pleurs oolossalei 
meeunuit 18 centimètres de diamètre, pétales très larges, cer 
tains mi-tnbnlis, riche carmin brillant, éclairé faa, rerert 
argenté; extra pour exposition. 

Secrétaire général Caitagntau. Flear oolossale, plus grande 
que la précédente, fond blanc ai^enté, lavée de rose mousseline. 
Édouarâ Ltftrt. Grande fleur, pétales larges, retombants, 
contournés en tire-bouchon, simulant des rubans suspendus, 
frisés, amarante pointillée de blanc, ornée de quelques ligules 
alvéolées an centre jaune brillant, genre nouveau. 

Byjotsi, issne de Eiwm, Molj/neux. Fleur énorme mesurant 
18 centimètres de diamètre, rose violet passant au rose vif, 
flammé blanc d'argent. 

Af*' Gaston Afemer. Grande fleur fond chamois, lavé de rose 
aurore à centre plus foncé, pétales laciniés, longs, retombants ; 
coloris entièrement nouveaa. 

M"* Charlet Ricard. Fleur immense, issne de Sdimn 
Molynetus, pétales très larges, ornés an milieu d'une large bande 
cerise éclairée lie de vin foncé, qui est encadrée dans tonte la 
lon^uenr d'un très large ruban aarore et vieil or brillant, se 
fondant an violet aurore argenté, coloris riche, entièrement 
nouveau, encore inconnu dans les Chrysanthèmes; extra pour 
exposition. 

Harry Ltàng. Flenr énorme, plus grande que Avalanche, base 
tnbalée blanc d'argent, extrémité des pétales largement ouverts, 
rose mousseline, bordés rose carminé, flammé blanc à centre 
doré. 

Souvenir de M. Mmier. Flenr encore pins grande que la belle 
variété William Holmes, dont elle est issue, rouge cramoisi 
brillant; éclairé feu, à reflets métalliques, ombré brun noir 
velouté, rappelant nn pea la jolie variété M. Délaus, centre de 
flenr et revers des pétales vieil or; extra. 

M" Ferdinand Bergman. Grande fleur pivoine, archi- 
donble, immense, la pins grande qui existe en ce genre, bien 
fiûte, pétales les plus larges connus, blanc mat passant aa blanc 


— 183 — » 

pur, centre orème frais ; aacane variété existente ne peut lui 
être comparée, les fleurs sont portées par de véritables 
tiges de fer, tenues droites sans le secours d'aucun tuteur; a fait 
Tadmiration des nombreux visiteurs à Texposition universelle 
de Paris; primée par la société nationale d'horticulture de 
France. 

La variété qui précède appartient à la série des Chrysanthè- 
mes à floraison hâtive et à fleurs pivoines. 

M. Harry Laing^ SowDenir de M. Menier et Bose Laing sont 
des types japonais vrais, et également de floraison hâtive. Les 
autres variétés sont des japonaises fleurissant en novembre. 

Nous ne craignons pas de nous tromper en disant que la 
petite sélection que nous présentons aux amateurs de Chrysan- 
thèmes rencontrera tous les suffrages. 

Maintenant que Ton connaît ce qu'il y a de meilleur dans 
les nouveautés pour 1890, y a-t-il encore utilité à parler des 
« étoiles f de 1889?... Nous ne le pensons pas. Les divers 
recueils horticoles en ont fait ressortir suffisamment les 
mérites. Nous ferons cependant une exception pour trois 
variétés « à sensation comme dirait notre confrère M. Délaux. » 

Arrêtons-nous un instant à M^ Alpheus Hariy dont la 
gravure ci-jointe, gracieusement mise à notre disposition par 
M. Wtnne, le vaillant éditeur et rédacteur du QwràAning World, 
est loin de /aire valoir la distinction et le cachet bizarre par 
suite du duvet qui orne ses pétales blanc pur. 

Le Chrysanthème M" Alpheus Hardy a causé, nous le 
savons, maints désappointements. Ce n'est pas que la réclame 
outrée faite en l'honneur du Chrysanthème de 1500 dollars 
(7500 fr.) lui ait fait tort. Nous croyons plutôt que c'est au boutu- 
rage à outrance, pour arrivera satisfaire au plus vite et à meilleur 
marché que ses concurrents aux demandes nombreuses des 
amateurs, qu'il faut attribuer la désillusion presque générale 
que la floraison de l'automne dernier a produite. De là un 
affaiblissement, une sorte de dégénérescence dont les effets 
étaient immanquables. 


— 184 — 

Noaa aotnmea persuadé qne les traces de cM affiaiblissement 
aoroiit, après uue croiasanca vigoureuse, disparu cette année et 
que la saison prochaine nous montrera quelques fleurs de MUtreu 


K. - Ht Alphens Barij. 

Aîpheus Eardy dignes de la réputation qu'on lui a faite dans la 
patrie de Barnum. 

Disons encore ud mot de deux gains de M. Laing à Forest 


— 185 - 

Hill. L'un, le Stanstead Surprise a obtenu les honnears de la 
chromolithographie dans la Bévue de VHorticuUure lelge en 
décembre dernier. C'est une des variétés dont les fleurs sont 
les plus volumineuses. On en a obtenu ayant 25 centimètres de 
diamètre. Elle appartient au véritable type des Chrysanthèmes 
japonais. II en est de même du Stanstead white (ou Stanstead 
blanc) qui ne diffère que par son coloris blanc pur de Stanstead 
Surprise dont le coloris est du plus riche carmin pourpre. 

Est- il nécessaire de dire que pour obtenir des fleurs pareilles 
on doit soumettre les plantes à la culture anglaise ? 

ÉD. P. 


Bouillie bordelaise. 

SA PRÉPARATION. 

• 

Le Bulletin de 1889 a indiqué sommairement, page 222, un 
mode de préparation de ce mélange à base de sulfate de cuivre 
et de chaux et dont l'efficacité comme remède contre les parasites, 
tant animaux que végétaux, n'est pas contestable. L'importance 
considérable que remploi de ce remède est appelé à prendre, 
nous engage à revenir sur cet objet; d'ailleurs, il y a bouillie 
et bouillie, et bien des expérimenteurs y ont renoncé du coup, 
pour avoir détruit, en même temps que l'ennemi, les jeunes 
tissus du végétal à défendre; c'est que le mélange avait été mal 
fait. Voici comment il convient de le préparer(i) . 

Redressons d'abord un renseignement de la note prérappelée^ 
quant aux proportions des divers ingrédients. Ces proportions 
doivent être approximativement les suivantes : 

50 litres d*eau, 

1 kilogramme de sulfate de cuivre, 

i/s n de chaux délitée en poudre. 

Les rapports seront les mêmes pour des quantités plus fortes. 

(I) Cette note était composée quand Tarticle de M. £. THn£NfK>NT est 
parvenu à la Rédaction du Bulletin. 


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— 186 — 

L'eau est versée dans une cuve en bois. Dans la partie 
supérieure de Teau on suspend le sulfate concassé en petits 
morceaux et mis dans un sac en toile grossière. Quand la disso- 
lution est complète, soit après douze heures, on y ajoute la 
chaux qui doit avoir été soigneusement préparée comme suit. 
On plonge dans de Teau pure, pendant une minute, de la chaux 
grasse, nouvellement cuite, pour la retirer et la laisser se déliter 
en poudre. Avec cette poudre bien tamisée on fait un lait de 
chaux en la délajant dans 5 litres d'eau. Ce lait de chaux est versé 
petit à petit dans la solution de sulfate de cuivre et en remuant 
continuellement le tout avec une spatule en bois. Le mélange 
ainsi obtenu est d'abord trouble et d'un beau bleu d'azur, de là 
son nom de eau céleste; il importe de le laisser reposer pour 
qu'il devienne absolument clair et incolore. 

La Revue Horticole, dans le numéro du 16 juin, insiste avec 
raison sur la limpidité parfaite que doit avoir le mélange. Tant 
qu'il reste trouble, c'est-à-dire à l'état de bouillie, on ne peut en 
faire usage parce que tout le sulfate n'aurait pas été transformé 
en hydrate d'oxyde de cuivre. En ce cas, il faudrait ajouter une 
nouvelle quantité de lait de chaux et cela jusqu'à ce que, après 
la formation du dépôt au fond de la cuve, le liquide ait perdu 
toute teinte bleuâtre. Le sulfate de cuivre à l'état libre détériore 
les tissus végétaux. Si l'on doit se servir de chaux déjà éteinte, 
on fera bien d'en doubler la dose. 

Rappelons qu'à la page 58 du présent volume du Bulletin^ la 
bouillie bordelaise est indiquée comme remède efficace contre les 
affections cryptogamiques de la vigne et de la pomme de terre. 
Le moment est venu d'y recourir afin de prévenir le mal ou d'en 
arrêter la propagation. On la signale aussi comme un excellent 
curatif et préservatif du blanc du rosier qui en somme est iden- 
tique au Mildew. Ém. R. 






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— 187 — 

Greffage des arbres. 

EXPÉRIENCES SUR LE CHOIX DES SUJETS. 

Pour qa'nn greffage offre quelques chances de réussite, il faut 
que greffe et sujet soient de la même famille. Ce n'est qu*en 
restant dans ce cercle qu'on peut rencontrer les lois d'afQnité 
qui régissent Tunion de deux végétaux par le greffage. C'est 
là tout ce que la science apprend au praticien ; à lui maintenant 
de rechercher entre quelles plantes d'une même famille bota- 
nique, i\ trouvera les sympathies voulues. Notre ami et con- 
frère M. Ch. Baltet explique avec une rare science pratique, 
dans son traité « VArt de grefer, » les conditions de succès du 
greffage eu égard aux lois d'aflinité spécifique. 

Dans les dernières années, nous nous sommes appliqué à sou- 
mettre à des expériences pratiques le sorbier et diverses autres 
pomaoées. Voici, sans autres commentsùres, tes résultats de 
nos essais. 

Sur le sorbier des oiseleurs, nous avons vu reprendre et se 
développer très convenablement : 

Les variétés d'Aubépines, le Néflier, le CotoneasUr Smoni, 
divers sorbiers, le poirier et le coignassier. 

Nous pouvons faire voir dans nos pépinières toutes ces 
espèces portant leur couronne sur des tiges droites et lisses, 
telles que le sorbier seul peut en produire naturellement. 

Sur le même sujet, nous n'avons pu parvenir à faire reprendre 
une seule greffe des Coioneaster à petites feuilles (C. hixifoîia, 
mcrophpUa et tJiymifolia)j de Cjdonia {Ghœnoméles)^ de MespUus 
pyracantha ni de ZaZâ^^i (buissons ardents), ni le sorbier domes- 
tique (Cormier). 

Le coignassier accepte les greffes de néflier, de buisson ardent 
ordinaire et de Lalandi. 

Le Sorhus domestica refuse de reprendre sur coignassier, 
tandis que tous les autres sorbiers y adhèrent, mais ne pous- 
sent presque pas. 


— 188 - 

Là coignassier reprend bien sur aubépine ; tona le» eorbiera 
indistinctement refusent d'y adhérer. 

Le C^^ïâMUMfw^M^Pjrusjaponica) reprend «urpoirier franc, mais 
n« pousse guère. 

Ponr centinner nos ezpérienoes sor les affinités nattir«Ues 
des pomacdes, nons avons actncllement encore & l'essai dans 
nos pépinières : 

Cydonia (ChœnomeleB), greffé snr coignaasier et sor aubépine. 

Pommier, sur sorbier, sur aubépine et sur coignassier. 

Coioneatter, sur aubépine et sur coignassier. 

Nèjlier, sur poirier et sur pommier. 

CoiffMOtiiér, sur pommier et snr aubépine. 

Buiuo* ardent, sur poirier, sur aubépine et sur pommier. 

Sorbier f sur poirier et pommier. 

Malut prunifolia pmdnia, sur poirier et sur sorbier. 

Nous tiendrons les laoteura du Bulletin an courant du résultat 
de ces expériences et nous engageons les arboriculteurs qui 
sont à même de le &ire, à tenter des essais dans ce genre. Il j 
a là encore un champ à explorer. 

On peut se demander ce que la pratique peut gagner aux 
découvertes faites daus le choix du sujet. Il ne s'agit pas de se 
payer la pure satiafaction de faire des constatations scientiâques, 
mais les résultats matériels peuvent être très importants. Tous 
les hommes du métier savent qu'on ne fait pas aisément va 
coignasaier et un néflier à tige de son propre bois, et qu'une fois 
obtenus tant bien que mal. à grande peine, ces arbustes cherchent 
constamment à reprendre la forme buisaonnense en émettant 
au pied des jets abondants et vigoureux qui affament la cou- 
ronne. Si les succès que nous avons obtenus avec le greffage sur 
sorbier, se conforment, nous aurons trouvé le moyen de faire 
vite et à bon marché d'excellents arbres à tiges on à demi-tiges 
qui ne pourront manquer de montrer une grande fertilité. 
FnÉn. BuRTENicH pire. 


— 189 - 

Bibliographie. 

Liste deseriptive des Chrysanthèmes d'hiver, par M. 0. db Meu- 
i.enabrb(1). — Parmi les cultivateurs de Chrysanthèmes qui se 
révélèrent à l'exposition organisée au Casino de Gand, en 
novembre dernier, et qui fut un des principaux événements horti- 
coles de l'année, se trouvait au premier rang un amateur distin- 
gué dont les apports de ûeurs fraîches et bien formées et les 
plantes parfaitement cultivées captivaient l'attention générale. 
M. le conseiller 0. de Meulenaere n*est pas un amateur égoïste, 
il ne s'est pas borné à chojer ses Chrysanthèmes et à les étudier 
seulement pour sa propre satisfaction; voulant être utile à ses 
contemporains, il a compulsé en une liste alphabétique de plus 
de cent grandes pages les noms de toutes les variétés d'élite de 
Chrysanthèmes d'hiver actuellement dans le commerce, avec 
l'indication de la synonymie, celle de la section à laquelle chacune 
appartient (Anémone à grandes ûeurs, Anémone japonaise, 
Anémone pompon. Incurvé, Japonais, Japonais réfléchi. Pompon), 
celle de l'obtenteur — autant que cela était possible — et celle 
de la couleur. La distinction importante de l'époque de la 
floraison n'est pas omise : les fleurs d'octobre-no vembré sont 
marquées c précoces; » les fleurs de novembre sont de c mi-sai- 
son; > celles qui viennent après sont les < tardives. » Toutes 
ont besoin d'un abri vitré pour bien s'épanouir. L'auteur a 
marqué d'un astérisque les variétés d'élite qui ont obtenu le 
plus grand nombre de suffrages dans le sein de la National 
Chrysanthemum Society, dont il est membre. 

M. 0. DE Meulenaere a fait un travail qui sera utile à tous 
ceux, amateurs ou horticulteurs, qui s'occupent de ces fleurs, 
aujourd'hui si populaires et si nombreuses et dont la nomencla- 
tare était un véritable dédale. Ajoutons que cette Liste, d'un 
format aisé, est soigneusement imprimée. Ém. R. 

(1) Volume in-80 obi. de 108-IV pages. Gand, Ad. Hostb, 1890. 


Varia. 

ZiBB santerellea. — L'invuion des santerelles en Algéri 
l'été dernier, a coûté eu primeB offertes par le Oonvernement 1: 
somme de 578,349 francs. Les primes étcûent payées à raisoi 
de 50 centimes par 20 litres. On éralne à 40,000 mètre 
oabes la quantité de sauterelles tuées en vue de l'obtention d 
cette prime. Cette masse énorme a été généralement converti 
en excellent e: 


Parc pabUoàZBandam. — M. C. Corvbr tan Webbbm 
à l'occasion d'une fête de famille, a fait donation à la joli 
localité balnéaire de Zaandam, d'un terrain situé près du cana 
et de l'aTeaue qui conduit à la gare du chemin de fer. Ci 
terrain sera approprié à ses frais à la création d'un parc public 
le donateur versera chaque année entre les mains du receveu 
communal une somme 300 florins destinée à contribuer ; 
l'entretien du parc, qui sera placé sons la direction de l'autoriti 
communale. Le donateur a en même temps fourni le plan élabon 
par les soins de M. H. B. Stepkah, élève diplômé de l'Ëcoli 
d'horticnltare de âand, actuellement établi k Eoog aan de Zaan 
L'exemple donné par M. C. Cobtbr tan Wbssbm, mérite d'étn 
signalé. 

Tleox arbres. — lia Wèeily Press de Philadelphie a énn- 
méré dernièrement quelques nns des plus gros arbres des ÉtatS' 
Unis. Sans parler des Wellingtonia de la Californie, il cite ui 
chêne dans le comté de Marion (Floride), dont le tronc mesun 
9»40 de tour et dont la ramure a un diamètre de 42 mètres; un 
érable du comté de Bradford (PennsylvAnie), ayant 4'°8& de toui 
et une ramure de 25 mètres de diamètre ; un orme du comté de 
Lhinngton (Virginie), ayant 33 mètres de hauteur, 8°'30 de ci^ 
conférence et dont les branches couvrent une surface de 
37 mètres de diamètre ; un châtaignier du comté de Lancaster en 


-^ 191 — 

Pennsylvanie, de 7™75 de tour et dont la ramure a 27 mètres 
de diamètre; un sassafras, à Johnville (Pennsylvanie), ayant 
14 mètres de haatear, 4 mètres de tour à la base du tronc avec 
une ramure de 11 mètres de diamètre; dans le comté de Wacash 
(Illinois), un sycomore dont le tronc a 8""50 de circonférence. 

lie vin et le oidre dans TAube. — Nous trouvons dans une 
notice publiée par M. Ch. Baltet, dans V Annuaire de VAnbe 
de 1890, des notes intéressantes sur le vignoble de ce dépar- 
tement et sur la production en cidre. En 1888, TAube portait 
18,537 hectares de vignes de plus de quatre ans et 3,153 hec- 
tares de jeunes vignes, ayant une valeur totale de près de 
huit millions de francs. Le produit du vignoble est augmenté 
par Taddition de près de 800,000 kilogrammes de sucre et de 
500,000 kilogrammes de raisins secs, sans compter les vins de 
coupage, envoyés du Midi. 

Quant au cidre, il est moins abondant; cependant une statis- 
tique officielle de 1882 attribue à une seule commune 360 hec- 
tares d'arbres à cidre, ce qui, à raison de soixante sujets par 
hectare, fait 21,600 arbres. La récolte de 1882 avait fourni 
4,900 hectolitres, celle de 1883, 12,000 hectolitres. Ces deux 
récoltes représentent exactement, dit M. Baltet, le quart de la 
production du cidre dans l'Aube. 

L'Arbatus unedo est un arbuste toujours vert, indigène 

dans les Pyrénées et le midi de la France, répandu également en 

Irlande, en Espagne, en Italie, où il forme d*épais buissons dans 

les terrains incultes et où Ton en fait des haies solides. Le fruit, 

connu sous le nom d'Arbouse, est une petite baie, d'un beau rouge 

écarlate et qui pour l'aspect a quelque chose de la fraise. Il est 

loin d'en avoir la saveur. On en fait des confitures un peu fades 

et même de Teau de vie. 

Ém. R. 


— 192 — 

Avis important. 

PULVÉRISATEUR LOUMAIGNE. 

Un pulvérisateur du système Loumaigne existe à l'École 
d'horticulture de TÉtat, boulevard de l'École normale, 15, à 
Gknd. Des expériences comparatives de l'emploi de la boailiie 
bordelaise ont été faites avec cet appareil en présence des élèves 
de rÉcole. 

Les membres du Cercle d'arboriculture de Belgique qui dési- 
rent connaître ce pulvérisateur et le voir fonctionner, peuvent 
s'adresser à M. ÏEIodigas, directeur de l'École d'horticulture. 


Néorologie. 

M. Jules Ck>iirtoi8, juge honoraire, président honoraire de la 
Société d'horticulture d'Eure-et-Loir, arboriculteur émérite, plus 
particulièrement connu comme auteur de la taille du poirier et 
du pommier qu'il appela c taille trigemme», est mort à Chartres, 
le 25 décembre dernier, à l'âge de 75 ans. Nul n'a fait plus que 
M. Jules Courtois pour l'horticulture de son département qui 
lui doit entre autres l'institution des cours publics d'arboricul- 
ture; il donna lui-même ces cours gratuitement, pendant plusieurs 
années, dans les principales villes et eut soin de former ceux qui 
continuent maintenant son œuvre dans les divers cantons. En 
mourant il a légué à la Société d'horticulture d'Eure-et-Loir une 
somme de vingt cinq mille francs, scellant ainsi par un acte 
généreux le dévouement dont il fit preuve envers elle durant plus 
de trente quatre ans. 


* * 


M. F» Senôlar, président de la Société d'horticulture du 

Rhône et vice-président de la Société pomologique de France, 

est mort à Lyon, le 15 mars dernier, à l'âge de 73 ans, vivement 

regretté de tous ceux qui l'ont connu. Il était officier principal 

d'administration et officier de la Légion d'honneur. 

Ém. R. 


» Série, Voi. IV, I» 7. 


JoUtot 1890. 


BULLETIN 


D^ARBORIGULTURE, DE FLORIGULTURE 

ET DE CULTURE POTAGÈRE 

RÉDIGÉ PAR 

!r. Burvenicb, Éd. Pynaert, Ém. Bodigas & H. 9. Van Huile 


prorefseurs à Vteole d'IIorlicullure de TÉtat, à Gand 


■!■ . , 


)HBfAIES. 1. Fréd. Bupvenioh ?ï^r<?. Poire Beurré Cfeaudy, p. X9Q. — 2. H. X V»n 
Huile. Ormes malades, p. 195. — 3. Fréd. Burvenioh père, Léffumes nouveaux ou peu 
wpandus (suite), p. 201. — 4. Fréd Barveaioh père. Pniiuts cerasifera Pissardi, p. 206. — 
S JF™-_5: ^® Liquidambar, p. 207. — 6. £m. Bodiffas. Ronces cultivées, p. 208. — 
7 Ed. Pynaert. Culture retardée des arbres fruitiers, p. 210, — 8. Fréd. Bnrr^nioh père. 
Chronique apicole, p. 212. — 9. Ëm. Kodifiras. Fruits verts et fruits nuisibles à la santé 
publique, p. 218. - 10. Ém. Bodigas. Bscroeitian florale à Namur, p. 220. — 11. Varia, 
pp. 194, 205, 210, 222, 223-224. 


Planche coLORié» : Poire Beurré Chaudy, 


u?.17. 
^ 18. 
^ 19. 


Laitue pomme d'or . . • 201 
Piment célestial (P. chinois) 202 
Pois Mange tout de St-Désirat 203 


Fig. 1^. ^ Tomate Champion 
t) 21. — Mello-extracteup. 


20i 
217 


±2a: 


f. 'I 






^^»onnemeIlt«, uii n.n : 10 fr. pour la Belgique, 13 fr. pour la France 
t-t les autres pays de rUuion postale; 10> Alk. pour rÂ.ll6magnei 10* 8h. 
l'ourl*Atigteierre, 6 fl. pour la Hollande, payables d*avanoe \>slV ^n HHttuUU-postal 
à Tordre de M. fl. J. Vaâ flulle, à Gand. 

iim*9iv«ta[r t Gand, chaussée de Courtrai^ S7. 

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l^'u bonnement est dû à partir du l*** janvier. Les démissions doivent dtre envoyées avan ' 
«il di^ceiubre» L'envoi e^i continué aux abonnés qui n'ont pas donné d*avis contraire. 

AMIVOIVeEd. 

l expérience prouve de plus en plus qu'un des meilleurs moyena de fsdre des aCTaires, c'est 
lavoir recours aux annonces, ^ous ce rapport, le ^«//e/i», eu égard au grand nombre de 
iM^rsonnes qui le lisent, offre des avantages très réels aux intéressés. 

l^rière «l'adresser les demandes d'insertion, Ckawn0* de Courlrai, 27, d Génd^ avant le 5 du raaois. 


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— 193 — 


Poire Beurré Chaudj. 

Les BulMins ont déjà fait mention de cette variété dans une 
note communiquée par M. Kort, jardinier chef du domaine de 
M. le comte de Grûnne à Bauffe. , 

Les qualités remarquables de ce fruit ont décidé le Comité du 
Cercle à en publier une planche et une plus ample description. 
D'ailleurs, la bonne appréciation de ce frgit n'est pas un fait 
isolé. La commission de la Société pômologique de Tassociation 
Lyonnaise, les journaux Lyon horticole et la Revue horticole 
de Paris en ont parlé avec grand éloge. Nous avons pu nous 
même apprécier cette variété, introduite dans nos collections 
depuis 1885. 

C'est un arbre de bonne vigueur mojenne^d'un port pyramidal, 
rappelant celui de la P. Duchesse d^Angoulême dont il a d'ailleurs 
beaucoup de caractères. Il n'y aurait rien d'étonnant que cette 
poire eût été bercée sur les genoux d'une duchesse. 

Les feuilles sont petites, d'un vert pâle, disposées par groupe 
autour des yeux saillants. Le bois, brun pâle verdâtre, est mar- 
qué de petites lenticelles grises, très clairsemées. 

Le fruit est gtos ou très gros, atteignant parfois le poids de 
300 grammes, d'aspect superbe et de qualité supérieure. 
L'épicarpe est d'un vert clair passant au jaune pâle à la maturité. 
La poire est irrégulièrement bosselée , à la façon de la. P. Duchesse 
ffAngouliTne. La chair est fine, fondante, juteuse, sucrée, 
très finement parfumée et d'un goût musqué. Le fruit offre 
cette précieuse particularité, d'être d'une maturité lente et 
prolongée. C'est à tel point que les fruits cueillis courant octobre 
sont déjà à point de consommation à la fin du mois, et que fin 
décembre il n'est pas rare d'en trouver encore au fruitier 
parfaitement conservés. 

L'arbre qui est d'une grande fertilité, doit être greffé sur 
coignassier et cultivé en plein air, soit en pyramide, soit en 


— 194 — 

contre espalier. Les arbres greffés sar franc prodaisent des fruits 
de qualité bien inférieure. 

D'après M. Kort, les lambourdes de cette variété se prêtent 
très bien au greffage de boutons. En effet, toutes les sortes de 
poires ne conviennent pas à ce transfert de boutons, et il est 
bon de signaler celles qui off'rent cette ressource. 

La ];K)ire Beurré Chaudff mérite sérieusement Tattention dés 
amateurs de pomologie. 

Fréd. Borvbnich père. 


•; ■ 


ï 


Monument Boesl. — Nous avons annoncé que les compa- 
triotes, les amis et les admirateurs de celui qu'on peut appeler à 
bon droit le prince des collecteurs botanistes, auraient voulu 
rappeler sa mémoire par l'érection d'un monument, dans la 
Tille de Prague, en Bohême. 

L'idée est en voie de se réaliser. 

M. le professeur Mtslbrk, sculpteur renommé, à Prague, a 
été chargé de former un projet. 

Les souscriptions déjà recueillies au commencement du mois 
de mai s'élevaient à environ 1600 fr. 

Le Comité international fait un nouvel appel aux amis de 
RoEZL et à tous ceux dont ses nombreuses importations ont 
contribué à enrichir les collections et à augmenter les jouissan- 
ces horticoles, afin de le mettre à même de réaliser le projet 
dans des conditions convenables, au moyen de souscriptions qui 
seront reçues avec reconnaissance, quoiqu'on soit le chiffre. 

On peut les adresser directement à M. Thomater Zirkor, à 
Prague^ ou au soussigné, qui les fera parvenir au Comité 
international. Éd. Ptnabrt. 


- 195 - 

Ormes malades. 

La pathologie végétale nous a toujours beaucoup intéressé, 
d*autant plus q,ue nous n'avons pas toujours trouve une solution 
satisfaisante à donner aux cas morbides si nombreux dans cer- 
taines cultures. Dans la grande généralité des cas cependant, il 
nous a semblé qu'il valait mieux pouvoir prévenir que devoir 
guérir et qu'il fallait avant tout tâcher d'éviter les causes du mal. 
Mais ces causes, peut-on toujours les éviter? Ainsi, ce n'est 
pas même un secret du métier que dans une ville industrielle et 
manufacturière comme Gand^ l'air est vicié par la fumée et que 
par conséquent aucune espèce d'arbre n'y aura une grande chance 
de vigueur et de longévité. Est-ce une raison pour j laisser 
les boulevards et les places publiques vierges d'ombrage? Ou 
j plante donc, dans les meilleures conditions possibles et en 
choisissant les essences au mieux, comme il a été fait pour la 
place d'Armes à Gand. En janvier et février 1883, les tilleuls 
vieux et usés de cette place ont été remplacés par autant 
d^ormes d'un calibre tel que leur parfaite reprise fut fortement 
révoquée en doute, à cette époque, par la généralité des Gantois. 

On se rappelle peut-être combien ce travail fut critiqué et de 
quelle façon celui qui l'avait exécuté a répondu de la réussite 
complète, dans une brochure spéciale et dans les journaux de 
cette époque ; voici un extrait d'un de ces derniers : 

LES ARBRES SUR LA PLACE D'ARMES. 

t M. Van Hulle, inspecteur honoraire des plantations, nous 
envoie au sujet de la viabilité de nos arbres la lettre suivante, 
qui, nous en sommes convaincus, intéressera nos lecteurs à plus 
d'un titre : 

t Rarement ou jamais un travail public, une plantation, n'a 
préoccupé à ce point les esprits que le repeuplement de la place 
d'Arme» à Gand. Cela se comprend : il j avait de quoi pour 
les flâneurs et les incompétents. 


— 196 - 

f Parmi oes derniers, il j a des hommes on ne peut mieux 
intentionnés, nous le vealont bien, qui, en optimistes, pessi- 
mistes ou alarmistes, et soit dans la presse, soit verbalement, 
induisent trop souvent les masses en erreur. 

f N*ont-ils pas été pour ou contre l'entreprise? N'ont^ils pas 
approuvé ou désapprouvé Texécution? Tous n*ont-iis pas été 
unanimes à s'enthousiasmer à la première feuillaison en avril ? 
N'ont-ils pas jeté un cri d'alarme formidable quand les chaleurs 
subites du 24 et 25 mai dernier avaient fait jaunir et tomber 
quelques feuilles? Une pluie bienfaisante survient; les arbres 
refont bonne min^ et tous de crier qu'ils sont sauvés. 

f Mais voilà les chaleurs plus fortes et plus tenaces des 
premiers jours de juillet qui font désarticuler les 9/10 des feuilles 
restantes. Nouveau cri d'alarme général : les arbres sont irré- 
médiablement perdus ! 10,000 fr. au diable!! Quel fiasco!!! 

« Nous avions bien juré de ne plus faire attention à toutes ces 
jérémiades, surtout après avoir publié notre brochure sur la 
question; mais c'est plus fort que nous. Nous déclarons donc de 
la façon la plus formelle et au besoin envers et contre tous ce 
qui suit : 

c Tout ce qui est arrivé aux ormes est on ne peut plus normal 
et s'explique parfaitement. Ces arbres vont aussi bien qu'il est 
permis de l'espérer. Aucun — nous disons aucun, sauf accident 
imprévu ou omission de soins — ne manquera de reprendre. 

c A présent, libre aux intéressés d'avoir plus de confiance dans 
les doutes des mécréants que dans les assurances de leur servi- 
teur qui signe en toutes lettres, 

i H. J. Van Hullb, 
« Inspecteur honoraire des plantations. » 

C'était hardi, peut-être imprudent de notre part d'écrir» ainsi, 
mais nous avions tous nos apaisements. Aussi la suite nous a 
donné pleinement raison : deux arbres seulement sur le» 99 ont 
dû être remplacés, non parce qu'ils n'avaient paa repris, mai g 
parce qu'ils souffraient d'accidents exceptionnels ; tous sont restés 


— 197 — 

longtemiifi, la plupart jusqu'à l'heure qu'il est, d'une vigueur et 
d'une ssnté par&ite8,aii moins en apparence, car nous allons voir 
ce qui est arrivé. 

Un seul homme, feu notre excellent ami J, Puls, après avoir 
applaudi comme tout le monde, devient incrédule : dans le BuUe^ 
Un d'arbariculturey année 1885, p. 219, il commence à voir 
tout en noir. Après avoir dit que les arbres qui se trouvent dftns 
de honnes conditions de vigueur, chassent leurs ennemis, tandis 
que, dans le cas contraire, ils semblent appeler les insectes 
destructeurs, il décrit le Gossiparia fdmi Geoff. dont les ormes de 
la place d* Armes sont atteints, et indique les moyens -^ douteux., 
d'après nous, — jde s'en défaire. Notons que l'insecte dont il s'agit 
est une cochenille on gallinsecte et que dans tout cet article il 
n'est question ni de scoljte, ni encore moins de cossus. 

Arrive septembre 1886. Dans le Bulletin cité de cette année, 
p. 259, donc plus de trois ans après la plantation, l'auteur ne 
parle plus de la cochenille, mats des scoljtes. Il les décrit 
et lyoute qu'ils recherchent les arbres les plus élevés et les plus 
affaiblis par la sécheresse, pour j déposer leurs œufs. Puis il se 
moque en quelque sorte des moyens préconisés pour les guérir et 
conclut à la condamnation de ces ormes, leur destruction par le 
scoljte étant certaine, dit-il, dans un temps plus ou moins 
éloigné. Le scoljte, comme on voit, est ici le coupable. 

Il l'est encore à la page 304 du même Bulletin. L'honorable 
entomologue j dit que le 5 octobre 1886, il a trouvé le mal plus 
accentué et que même les ormes de la rangée simple, si sains en 
apparence, en sont également atteints. Inutile, ajoute-t-il, de 
vouloir chercher des mojens de détruire l'insecte, et si quelques 
arbres, sur lesquels on a appliqué des remèdes contre ces destruc- 
teurs, résistent plus longtemps que d'autres, il n'j a pour cela 
qu'un motif, c'est que, sans traitement, ils auraient résisté 
tont autant. 

Franchement pareille affirmation, quoique n'étant nous*méme 
pas grand partisan des mojens curatifs, nous a paru cependant 
fort risquée de la part de l'ai^teur, Celui-ci au surplus a pu voir 


^ 198 - 

par lui-même qu'il n'a pas falla avoir recours à des remèdes et 
que la cochenille d*unepart/les scoljtes d'autre part — si toutefois 
ces deux hôtes incommodes ont été perceptibles pour d'autres 
yeux que ceux d*un chercheur de petites bétes — ont disparu 
spontanément ou n'ont dans tous les cas fait mourir aucun de 
ces arbres, qu'il déclare du reste lui-même comme étant parfai- 
tement sains quand on ks a plantés. 

Entretemps l'inquiétude avait gagné les esprits à tel point 

que dans la séance du Conseil communal du 4 octobre 1886, 

notre collègue M. ëd. Pynàert s'est occupé aussi de cette 

question. Il j disait que si réellement les ormes dont il s'agit 

sont attaqués par le scol jte, les craintes conçues sur l'avenir de 

ces arbres sont pour le moins exagérées. Il attribue le mal à 

une cause accidentelle et passagère, le manque d'humidité par 

exemple, et si telle est la cause, le remède sera vite trouvé; on 

aura raison du scoljte. Il ajoute que même les ormes fortement 

atteints par cet insecte peuvent être guéris et il cite à l'appui une 

guérison faite à Passy, près de Paris. M. l'échevin Brunebl 

ajoute que lui aussi est assez tranquille sur le sort de ces ormes 

et s'il en meurt un de temps en temps, insinue-t-il, on pourra le 

remplacer tout grand en le prenant dans des réserves à l'aide 

du chariot transplanteur que la ville doit' à la générosité de 

M. le Bourgmestre. Autre chose, dit-il, est le ravage des ormes 

du boulevard des Hospices par le cossus. Ici pour la première 

fois il est question de ce terrible insecte, le seul qui, d'après 

nous, menace réellement les arbres de la place d'Armes et dont 

nous traiterons bientôt. 

Notre regretté entomologue, avec la ténacité de conviction 
qu'on lui a connue, tient bon et revient au même sujet dans le 
n** de novembre 1886 du Bulletin d'arboriculture» Il examine 
longuement jusqu'à quel point les arbres de la place d'Armes 
étaient parfaitement indemnes lorsqu'on les a plantés, voulant 
prouver ainsi que le 8eoiyte{,..l) qui les fait souffrir est dû unique- 
ment au mauvais emplacement, en d'autres termes au choix 
de ^essence. Tout en prévenant ses lecteurs de ne pas confondra 


— 199 — 

le scoljie avec le cof sus, il s'occupe pour la premiè 
incidemment encore de ce dernier, continuant à ne v 
eenl ennemi : le acolyte. 

Quant à ces cures préconisées comme infaillibles, i 
aussi à s'en railler amèremept. On ne doit s'en étonnei 
que pharmacien, il disait souvent de sa propre ma 
« Celui qui l'achète ne la connaît pas, et celui qui 
ne Tacheté pas. » 

On le voit : un franc et sincère original, ce M. P 

Une idée ûxe le poursuivait>eile? En voulait-i) 
pauvres ormes? on serait tenté de le croire. 7 
avril 1887, il revient à la charge. Après avoir en 
insectes qui attaquent plus spécialement cette es 
staté les progrès qu'y ont fait les... scoljtes toujo 
pour la première et seule fois an eatius, dor 
longuement et presque exclusivement. Seuleme; 
à la place d'Armes, où un tout autre destructc 
ajoute-il, continue à sévir, mais au boulevard des 
a trouvé ce rongeur. Il le qualifie d'abord comi 
ispn choix, ne s'attaquant qu'aux ormes vigonr 
sève, puis comme inom exclusif, attendu qu'il 
besoin de Saules, Peupliers, Frânes, Chênes, No; 
Poiriers, Érables, Châtaigniers, Marronniers, 
exceptionnellement de Hêtres. Cette fois-ci 
d'excellents conseils; il recommande aussi de 
Uvement deux essences diverses au même end 
pouvoir juger plus tard laquelle des deux con' 
situation et de conserver seulement cette ( 
il reste plutôt incrédule ; pas de gr|U)e pc 
doivent tous disparaître, les guérir n'est p 

Tout le monde n'est pas si pessimiste* a 
nous, bien entendu), revenant aux pauvr 
livraison de mai .1887, s'occupe des c m 
les Ormes de la place d'Armes » en ce 
textuellement ceci ; Les Gantois qui tienne 


— 200 — 

favorite, peuvent, à mon humble avie, compter enoore pour 
JoDgiemps sur l*ombrage bienfaisant et la fraîche verdare des 
ormes qui y sont plantés depuis quatre années. Il indique 
quelques moyens plus ou moins reoommandables^ mais provve 
en même tempe qu'il a pris pour le scolyte ce qui était tout 
bonnement le ooeaus. 

Vers oette même époque, une commission d'hommes spéciaux 
avait été appelée à rHôteNde-Ville aux fins d'émettre on avis 
sur le danger signalé, et à Tunanimité, sauf la voix de Teiito- 
mologue conyaineu, elle déclara qu'il n'y avait pas si grand 
péril en la demeure. 

Voilà où en est la question en juin 1687 et ni en 1888, ni en 
1869, on n'y est plus revenu. Du reste le 13 janvier 1889 la 
mort enleva M. Pxtls à ses intéressantes recherches et, d'an 
autre eôté, ses prédictions ne semMaient pas trop devoir se 
réaliser, jusqu'au printemps de 1890« A cette dernière époque, 
alors que la grande majorité des ormes de la place d'Armes, 
quoique présentant quelque chose d'anormal dans leur feuil- 
laison, poussaient et persistent à pousser avec une vigueur 
très satisfaisante, voilà qu'une bonne douzaine d'entr'eux se 
montrent ravagés à tel point — non par le scolyte, mais par le 
terrible cossus -r- qu'on a cru bien faire de leur couper toutes les 
branches atteintes. Le marne sort attend-il tous les arbres 
restants? De tous ceux-là devra-t-on faire également de hideux 
porte^manteaux? Et dans ce cas ne préférera-t-on pas plutôt 
les abattre tous et les remplacer par une autre essence? Trois 
fois non ! 

M. PuLS a eu raison en disant que les ormes sont atteints par 
les insectes; il a eu tort d'affirmer que ces arbres étaient 
irrémédiablement perdus et qu'il fallait les abattre. Non, il ne 
faudra pas recourir à cette mesure extrême, et ce pour des 
raisons que nous expliquerons dans un prochain numéro. 

H. J, Van Hullb. 


L^umes nouveaux ou peu répandus. 

(Suite, voir p. 168.) 

Laitue pomme d'or. Cette variété, quoique appartenant anx 
'Mluet d'été et d'automne, n'est que de la dimension de la 


plnpartdea laituei hâtives. Son petit volume la fera rechercher 
pour entre culture, et son beau teint jaune luisant la range à c6té 
àe\a Laitue citron à groaae pomme, lente à monter, qui remplace 
partout où elle est connue, les autres variétés d'été et d'automne. 


Piment célettial. Nous avons admiré l'année dernière, à chacun 
de DOS voyages à l'exposition universelle de Paris, sous les 
vélums du Trocadéro, depuis août jusqu'en octobre, cette jolie 
et bien intéressante espèce de Poivre de Cayenne. Ce Piment 
qui est originaire d'Amérique, d'où il est arrivé sur le continent 
européen sous le nom mentionné pins haut, devrait, à oe qu'il 
parait, s'appeler P. cUnoit ! Ses variations de teintes aux 
diverses phases de sa maturité, l'ont aussi ^t appeler P, Cri- 
tolon, P. versicolore. 

C'est une véritable plante d'ornement, à feuillage menu, à 

fruits petits, mais innombrables, serrés sur la plante à la façon 

àm oerisettes des Solamtm Capiicastrum et HtJidersoni. Ils sont 

drassés et ooniques, vert foncé d'abord, passant par taches 

U 


irfégulières du janne au violacé, sa ronge corail et enfin va 
jaune d'or ; deux on trois de ces nuances se trouvent gouvent 
sur le même fruit et sembleut na pas vouloir céder la place 
l'une à l'autre. 


18. - Fimmt ce 


Poit Mange tout fondaTit de St. Désirât. Les pois dont les 
oossea peuvent être livrées à la consommation sont très peu 
estimée. On n'en possédait jusqu'ici que peu de variétés recom- 
mandabies, si noua en exceptons le P. Mange tout à œil noir. 

Cette variété toute nouvelle surpasse, par l'ampleur de sei 
gousses, lei anciens P. Corne de Miter et le P. Qiani à deurs 
violettes. De plus, il n'a rien du goût quelque peu acre de ces 
derniers. C'est une variété à recommander avec insistance 
pour les potagers de ferme et partout ou il s'agit do noarrir 
nn grand personnel. 

Les pois sans parchemin se prêtent très bien an transport 
sans s'avarier. Les cosses du P. de St. Désirât atteignent 


— 203 - 

parfois jusqu'à 15 c. de longueur sur une largour de 3 à 4 c. et 
contiennent 7 à 8 grarna blancs, ce qui est remarquable pour 
Due variété sans parchemin. 

Poit serpette nain. Noua avoDs essayé et distribué ce poil à 
l'easai dans des conférences de culture 
maraîchère. A l'inspection d«s graines, 
nous avons immédiatement constaté 
que QouB n'étions pas en présence 
d'une variété do P. tCAuvergiu ou 
Serpette; il n'en a que l'aroare des 
castes, mais il est à grain vert ridé. 
Nous devons cette variété, d'ailleors 
trèt méritante, à M. Laxton, le 
fameux < homme depoidt > de l'Angle- 
terre, qui l'a lancée bous le uom de 
P. William Burtt. D'après MM. Vil- 
morin, ce seraient les maraîchers de 
la Halle qui, par respect pour l'eupho- 
nie, auraient trouvé plus simple de 
débaptiser le P. William Surst dont 
ils ne parvenaient pas i, prononcer 

le nom sans risquer de se mordre la ig. _ p»:, Ma>^ lout di 
langue. C'est trèa pratique, seule- ■*'■ *"*™'' 

meut cette considération devient une nouvelle source à sjnoni' 
mie, qui embrouille déjà tant la nomenclature. 

Le Poit William Hurtl (Serpelle nain) est à g tsia vert ridé ; 
ses tiges n'atteignent que 35 c; c'est un pois nain des plus 
recommaudsbles, qui semble devoir déclasser le P. nain ridé 
fÀmérigne, variété précieuse cependant et que nous engageons 
nos lecteurs à ne pas lâcher trop vite. 


Pomme de terre Viciorl^). Depuis longtemps on recherche une 
11) Voir Bulletin 1889, p. aSo. 


- 204 ~ 
v&riéU hâtive pouvant rivaliser ea préoooité avec l'anoienna 
Marjolin, produisant plus et n'ayant pas certains autres petits 
inoonvénients.eDtr'aatres la difficulté de conaervatioa. C'est une 
variété originaire d'Angleterre. Les tubercules sont longs , appla- 
tÎB, à surface unie et se forment tout près du pied de la plante; 
ilB sont à chair jaune tassée, légèrement farineuse, de qualité 
exquise. Les tubercules reçus de la maison Vilmorin de Paris, 
germes sous châssis et plantés sur côtière, nous font augurer déjà 
qne l'appréciation de ces savants vulgarisateurs ne sera pas 
exagérée, quand ils disent : t c'est ce qui existe actoellenaent de 
plus beau, de plus productif et de plus précooe comme pomme de 
terre de primeur. > Nous la signalons en première ligne à 
ta grande culture maraîchère. 

Tomate Champion, Pendant de longues années il n'avait snrgi 
aucune variété nouvelle de ce frait. Il n'y a pas bien longtemps 


que les tomates rouge et Jaune grosse, cerise, jaune et rouge 
et celle en forme de poire étaient seules connues. Aujourd'hai la 


— 205 - 

tomate a passe par tous les perfectionnements et on ne compte 
presque plus les variétés, tellement elles sont nombreuses. 

Si nous entretenons nos lecteurs de la T. ChwmpUmy c'est 
parce qu^elle s'écarte entièrement des autres variétés cultivées. 

Cette variété américaine tient de la T, de Laye ou naine à tige 
raide et de la T. à fruit violet. Le port est rigide et vigoureux; 
la plante est productive, abondante, les fruits sont de matu- 
ration précoce. 

Le grand desideratum dea semeurs est d'obtenir des gros fruits 
sans côtes, d'une pulpe épaisse, renfermant peu de mucilage 
liquide et le moins de graines possibles. Ce sont les fabriques d^ 
conserves de tomates entières dont un fruit peut remplir une 
boite, qui recherchent fortement ce genre de tomates, dont le 
T, Mikado est le type le plus parfait. 

Frbd. Burvbnioh fère. 


Erratum. — La poire que nous avons décrite dans le Butte" 
tin du mois de juin sous le nom de Beurré Ganibier et que 
nous supposions être un gain de M. Gebgoirb, provient d'un semis 
de M. OtAMBiBH de Rhode St-Oenèse. Elle change donc de maître 
tout en restant brabançonne. F. B. 


4t * 


Baffla sulfaté. — Les horticulteurs et pépiniéristes qui font 
un usage constant du Raffia, savent que cette ligature par 
excellence possède, à côté de toutes ses qualités, un défaut, œlui 
d*étre sujette à se détruire promptement lorsqu'elle est exposée à 
rhumidité. Ce défaut, on peut le corriger dans une large mesure, 
en soumettant la fibre au sulfatage. Aussi le Raffia sulfaté a-t-il 
Que durée quatre fois plus longue que celle de ce ligament 
naturel. Inutile par conséquent d'engager les industriels horti- 
coles à ne mettre en vente que du Raffia sulfaté. 


- 206 — 
Prunus cerasifera Fissardi. 

• Les Bulletins ont publié en 1883, page 193, une ptanche et 
une description de cet arbre à la fois fruitier et ornemental. 

A cette époque, notre collègue M. Éd. Ptnaert prédisait un 
brillant avenir à cet arbre utile et décoratif. Si nous y revenons, 
cVrst pour bien établir son identité. Il j avait, lors de Tintroduc- 
tion de cette nouveauté par M. Pissard, jardinier chef des 
jardins de S. M. le Shah de Perse, quelques doutes sur la 
question de savoir, si on se trouvait bien en. présence d'une 
espèce ou d'une variété. Les conjectures de M. Carrière, qui 
a figuré et dénofnmé la plante et l'a décrite le premier dans la 
Revue horticole, se sont confirmées. Le Prunus Pissardi est bien 
une variété du Myrobolan (vrai) (Prunus cerasifera), P. Myro- 
bolana de Linnée. 

Les semis de Prunus Pissardi que nous avons faits dans 
notre établissement, nous ont donné des sujets pour la plupart 
à feuilles vertes, un seul à feuilles du teint lie de vin foncé du 
P. Pièsardi et quelques uns rouge pâle bronzé. Ces derniers 
ressemblent en tous points au mauvais type qui a été répandu 
au début à côté de la bonne variété. 

Après sept années que l'arbre a été décrit, nous devons recon- 
naître qu'il n'est pas répandu comme il le mérite. Si nous ne 
l'introduisions dans les nombreuses plantations de jardins qui 
nous sont confiées, on le rencontrerait rarement. A voir l'in- 
différence des amateurs pour ce bel arbre, on doit supposer 
qulls y voient un double emploi avec d'autres arbres à feuilles 
pourpres. Il n'en est pourtant pas ainsi. Sa teinte est toute 
différente ; comme arbre à feuillage rouge, il est sans rival ; il 
conserve ses couleurs depuis la naissance des feuilles, jusqu'à 
leur chute et cela dans toutes les latitudes européennes, et ses 
innombrables fieurs blanches produisent un curieux contraste 
en se détachant comme une myriade d'étoilettes blanches sur le 
fond sombre du feuillage. Les fruits sont, dès leur naissance, 
du plus beau rouge cerise, 


— 207 — 

Sa multiplication est des plus faciles par tous les modes de 
greffage sur prunier de St-Jolîen et sur Mjrobolan.Ses ramiûca- 
tions longues et flexibles se prêtent admirablement au palissage. 

Ce n'est donc pas seulement un précieux arbre à cultiver à 
demi tige ou en buisson isolé ou dispersé dans les massifs, mais 
on pourrait en faire des berceaux^des tonnelles, voire même des 
haies. Nos expériences de bouturage semblent promettre qu'on 
pourra faire la multiplication en grand pour ce dernier usage. 

Frbd. Burvbnich fèrû. 


Le Liquidambar. 

Le Liquidambar styrac^lua, nommé encore Gopalme d'Amé- 
rique, est un bel arbre à cime pyramidale, s'élevant à une 
vingtaine de mètres de hauteur. Les bourgeons et les jeunes 
pousses exhalent, comme les feuilles, une odeur balsamique très 
agréable. Le genre, qui ne comprend que deux espèces, est rangé 
dans la famille des Hamaméiidées après avoir constitué la famille 
des Balsamifluées établie par Bluhb et avoir fait partie de celle 
des Amentacées et des Platanées. 

Son habitat primitif est la côte du Connecticut. Aujourd'hui, 
dit le Oarden and Foreti^ on le rencontre dans toute la partie 
orientale et centrale des États-Unis, jusque dans Tlllinois au 
nord et le Texas au sud où la vallée de la ri vièreTrinidad constitue 
sa limite occidentale. Au centre et au sud du bassin du Golfe de 
Mexique, cette espèce est un élément important de la végétation 
forestière. Elle abonde dans le bassin du Mississipi et est assez 
répandue au Guatemala. 

Cet arbre gèle quelquefois dans nos contrées, mais il se con- 
serve fort bien dans les expositions abritées. Son bois est dur, 
brun veiné de rouge, sa texture est fine et satinée, sa dureté 
est équivalente à celle du nojer et du chêne. G*est un excellent 
bois de charpente. Le suc balsamique de cet arbre est connu 
80U8 le nom de Copalme liquide. Styrax et Storax. 


-« 208 - 
Ronces cultivées. 

Il ne 8*agit ici ni de la ronce frutescente, à flenrs pleines, 
aussi charmantes que les plus jolies roses, ni de la variété à 
feuillage panaché de blanc, qui mérite une place dans les jardins 
parmi les plantes vivaces les plus él^ntes. Il s'agit encore 
moins de plaider la cause de la ronce frutescente si commune 
dans les haies, les buissons et les bois de nos contrées, bien que 
le fruit n'en soit pas à dédaigner lorsqu'il est parvenu à complète 
maturité et que, par les années d'abondante production, il vaille 
largement qu'on s'en occupe, puisque dans les provinces de l'est 
de la Belgique, ce fruit arrive aux marchés, qu'il est converti en 
gelée et en confiture, et que la cueillette^ comme nous le lisons 
dans le journal « Le Luxembourg, » 7 fournit du travail durant 
toute une saison à des familles entières. 

Nous désirons appeler l'attention sur les Ronces perfec- 
tionnées qui sont l'objet d'une culture étendue dans plusieurs 
Etats de TAmérique et sur le mode de culture recommandé dans 
les contrées transatlantiques. 

L'auteur d'un livre qui a contribué pour une bonne part à 
répandre aux États-Unis la culture des petits ffuits, dans ces 
dernières années, et que nous avons fait connaître déjà aux 
lecteurs de nos BulletinsO^), M. Edward P. Roe consacre un 
des plus intéressants chapitres de son ouvrage Success with small 
Fruitsi^) aux variétés et à la culture des ronces pour leurs 
fruits. D'après lui, les variétés méritantes proviennent de deux 
espèces seulement, le Rulus vïllosus et le Ruhvs canadensis. La 
variété New Rochelle on Lawton donne de beaux fruits, mais ils 
doivent être parvenus à leur maturité la plus complète pour avoir 
les qualités voulues M. Roe cite ce qui est dit à cet égard par 
un autre écrivain M. D. G. Mitchell, dans son livre ify ^arm 


(1) Voir Bulletins de 1885, p. 72. 

(2) Vol.'gr. in-^, 314 pp. avec gravures, Seelby, Jackson etHallipay, 
X/>ndre8, 1880, 


• 209 - 

ai Bigemaod : « Lorsque ks enfants disent que ces fruits sont 
mûrs, il faut savoir attendre; lorsque les oiseaux commencent 
à les becqueter, il convient d'attendre encore; c*est seulement 
quand les abeilles s'j mettent, qu*on peut les recueillir. Alors 
ils fondent sur la langue et sont un vrai nectar. > 

La variété Za»/oai est-dépassée de loinpar la variété JTi^to^tftniy^ 
provenant aussi de Tespèce R, mUosus et trouvée dans le comté 
de Warren, New Jersey, par M. Wolvbbton. Produit dans de 
bonnes conditions, le fruit mesure plus de 2 centimètres de 
diamètre en largeur et jusque 3 i/s cent, en longueur; il est 
doux et fondant quand il est bien mur; cueilli lorsqu'il est noir, 
il acquiert ces qualités s'il est tenu un jour dans un endroit sec 
à une température modérée. La plante a les tiges dressées; elle 
est d'une grande vigueur et produit abondamment. Ses feuilles 
sont longuement apiculées et très finement dentées en scie. 

La variété WiUon's Barly semble provenir du R. canadentii 
ou Defvberry à sarments couchés, bien que la plante finisse par 
les avoir érigés. Elle fut trouvée par M. John Wilsom. de 
Burlington, New Jersey. Son fruit est plus précoce que la EUtO' 
tinny et mûrit plus rapidement, son volume et sa consistance 
en font un vrai fruit de marché; aussi a-t-on consacré déjà des 
centaines d'hectares à sa culture. 

La variété Snyder, issue du Rubus vïllosus type, a sur les 
^ variétés précédentes le précieux avantage d'être parfaitement 
! rustique. Les sarments de la JVilson's Barly doivent être buttés 
ou enterrés en hiver sous la latitude de New York, sinon ils sont 
ravagés par la gelée. La Ronce Snyder fut trouvée dans Tlndiana, 
par M. Snyder, non loin de sa résidence La Porte, il y a une 
quarantaine d^années. C'est une plante très vigoureuse et très 
productive. Le fruit est moins grand que celui des variétés préci- 
tées, mais il a plus de saveur. La plante est facile à la culture et 
ses aiguillons sont droits, par suite elle se manie plus aisément. 

On parle aussi de ronces inerroes ou sans aiguillons et de la 
variété Crystal, à fruits blancs, trouvée dans l'IUinois par 
M. J. B. Ohanob d'Albion. Elles n'ont guère d^ valeur. 


- 210 — 

Le Journal of Harticfidture a parlé dernièrement d*ane culture 
de Riûms laciniatus en Angleterre. Trois pieds plantés en 1883^ 
au pied d*un mur au midi, donnèrent en 1887 vingt trois litres 
de fruits, en 1888 trente litres, en 1889 quarante quatre litres. 
Les plus longs sarments avaient atteint près de 10 mètres. 

On se tromperait beaucoup si Ton voultdt cultiver la Ronce à 
l'instar du Framboisier. Un sol léger et bien drainé et une 
exposition chaude conviennent le mieux à la Ronce. Dans un 
terrain dur et compacte, le fruit vient mal et ne mûrit guère; 
dans une terre trop riche, les sarments s'emportent et fournis- 
sent trop de feuilles. Il lui faut plus d'espace qu'à son congénère ; 
on les plante en lignes distantes de 2 mètres et à 1 mètre dans 
la ligne. Les pousses de mai et juin sont d'une vigueur extrême; 
il convient de les rabattre par le pincement quand elles ont 
atteint la longueur d'un mètre, afin de provoquer rémission de 
branches latérales depuis la base. Ce procédé a, en outre, pour 
effet de rendre inutile le palissage ou le placement d'un treillis. 
Le Journal précité conseille de planter en sillon de manière 
à pouvoir appliquer les sarments sur le biilon ou ados du terrain 
et dresser les sarments en contre espalier afin d'avoir les grappes 
de fruits toujours propres et à portée de la main. 

Ém. Rodigas. 

Culture retardée des arbres fruitiers. 

Dans notre traité intitulé : Les Serres Vergers^ qui comprend 
la description des divers procédés mis en œuvre pour obtenir 
des fruits en dehors de leur saison naturelle, nous avons con- 
sacré un chapitre spécial à la culture retardée. Celle-ci a pour 
objet, comme son nom l'indique d'ailleurs, de prolonger la durée 
de la saison de certains fruits, tout en leur conservant, dans la 
mesure du possible, les qualités qui les distinguent. 

Nous avons à peine effleuré cette question, ou du moins nous 
n'avons fait que l'exposer théoriquement, en faisant toucher du 
doigt tout le parti qu'il serait possible de tirer de ce mode de 


- 211 — 

cultare. Une lettre que nous arôns reçue, il j a quelque temps , 
ouvre sur cet objet un aperçu tout nouveau. Nous avons promis 
à'j répondre par la voie de nos BvUetinSy persuadé que la 
question intéressera un certain nombre de nos lecteurs. Peut- 
être se trouvera-t-il aussi parmi les membres de notre Cercle 
un cultivateur ou amateur qui pourra procurer à notre hono- 
rable correspondant les greffons qu'il désire. Voici la lettre. 

« Monsieur, je viens vous prier de me faire savoir si je 
pourrais me procurer en Belgique, à titre onéreux bien entendu, 
des greffons de deux arbres fruitiers dont vous parlez dans votre 
livre Les Serrée Vergers : la Pane CatMrineO), la Cerise Belle 
Agathe de nof>emire(^). On ne peut compter les trouver en France. 

c En même temps, je demanderai à votre grande expérience 
si vous connaissez un moyen pratique, non de retarder ou de 
ralentir la végétation des arbres fruitiers, mais d'empêcher, 
pendant un certain temps, le départ de la végétation. 


(1) Les Pavies sont des pêches à peau duveteuse, à chair ferme ou 
mi-ferme, très adhérente au noyau. Feu Willermoz exprima devant 
le Congrès pomologique à Bordeaux l'avis qu'il 3' a autant de variétés 
de Pavies qu'il existe d'arbres, « puisque ils sont à peu près tous des 
arbres de semis. La plupart, ajoute-t-il, sont des fruits locaux qui ne 
peuvent être étudiés que dans les endroits où ils ont pris naissance 
(c'est à dire dans lé midi de la France), n 

La pèche Pavie Catherine semble avoir disparu des cultures françaises. 
Au surplus le mal n'est pas grand, si l'on retrouve des similaires parmi 
les semis qui existent en grand nombre» dans les jardins du midi. 

(2) D'après le célèbre pomologue André Leroy, cette variété ne serait 
pas autre chose que l'ancien Bigarreau de Fer. Cette variété est décrite 
dans le V« volume du Dictionnaire de pomologie. Dans sa longue syno- 
nymie qui comprend 23 noms plus ou moins connus, nous relevons entre 
autres les suivants : Guignier à fruit rouge tardif, Guigne de fer, Bigar- 
reau de septembre. Bigarreau tardif d'Hildesheim, Cerise tardive du 
Mans, Cerise Jardine de Mons, Cerise Merveille de septembre, Bigarreau 
d'Automne. — Les pomologues sont loin de s'entendre, comme on le voit, 
sur la signification des noms génériques de cerise, bigarreau, guigne. 
hG Bigarreau de Fer était connu du temps de Duhamel, qui ïe mentionne 
sans le décrire. Louis Léqer en parlait en 1755 dans les termes suivants : 
LeBiirarreau tardif ou de fer mûrit plus tard que l'ordinaire et n'est pas 
ailssi sujet aux vers ; il fait un bel arbre. 


— 212 — 

« Je suis, avec un grand intérêt, les conseils de votre livre, et 
je comprends surtout comme vous les avantages de la culture 
retardée. Mais s'il est possible, dans bien des cas et par les- 
procédés que vous indiquez, d'ajourner la maturité des fruits, le 
but serait bien plas sûrement atteint par la solution du problème 
que je soumets à votre appréciation. Retarder le départ de la 
végétation ou prolonger Thivernage des arbres, ce serait d'abord 
soustraire ces arbres aax dangers des influences atmosphériques 
du printemps. Ce serait erïsûite éloigner Téchéance de la période 
du temps nécessaire pour la maturité des fruits. 

c Evidemment, je n'attends pas de vous une réponse absolue, 
je ne vous demande que Tindication d'essais à faire et.de tenta- 
tives expérimentales. Permettez-moi^ Monsieur^ d'espérer que 
vous voudrez bien faire bon accueil à cette lettre ; votre livre a 
été écrit pour vous créer des adeptes vulgarisateurs, et vous 
pouvez me compter parmi les plus convaincus. 

I Agréez, Monsieur, etc. 

Château de Renay, par Montoire (Loir et Cher). 

« A. Sellier. « 

La réponse au problème qui nous est soumis est d'autant plus 
facile, que la culture artificielle des arbres fruitiers, la culture 
avancée et la culture retardée aussi bien que la culture forcée, 
est tout entière basée sur l'emploi des serres ou des abris vitrés. 

Rien ne serait, en effet, plus simple, dans la plupart dès cas, 
que de soustraire les arbres aux influences météoriques qui, dans 
nos contrées, provoquent au printemps le départ de la végétation, 
ou tout au moins l'une de celles dont le concours est absolument 
indispensable. Il suivrait pour cela de construire les serres ou 
les abris vitrés dans des conditions telles, que les pluies ne 
pourraient fournir au sol l'humidité nécessaire. Aujourd'hui, 
nos serres ne sont pas conditionnées pour être à même de pro- 
duire ce résultat; leur niveau est d'habitude placé à la même 
hauteur que celle du terrain environnant et quoique ne 


- 213 — 

recevant pas l'action directe des ploies, le sol, dans ces serres, 
s'imprègne suffisamment d'humidité pour que le repos végétatif 
ne puisse s'y prolonger en dehors de l'époque natorolle. Il en 
serait tout autrement si. le niveau des serres était surélevé au 
dessus do terrain adjacent, de sorte qoe le développement des 
arbres n'y fût possible que grâce à des arrosemeuts réguliers et 
suffisants. Alors le départ de la végétation ne pourrait avoir lieu 
sans l'intervention de l'homme ; c'est d'ailleurs ce qui se passe 
dans certaines contrées méridionales où les pluies sont rares et où 
tout genre de culture est impossible sans irrigations. 

On ne rencontre ces conditions qu'à titre exceptionnel. Là où 
elles se rencontrent, le cultivateur sait créer des merveilles, rien 
que par l'eau. La culture sous verre lui foornirait en plus le 
moyen de modifier le cpurs des saisons, ou plutôt de faire naître 
les récoltes à contre saison. L'avenir des cultures forcées et 
artificielles est là. 

9 

Ed. Pynaert. 


Chronique apicole. 

L'apiculture est en progrès dans notre pays. Le gouvernement 
s'y intéresse sérieusement et a organisé cette année une suite 
de conférences dans toute la Belgique. Pour chaque localité il 
a été nommé un conférencier spécial. A Gkmd, Alost et Botte- 
lare où M. Fr. Burvenich fils est chargé de cet enseignement^ 
les réunions ont été très suivies. Il en a été de même dans la 
plupart des autres cercles. 

Une Société vient de se créer à côté de celles que nous comp- 
tons déjà, < Les amis des abeilles > du canton de Louvain. Le 
premier n"" des Bulletins mensuels a paru le Ir juillet, dans les 
deux langues nationales. Les organisateurs ont imité, en ceci, 
la Société générale d'apiculture de TAlsace-Lorraine, dont les 
publications sont rédigées en français et en allemand. Les 
noms, que nous trouvons au Conseil d'administration, sont 


— 214 — 

QDe sérieuse garantie pour la bonne gestion de cette nouvelle 
Société. 

En France, il est question d'affilier toutes les sociétés d'api- 
culture à la Société centrale d'apiculture et d'insectologie qui a 
son siège à Paris, au Luxembourg. On espère arriver ainsi à 
Tunion complète des sociétés apicoles. 

Les apiculteurs français, sous l'inspiration de la Société de 
l'Aube^ vont élever par souscription un monument de souvenir 
à M. H. HANUTyCe travailleur infatigable^ fondateur de la Société 
centrale. 

On a organisé cette année de grandes expositions ; celles de 
Strasbourg, d'Amiens et de Besançon ont eu lieu . A Trojes, la 
Société d'apiculture de l'Aube organise une grande fête apicole, 
du 21 au 30 juillet. Nous vojons parmi les prix à décerner, 
figurer une abeille d'honneur! 

D'après les renseignements qui nous arrivent, la production 
du miel sera moyenne cette année. La période de pluie que nous 
subissons est une fâcheuse entrave au butinage sur les tilleuls si 
abondamment fleuris en ce moment. En France il en a été de 
même pour la floraison de TEsparcette (Sainfoin). Dans certaines 
contrées, Tessaimage a été presque nul. Dans notre élevage, les 
essaims sont fort nombreux, dont un bon nombre en mai. Un 
de nos correspondants des Ardennes françaises nous écrit, que 
les essaims ont été exceptionnellement nombreux et qu'il a dès 
à présent des ruches de 105 kil. 

En France, les apiculteurs sont très préoccupés de la restric- 
tion que le gouvernement veut mettre à la liberté de leur 
culture d'abeilles et de la protection qu'ils voudraient voir 
accorder à leurs produits, contre la concurrence étrangère. Il 
parait, en effet, que les articles du code rural récemment votés 
auraient pour effet de rendre l'apiculture à peu près impossible. 
Il est pourtant à noter que cette branche dç l'industrie agri- 
cole donne en France un revenu de plus de vingt millions 
de francs. 

La douane belge, qui jusqu'ici avait laissé libre entrée à la 


- 215 - 

cire gaufrée, avait éprouvé le besoin de la taxer d*UQ droit 
de 10 */». Sur mes protestations réitérées, M. le Ministre des 
ânances a avisé l'administration que < les plaques rimpUmmU 
gaufrées en eire pour ruekes à nUel, peuvent Sire admises librement 
à rentrée sous la dénomination de : Matières animales brutes non 
spécialement tari/lées. » 

Des quantités considérables de miel et cire du Chili, du 
Mexique, des Etats-Unis, des Antilles, de la Havane et de la 
Californie arrivent sur les marchés du Havre, de Paris, d'An- 
vers, d'Amsterdam et de Hambourg . 

Par contre M. le Ministre des travaux publics en France, pour 
satisfaire aux vœux exprimés par plusieurs sociétés apicoles, 
a décidé que les plantations faites le long des routes départe- 
mentales ne comprendraient plus désormais, autant que possible, 
que des arbres fruitiers. 

A Texposition qui vient d'avoir lieu à Strasbourg^ le Statthalter 
en faisant l'éloge des produits de l'Alsace, a surtout mentionné 
ceux de l'apiculture. 

Gn apiculteur anonyme de Trilport vient de découvrir un 
remède de plus contre les piqûres d'abeilles, qui prendra rang 
parmi l'alcool, les alcalis, le phénol, l'eau salée, les compresses, 
les sucs de persil, d'oseille, etc. Ce nouveau remède, qui est à la 
portée de tous, est facile à essayer et l'occasion ne fait pas défaut 
ponr ceux qui manipulent les abeilles ou qui ne craignent pas 
d'approcher d'une ruche. Cette propriété de l'eau de Javelle 
s'explique par la présence du chlore et de la potasse. Le chlore 
est connu depuis longtemps comme efficace pour calmer les 
douleurs, et la potasse et la soude neutralisent les acides les plus 
puissants et doivent réagir contre l'acide formique, qui est la 
base du venin des abeilles. 

N'oublions pas de mentionner un autre produit chimique, 
dont l'emploi en apiculture a été recommandé par M. Ch. Zwil- 
LiNG, secrétaire général de la Société d'apiculture d'Alsace* 
Lorraine. La Naphtaline provient du goudron de houille; c'est 
comme une espèce de camphre ou de paraûne, d'une odeiir 


— 216 — 

pénétrante, rappelant un peu Tacide phénique. La naphtaline 
est employée en grandes quantités dans l'industrie pour la fabri- 
tion d*ttne teintare rouge et elle a on grand pouvoir désinfectant; 
le kilog. pris au détail, revient à peine à 25 c. 

C'est principalement dans la réunion de deux colonies, que 
l'habile apiculteur alsacien préconise l'usage de la naphtaline. 
Quand deux popalations d'abeilles sont destinées à n'en former 
qu'une, il suffît de placer dans chacune des ruches et de l'y 
laisser pendant 12 heares, un morceau de naphtaline gros comme 
une noisette. Au bout de ce laps de temps, les abeilles seront 
pénétrées de l'odeur de cette matière et elles auront perdu la 
faculté de se distinguer entr'elles, Todeur sut genmis qui guide 
leur instinct pour reconnaître les étrangères et les intruses, 
se trouvant neutralisée. Dès lors pas de ces luttes, de ces 
batailles qui déciment les colonies réunies. 

M. ZwiLLiNG pense» que cette matière rendra également des 
services pour chasser certains ennemis des abeilles, comme les 
fourmis, la teigne, la vermine et contre la loque (1). 

Eh napktalisant les abeilles d'une ruche soupçonnée pillarde, 
celles-ci seraient mieux reconnues par les pillées et combattues 
avec plus d'énergie. 

Noas. avons fait usage de la naphtaline avec plein succès. 
Voulant faire l'élevage comparatif avec les abeilles italiennes de 
race pure (ce qu'on ne trouve pas quand on veut), nous avons 
eu l'avantage d'obtenir de M. le prof. Marini, de Milan, par 
l'intermédiaire de notre ami et ancien élève M. le prof. Henri 
MoBRMAN, une reine italienne fécondée, accompagnée d'une 
petite escorte d'abeilles. Nous avons rendu orpheline une de nos 
colonies d'abeilles du pays que nous avons naphtalisée ainsi que 
la ruchette contenant notre reine italienne. Après 24 heures^ 
cette dernière a fait son entrée parmi son peuple ailé et y a 


(1) M. Max. Cornu en a préconisé T usage contre le ver gris (larve de 
la noctuelle). Il suffirait, d'après, la Bevne horticole, d'en mettre une pin- 
cée au fond du trou où on repique les plantes. 


— 217 — 

re^ l'accaeil sinon le ploa enthousiaste, an moins le ptai 
empressé. En œ loonsnt, la colonie grouille de jeuges abnllei 
et de couvain de race italieane. 

Le temps approche où on pourra mettre le mello-extraoteur 
en mouvement. Cet in^nieux engin pour extraire le miel pnr 
«Bt dâ au major antridûen F. Hsdska; rinveodon date de 1860. 
Cet extracteur à force centrifuge est sncon bien rare en Bel- 
giqDe, Cependant, aux expositions et anx conférences où flgnrait 
le matériel de notre exploitation apioole,' la simplicité da méca- 
nisme de notre eitracteur du modèle CoKan't amateur txtfraetùr 
était bien appréciée. 

Les apiculteurs d'ici ont trouvé plus siniple de l'appeler 
BaniU à Miel. 

An congrès de Besançon M. no Gratbllb a vivement 
WDtenn la question du choix du cadre national de 32 o. X 32 c. 
pwr la France. En Belgique, la Société des aplcolteurs d« la 
province d'Anvers a proposé pour notre 
pa^s le cadre de 33 c. X ^ <>■ ^ 
cadre alsacien est de 32 c. X ^ o>; 
celm d'Allemagne (Normal Mass) 
mesure 83 c. X 20 c. dans l'œuvre- 
Le même cadre est en asage en 
Angleterre, mais les Anglais la placent 
dans la ruche en travers I I tandis 
qae, dans les ruches allemandes, il est 
placé en sens contraire, c'est à dire 
dans la hauteur. *'■ - ■•ii«-«n«»*^- 

L'union pharmaceutique des Flandres vient de publier dans 
ses bulletins, une conférence sur l'apicultnre, donnée dans son 
local par l'auteur de cette chronique. 

Pnén. BoRVBNicH pèrt. 


- 218 - 

Fruits yerts et fruits nuisibles à la santé 

publique. 

r 

Notre estimable coUègae M. Ptnabrt a rencontré aagaère, 
dans ce Bfdhtin^ Texcès de zèle mis par la police gantoise à 
confisquer, sans antre raison que leur dureté et lear verdeur, 
des quantités de poires parvenues à leur complet développement, 
mais qui devaient parfaire encore leur maturation.. Depuis que 
M. Ptkaert siège au Oonseil communal de Gand, il a pu, sans 
compromettre la santé publique» défendre les intérêts des pro- 
ducteurs de fruits, et cette denrée n'a plus été considérée a priori 
comme nuisible. Aujourd'hui qu'une loi sur la falsification des 
denrées aliipentaires est sur le point d'autoriser le gouvernement 
à réglementer et à surveiller le commerce des denrées et des 
substances servant à l'alimentation de l'homme et des animaux, 
il ne sera peut-être pas inopportun de revenir un moment sur 
cet objet. 

La loi veut protéger autant que possible la santé publique et 
empêcher les tromperies et les falsifications; mais le légis- 
lateur ne doit-il pas sauvegarder en même temps le^ intérêts 
du producteur qui sont primordiaux? Enlever à celui-ci le droit 
de vendre ou d'exposer en vente les fruits non mûrs de ses 
arbres, ce serait le priver injustement de son bien que rien ne 
permet de considérer comme nuisible. 

Le législateur vise les produits de nature à nuire par eux- 
mêmes à l'alimentation; ces produits ne peuvent être offerts en 
vente ni livrés à la consommation. Seulement il s'agit d^établir, 
dit-on, le moment auquel certains produits, bons en eux-mêmes, 
peuvent devenir malsains ou insalubres. On se trouve ici en 
présence d'une question de fait et l'application de la loi demeurera 
hérissée de difficultés tout comme les ordonnances de police sur 

le même objet. 

Les fruits encore verts ou imparfaitement mûrs seraient de 
nature à nuire au consommateur qui en ferait l'ingestion dans 


- 219 — 

rétat où ils lai sont fournis, sans les soumettre au oomplément 
de maturation que le temps fournira; dès lors ils deviendraient 
nuisibles. Mais est-ce bien le Tendeur qui commet le délit? Que 
l'on prohibe la vente en détail, cela est admissible; mais défen- 
dre la vente en gros, non ! Les distillateurs de Hasselt font un 
genièvre renommé; certains consommateurs en prennent trop t 
le produit est devenu nuisible; faut-il le supprimer? faut-il 
panir les distillateurs ? 

Dans une dé ses réponses aux demandes de la section centrale, 
le gouvernement a fourni des explications dont nous retenoni 
que c si une marchandise est destinée à Talimentation dans des 
conditions telles qu'elle ne puisse nuire à ceux qui la consom- 
meront, le vendeur ne commettra aucune contravention, i Le 
Ministre étaje son argumentation sur la manière de voir des 
jaristes compétents : < Il va de soi, ont dit Cloès et Bonjban, 
que le juge appelé à apprécier si les fruits exposés en vente sont 
nuisibles ou non, doit aussi examiner s'ils sont destinés à âtre 
vendus, au contraire, en assez grande quantité pour être, par 
exemple, convertis en conserves. 

< On sait, en effet, que des fruits verts, mis dans de Teau-de- 
▼ie ou placés dans des bocaux d*une manière quelconque, sont 
l'objet d'un trafic important. ... , que des grosses noix vertes 
qu'on peut peler assez légèrement sans en découvrir le blanc et 
beaucoup d'autres fruits non mûrs peuvent devenir d'excellents 
fruits confits. Il nous parait donc que le but de la vente ou de 
l'exposition en vente doit, de même que l'usage que l'acheteur 
est présumé faire, être pris en considération. > 

Pour nous, il résulte des explications qui précèdent, qu'il ne 
saurait plus être question de considérer comme nuisibles des 
fruits verts ou pour mieux dire des fruits n*avant pas Taspect 
de fruits mûrs et devant attendre de conditions spéciales leur 
maturité complète. Dès lors aussi on ne pourra plus invoquer la 
salubrité publique pour empêcher la vente de ces fruits. 

Ém. RopiGAS. 


♦r- 


— 220 — 

Exposition florale à Namur. 

Coquettement assis au bord de la Meuse» dans un de ces sites 
pittoresques prodigués par la nature depuis Dinant jusqu'à Idège, 
sur les deux riipes de cette charmante rivière, leKursaal de Namur 
Teasemble à une de ces gracieuses villas dont la fortune peuple 
aiyourd'hui les plages. A droite le fort, création de Vanban, 
œuvre imposante encore mais devenue inutile; à gauche les 
croupes verdoyantes des collines dominées par des rochers 
grisâtres; derrière soi les tranquilles jardins, propres et bien 
plantés, réservés par Thospice d^Harscamp aux invalides du 
travail * devant soi le fleuve au lot rapide et pur, sillonné par les 
bateaux à vapeur et les barques plus modestes : tous ces contrastes 
réunis dans un espace étroit doivent feiire rêver le philosophe «t 
le poète. Le 29 juin dernier, cet heureux coin offrait un charme 
de plus : il abritait les richesses que Flore j avait déversées pour 
répondre à Tappel de la Société Royale d'HprticuUure de la 
province de Namur qui ouvrait ce jour-là sa vingt>cini|ttième 
exposition. Et celle-ci était digne d'une fête jubilaire et dépas- 
sait de loin les floralies antérieures de la Société. 

Rivales ravissantes, les Orchidées et les Roses j trônaient en 
reines également aimées; aussi les juges des concours, en cour- 
tisans habiles, ont décerné aux unes et aux autres les mêmes 
palmes, quatre médailles d*or. C'est que nos principaux centres 
horticoles, Gand, Bruxelles et Liège avaient envoyé des plan- 
tes d'ornement et des nouveautés, tandis que les rosiéristes 
luxembourgeois étalaient leurs plus brillantes collections. A eux 
seuls MM. SoupEBT et Notting, MM. Ketten frères, M« Ce. 
Gemen, de Luxembourg, et M. P. Dbwolf, de Boitafort, rem- 
plissaient complètement une vaste tente réunissant les variétés 
nouvelles et les tjpes les plus beaux et les plus parfaits. Les 
amateurs, de leur côté, MM. Mosselman du Ghenqt, Richard, 
SÉPULCHRE, Malevbz, barou A. Fallon, tous namurois* MM. L. 
Grosjban de Bruxelles, G. Henroz de Floreffe, M^* del Mar- 
MOL de S^-Marc, M. Montfront, chef de culture an domaine 


— 221 — 

royal de. Giergnoiiy avaient aocumiilé daas la longue galerie 
adosjsée aa bâtiment do Knrsaal de grandeg et noniJ^reasea ooUeo- 
tions d'élite entre lesquellea Le jury eat bien de la peine à as 
prononcer. 

bes Roses on revenait natareilement aax Orcbidées. M. F. 
Peeters, l'hortioultear bruxellois, exposait un lot de superbe» 
Cattleja et unecoUection d'ensemble donnant ane idée des apports 
qui soatinrent si dignement. Tan dernier, le renom de Thortiaul-' 
tare belge à l'exposition de Paris. Les collections d'élite de 
MM. Hyb-Lbtsen de €kind, Massangk de Loutkex de Bâillon-» 
ville et Fbrd. Kegbuan, le digne président et dernier survivant 
des fondateurs de la Société Royale d'Horticulture de Namur, 
excitaient l'admiration générale. 

Les plantes nouvelles de MM. Jagob-Makôt et C*' de Liège et 
de M. Éd. Fynaert de Gand captivaient vivement l'attention des 
connaisseurs. Dans le lot de MM. Jacob-Makot on remarquait 
des semis d'Antbucium fort beaui et un Palmier de premier 
ordre. Les spécimens de culture*étaieat nombreux dans le grand 
salon. Il y avait là un magnifique KeiMa auitralis et un bel 
exemplaire de Yriesea de M. An. D'Habnb de Ghind ; un ravis- 
sant AHaniuim Farlepense de M. Albert Rigouts, horticul- 
teur d'avenir, récemment sorti de TÉcole de Qand et établi 
à Gentbrugge; un très beau Pandanus de MM. Jacob-Makoy; 
un Anthurium Scherzerianum couvert d'innombrables fleurs et 
appartenant à M Ebgbuan. Celui-ci prenait du reste à divers 
concours une part importante. Ses deux collections de plantes 
de serres à feuillage multicolore, ses Bêrêoloma et Sanerila, ses 
Goleus étaient irréprochables. Et que dire de ses Glominia de 
semis apportant chacun dans leurs riantes fleurs un perfection- 
nement et un coloris nouveau : le jury leur décerna la médaille 
d'or et ne ménagea, au sympathique amateur ni ses acclamations 
ni ses félicitations. M. Kbobljan, avec la modestie qui lui est 
propre, a naturellement reporté une part de ces justes éloges à 
son jardinier, M. J. B. Merveille, qui le seconde dans son 
travail de sélection commencé depuis plus de dix ans* 


— 222 — 

Il noas faut signaler aussi le groupe de plantes ornementales 
exposé par an horticulteur namurois, M. Hildggardb et ceux de 
MM. Jac<w-Ma&ot et de M. Â. RiaouTs^ Ce dernier exposait un 
lot de yingt plantes d'appartement de fort belle venue, ainsi 
qa^une petite collection de Fougères de serre réunissant des 
espèces de toute fraîcheur. 

L'espace nous fait défaut pour tout mentionner. En nous 
limitant aux choses les plus méritantes, nous devons pourtant 
citer encore les Palmiers de MM. Jagob-Makot, la riche 
collection de fleurs coupées et les Fougères translucides de 
M. J. Ohalon, le savant botaniste namurois, et la belle collection 
de Conifères de M. Al. Ohandelier, pépiniériste à Namur. 
Cette énumération suffira pour faire comprendre que ces floralies 
ont en une pleine réussite. Ém. Rodigas. 


Herbier général analytique. — M. M. Buysman, qui réside 
à Middeibourg (Pays-Bas), confectionne des herbiers spéciaux, 
suivant le désir des amateurs. Ces herbiers sont composés de 
types représentés par leur feuillage, leurs fleurs et leurs fruits 
soigneusement préparés et conservant leurs couleurs naturelles. 
Tous les organes floraux sont disposés séparément, le plus sou- 
vent sur papier noir, ce qui permet de les examiner aisément. 
Au besoin les fruits sont mis à Talcooi. Les plantes utiles 
occupent la première place dans ces herbiers qui peuvent être 
d'une grande valeur pour renseignement de la botanique. 

Actuellement M. Butsman a le projet de créer un jardin 
botanique ne comprenant que des plantes utiles (médicinales, 
techniques, commerciales, agricoles, etc.); il fait un appel à 
ceux qui voudraient coopérer à la réalisation de ce projet et 
offre à ses collaborateurs réchange de ses plantes avec les leurs. 

ÊM. R. 


— 223 — 

Varia. 

Bemède contre les ohenilles. — Partout on a signalé Tinva-. 
sion des chenilles et partout on a demandé des moyens à la fois 
simples et énergiques pour arrêter leurs ravages qui compro- 
mettent 00 détruisent les récoltes de fruits annoncées déjà 
comme devant être médiocres cette année. M. A. Sannisr, le 
pépiniériste rouennais bien connu, recommande le remède sui- 
vant : 20 grammes de sel de soude sont dissous dans 10 litres 
d'eau de pluie; à cette solution on ajoute 300 grammes d*huiie, 
de lin et Ton agite le tout jusqu'à parfait mélange. On applique 
le remède au moyen de la petite seringue : l'eflet est instantané. 

Le Paro public de Zaandam, généreusement offert à cette 
localité balnéaire par M. C. Corvbb van WsssBic^a été inauguré 
le 17 juin. Le journal Sempermrens signale avec indignation les 
dégradations de toute nature qu'y ont commis les gavroches de 
l'endroit. Pelouses, plantes, arbustes, bancs et tables et jusqu'à 
la colonne commémorât! ve, tout a été maltraité d'une façon 
scandaleuse • 

Avant hier, 14 juillet, le Jardin zoologîque de Gand a été 
visité dans la matinée par 10,230 personnes et enfants du 
peaple; hier la foule, évaluée à plus de 25,000 personnes, est 
demeurée plus de deux heures au Parc pour l'ascension d'un 
ballon : au Jardin comme au Parc, tout a été complètement 
respecté; pas une rose n'a été enlevée 1 




Boissons de Nèfles. -- Dernièrement M. J. Muir appelait 
Vattention sur le néflier comme arbre d'ornement et sur la nèfle 
comme fruit comestible. Voici que M. Baboud flls fait connaître 
qu'à l'automne de 1888, il a utilisé les fruits d'un certain nombre 
de jeunes néfliers pour en faire de la boisson. Il les a mis en 
fôts cQmme on fait pour les sorbes, raisins» etc. Il a rempli ce» 


-^ 224 — 

fats de moitié nèfles, moitié eau et, la fermentation passée, il les 
a boachés soigneusement. Au mltieu de l*été dernier, il j a mit 
le robinet et, comme il le dit dans la Pomohgie française j il 
a pa constater qu'il avait obtenu une boisson excellente, se 
rapprochant beaucoup de celle de la sorbe. Il en conclut que 
le néflier mérite une plus grande place dans les cultures. 

La Société pomologique amérioaine a tenu, Tan dernier, sa 
session en Floride Elle compte 350 membres répandus dans les 
quarante trois États de lUnion qui nomment chacun un vice- 
président et un membre de la commission. L'admission à chaque 
sesêfôn coûte quatre dollars, mais il est bon d^ajouter qvie le 
titre de membre donne droit à une réduction de 50 70 sur le 
tarif du voyage en chemin de fer et, comme le fait remarquer 
M. Gha&lbs Jolt, dans une note publiée sur cette session, non 
seulement les lignes de la Floride ayaient accordé le voyage 
gratuit à tous les membres du Cangrè^, mais aussi les hôtels 
avaient pour eux diminué leurs prix. Le climat de la Floride est 
exceptionnellement doux^ tous les fruits des tropiques j vien- 
nent parfaitement. Le Congrès s'est occupé de pomqlogje scien- 
tifique et de pomologie commerciale. D'après un des membres, 
Texportation des pommes du Canada, qui en 1870 était de 
20,810 barils, s'est élevée en 1889 au chiffre de 400,000 barils 
principalement en destination de Londres, Liverpool et Glas- 
gow. 11 paraît que les cultures fruitières des États-Unis pro- 
duisent actuellement un revenu de près de 15,000,000 de francs. 




Prodaotion de pommes. — La Nouvelle Ecosse, située entre 
4303O' et 45^55' lat. N., sur les côtes N-E de l'Amérique Sept., 
avec ses hivers très froids, était connue naguère pour sa stéri- 
lité. Aujourd'hui elle produit de grandes quantités d'excellentes 
pommes et ses vergers s'étendent tous les ans par centaines 
d'hectares. Trois comtés (Annapolis, du Roi et Hants) ont 
exporté l'an dernier 300,000 barils pour une valeur de plus de 
â milUons de francSi^ Bm. R. 


S" Série, Toi. IV, H- 8. 


Août 1890. 


BULLETIN 


D'ARBORICULTURE, DE ^FLORIGULTURE 

ET DE CULTURE 'f>OTAGÈRE 

RÉDIGÉ PAR 

Fr. Burvenich/ Éd. Pynaert, Ém. Sodigas Su H. J. Van Huile 

professeurs i TÉcole d*ilorticulture de PÉtst, i Gond 


âc 


tOMBC AIRS. 1. Fréd. Burvenioh père. Variétés de Fraises peu répandues, p. 225. — 
2. F. B. Distinction honorifique, p. 226. — 3. H. J. VanHuUe. Essences d'arbres propres 
aux places publiques, p. 227. — 4. Èm. R. Daphne indica, p. 231. — 5. Fréd. Bur- 
-veniolL père. Cresson de Fontaine, p. 232. — 6. Ém. R, Prune des Béjonnières, p. 235 — 
7. S. J. Gfroemans. Les Iris de pleine terre, p. 236. — 8. Fréd. Burvenioh j^^r^. Rose 
Félicité -Perpétue, p. 238. — 9. J. T. Végétation anormale, p. 240. — 10. Ém. B. Melons dé 
garde, p. 241. — 11. H. J. Van Huile. Plantes de rapport, p. 243. — 12. Ém. B. Arbres 
parasols, p.. 246 — 13. Éd. Pynaert. Nouveaux hybrides de Sfreptocarpus, p. 248. — 
14. lËm. K. Distinction à M. H. J. Van Huile, p. 252. — 15. Fréd. Barvenioh père. 
Chronique apicole, p. 252. — 16. École d'horticulture de l'État, à Gand, p. 255. — 17. Ëm. B. 
Varia, pp. 234, 242. 

Planche coloriée : Variétés de Fraises peu répandues. 

ri g:. 22. — Cresson de fontaine 223 

„ 23.. — Charpente pour Rosiers sarm'enteux ............... 239 

„ 24'. — Stref)tocarpus 249 


V ' - ' ^'i'», . A g 






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et les autres pays de TUnion postale^ 10 Mk. pour rAlieniagney 10 sh. 
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e3i décembre. L'envoi est continué aux abonnés qui n'ont pas donné d^avis contraire. 

L'expérience prouve de plus en plus qu'un des meilleurs moyens de faire des affaires, c'est 
l'avoir recours aux annonces. Sous ce rapport, le ^«/^«/t», eu égard au grand nombre de 
personnes qui le lisent, otTre des avantages très réels aux intéressés. 

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iiORlCUlTrRE.ETC. 


v-ARIETES DE FRAISES PEU REPANDUES. 


— 225 — 


Variétés de Fraises peu répandues. « 

Les trois variétÀBi de fraises reproduites sur la planche qui se 
trouve en tête de ce fascicule, ne sont pas des nouveautés à 
grande sensation, mais de bonnes variétés trop récentes pour être 
répandues, comme^ elles le méritent et assez connues pour que 
nous ayions pu juger de ses mérites réels. 

Nous avons fait reproduire les fruits tels qu'ils sont venus 
dans nos cultures qui sont dirigées plutôt en vue de la production 
du plant que' des fruits. On peut donc considérer les portraits 
comme représentant ces trois variétés de fraises à la moyenne 
de leur volume. 

Le n« 1, Fraisier Secrétaire Ch. ZroUling, représente un de 

nos semis issu de la variété F, Louis Vilmorin. Nous Tavons 

dédiée, avec son autorisation, à notre ami et maître en apicul- 
ture, le secrétaire général de la Société d*apioulture d'Alsace- 

Lorraine. L'apiculture est une branche si intimement alliée à 
l'horticulture et à l'agriculture que nous avons cru pouvoir 
rendre par cette dédicace un hommage mérité à l'habile apicul- 
teur et au savant publiciste. 

Le F. Secrétaire Ch. Zwiîling fructifie depuis trois ans dans 
nos cultures et nous l'avons jugé digne de prendre rang dans 
notre collection qui comporte plus de 125 variétés. 

De même que son ascendant, le F. Secrétaire Ch. ZmUling se 
prête bien au forçage. C'est une fraise plutôt de 2°** que de l'"* sai- 
son, à feuillage pâle, assez abondant et à pétioles courts. Fruit 
allongé conique très obtus, couvert de graines (akènes) rares, 
moitié proéminentes, jaune clair. Chair fondante, blanc légère- 
ment rosé, manquant un peu de fermeté pour la grande culture 
d'exportation, mais en somme un excellent fruit d'amateur. 

Le n° 2 est une variété d'origine américaine que nous culti- 
vons depuis Sans sous le nom de F. Miner' s great proHjlc. 
Elle est très fertile, produit un beau fruit de forme et de volume 

i2 


— 226 — 

toujours régulier et se succédant longtemps ; les premiers fruits 
se récoltent en mai. 

La chair est très ferme, très résistante au transport, ce qui 
la fait ranger parmi les fruits de marché. 

Le n<> 3 est le P. Négresse de Tirlemont. Cette variété quoique 
pas du tout nouvelle est très peu connue des cultivateurs de 
fraisiers. C'est un gain de notre ancien confrère M. Gaujard, 
pépiniériste à Wetteren. Elle est née à Ledeberg, au siège de 
rétablissement où M. Gaujard avait réuni ses cultures expéri- 
mentales et ses principales collections. 

Par ses excellentes qualités elle est une fraise de table où son 
beau coloris foncé produit un agréable contraste avec les fraises 
blanches, roses et rouges. Elle sera très recherchée par tous ceux 
qui la cultiveront pour les conserves et les confitures à régale 
des autres variétés spécialement recommandables pour cet usage, 
comme : British Queen, la Châlonaise, Monseigneur Foumier et 
la Constante. 

Ne pas confondre avec Petite négresse et Reine des noires, 

Fréd. Burvenich père. 


Distinotion honorifique. 

Notre ami M. Ch. Baltbt vient d'être l'objet d'une nouvelle 
distinction. La croix de chevalier de Tordre impérial du 
Japon est accordée à ce travailleur infatigable, à ce fécond 
publiciste, au pomologue distingué dont la France a droit 
d'être fière et que notre Cercle compte parmi ses membres 
correspondants. 

M. Baltbt est depuis 40 ans sur la brèche, luttant pour le 
progrès de l'arboriculture et de la pomologie. Déjà en 1850 nous 
voyions notre confrère, bien jeune alors (il Test encore aujour- 
d'hui) travailler avec ardeur à la société d'horticulture de l'Aube, 
dont il était secrétaire de correspondance. 

Nous adressons nos plus chaleureuses félicitations au nou- 
veau décoré. F. B. 


— 227 — 

Essences d'arbres propres aux places publiques. 

Suivant notre promesse, nous avons à expliquer pour quels 
motifs il ne faudra pas remplacer les ormes de la place 
d'Armes, à Gand. Rappelons d*abord qu'il est élémentaire 
que plus Tendroit où il faudra planter sera enserré de con- 
structions, moins il sera convenable ; donc la place d*Ârmes 
offre moins de chance de succès que les boulevards, où il y a 
déjà plus d'air. Mais même là les dévastations, les contusions, 
les infiltrations de gaz, etc., sont plus à craindre et l'air n'j 
est jamais si pur qu'en pleine campagne. Il va encore de soi que 
la fumée, si abondante dans une ville industrielle, la poussière 
des roulages, la dureté, la froideur du sol, sont également très 
préjudiciables à la végétation. Aussi certaines plantes ne veulent 
réussir d'aucune façon et quoiqu'on fasse dans les villes. Voit-on 
p. ex. jamais récolter des pêches dans Tintérieur d'aggloméra- 
tions, à moins que ce ne soit dans un jardin suffisamment spa- 
cieux? N'y est-on pas obligé de renouveler de temps en temps ses 
rosiers et autres arbustes florifères, si on tient à une floraison 
convenable ? Le gazon lui-même, tellement volontaire à la 
campagne qu'il s'j forme tout seul, ne le voit-on pas disparaître 
à cause des lombrics dans les cours étroites ? Rien d*étonnant 
dès lors que même les arbres les plus robustes ne s'y trouvent 
pas trop à leur aise non plus; ne choisir que les plus volontaires 
est donc de règle. 

Comme tel le Platane occupe le premier rang et si dans le cas 
présent on ne Ta pas pris^ ce n'est point parce qu'on n'y a pas 
songé, mais pour des motifs qu'il serait trop long d'expli- 
quer ici. Viennent ensuite les Ormes, Marronniers d'Inde, 
Érables, Châtaigniers, Peupliers d'Italie, Tilleuls. Est-ce parmi 
ces cinq derniers, tous plus ou moins recommandables, qu'il 
aurait fallu choisir ? Ou bien remplacera-t-on les Ormes malades 
par des Chênes, des Hêtres, des Frênes, des Trembles, des 
Saules, des Bouleaux, des Sorbiers, des Charmes, des Noyers, 


- 228 — 

des Poiriers, des Pommiers, des Cerisiers, des Mûriers. Mais 
qu'on j réfléchisse bien : à côté des mérites que peuvent avoir 
les arbres de cette deuxième série, la plupart ont ^ussi leurs 
défauts, qui les rendent tout à fait impropres à être utilisés 
comme arbres de boulevards. Il y a plus : à part trois, quatre 
exceptions, tous les arbres de ces deux séries sont également 
sujets aux attaques du Cossus, et de Taveu de M. Puls lui-même 
(voir son article du mois d'avril 1887). Restent les Robinia, 
Âilanthus, Paulownia, Gleditschia, Catalpa, Liriodendron, Liqui- 
dambar. Distribuées intelligemment, ces essences font très bien 
dans un parc, mais comme arbres de boulevards ils ne méritent 
certes pas une chaude recommandation. 

Les arguments qu'on vient de lire et qui sont incontestables, 
nous semble-t-il, prouvent assez que le choix d'une essence con- 
venable et à l'abri de toute tribulation dans une situation donnée^ 
n'est pas si facile que le vulgaire et même les entomologues le 
pensent. Aussi quand notre excellent ami M. Puls nous mon- 
trait d'un air triomphant les Ormes souffrants ^e la place 
d'Armes en nous disant : < Vous voyez bien que les Ormes ne 
conviennent pas ici » , lui avons-nous répondu tout simplement 
ceci : < Soit; mais qu'auriez-vous mis à leur place? > < Ça, répli- 
qua-t-il, n'est pas mon affaire, mais celle des arboriculteurs. » Il 
se sauvait ainsi par la tangente, mais en même temps il prouvait 
une fois de plus qu'il est plus facile de critiquer que de faire 
mieux. 

Certes en prenant ses précautions assez longtemps d'avance, il 
y aurait moyen de trouver des combinaisons pour avoir à la 
place d'Armes des arbres convenant mieux que les Ormes; 
voici deux combinaisons. On planterait des Platanes, lesquels, 
devant devenir des arbres de première grandeur, devraient 
être mis non à six mais à douze mètres les uns des autres et ce 
dans le carré extérieur seulement. On les entreplanterait, de 
même que tout le carré intérieur, d'une autre essence tem- 
poraire. Celle-ci pourrait être le Marronnier ou le Tilleul, pous- 
sant tous deux précocement, vu que le Platane ne bourgeonne 


- 229 — 

que très tardivement^ Âa bout de quelques années, et plutôt 
trop tôt que trop tard, on enlèverait l'essence temporaire pour 
ne laisser que les Platanes, qui, à la distance indiquée de douze 
mètres^ pourront se développer librement, deviendront des arbres 
majestueux et jEiuffiront amplement -^ quoique ne se trouvant 
que sur une seule rangée ou plutôt à cause de cela — à remplir 
l'espace et à projeter Tombrage désirable. 

Une autre combinaison serait celle-ci. Planter tout le carré 
et les deux lignes, à dix mètres les jans des autres, de Charmes, 
entreplantés de Hêtres ordinaires ou mêine noirs comme essence 
temporaire. Nous ne connaissons pas d'arbres d'un habitus plus 
élégant et ayant si peu à souffrir des maladies et des insectes. 
Tout ce qu'on peut leur reprocher, c'est d'être lents à venir dans 
le principe. Mais une fois bien lancés, ils se développent à mer- 
veille. Que ceux qui doutent veuillent bien se donner la peine 
d'aller voir le Charme que nous avons planté au Jardin botanique, 
il y a une bonne vingtaine d'années, et les Hêtres noirs que nous 
avons mis, il j a une quinzaine d'années seulement, à l'entrée 
du cimetière de la porte de Bruges. 

Si donc dès à présent la Ville mettait à une distance suffisante 
les uns des autres — par ex. un plant entreplanté entre chaque 
arbre définitif des boulevards les plus récemment plantés — 
d^ici à quelques années elle aurait à sa disposition des sujets très 
forts et formant de solides remplaçants. 

Mais avant qu'on ait ceux-ci, ou avant qu'on ne connaisse rien 
de mieux à mettre à leur place, faire disparaître les Ormes 
actuels de la place d'Armes serait un véritable acte de 
vandalisme. Si ces Ormes souffrent^ sont-ils pour cela incurables? 
Après avoir prétendu durant quatre ans qu'ils étaient atteints 
de Scoljte, ennemi des Ormes malades^ voilà que tout à coup 
le même alarmiste constate que c'est au contraire du Cossus, 
ennemi des Ormes vigoureux^ qu'ils souffrent. C'est fort para- 
doxal, nous semble-t-il. Non, ces arbres n'ont jamais été malades 
et nous doutons qu'ils aient jamais eu des Scoljtes : dès l'année 
qui a suivi la déplantation et jusqu'à ce moment leur vigueur est 


— 230 — 

remarquable, mais le Cossus les a envahis, tel est le vrai état de 
choses ; toutefois le cas est loin d'être désespéré. 

Au fait, des Ormes atteints do Scoljtes ou de Cossus peuvent 
vivre longtemps ainsi. Ce dernier insecte est cependant fort 
redoutable : non seulement les nodosités que ses morsures et ses 
perforations provoquent rendent les branches et surtout les 
troncs hideux à voir, mais si les vers sont nombreux au collet, 
c'est-à-dire au pied de l'arbre — ce qui arrive souvent lorsqu^on 
y laisse croître des herbes — ils y rongent le bois, font périr 
récorce sur tout le pourtour et finissent ainsi par tuer infaiU 
liblement leur victime. Cela est arrivé à quelques ormes du 
boulevard des Hospices, où on laisse l'herbe croître au pied ; 
cela ne doit pas arriver à la place d'Armes, où le sol est nu et 
où on peut de temps en temps déchausser plus ou moins au 
collet et faire la chasse aux vers. 

C'est là un des moyens les plus indispensables à appliquer, 
indiqué du reste entr'autres par M. Puls dans son article d'avril 
1887, où il dit ceci : < rechercher en été les Cossus dans leurs 
galeries et à l'aide d'un fil de cuivre crochu, les en extraire ou 
les y écraser au moins; durant l'hiver les dénicher d'entre 
récorce morte soulevée, où la chenille enveloppée d'une légère 
coque va s'abriter; déchausser de temps à autre le pied de 
Tarbre et ne jamais y laisser croître ni herbes, ni mousses, ni 
lichens; aviver à Taide d'un couteau tranchant les plaies exis- 
tantes et les mastiquer; faire la chasse aux jeunes chenilles, qu'au 
mois d'août on trouve errantes sur le tronc, cherchant à s'intro- 
duire dans les blessures faites par les griffes des élagueurs. • 

Nous sommes convaincu que plus scrupuleusement on suivra 
ces recommandations, plus on peut être, certain que les Ormes 
de la place d'Armes non seulement ne mourront pas, mais gar- 
niront encore pendant de longues années notre promenade 
favorite de leur épaisse verdure. 

Se disant sans doute que : en coupant toutes les branches 
jusqu'au tronc, on se débarrasse ainsi du coup des Cossus qui y 
nichent, on a appliqué ce système à une douzaine des Ormes 


— 231 — 

les plus atteints. La vigueur avec laquelle ces arbres ont repercé 
prouve surabondamment qu'ils ne sont pas très malades. C'a 
donc été en lui-même un bon travail que de pratiquer pareil 
ravalement; c'est dommage seulement que, en l'appliquant 
par-ci par-là à un arbre souffrant, on doive nuire par là si siu- 
galièrement au bel et régulier ensemble de la plantation. Il faut 
donc se demander si au lieu d'agir ainsi, on ne ferait pas mieux 
de suivre plutôt les recommandations detantôt.Si malgré elles de 
temps à autre par-ci par-là un arbre devient trop malade, qu'on 
le remplace tout bonnement par un autre Orme pris dans les 
réserves de la ville : rien ne sera plus facile, grâce au chariot 
déplanteur dont notre bourgmestre a fait cadeau à la ville, 
comme on l'a si bien dit dans le temps. 

Voilà les principaux motifs plaidant en faveur de la conser- 
vation des Ormes à la place d'Armes à Gand. 

H. J, Van Hullb. 


Daphne indica. 

Le genre Daphne comprend aujourd'hui environ quatre-vingts 
espèces déterminées^ réparties en quatre groupes, les Eudaphne, 
Daphnanthes, Genkwa et Ëriosolena. 

Le Daphne indica, considéré par quelques botanistes comme 
une variété du Daphne odora, se distingue par ses feuilles ovales 
aiguës et ses fleurs blanches au duvet soyeux. La plante fleurit 
en mai et juin, a des exigences très minimes et est d'une grande 
solidité. Nous nous rappelons avoir bouturé un bourgeon de deux 
feuilles muni de son bouquet terminal de fleurs ; ce bourgeon 
avait boudé une année entière après avoir formé dès l'abord un 
faible bourrelet, puis brusquement il est entré en végétation et 
nous a donné une belle et bonne plante. Celle-ci se contente d'un 
compost de terre de bruyère et de terre de jardin, au dessus d'un 
bon drainage. Nous avons en une plante palissée contre le mur 
d'une serre et plantée dans la plate bande avec d'autres végétaux ; 
toute la serre en était parfumée. Il existe une variété à fleurs 
blanc presque pur. Ém. R. 


— 232 - 

Cresson de Fontaine. 

Les Bulklins ont encore traité de cette plante, mais il est bon 
d'y revenir, car il ne semble pas qu'on ait fait jusqu'ici de 
grands efforts pour en peupler les pièces d'eau dans les jardins. Et 
cependant, on se ferait scrupule de laisser une bande de terre in- 
occupée, ne fût-ce qu'une simple planche de potager, tandis qu on 
laisse incultes des flaques d'eau de toute forme et de toute dimen- 
sion, auxquelles sans préjudice pour le poisson — au contraire 
•— on pourrait faire produire cette précieuse plante. 

Combien de personnes parmi celles qui ont visité l'exposition 
de 1889 à Paris se rappellent avec délices le beefteack et le 
quart de poulet au cresson. Aussi quelle consommation; en 
temps ordinaire la grande capitale consomme plus de 5 millions 
de kilogr. de cresson de fontaine. Les marchandes de quatre- 
saisons annoncent leur marchandise par le cri : < La santé du 
corps. > C'est qu'en effet le cresson a des vertus médicinales très 
appréciées par les personnes qui ont le sang épais ou échauffé ou 
qui souffrent d'affections aphteuses ou de faiblesse de gencives. 
Du cresson de fontaine macéré dans l'eau de vie constitue une 
excellente liqueur pour les soins de la bouche. 

L'école de Salerne.nous fait le récit en vers de toutes les 
qualités du Nasiurtium officinale. 

Le cresson retient la perruque, 

Du sommet jusqu'à la nuque. 

Si vous en frottez les cheveux, 

Ils en viendront plus fort et mieux. 

Des dents il apaise la rage, 

Guérit dartres et feux volages. 

» 

Le cresson pousse à l'état sauvage dans les eaux courantes 
et il se maintient dans toute eau non corrompue, à fond légère- 
ment vaseux, lorsqu'on l'y introduit. Il existe de vastes cres- 
sonnières aux environs d'Ërfurt (Prusse) et en France, 
notamment aux environs de Paris. Les eaux d'égoût après fil- 


— 233 - 

tration, c'est-à-dire, apr&s avoir fertilisé en y laissant lear 
limoD Tisqneax, les plaines sablonneases de Oennevilliers et de 
St-Qermain, servent en partie & alimenter les oressonnièrea . 
Nous avona tu de grandes cressonnières aux environs de Bor- 
deaus où la petite plante flottante, Atoh caroUneana, est un 
eanemi redoutable à combattre. Cette jolie petite végétation, 
qni transforme les eaux dormantes an beaux tapis vert pâle moi- 
rés de rose, se développe à la façon des Lemna (Lentille d'eau), 
mais avec plus d'intensité puisqu'elle flnit par envahir et tuer 
celle-ci. Le cresson trouve au sein des eaux d'autres ennemis du 
règne végétal : les Bjfdrockarit, la Berle (jSï«m laiifolium), le 


Pelyçonum amphUium, la Renoncule et la Véronique d'eau. Oa 
se débarrasse des Lemua et des âsoîa en haussant le niveau de 
l'eau; elles se trouvent ainsi isolées du cresson et il est facile de 
les pécber avec un filet formé de toile, à jour. 

NoDs cultivons pour peupler les eaux le Cresson de fontaine 
iouxd'Erfart, variété améliorée du cresson ordinaire. On sème 
en terrine, en terre composée de moitié terreau moitié terre 
francbe ou dans de la vase séchée et réduite en miettes qu'on 
tient fraîche et à l'ombre. 


— 234 — 

On repique chaque plante en un petit pot qu*on enterre dans un 
endroit frais et humide au jardin et on ne ménage pas les arro- 
sements. Dès que les plantes émettent des rameaux couverts de 
racines adventives, on les coupe par fragments (fig. 22) pour 
garnir d*autres potées. Dans les eaux peu profondes, on peut 
jeter simplement les plantes sans leur pot ou les planter dans le 
flanc de la herge à niveau de Teau. Pour les eaux profondes, on 
construit une petite flottille de fascines et on j installe les 
plantes avec un peu de terre. On peut faire à présenta peu de 
frais de petites cressonnières artificielles en ciment. Ce sont 
de petites rigoles de 25 c. de profondeur, légèrement en pente 
(1 c. par mètre) et entrecoupées de distance en distance par des 
petits barrages en pierres de roche. Ces fossés sont alimentés 
par le haut au moyen d'eau de puits, qui ne doit jamais se renou- 
veler, on se contente de remplacer celle qui se perd par évapo- 
ration. Si les Lemna venaient envahir ces cressonnières, il 
suffirait de les faire déborder. Il est très recommandable de 
construire dans les barrages et ça et là sur la berge, des poches 
communiquant avec l'eau et dans lesquelles on plante des touffes 
d'Iris pseudoacor us t des Acorus, des Typha et autres plantes 
dont les longues racines iront tapisser le fond de leau qu'elles 
tiendront pure en absorbant, grâce à leur voracité, l'excès de 
matières organiques qui s'y accumulent. Les cressonnières de 
l'espèce, établies avec quelque goût^ peuvent être un objet 
d'embellissement dans un jardin. Fréd. Burvenich père, 

Folygonnm lanigerum R. 6r. — Cette espèce est signalée 
comme une précieuse nouveauté; elle est originaire de Natal 
et s'élève à plus de deux mètres. La souche est vivace. Les tiges, 
d'un rouge brun, sont garnies de grandes feuilles lancéolées, 
ondulées et tellement couvertes de petits poils qu'elles en 
paraissent comme argentées. Les inflorescences sont des grappes 
d'un rouge incarnat surgissant vers la fin de l'été. La plante 
se multiplie par division des souches et ne demande qu'une 
exposition bien ensoleillée et des arrosements abondants 
durant Tété. Ém. R. 


— 235 - 

Prune des Béjonniôres. 

Dans son Traité de culture fruitière, commerciale et bourgeoise, 
livre utile par excellence et que nous recommandons à tous ceux 
qui s*occupent d'arboriculture fruitière, M. Charles Baltbt 
passe en revue les meilleures variétés de prunes et est amené à 
classer la j^rt^^ des Bijonnières comme troisième pour les arbres 
en haute tige ainsi que pour les arbres du verger commercial; elle 
est la sixième pour les arbres en basse tige ; elle est donc bien 
Dotée pour toutes les situations. 

La Revue Horticole consacre à cette bonne et jolie variété sa 
planche du 16 mai dernier et l'estimable auteur précité qui saisit 
cette occasion de refaire Téloge de cette variété, n*hésite pas à 
placer la prune des Béjonnières immédiatement après la Reine 
Claude et la Mirabelle, les deux variétés qui occupent la pre- 
mière place dans Talimentation, comme fruits de table, fruits à 
conserve et fruits à confiture. 

Voici comment la variété est décrite : c L'arbre est de bonne 
vigueur, ramifié et d'une grande fertilité ; il a donné des preuves 
de rusticité pendant le grand hiver de 1879-1880. Les fruits 
groupés par bouquets ou disséminés le long des branches sont 
de grosseur moyenne.... La peau est jaune ambre picotée de 
carmin; Tépid^rme, fin, est fleuri de blanc carné. La chair 
assez ferme, de teinte jaunâtre, se détache parfaitement du 
noyau, le jus est abondant, sucré, relevé d'une saveur d'abricot. 

« Ce fruit est de toute première qualité. » 

La maturité arrive dans la première quinzaine d'août. 

Cette prune est née, parait-il, à la ferme des Béjonnières où 
André Leroy, d'Angers, avait installé d'importantes cultures 
d'arbres fruitiers de diverses essences. 

Ém. R. 


- 236 — 

Les Iris de pleine terre. 

Parmi les plantes vivaces de nos jardins il y en a fort peu 
qui puissent rivaliser avec les Iris, aussi bien avec les variétés 
de VIrisçermaniea qu'avec celles des Iris XiphiumetZiphioides 
et espèces voisines. Une remarquable collection des premières 
se trouve au Jardin des Plantes à Paris. Il y a là un très long 
parterre en bande semi-circulaire devant le magnifique muséum 
de zoologie ; les vieilles plantes bien établies, quand elles sont 
en fleurs attirent Tattention de tout le monde. Les toufifes sont 
fortes et les fleurs nombreuses et grandes, leurs couleurs ne sont 
pas moins belles ni moins variées que cbez les Orchidées, qui 
nous coûtent tant de peine et de frais. Certes, il j aurait de quoi 
les trouver bien plus belles encore, si malheureusement on ne 
les cultivait pas en pleine terre. 

Décrire leurs organes floraux avec leurs nombreux coloris et 
variations est presque impossible et réclamerait une plume plus 
exercée que la nôtre. Aussi ne voulons-nous pas nous j hasarder; 
ce que l'on trouve dans les catalogues et dans les livres généra- 
lement n'est que Ténumération de quelques-unes des teintes 
principales, qui ne peuvent donner qu'une très faiblia idée de 
ce que la fleur nous présente réellement. 

Les variétés de VIris germanica, parmi lesquelles on compte 
beaucoup d'hybrides et autres espèces, sont très nombreuses. 
Au Jardin des Plantes la collection de grands spécimens com- 
prend plus de 75 sortes. Il serait difficile d'y faire son choix; 
nous en avons marqué quelques-unes des plus belles, mais on 
aurait pu noter tous les noms comme désignant des variétés 
recommandables. — Des fleurs telles que Fairy Queen^ atro- 
purpurea. Donna Maria, i/"»« Chereau, Othello, palliaa var. 
Poiteau, spectabilis et autres doivent plaire à tout le monde. 

Leur culture est des plus faciles. Ces Iris poussent dans 
presque tout terrain, qu'il soit sec ou humide, ombragé ou 
exposé au soleil. N'oublions cependant pas que VIris Eaempferi, 
l'espèce japonaise si distincte et si belle, et encore quelques 


— 237 — 

autres ne veulent que des endroits humides, et bien ensoleillés. 
Un fait à rappeler c'est qu'une fois les Iris plantés, il faut les 
laisser en place; contrairement à ce qui a lieu pour la plupart 
des plantes vivaces, qui veulent être transplantées tous les trois 
ou quatre ans, pour bien fleurir et rester vigoureuses. Les Iris 
souffrent et perdent beaucoup de force lorsqu'on les dérange. 
Les souches de ces espèces n'aiment pas non plus à être trop 
enterrées ; surtout en hiver on risquera de les perdre par la 
pourriture. Pour cela un terrain sablonneux et bien drainé est 
essentiel pour les tenir en bonne santé. 

Dans le dernier temps nos collections se sont enrichies de 
nouvelles espèces dont plusieurs à floraison très précoce. Un 
certain nombre tout en étant des plantes très naines, méritent 
d'être mieux connues ; non seulement elles sont recommandables 
pour la culture en pleine terre mais bien plus encore pour la 
décoration des orangeries et des serres froides en hiver. Il j a 
aiasi Vins reticulata et ses variétés, VIris Bakeriana^ VIris 
Koîpakowsâiana et les Iris persica. Aussitôt que l'amour pour 
les plantes vivaces aura pris un grand développement dans nos 
contrées^ suivant l'exemple des Anglais parmi lesquels les 
amateurs sérieux abondent à présent, nous pourrons compter 
aussi rencontrer plus fréquemment ces plantes dans nos jardins. 
Les Iris ne sont pas seulement un ornement réel pendant la 
ûoraison, mais ils le restent durant tout Tété. Leurs longues 
feuilles vertes et recourbées au bout, leur donnent l'aspect d'un 
Phormium en miniature et impriment un cachet subtropical 
aux endroits où on les cultive. 

Paris, juin 1890. H. J. Gobmans. 


Erratum. — Dans notre compte-rendu de l'exposition de la 
Société royale d'horticulture de la province de Namur une 
erreur de plume nous a fait attribuer à un autre, la magnifique 
collection de Conifères exposée au KursaalparM. H.Parmentier- 
HouLLET, pépiniériste» à Namur. 


— 238 — 

Rose Félioité-Perpétue 

Il ne s'agît pas ici d'une de ces nouveautés à sensation, d'une 
rose de 35,000 dollars par exemple. C'est l'humble rosier 
sarmenteux, obtenu en 1828 par Jacques, jardinier du duc 
d'Orléans à Neuillj, que nous présentons à nos lecteurs. 

L'orthographe du nom tel qu'il figure dans certains catalogues 
pourrait causer une certaine déception à ceux qui cultiveraient 
cette jolie rose : Félicité perpéimlle! une rose qui ne fleurit que 
pendant deux mois en produisant tout le long de ses branches 
grêles, une véritable avalanche de gentilles petites fleurs doubles 
comme des roses Pompon et du teint blanc carné le plus délicat. 
C'est bien FéHeUé-Perpétue qu'il faut écrire, Félicité et 
Perpétue, deux saintes illustres de l'antiquité qui, s'étant 
liées d'une étroite amitié, étaient devenues inséparables. Elles 
ont été mises en prison en même temps et ont subi ensemble la 
mort des martyrs, livrées aux bétes sauvages dans l'amphithéâ- 
tre de Carthage. 

Nous avons déjà entretenu nos lecteurs de cette belle série 
de roses sarmenteuses ou grimpantes; nous ne reviendrons 
donc pas sur certains détails. 

Toute la série des Rosiers sarmenteux se compose d'espèces 
vigoureuses originaires pour la plupart de l'Amérique du Nord, 
de l'Asie orientale et d'Afrique. Celle dont nous parlons est 
une des plus vigoureuses et appartient à la catégorie des Rosiers 
toujours verts, c'est-à-dire conservant leurs feuilles pendant 
l'hiver, comme son ascendant Xosa sempervirens major. 

Par sa végétation luxuriante et sa grande rusticité, la 
R. Félicité'Perpétue convient mieux que toute autre pour couvrir 
des pans de murs, des pignons de serres, des tonnelles, des 
arceaux et pour former des guirlandes. Ellç convient le mieux 
aussi pour former une belle tige, qu'on fait monter jusqu'à 
2 mètres de hauteur pour en laisser choir ensuite les longues 
branches gracieuses et flexibles. C'est bien là l'idéal de ce qu'on 


est C0DV6DU d'appelei* le Rosier pleureur, vivant bien plus long- 
temps qu'étant greffé en tête sur grands églantiers. 

Notons en passant, qu'il n'est plus aisé de trouver ces 
derniers; par suite de la grande extension qu'a prise la culture 
du rosier, toutes les stations naturelles de l'églantier ont été 
mises en coupe réglée, elles sont épuisées. 

Nous avons soumis à l'essai une collection de rosiers sarmen- 
teui d'origine hongroise provenant de divers 
croisements entre mullijlora et Ayrzhire, 
ntj/osa et multijlora, etc. 

Le Sosa ruèifolia, fécondé par diverses 
autres variétés, a produit aussi quelques unes 
de ces variétés, mais chei presque tontes nous 
avons constaté une végétation insuffisante 
pour des rosiers sarmenteux. Toutes les roses 
sarmenteuses ont le défaut de ne pas être 
remontantes. Mais on peut remédier à cet 
inconvénient en posant ça et là des écussons 
de rosiers Tbés et Noisettes qui affectent une 
végétation sarmentense et apportent à l'en- 
semble une plus longue durée de floraison et 
des teintes que ne possèdent pas les rosiers 
sarmenteux. 

Le R. de la Oriferaye cultivé en haie, se 
prête admirablement à ce sui^reffage. On 
peut même laisser dépasser de distance en 
distance un jet vigoureux et j grefler des 
variétés qu'on cultive en tête au-dessus de la ^roïiera'sBmêSeîi" 
haie. Nous avons séparé notre établissement du jardin attenant 
par une haie de roses; notre voisin qui est grand amateur de 
fleurs, n'a pas protesté. Les haies de roses deviennent à la 
mode et bientôt on les verra partout où le maraudage n'est 
pas à craindre. 

On peut faire de belles pyramides fleuries on établissant 
sur les pelouses de petites charpentes (fig. 23) composées d'un 


— 240 — 

solide montant central entouré de fils de fer tendus qu'on 
garnit de rosiers sarmenteux variés. 

A rÉcole dliorticulture de TÉtat à Gand, tous les montants 
des contre-espaliers sont garnis de rosiers sarmenteux qui 
produisent un très bon effet et enlèvent aux charpentes en fer 
beaucoup de leur raideur. 

Pour terminer cette notice nous donnons les noms des variétés 

m 

à préférer : 

1° Blano et blano camé. 

Belle de Baltimore, Bijou de Lyon^ Félicité-Perpétue, Polyan" 
thay William's Evergreen. 

2» Bose. 

Bijou des prairies, Eva Corinne, Laure Datoust, Af°»« Sancy 
de Paroiire. 

S"" Bouge. 

De la Oriferaye, OmetneiU des bosquets. 

Frbd. Burvenigh père. 


Végétation anormale. 

M. Thibaut, arboriculteur à Mont sur Marchienne, nous 
communique le fait suivant : 

c On me montre un phénomène de végétation que je crois 
devoir vous signaler. 

€ Une plante de pomme de terre n'ayant pas été buttée, la 
tige s'est cassée à 8 cm. en dessous du niveau du sol et il s'est 
formé des radicelles au dessus de la section. Mais comme 
celles-ci ne pouvaient se fixer convenablement à cause de la 
mobilité du plant, il s'est formé des tubercules le long des 
tiges (fanes) en plein air et ils ont atteint 2 à 3 cm. de diamètre. 

€ Je pense que la sève élaborée et le temps humide sont les 
causes de ce développement des tubercules. » J. T. 


- 241 — 

Melons de garde- 
Les amateurs de ces fruits rafraîchissants et savoureux sont 
nombreux et pour beaucoup de personnes la saison normale n'en 
est jamais assez longue. Dans les pays méridionaux, la garde des 
melons est faite sur une grande échelle, de manière à pouvoir 
offrir encore de ces fruits jusqu'en janvier et même février. 
Toutes les variétés ne conviennent pas à la conservation ; les 
cantaloups, les melons brodés et les melons à rames ne durent 
généralement qu'une courte saison et on est obligé de les 
consommer peu de temps après la cueillette. Cependant les 
melons brodés de Cavaillon, à chair rouge et à chair vert pâle, 
peuvent être gardés tout un temps. Il en est de même des 
melons Ananas lorsqu'ils sont cultivés en dernière saison. Dans 
un article très complet, publié dernièrement dans la Hevue 
Horticole^ M. Carrière cite encore parmi les melons de garde 
le melon de Honfleur, à chair épaisse d'un rouge orangé; le 
melon maraîcher de Saint Laud, à chair ferme rouge orangé; 
le melon muscade des Etats-Unis, à chair verte et le melon 
Pichon. Mais Tauteur donne naturellement la préférence au 
groupe des melons d'hiver qui, après avoir parfait leur dévelop- 
pement, ont besoin d'achever encore leur maturation après la 
cueillette. Il les compare avec raison aux poires d'hiver qui 
doivent conquérir au fruitier toutes leurs qualités. 
Dans le groupe des melons d'hiver, Fauteur cite : 
1° Le Tnelon de Malte d'hiver à chair rouge, à côtes bien accen- 
tuées quoique peu profondes, vert grisâtre marqué de ânes brode- 
ries linéaires ; chair rouge ferme, assez épaisse, de bonne qualité 
quand le fruit est bien mûr. 

2'' Le melon de Malte d'hiver à chair verte, appelé aussi melon 
de Valence parce qu'il est beaucoup cultivé dans le midi de 
TEspagne pour l'hiver. 

3^^ Le melon de Perse^ en forme de fuseau, très aliongéiatténué 
aax deux bouts ; chair verte, écorce lisse, vert foncé. 


— 242 -< 

4° Le melon de Chyprey se rapprochant du melon de Malte à 
chair rouge. 

5° Le melon d'Aniibes blanc d* hiver ^ à chair verte, à peau 
unie non côtelée. 

Les melons de garde et les melons d'hiver doivent être semés 
relativement tard de manière que le complet développement 
arrive le plus tard possible. Il suffit que la cueillette puisse se 
faire avant l'arrivée des froids. 

Les melons de garde étant cueillis sont conservés dans un local 
analogue au fruitier. Ce local^ dit M. Carrière, doit être sain 
et jouir d'une température aussi régulière que possible; quant à 
celle-ci, elle doit être relativement basse : à peine quelques degrés 
au dessus de zéro suffisent. Dans le cas où la gelée serait suscep- 
tible de s'y faire sentir, on la combattrait avec un poêle, ou 
seulement avec des terrines contenant du charbon allumé 
(braseros). L'important aussi c'est que ce local soit dépourvu 
d'humidité. Dans le midi, les melons disposés dans de la ficelle 
croisée, comme dans un filet, sont suspendus au plafond dans des 
endroits à l'abri des variations trop brusques de la température. 

ÉM. R. 

Maladie des Caféiers au Brésil. — Cette maladie qui a été 
constatée déjà il y a une vingtaine d'années dans le nord de la 
province de Rio de Janeiro, s'étend aujourd'hui sur environ 
300,000 hectares. Le produit du café brésilien s'en trouve 
décimé. Le préjudice causé pour les trois centres de Cantagollo, 
San-Fidelis et Santa Maria Magdalena est évalué à 125 millions 
de francs. Le mal semble causé par une anguîllule micros- 
copique de l'ordre des nématodes. La moisissure qui vient 
ensuite, ne serait qu'une cause secondaire de destruction. 
D'après les expériences faites par le D*^ Goldi, il faudrait éviter 
les terrains sablonneux et choisir pour les plantations les terres 
argileuses. Il faut ensuite se servir de plants absolument indem- 
nes et brûler sans merci ceux dont les racines montrent la 
moindre irrégularité. Un seul plant dont les racines sont attein- 
tes, peut causer la ruine de toute une plantation. Ëm. R. 


— 243 — 

Plantes de rapport. 

La plupart des plantes cultivées méritent ce nom, attendu 
que de toutes on attend un rapport ou produit quelconque. En 
effet, celles appelées à'agrément nous donnent en retour de nos 
peines un beau port, un feuillage élégant, décoratif, ou des âeurs 
aux formes ou aux couleurs séduisantes, tandis que les végétaux 
à'uiilité nous procurent les matières en quelque sorte indispen- 
sables à notre existence. Les premières intéressent plus spéciale- 
ment Tamateur ; les secondes préoccupent presqu'exclusivement 
le cultivateur; encore ce dernier est-il ou jardinier ou agricul- 
teur, suivant les genres de plantes d'utilité dont il s'occupe et 
suivant qu'il les cultive en champ clos (jardin) ou champ ouvert 
(campagne}. 

Mais si toutes les plantes qu'on cultive rapportent — et ce 
même d'autant plus qu'on les cultive mieux et que le sol leur 
est plus propice — tant s'en faut que toutes donnent le même 
rendement. Ne pas confondre donc rendement avec rapport : 
ce dernier, petit ou grand, existe toujours, tandis que par 
rendement il faut plutôt entendre le bénéfice que le rapport 
laisse après défalcation des frais de culture. A ce titre là, on 
comprend qu'il peut y avoir parfois certaines plantes dites de 
rapport qui ne donnent aucun rendement et qui même consti- 
tuent le cultivateur en perte. 

Il convient dès lors que ce dernier examine avant tout * 
non seulement quel peut être le rapport de sa culture, mais 
quels seront les frais qu'occasionnera cette dernière, de même 
que les probabilités de l'offre et de la demande. Nous avons 
démontré dans le temps qu'il n'y aurait pas de culture plus 
simple et plus lucrative que celle de petits radis, pouvant 
rapporter jusqu'à dix mille francs l'hectare en quatre mois de 
temps. Seulement, avons-nous ajouté, ce rendement ne sera 
atteint et ne se maintiendra que pour autant qu'on soit et reste 
\ seul à le produire. En effet, dès que les confrères auront vent 


— 244 — 

de la chose ils se mettront également à la besogne et, la 
saison venue, il j aura plus d'offre, moins de demande, baisse 
de prix et en fin de compte un rendement moindre et même nul. 

Le même raisonnement est fondé pour toutes les cultures. 
Toutefois, il 7 a certaines catégories de plantes d'un rendement 
plus considérable qu'on ne le pense, mais qu'on ne cultive 
cependant que trop rarement, ce parce que .leur produit n'en* 
trant pas d'une manière aussi ostensible dans la consommation 
générale, passe inaperçu. Les plantes officinales sont de ce 
nombre. 

Récemment, dans une conférence à Berlin, le D*^ Tschirch 
s'est occupé de cette question au point de vue de TAUemagne. 
D'après lui ce furent les Arabes qui s'occupèrent les premiers de 
la culture en grand des plantes médicinales. Des restes de ces 
cultures, parmi lesquelles figure, par exemple, celle du safran, 
se rencontrent encore en Espagne. En Allemagne, Charlemagne 
introduisit la culture des plantes médicinales et ordonna même 
qu'elle se pratiquât dans ses propres jardins ainsi que dans ceux 
dont l'établissement dépendait du consentement de l'empereur, 
tels que ceux des couvents. Aux XIIP, XIV et XV° siècles, et 
de nouveau plus tard, aux XVIP et XyiII" siècles, divers 
États de l'Italie et aussi les Hollandais se firent surtout remar- 
quer par leurs efforts en vue de cette production spéciale des 
plantes médicinales ; pendant longtemps les jardins botaniques 
furent les principaux endroits où elles se rencontraient. 
' Au siècle dernier régnait en Allemagne l'opinion que l'on 
devait considérer toute plante sauvage comme jouissant de 
propriétés curatives ; on pensait qu'elles devaient au moins avoir 
un effet hygiénique sanitaire. C'est de là que vient la qualifica- 
tion fréquente de « offldnalis > qui leur est donnée dans le 
langage botanique. Aujourd'hui que, par l'analyse chimique, 
on s'occupe de déterminer les éléments actifs des plantes, l'on 
est considérablement revenu de l'opinion précédente, au point 
que la seconde édition de la pharmacopée allemande ne renseigne 
plus que douze plantes médiciuales. Les principaux centres de 


- 245 — 

prodaction sont : Colieda, type de la production en grand ; 
Jenal5bnitz, type de la production en petit. 

Gôlleda cultive 34 hectares de menthe poivrée, 18 hectares 
de menthe crépue, 35 hectares d*angélique et 57 hectares de 
valériane. En 1877, Ton y a récolté pour 54,625 fr. de menthe 
poivrée, pour 43,750 fr.de valériane, pour 19,750 fr.de menthe 
crépue ou baume sauvage (Mentha rotundifolia), pour 33,750 fr. 
d'angélique. Malgré Timportance de ces nombres, il ne faut 
cependant pas considérer la spéculation comme donnant de 
forts bénéfices, car la culture exige beaucoup de connaissances, 
d'aptitudes, de soins; si l'on veut éviter des pertes sensibles, 
il faut observer scrupuleusement le moment favorable à la 
récolte, les méthodes de séchage, etc. Enfin, le succès est au 
plus haut point aléatoire, soumis aux chances du hasard, de 
sorte que, en somme, le bénéfice n'est jamais très élevé. On 
eutead souvent au contraire des plaintes au sujet des résultats 
obtenus et qui sont loin d'être rémunérateurs. Tel est le cas 
pour la Bourrache, la menthe poivrée, la Sarriette des jardins, 
le Pivoine officinale, la Guimauve. Au contraire, à Leipzig la 
culture des Roses et à Schweinfurt et Nurenberg, celle de la 
Guimauve, etc., donnent un résultat passablement satisfaisant. 

On le voit donc, la culture des plantes médicinales est ancien- 
nement en usage; elle doit même avoir éfcé assez fiorissante à 
ces époques surtout où les simples étaient beaucoup plus en 
honneur que de nos jours. Mais leur vogue a eu son temps, 
comme tout dans ce bas monde, et il est très vrai qu'on a fini 
par les abandonner au point qu'il n'y avait plus qu'aux jardins 
botaniques qu'on trouvait encore les plantes officinales. Cela 
D'empéche pas cependant qu'il y a toujours eu des hommes qui 
ont su tirer parti de ces plantes, si pas pour la médecine, au 
moins pour les parfumeries, confiseries, etc., et par conséquent 
leur culture a persisté aussi ; celle-ci est même assez considé- 
rable d'après les chiffres ci-dessus. 

Cette culture ne semble pas être fort productive en Allemagne, 
d'après M. le D' Tsghirch ; mais cela peut s'expliquer : il j en 


- 246 — 

a peut-être trop qui s'en occupent, le sol est sans doute fort 
pauvre, le climat peu clément, le choix des plantes impropre. 
Aussi nous nous étonnons fort d'apprendre qu'on se borne à une 
douzaine d^espèces seulement; un bien plus grand nombre sont 
susceptibles d'être soumises à la culture et de donner si pas un 
brillant, au moins convenable rendement, toujours à la condition 
bien entendu qu'un chacun n'aille se mettre à cultiver des 
plantes officinales. 

Ce que nous savons fort bien c'est que chez nous, en Belgique, 
il y a des provinces entières où non seulement le paysan, mais 
même le jardinier ne sait pas plus de plantes officinales que 
d'Adam et d'Eve. Mais ce que nous savons aussi c'est que dans 
'^3^ft&ti'^provinces de notre pays, ces plantes sont cultivées très 
régulièrenàent^ sur petite échelle chez chaque individu, il est 
vrai, mais enfin cultivées au point à faire partie de l'assolement. 
Si pareille culture Umitit^Q laissait pas des bénéfices certains, 
le cultivateur l'aurait aban'dpnnée depuis longtemps. Aussi 
pensons-nous qu'il serait bon d^suivre l'exemple. Au surplus 
la médecine reviendra aux herbes,\^ui agissent lentement peut- 
être, mais presque toujours sans danger» tandis qu'on ne peut pas 
toujours en dire autant des minéraux. N 

IÏ\ J. Van Hulle. 

\ 

^ 

\ 

\ 

Arbres parasols. ^^ 

Nos fonctions au Jardin Zoologique de Gand nouis ont amené 
naguère à étudier d'une façon spéciale les arbres doiiït les bran- 
chages pouvaient, sans nuire aux autres plantations, oflFrir 
l'abri ou couvert indispensable aux animaux parqués i^ans leur 
voisinage. L'orme est celui des arbres à feuilles cadiiques qui 
nous a paru réunir le plus d'avantages. Tel de ce^ arbres 
n'avait jamais besoin d'un coup de serpette : un dromadaire se 
chargeait du soin d'enlever feuilles et rameaux à une hauteur * 


— 247 - 

nettement déterminée et cet animal préférait cette verdure à 
beaucoup d'autres. Le saule pleureur et le frêne ne sont pas à 
dédaigner; il en est de même du hâtre. 

L'année dernière, dans une visite faite au Jardin d'accli- 
matation du Bois de Boulogne, placé sous la savante direction 
de notre ami et ancien collègue M. A. Geoffroy S^Hilaire, 
nous avons remarqué une série d'arbres conduits en parasol sous 
lesquels les animaux trouvaient l'ombre nécessaire. Ces arbres 
présentent, à une certaine hauteur du sol, une sorte de plate- 
forme pouvant offrir un abri contre les rayons solaires, par- 
fois même contre la pluie. Au Jardin de Gand, dans les cages 
découvertes destinées aux oiseaux, faisans et autres, nous 
avions donné la préférence à quelques espèces de conifères 
ainsi qu*à des houx qui résistent parfaitement. Au Jardin du 
Bois de Boulogne, nous avons noté plusieurs Sophora, des 
Acer, des mûriers, des aulnes et quelques autres ayant produit 
d'excellents couverts. 

Quant à la formation de ces parasols ou couverts, voici 
comment M. CARRiàRE conseille de procéder, dans un article 
qu'il publie dans la Revue Horticole : < L'arbre une fois planté 
est étêté à la hauteur voulue; ensuite on taille chaque année au 
printemps, en crochet autant que possible, afin de multiplier les 
ramifications. Pour arrêter Télongation de celles-ci et les con- 
traindre à se ramifier elles-mêmes, on peut, pendant l'été, 
pratiquer les pincements partout où la chose est nécessaire. On 
peut même, au besoin, pour hâter la formation de la table, 
établir une sorte de bâtis sur lequel on couche et attache les 
branches. • Le tout est de veiller à attacher régulièrement les 
rameaux afin d'éviter les vides inutiles ou désagréables à l'œil. 

Ém. R 


— 248 


Nouveaux hybrides de « Streptocarpus ». 

La lievtce de Vhorticulture belge et étrangère a publié dans son 
N® du 1' août dernier une magnifique planche coloriée de ces 
charmantes Gesnériacées. « Issus les uns des Streptocarpus 
Dunni et 8, parmfiorus, les autres des S. Reœi et 8. Dunniy 
ces nouveaux gains se recommandent, dit M. Ch. De Bosschere, 
dans une notice fort complète et bien écrite, par des qualités 
tellement supérieures, tellement brillantes et tellement inatten- 
dues, qu'à coup sûr on peut leur prédire un succès retentissant 
et durable ». 

Nous empruntons à cette notice les renseignements qui suivent 
sur l'origine de ces nouveautés remarquables et sur leur culture. 

C'est à M. Watson, ancien jardinier-chef et actuellement 
assistant -curateur aux jardins rojaux de Kew, près de Londres, 
qu'est due cette splendide création d'une race nouvelle de plantes 
qui aura sa place marquée dans l'horticulture d'ornement. 

« Les travaux de M. Watson nous rappellent cette époque 
glorieuse de l'horticulture gantoise, où les hybrides de Gloxinia, 
d'Achimenes, deGesneria, de Tydaea, de Plectopoma, de Naegélia 
et de tant d'autres Gesnériacées émerveillaient le monde horti- 
cole ; ces hybrides ont laissé dans l'esprit de tous les contempo- 
rains, le souvenir d'une période brillante et féconde en créations 
splendides et les volumes de la Flore des serres portent, à chaque 
page, l'empreinte éloquente laissée par une plume alerte et un 
pinceau habile. Quand on se souvient avec quelle facilité les 
Gesnériacées se prêtent à l'hjbridation, l'on est en droit d'atten- 
dre des croisements des nouveaux 8lreptocarpus, des produits à 
la fois décoratifs par leur feuillage et leurs fleurs. Ce qui nous 
autorise à concevoir de telles espérances, c'est que, si avant 
l'apparition du 8, Dunni, toutes les plantes appartenant à ce 
genre avaient leurs fleurs bleues, violettes, blanches ou mélan- 
gées de ces trois couleurs, aujourd'hui, avec la couleur rouge 


ajoutée à celles-ci, il est permis d'espérer des surprises dont nul 
ne peut mesurer l'étendue. 


— 250 — 

« M. Watson a présenté ses hybrides à la Société royale 
d'horticulture de Londres ; M. N. E. Brown les a décrits dans le 
Qaràemri Chronkle : 

1** Streptoearpm kewensis Wats. — Issu du croisement du 
S. Rexi (plante stigmatifère) par le 8. Dunni (plante pollini- 
fère). Deux ou trois grandes feuilles oblongues ou ovales allon- 
gées, d'un vert brillant; tiges florales nombreuses à six ou huit 
fleurs formant un bouquet assez serre; corolle longue de 
5 centimètres, large de 6 à 12 millimètres, d'un rouge mauve 
brillant avec des zébrures brun pourpre foncé à la gorge. 

^ S. Watsoni Wats. — Issu du S, parviflorm fécondé par le 
S. Dunni. Feuille unique, plus petite que dans le 8. kewenm. 
Très florifère ; nombreuses tiges florales portant de dix à seize 
fleurs longues de 3 centimètres sur 25 millimètres de diamètre, 
d'un rose pourpre brillant avec la gorge blanche striée de rouge. 

3** 8. WAite Pet (favori blanc). — Issu du 8. parviflorus 
croisé avec le S- Dunni. Fleurs blanches, striées jaune et violet. 

« Ces trois excellents gains présentent un caractère qui les 
signale à l'attention des amateurs : leurs pédoncules sont insérés 
l'un près de l'autre, de manière que les fleurs sont groupées en 
une masse compacte d'un très bel eflet. 

« M. Watson a fertilisé en outre le S. Rexi par le pollen 
du S. parviJloruSf et il en a obtenu deux variétés : l'une à 
fleurs très nombreuses, blanches à gorge jaune soufre, agré- 
mentée de quelques taches violet pâle ; l'autre à fleurs également 
nombreuses, d'un bleu léger, marqué au bas de la gorge de 
taches pourpre violet et de soufre. Ces deux nouveautés sont 
charmantes. 

« Les principales qualités de toutes ces nouveautés résident 
dans leur grande floribondité et la longue durée de leur floraison, 
qui se prolonge pendant plusieurs mois de l'été. C'est surtout 
le cas des S. kewensis et Watsoni, où il n'est pas rare de 
compter sur un seul pied, de quarante à cinquante fleurs bien 
épanouies et développées. 

« Le signal est donné 1 Que sortira-t-il des travaux entrepris 


^ 251 — 

à la fois en Angleterre et en France et qui, il faut l'espérer, 
seront suivis d'essais fructueux de nos hybridateurs de renom ? 
L'avenir nous l'apprendra, mais il nous semble que nous sommes 
en droit de compter sur des résultats surprenants. 

« En effet, les variations obtenues jusqu'ici dans les semis 
sont très grandes, à tel point qu'on rencontre à peine deux 
plantes dont la ressemblance soit parfaite ; les dessins de la 
goi^e, qui est généralement blanche, se présentent sous formes 
de taches, de stries et de points teintés de jaune, de rouge, 
de violet ou de noir. Les couleurs les plus remarquables sont le 
ronge et le violet agrémentés parfois d'une teinte bleuâtre bien 
distincte, le lilas-pourpre et le blanc avec toutes leurs nuances 
intermédiaires. Les dimensions diffèrent beaucoup aussi d'une 
fleur à l'autre. En un mot, si, d'une part, les hybridateurs 
s'accaparent des nouveaux Streptocarpus pour se livrer au 
croisement, et si, d'autre part, les sujets sur lesquels ils 
opéreront s'y prêtent si admirablement, il est permis de prévoir 
la création d'un grand nombre de variétés hors ligne. 

« La culture des Streptocarpus est des plus faciles et ressem- 
ble jusqu'à un certain point à celle des Gloxinia, quoique les 
premiers n'aient pas de tubercules et ne perdent pas toutes 
leurs feuilles pendant l'hiver, comme c'est le cas pour ceux-ci. 

« Ils se plaisent dans la serre tempérée ; la serre froide leur 
convient également, pourvu que la gelée ne s'y fasse pas sentir. 
Les Streptocarpus se cultivent aisément en pleine terre comme 
bordure, dans un jardin d'hiver, par exemple ; leurs feuilles y 
trouveront la place indispensable à leur complet et libre déve- 
loppement. Pour la culture en pots, il faudra donner la 
préférence aux terrines, puisque les feuilles s'étalent horizonta- 
lement sur le sol. Une terre de bruyère ou de feuilles, légère 
et bien drainée, leur convient parfaitement; la surface doit être 
tenue bien fraiche sans que la terre soit cependant trop humide. 
Les Streptocarpm viennent très bien aussi et peut-être de 
préférence, dans les endroits ombragés ou protégés contre les 
rayons directs du soleil, > 


\ 


— 252 — 

Nous avons propagé ces brillantes nouveautés et nous les 
offrons au commerce à partir de ce jour, en plantes aptes à 
fleurir au printemps prochain. Ces plantes étant issues de grai- 
nes, la reproduction absolue des variétés ne peut être garantie. 
Toutefois les caractères de la croissance et du feuillage les diffé- 
rencient suffisamment pour pouvoir les rapporter à leurs ascen- 
dants tout en permettant d'espérer, lors de la floraison, la plus 
grande diversité de forme et de coloris. 

Ed. Pynaert. 


Distinctioii à M. H. J. Van Huile. 

M. H. J. Van Hulle, professeur honoraire à TËcole d'horti- 
culture de l'État à Gand, a été récemment Tobjet d'une nouvelle 
distinction. Le Gouvernement voulant reconnaître les services 
rendus à l'enseignement horticole par M. Van Hulle lui a 
décerné, à l'occasion du 25°»« anniversaire de l'inauguration de 
Léopold II, la croix civique de première classe. Cette haute 
récompense couronne dignement la carrière d'un homme qui 
s'est toujours dévoué à l'horticulture nationale. 

Ém. R. 


Chronique apicole. 

Les abeilles et les services de poste et de chemin de fer. 
— Tandis que d'une part certaines administrations en France 
cherchent des restrictions pour l'apiculture, d'autres services 
sV montrent favorables. 

L'administration des postes, se fondant sur les dispositions 
d'un arrêté de 1885 qui, d'une manière générale, exclut da ser- 
vice postal tous les objets de nature à blesser les agents, à salir 
ou à détériorer les correspondances, avait interdit jusqu'ici 
Tad mission des boîtes contenant des abeilles vivantes. 

Mais depuis quelque te'tnps le commerce des abeilles a pris 
une si grande extension que pour donner, dans l'intérêt de 


- 253 — 

rapicultare, toaies les facilitéi poisibles à oeg transactions, le 
ministre du commerce et de Tindastrie, de concert avec le 
mlDistre de Tagricaltore et après une entente interrenue entre 
la plupart des ofSces de l'Union postale, a décidé que les abeilles 
vivantes, expédiées dans des boîtes en bois conditionnées de 
façon à écarter tout danger pour les agents, seront acceptées 
désormais par les bureaux de poste de France à Tétranger et 
soumises au tarif des lettres. 

Le modèle de ruchettes que les apiculteurs ont adopté pour le 
transport des Reines, répond absolument aux exigences de 
Tadministration et garantit la sécurité du personnel. Ce sont de 
petites caisses en bois de sapin ayant 7 c. de haut, 10 de large et 
13 de long. A l'intérieur sont fixés deux, petits cadres, l'un 
garni d*un rayon de miel operculé^ l'autre d'un rayon yRle auquel 
les quelques abeilles qui font l'escorte de la Reine, se fixent; 
elles reçoivent Tair par 4 fentes de 3 c. de longueur, situées, 
par 2 à chaque petit côté de la caissette et produites par un 
simple trait de scie. 

En Belgique le Gouvernement s'efforce aussi de faire pro- 
gresser et de protéger l'apiculture. Jusqu'ici les apiculteurs se 
plaignaient du mode d'expédition de leurs ruches, vers les lo- 
calités de grande miellée. Elles étaient envoyées par train de 
marchandise et restaient ainsi longtemps exposées au froid pu à 
la chaleur. 

M. le Ministre des chemins de fer a cédé aux instances de 
son collègue de l'agriculture et désormais les ruches seront 
acceptées au transport par les trains de voyageurs. Les chefs de 
service ont reçu des instructions en ce sens. 

Il y a quelque temps toute une caravane dé ruches a été cul- 
butée pele-méle pendant les manœuvres du train de marchandises 
dans une des gares de Gand. 

Ce n'est pas ici seulement qu'on favorise apiculture et api- 
culteurs. Le gouvernement wurtembergeois vient de voter 


— 254 — 

8,000 Marks et celui de Bade 6,000 M. de subvention pour 
l'apiculture. 

M. le Pasteur D' Dzierzon vient d'être décoré de Tordre da 
mérite de St-Michel par le Prince Régent de Bavière. Le vénéré 
grand maitre de l'apiculture a la poitrine constellée de 6 déco- 
rations. 

Il vient de paraître en France un nouveau traité d'apiculture, 
qui produit grande sensation dans le monde apicole. L'auteur 
est M. J. B. YoiRNOT, secrétaire général de la Société d'horti- 
culture de rSst. Tous les grands apiculteurs de France et de 
l'étranger lui adressent de chaleureux éloges. 

Il a pour titre Apiculture iclectique (lisez bien, rien d'Ëdison !) 
Comme le titre l'indique, c'est un ouvrage composite dont 
la matière est puisée un peu partout, mais avec connais- 
sance de cause; un peu mal agencé pourtant, se ressen- 
tant, comme l'auteur le reconnaît lui-même, des effets de Tin- 
âuenza ; au fond, c'est un livre bien utile que nous nous félicitons 
d'avoir entre les mains. 

M. VoiRNOT est curé ^ Villers-sous-Prégny (Meurthe et 
Moselle). En France beaucoup de prêtres s'occupent avec ardeur 
et avec succès de l'élevage des abeilles ; c'est une occupation qui 
s'adapte admirablement à leur genre de vie. Nous nous rappe- 
lons avoir eu comme collègue au Jurj à l'exposition d'apiculture 
à Bruxelles en 1888 M. l'Abbé F. J. Bédé, curé de Mouroux 
(Seine et Marne), dont nous avons admiré les profondes connais- 
sances dans tout ce qui touche à l'industrie et à la science 
apicoles. 

La Société coopérative Les Amis des abeilles^ récemment créée 
dans le canton de Louvain, vient d'éprouver une perte sensible. 
Le Docteur G. Eben, instituteur à Winxele, le zélé secrétaire de 
cette Société et un des principaux promoteurs de l'apiculture 


— 255 - 

rationnelle, est décédé le 23 août. Un grand nombre d'apical- 
tears sont venus à ses obsèqaes rendre an dernier hommage à 
leur sympathique confrère. FrAd. Burvbnich père. 


École d'horticulture de TÉtat à Gand. 

Examens de sortie. — Le Jury d'examen à terminé ses 
opérations le 2 août. Sept élèves ont obtenu le diplôme de capa- 
cité. Ce sont : 

Avec grande distinction : 

MM. Buyssens, Jules, de Waermaerde; 
AartSy Pierre, de Bergeik (Hollande). 

D'une manière satû^aisante. 

MM. De Clercq, Victor, de Gand; 
Mathieu, Hector, de Robelmont; 
de Hariog, Jacques, de Lede ; 
Ternest, Ernest, de Seveneecken ; 
Blejs, Chrétien, de Hoorn. 

Le Jury a en outre constaté l'aptitude en culture maraîchère 
de rélève libre, M. Malevé, Charles, de Bruxelles, capitaine 
adjudant major, et lui a délivré le certificat réglementaire. 

Examens généranz. — Les examens généraux ou de fin 
d'année ont donné les résultats suivants : 

Sont admis à la S"^ année â? études : 

1. Piret, Léandre, de Neufmaisons; 

2. Chevalier, Charles, d'Anvaing; 

3. Legrand, Adelson, d'EUezelles; 

4. Luck, Aloïs, de Zwynaerde ; 

5. Eindt, René, de Oycke ; 


— 256 — 

6. De Saegher, Jean, de Gand ; 

7. Legrand, Firmin, d'Ellezelles; 

8. Yanden Abeele, Georges, de Gand ; 

9. Leesens, Henri, de Radier en Keer. 

Sont admis à la deuxième année d^études : 

1. Buyck, Joseph, de Gand; 

2. Pauwels, Théodore, de Ledeberg; 

3. Ebbinge, Jean- Guillaume, d'Opsterland (Hollande) ; 

4. Putzjs, Georges, de Gand; 

5. Venema, Wiglius Schultetus, de Sappemeer (Hollande) ; 

6. Legrand, Emile, d*EllezeIles; 

7. Dobbelaere, André, de Gand; 

8. Vande Eerckhove, Jules, de Gand; 

9. Vande Wattjne, Gaston, de Sas de Gand; 

10. Goetgeluck, Ernest, de Gand; 

11. Vanden Abeele, Ëmile^ de Gand; 

12. Rowan, Achille, de Gand; 

13. WuUaert, Hipipolyte, de Gand; 

14. Gantois, Charles, de Saint Sjmphorien . 




Examens d'arboriculture. — Les examens des personnes 
qui'après avoir suivi les conférences publiques d'arboriculture 
désirent faire constater leur aptitude, auront lieu à rÉcole 
d'horticulture de l'État^ boulevard de l'École normale 15, à 
Gand, à partir du 20 septembre prochain. 

Ces examens sont publics. 




Les examens d'admission à TÉcole d'horticulture auront lieu 
à l'établissement, le mercredi 1*' octobre à 9 h. du matin. Les 
candidats peuvent se faire inscrire avant le 20 septembre chez 
M. le directeur de TEcole d'horticulture, boulevard de rËcole 
normale, 15, à Gand, tous les jours entre 9 et 11 h. du matin. 

Ém. R. 


5»« Série, Vol. 1?, H» 9. 


Septembre 1890. 


BULLETIN 


D'ARBORICULTURE, DE FLORIGULTURE 

ET DE CULTURE POTAGÈRE 

nÉDIGÉ PAU 

tr. Borvenich, Éd. Fyxiaert, Ém. Bodigas & H. J. Van Huile 

I profesMuri à TÉcole dMIortieallure de rétat, A Gand 


BOttlCAIBIS, 1* âm. Bodigss et Ouftt. MiohielB. La Pomme de TEstre, p. 257. — S. Cercle 
d'arboriculture de Belgique : Distribution de graines de plantes potagères nouvelles, p. 261. — 
3. Fréd. But veiaUsh père. Le pincement long de la Vigne, p. 262. — 4. Fréd. Burveniob 
père. La Naphtaline en Apiculture, p. 263. - 6. Êm. B.. Mitsuba Seri, un nouveau légume, 
p. 264. — 6. H. J. Van HuUe. Précautions pour l'hiver, p. 265. — 7. Frôd. Barvenioh 
père. Le Tél^raphe au service de l'Horticulture, p. 267. - 8. £!m. B. Rosa rugosa, p. 268. 
— 9. H. J. Van HuUe. Pommes de terre, p. 269. — 10. Frôd. Barvenioh ^^r^. Pêche Belle 
impériale, p. 273. — Il Fréd. Burvenioh j^^r^. Genista Andreana, p. 274. — 12. Ém. B 
Culture des Kakis du iapôn, p. 075. — 13. Fréd. Banrenioh pè^e. Les Guêpes en 1890, 
p. 276. — 14. Ém. R. Le" Bambou, p. 278. — 15. H. J Van Hdlle. Sources du malaise des 
arbres des boulevards, p. 279 — 16. Bxaraens d'arboricultore : Session de 1890, p. 284. — 
17 Èm. B. Varfa, pp. 260, 286-288. 


Planche coloriée : La Pomme de l'Estre. 



Ahoninemeiit«i un a.ii : 10 fr. pour ia Belgique, 13 jfr. pour la France 
et les autres pays de l'Union postale; 10 Mk. pour l'Allemagne, 10 Sh. 
pour TAngleterre, 6 fl. pour la Hollande, pajables d'avance par un mandat-postal 
à Tordre de M. fl. J. Van fluUe, à Gand. 

jii««**90Mdr i Gand, chaussée de Courtrai^ 27. 

l/xhonnement est dâ à partit* du i" janvier. Les démissions doivent être envoyées avant 
k'M liÂceinbre. L'envoi eât continué aux abonnés qui n'ont pas donné d^avis contraire. 

L'expérience prouve de plus en plus qu'un des meilleurs moyens de faire des affaires, c'est 
d'avoir recours aux annonces. Sous ce rapport, le i^u^^^/if*, eu égard au grand nombre de 
jtersonDes qui le lisent, oflre des avantages très réels aux inléressés. ^ 

Prière d^adresser les demandes d'insertion, Ckaunséf de Courtrui^ 27^d 6^0ii(f, avant le 5 du mois. 


'JC^m.JtCJLJI^ X»Jl3:! 


iik c%i jcihi CB c%i c:: ib: fe» • 


CASES. 


UNE INSERTION. 


TROIS INSERTIONS. 


SIX INSERTIONS. 


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n 60 
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n 200 


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Des Iivî'»»isonR men.«»ellP9, déparaiHéf*8 — mais pan toutes — peuvent être obtenues au prix 
eÏÏNFBAIîfC en timhres-poste, — S*a<lre8sep à M. H. 4. Van Hulle, à Oand. 


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LISTE DESCRIPTIVE 

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D'HIVER 


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— 257 - 

La Pomme de VEstre. 

Syn. pomme de LESTEE, POMME DE ST. &EEMAIN. 

L'hiver dernier le Comité central da Cercle d^arborieuUure 
reçut an envoi de jolies pommes qai lai était adressées par 
M. MièHiBLs, arboricaltear à Montaiga. C'étaient des spécfmens 
de la Pwnme de VEstre qne l'expéditeur accompagna d'une 
intéressante notice et que le Comité s'empressa de faire peindre 
pour le Bulletin. Voici cette notice : 

< Mes pérégrinations à travers le Limousin, centre de la 
France, où j'ai été professeur de cultures, m'ont pern^is de bien 
apprécier la valeur de la Pomme de VSstre. Cette variété est 
malheureusement inconnue en Belgique ou plutôt pas cultivée 
encore; les honorables rédacteurs du Bidletin d^artorieuUùre 
feront donc œuvre utile en me prêtant leur concours pour la 
vulgarisation dans notre pays du pommier de VEstre. 

< Un homme éminent du Limousin, M. Brunet, sénateur, a 
bien voulu me communiquer un document original sur l'histo- 
rique de la Pomme de VEstre et sur rétjmologie de Son nom, 
qui sera certainement lu avec plaisir par les lecteurs amateurs 
de bons produits. 

« La Pomme de VEstre (dite Pomme Lestre ou Lettre) est 
« une spécialité limousine, malheureusement trop gardée k la 
« consommation locale. Ce serait, au point de vue de Talimenta- 
« tion publique, faire une bonne chose que de vulgariser cette 
« variété de pommier pour pouvoir l'amener sur les marchés des 
« grandes villes. Elle est, sous ce rapport, d*un immense avenir ! 

< Je lai vainement cherchée, dit spirituellement M. Brunet, 
« à la grande exposition dé pomoiogie où elle eût été reine si elle 
« iCtût été absente. > 

« Cest un fruit qui a tous les mérites : agréable à l'oeil, il ne 
déparerait pas les tables les plus élégamment servies. D*un goût 
et d'un parfum délicieux, il est cent fois meilleur que la plupart 
des pommes, belles du reste, qui s'étalent derrière les vitres des 

17 


— 258 -- 

marchands de comestibles en renom. Enfin, et par dessus toates 
choses, ce fruit possède la qualité inappréciable de se conserver 
longtemps ; on peut le manger dès novembre, mais il vaut bien 
mieux n*j toucher avant le mois de mars^ même il se conserve 
luau, frais et bon jusqu'à la fin de mai, commencement de juin. 

€ Le pommier de VEsire est très fertile; c'est en même temps 
un arbre excessivement vigoureux et d'un beau port érigé en plein 
vent. J'ai vu bien des arbres de cette variété vigoureuse, qui 
étaient greffés à 2°>25 et 2''50 de hauteur sur des tiges de pom- 
miers sauvageons qui présentaient à Tendroit supérieur du 
greffage un bourrelet énorme, que je considère comme très 
funeste. J*estime qu'il vaut infiniment mieux greffer cette 
variété sur pommier sauvageon à fleur du sol. On en obtient 
ainsi des tiges plus coniques et plus vigoureuses sans jamais 
présenter ces nodosités considérables et souvent chancreuses. 

« C'est avant tout une variété de verger, mais je l'ai 
vue dans les jardins très productive sous forme de pyramide 
greffée sur pommier doucin, et encore en cordon, greffée sur 
pommier paradis : les fruits ne sont que plus beaux en ce cas. 
Notons cependant que les spécimens soumis au Comité du 
Cercle sont des fruits cueillis sur un arbre de verger âgé de 
sept ans. 

< Une discussion s'est élevée au sein de la Société centrale 
d'Horticulture de France sur 1 etymologie de ce mot orthogra- 
phié Zestre et qu'on prononce lettre. M. le sénateur Brunet 
l'a cherchée longtemps et voici celle qui lui fut donnée : 

« Un prince passait un jour dans un village du côté de Tulle 
« ou de Brive. C'était au mois de juin; le soleil était ardent, le 
« prince avait grand soif et il n'aimait pas l'eau. Or, les paysans 
« du village ne pouvaient pas lui offrir autre chose, lorsque Tun 
« d'eux possesseur d'un pommier fameux dans le pays par l'excel- 
€ lence de ses fruits et qu'on appelait loupoummier de VEstro, 
« parce qu*il était planté tout auprès de TEstro (fenêtre) du 
« logis, porta des pommes au prince. 

« Les beaux fruits ! s'écria le prince. 


- 269 — 

€ Qu'ils sont bons! ajoata-t-il, après en avoir goûté. 
€ Qa'ils sont frais encore, en juin ! quelle pomme précieuse! » 
< Je le crois bien, répondit le paysan en se rengorgeant; je le 
( crois bien, c'est de mon poummier de VEstro. 
€ Les pommes étaient bonnes; le prince en voulut avoir 

< toujours, il demanda de la greffe et. . . voilà Thistoire du paysan.» 
€ Nous pensons donc que Torthographe de son nom doit être 

restituée ainsi c Pomme de VEstre > et que les noms de Leztre 
et de S^'Qermain ne doivent être considérés que comme syno- 
nymes. J'ajouterai par la même occasion que mon ouvrage 

< Les Prairies-Vergers > porte par erreur pomme Zêsire au lieu 
de Pomme de VEstre. Beaucoup de catalogues sont dans ce cas. > 

Montaigu. 


Gustave Michiels. 




Nous remercions sincèrement M. G« Michibls de sa commu- 
nication qui attire l'attention sur un très joli fruit que le Comité 
da Cercle a trouvé de bonne qualité. 

Quant à l'orthographe proposée, nous ne voyons pas pourquoi 
on ne Tadopterait pas, puisque André Leroy, dans son Diction- 
nairedePomoloçie, écrit lui-même, à quatre lignes d^intervalie, 
à la page 431, pomme de Lestre et pomme de Lettre. 

Pour le grefifage cet auteur n*est pas de Tavis de notre honorable 
correspondant qui conseille de grefifer près de terre pour la forme 
de haut vent et sur doucin pour les petites formes. A. Leroy dit 
que Tarbre « greffé ras terre fait des tiges droites et de grosseur 
regalière, mais qui poussent très lentement; il est donc plus 
avantageux de le greâer en tête, ses plein-vent croissent alors 
plus vite sans que leur beauté en soit diminuée. > Pour les 
formes naines, il recommande expressément de Técussonner 
sur paradis, « et non sur doucin, sujet qui le rendrait t>resque 
infertile. > 

Voici la description de Tarbre donnée par André Leroy : 
« Bois : faible. Rameaux : peu nombreux, légèrement érigés, 
sensiblement âexueux, grêles et assez longs, cotonneux, rouge 


~ 260 — 

brun ardoisé^ à lûérithalles réguliers et très courts. Lenticelles : 
grandes^ aHougées, abondantes. Coussinets : aplatis. Yeux : 
très volumineux, couverts de duvet, coniques-arrondis, collés 
en partie sur Técorce. Feuilles : de grandeur moyenne, ovales, 
vert terne en dessus, blanc verdâtre en dessous, courtement 
acuminées, à bords profondément dentés ou crénelés. Pétiole : 
de longueur moyenne, gros, faiblement cannelé. Stipules : 
étroites et généralement assez longues. » 

La planche cî-contre donne le portrait fidèle du fruit qui a 
été reproduit très exactement par l'artiste, M. De Pannemae- 
KER. Cependant, comme Ta constaté aussi Andrb Lerot, la peau 
est parfois jaune-clair verdâtre presque unicolore, tandis que 
d'autres fruits sur le même arbre sont fortement colorés de 
carmin foncé. La chair est ferme, d'un blanc légèrement 
jaunâtre, juteuse, parfumée, sucrée et acidulée. Nous n'y avons 
trouvé aucun arrière-goût herbacé. 

D'après le Dictionnaire de Pomologie, Tarbre est de fertilité 
ordinaire et le fruit de deuxième qualité. La maturité se pro- 
longe de décembre en mai. Ém. Rodigas. 


Société Française d'HortioùItore à LondrM. — Nous 
avons devant nous le premier Bulletin publié par cette jeune 
association, établie 27, Gerrard street, W. C, à Londres. Nous 
en avons annoncé naguère la naissance et nous avons dit qu'elle 
sert utilement de lien à la jeunesse horticole qui désire pour- 
suivre dans les établissements londoniens l'étude de l'horticulture . 
Le Bulletin résume les travaux accomplis; il donne au complet 
l'historique de la Société et renferme des notices qui dénotent 
chez leurs auteurs un excellent esprit d'observation et des 
coqnaissanoes sérieuses. Nous constatons avec plaisir que trois 
des membres du comité sont des anciens élèves de l'École d'horti- 
culture de Gand. Êm. R. 


— 261 - 


Cercle d'arboricnltnre de Belgique. 

DISTRIBUTION DE PLANTES POTAGÈRES NOUVELLES. 

Gand, le 22 septembre 1890. 

Le Comité central du Cercle d'arboricultare de Belgique a 
l'honneur d'informer MM. les Membres du Cercle quUl sera fait, 
dans le courant du mois de février 1891, une distribution de 
graines de plantes potagères, choisies parmi les nouveautés dont 
les mérites ont pu être constatés dans les cultures dressai faites 
spécialement en vue de cette appréciation. 

Voici les plantes qui ont réuni le plus de suffrages : 

1. Céleri plein blanc d'Amérique {Whiie Plume), variété de 
tout premier ordre ; 

2. Betterave à feuille de Dracaena, variété recommandable à 
la fois comme betterave à salade et comme plante d'ornement; 

3. Haricot à rames Prodige j à grains verts, d'excellente qua- 
lité; issu de la variété H. Flageolet merveille de France; 

4. Carotte rouge grosse de Gruérande, belle variété, à racines 
énormes ; 

5. Chou de Milan Waterloo, à feuilles finement gaufrées, 
variété tardive, de bonne conservation; 

6. Endive Reine d'hiver^ variété à larges feuilles, supportant 
bien le froid; 

7. Melon Golden Perfection (Boule d'or), à chair vert pâle, 
épaisse, sucrée, parfumée. 

8. Tomate grosse sans côtes Maincrop. 

Il sera distribué également des tubercules de Stachys afflnis 
(Crosnes du Japon) ou Épiaire tubéreux, dont il a été fréquem- 
ment question dans les Bulletins. 

Les demandes devront être adressées au secrétariat du Cercle 
avant le 31 décembre. MM. les membres de Tétranger sont priés 
d'y joindre le montant de leur abonnement. 

Pour le Comité : 

Le Secrétaire général, 

Ëm. Rodigas. 


- 262 — 

Le pincement long de la Vigne. 

Cette question dont nos Bulletins se sont occupés à plusieurs 
reprises n'est pas encore à considérer comme entièrement 
résolue. Les discussions ne sont pas closes et nous continuons à 
recueillir tout ce qui peut contribuer à éclairer les amateurs et 
à guider les essais de ceux qui ne sont pas encore convaincus de 
Tefficacité de ce mode de traitement de la Vigne. 

Nous avons reçu d'un de nos correspondants quelques com- 
munications que nous insérons avec empressement. 

c Monsieur Burvbnich, 

c J'ai dans ma serre tous Frankenthall, venant de chez vous, 
année 1886. Les trois premières années, je n'ai pas pratiqué le 
pincement ni à une ni à deux feuilles au dessus des grappes, 
comme Tindiquent la plupart des auteurs. C*était tout simple- 
ment un essai que je faisais, car je pensais que le pincement 
occasionnait une perte de sève^ au détriment des fruits, des 
jeux et du bois, jnsqu*au temps où les cicatrices sont guéries. 
Je me figure qu'il est aussi nuisible de pincer un arbre en 
sève que de nous soutirer coup sur coup du sang par des saignées 
répétées. Le sang est à notre corps ce que la sève est à l'arbre. 

« Pour mieux me convaincre, j'ai pratiqué cette année le 
pincement à une et à deux feuilles au dessus des grappes. 
Tous les raisins sont en retard de trois semaines sur les trois 
dernières années et le fruit en est moins gros. 

c Les cordons garnis de raisins sont tous des bourgeons que 
j'ai laissés courir l'an dernier, et coupés à un mètre environ, pen- 
dant rbiver, et il y a tant de raisins qu'on aurait pu en mettre à 
la main ; aussi ma serre est-elle visitée par beaucoup d'amateurs 
et à dire vrai, je désirerais, Monsieur, que vous vinssiez la visi- 
ter. Si vous vojiez mes vignes, vous leur donneriez dix ans de 
plantation tellement elles sont vigoureuses. 

€ Pour les pyramides de poirier, il y a au moins 6 à 7 ans que 


— 263 — 

je ne pratique plus le pincement, et chaque année j*ai une floraison 
magnifique. 

< J'espère, Moniieur, que vous lirez ces quelques lignes avec 
intérêt, et qu'elles vous donneront une preuve de plus de la 
bonté du procédé de la longue taille dans la vigne. 

«Haine-Saint-Pierre. « D. Biéyez. > 

Nous engageons ceux qui se livrent à des expériences sur 
le pincement, à imiter l'exemple de M. Bievbz. En nous com- 
muniquant les résultats obtenus ils hâteront la solution d'une 
question qui est du plus haut intérêt non seulement en viticulture 
mais pour la culture des arbres fruitiers en général. 

Sans vouloir préconiser la suppression de tout pincement, 
nous croyons pouvoir affirmer que tous, nous en avons un peu 
abusé jusqu'ici. Fréd. Burvenich père. 


La Naphtaline en Apiculture. 

Un de nos abonnés nous écrit au sujet de Tusage de la 
naphtaline que nous avons recommandé dans la livraison de 
juillet pour la réunion de deux colonies d'abeilles. 

Notre correspondant nous demande si la forte senteur d« 
phénol qui se dégage de cette matière ne pénètre pas jusque 
dans le miel qu'elle pourrait avarier. La question offre le plus 
grand intérêt, dit notre correspondant. Nous pouvons le rassurer, 
car l'odeur de la naphtaline est extrêmement volatile et au 
bout d'un jour il n'en reste plus aucune trace. Il faut naturelle- 
ment retirer après usage le petit morceau de naphtaline. Au 
reste la naphtaline est un désinfectant qui ne nuit en rien aux 
abeilles. Fréd. Burvenics y^rtf. 


— 264 — 
Mitsuba Seri. 

UN NOUVEAU LÉGUME. 

On pouvait voir dans la section japonaise de l'ExpositioD 
aniverselle de Paris en 1878 une plante comestible cultivée au 
Japon et désignée sous le nom de Mitsuba SeH. C'est une Ombelli- 
fère, le Ghaerophyllum canadense Pers.^ originaire de rAmérique 
septentrionale, qui est répandu également au Japon et en Chine. 
Cette plante a été introduite dans les cultures expérimentales de 
MM. Paillibux et D. Bois, les propagateurs du Staehysafflnis, 
Voici comment les expérimentateurs s'expriment à cet égard, 
dans la Revue des Sciences naturelles : < Nous avons d*abord 
dégusté en salade les jeunes feuilles que nous avions soumises à 
rétiolement. Le résultat ne nous a pas satisfaits. La salade que 
nous avons obtenue était inférieure à la barbe de capucin, mais 
les feuilles non étiolées, bacbées et préparées comme Tépinard, 
la cbicorée, etc., nous ont donné un fort bon plat de légumes, 
d'une saveur spéciale, légèrement aromatique, assez agréable, 
selon nous, pour que nous recommandions aux amateurs la 
culture du Mitsuba.» Le Japon à V Exposition universelle de 1878 
renseignait le Mitsuba Seri comme une plante comestible, 
s'obtenant de la manière suivante : Thiver venu, on recouvre 
les racines avec de la terre et des détritus végétaux ; on cueille 
ensuite les pousses qui apparaissent; on les fait cuire pour les 
manger. 

La nouvelle venue aura-t-elle le même succès que le Stachps 
afinis qui est l'objet sinon de 1 attention générale, au moins de 
la curiosité de tous ceux qui s'occupent de la culture des plantes 
alimentaires? Le Mitsuba est entre d*assez bonnes mains pour 
que ses mérites soient bientôt constatés et proclamés hautement, 
et si la plante a quelque valeur, elle sera vite propagée. 

ÉM. R. 


- 266 — 

Précautions pour l'hiver. 

L*été qui touche à sa fin est généralement considéré comme 
ayant laissé beaucoup à désirer et, à vrai dire, à certaines époques 
lea pluies ont été trop fréquentes. Ce qui tend à prouver cepen- 
dant que la somme ou plutôt la moyenne de la chaleur de tout 
Tété a été plutôt supérieure à celles des années ordinaires, c'est 
que dans bien des jardins le raisin bleu, le Frankenthall, est 
arrivé plus ou moins à maturité à Tair libre, fait qui est assez 
rare, à moins qu'il ne puisse être attribué au temps excep- 
tionnellement ensoleillé que nous avons eu durant tout le 
mois de septembre, ce qui tendrait à prouver que le raisin peut se 
passer de chaleur, de soleil, pendant son développement et qu'il 
suffit qu'il en ait vers sa maturation. 

Quoi qu'il en soit, ne nous laissons pas tromper par les beaux 
jours d'automne; soyons sur nos gardes, car à cette époque le 
temps est traître chez nous. Les horticulteurs se rappelleront 
longtemps que l'an dernier, prises à l'improviste déjà le 15 sep- 
tembre la plupart des Azalées furent complètement gelées. 
Encore une fois, soyons sur nos gardes^ surtout pour ce qui 
regarde les plantes un peu délicates. 

Mais il en est aussi d'autres en vue desquelles il y a des pré- 
cautions à prendre. Ainsi pour la cueillette des fruits, n'oublions 
pas qu'il est important de choisir une journée sèche pour faire ce 
travail, qu'il faudra ensuite placer les fruits d'hiver pendant 
quelque temps dans une place aérée, afin qu'ils y subissent leur 
transpiration avant d'entrer pour du bon au fruitier. Pour les 
raisins sous abri vitré, on les conservera facilement jusqu'aux 
gelées sur les ceps mêmes; plus tard on coupera les grappes avec 
un morceau du sarment qui les porte, on fixera le bout inférieur 
de ce dernier dans une bouteille remplie d'eau un peu salée et on 
bouche. Sauf à enlever, quand le cas se présente, les grains 
gâtés, les moisissures, etc., on peut conserver ainsi assez long- 
temps les raisins dans une chambre sèche. 

18 


- 266 - 

C*est à ce moment qu'on remarque le mieux les arbres souf- 
frants. Si oe sont des jeunes qui sont cancéreux ou tourmentés 
parle puceron lanigère, arrachez-les pour les brûler, plutôt que 
de vous amuser à j appliquer tel ou tel remède dit infaillible et 
qui prouvera en somme n'être qu'un palliatif. Pour des arbres en 
rapport au contraire, prenez bonne note des traitements que 
vous aurez à leur faire subir. 

Parmi ces traitements ne pas perdre de vue la fumure, sur- 
tout pour les arbres qui ont porté beaucoup. Répandez dès à pré- 
sent l'engrais à la surface et couvrez-le avec quelques pelletées de 
terre d'alentour et vous soignez ainsi à la fois et pour la nourri- 
ture et pour la propreté. 

Faites à l'arrière-saison tout ce qu'il y a moyen de faire en 
fait de plantation et même de taille; c'est de l'avance prise sur le 
printemps, époque à laquelle on est toujours trop surchargé. 
Couvrir le sol des nouvelles plantations, de feuilles ou de litière 
durant l'hiver est fort recommandable. 

Pour les légumes il y a également pas mal de précautions à pren- 
dre : les uns craignent peu la gelée^ d'autres beaucoup. Même les 
premiers doivent rester rarement en place. On les enlève donc, 
afin de pouvoir donner une autre destination à la terre qui les 
a portés, et on les enjauge dans un coin du jardin à part, de 
préférence élevé et abrité si possible. On ne devra couvrir plus 
tard que juste assez pour qu'on ne doive pas interrompre la 
consommation. 

Il en est autrement des légumes plus sensibles, comme les 
cardons, les endives, les céleris qui sont d'autant plus tendres 
qu'ils ont commencé à blanchir, et des choux-fleurs tardifs, des 
brocolis, carottes, etc. Pour les premiers, il sera indispensable soit 
de pouvoir les garantir suffisamment sur place, soit, ce qui vau4ra 
toujours mieux, de pouvoir les parquer en quelque sorte dans 
une remise, souterrain, ou place quelconque où il ne fait pas 
trop humide et d'où la gelée peut être écartée. Quant aux autres, 
les entourer de paille, les transplanter dans des rigoles ou tran- 
chées que plus tard on pourra abriter de branches de sapins, les 
rentrer dans des silos^ est tout ce qu'on peut faire. 


- 267 — 

La conservation des carottes en silos demande une recom- 
mandation toute spéciale : n'y introduisez que le meilleur 
produit sans avarie ni piqûres, et ne fermez définitivement le 
silos qu'après quelques jours, afin que le dépôt ait pu suer, 
comme on dit vulgairement. Laissez dans tous les cas dans le 
silos quelques cheminées d'aérage qu'on établit en posant ici là 
une botte de paille debout, partant du tas et débouchant à l'air 
extérieur. Sans cette précaution, on est presque certain de ne 
plus trouver après l'hiver qu'un tas de pourriture. 

H. J. Van Hullb. 

Le Télégraphe au service de THortioiilture. 

On connaissait déjà la substitution d'un nom de firme com- 
merciale trop long et trop onéreux pour être transmis par voie 
télégraphique, par un ou deux mots de fantaisie conventionnels 
et d'accord avec les bureaux de réception. 

Les Américains ont adopté un singulier mode de nomencla- 
ture pour permettre à leurs clients d'adresser des commandes 
par télégraphe. En regard des noms de plantes quelquefois très 
longs, ils placent un synonyme télégraphique. 

Nous cueillons quelques échantillons dans les catalogues de 

MM. Fbrrt et G"", à Détroit-Michigan : 

Terme téleg. 

Asperge Connovers'ê colossal Addison. 

Haricot à rames cire prolifique à grain noir . . Albemarle. 
Betterave Hanche française à sucre ^ collet vert . Berrigu. 

— Améliorée impériale de Vilmorin .... Bexar. 

Carotte rouge courte de Guérande Chicot. 

Chou D. M. Ferry, premium Drumhead ou cœur 

delœUff Garver. 

Radis rouge hâtif à tout blanc Moore. 

Par ces quelques exemples, on peut juger de la méthode 
ingénieuse, appliquée par les Américains pour faciliter les rap- 
ports avec leur clientèle. Frbd. Burvenich père. 


— 268 - 
Bosa rugosa* 

Il 7 a de longues années déjà, c'était vers 1860, M. Van 
HouTTE avait reçu du Japon un rosier à tige et branches très 
épineuses, à beau feuillage ovale-arrondi, un peu glaucescent en 
dessous, portant de grandes fleurs simples, à larges pétales, 
rouge-cerise foncé. C'était le Itosa ruçoêa. Aujourd'hui il existe 
de cette remai'quable espèce une variété entièrement blanche, 
une autre à fleurs semi doubles et frangées, une autre encore à 
fleurs parfaitement pleines. Type et variétés sont très rustiques. 

M. Carrière, dans un récent fascicule de la Revue Horticole f 
signale le parti qu'il est possible de tirer des JSosa rugosa^ pour 
en faire des haies à la fois défensives et en même temps orne- 
mentales, et il s'étonne avec raison que jusqu'ici on n'ait pas eu 
l'idée d'appliquer ce rosier à cet usage. Les plants, dit-il, destinés 
à former des haies doivent provenir de graines et être aussi 
épineux que possible. Pour les obtenir tels, on devra prendre les 
graines sur un sujet bien franc. Cette précaution nous semble 
superflue, si l'on songe que, dans nos contrées, nous nous 
contentons de faire des haies de Ligustrum,de hêtres, de charmes 
et même de Chenoméles japonica. Toutes ces essences sont 
absolument inermes, et à part cette dernière qui fournit les 
coloris de ses jolies fleurs et celui de son feuillage, elles sont 
peu ornementales. 

En fécondant le Bosa rugosa avec une variété de Rosier Thé, 
le Thé Sombreuil, M. Bruant, de Poitiers, a obtenu un hybride 
M""^ Georges Bruant, qui est à fleurs blanches. Un autre de ses 
semis est absolument inerme. 

M. MoRLET, horticulteur à Avon (Seine et Marne), en fécon- 
dant le Bosa rugosa avec le pollen du Rosier M'^^Alel Carrière^ 
a obtenu un résultat fort remarquable, notamment une plante 
très florifère, à fleurs réunies en oorymbes et dont les pétales 
sont flmbriés sur les bords. La Revue Horticole, p. 427, en donne 
une description détaillée et une très jolie gravure. 

Ém. R, 


— 260 


Pommes de terre. 

Bien que les chimistes trouvent que les principes nutritifs 
sont assez faibles dans ce produit, il n'en est pas moins vrai 
que c'est peut-être la plante la plus utile qui existe. C'est à tel 
point qu'on se demande involontairement de temps à autre : 
mais de quoi le peuple se nourissait-il donc avant l'introduction 
des pommes de terre? Et non seulement comme plante africole, 
mais aussi comme légume, la solanée en question mérite toute 
notre attention. 

On n'oubliera jamais la première apparition si subite de la 
maladie de la pomme de terre en 1845. Cette anuée là et 
beaucoup des suivantes le coup fut si terrible qu'il occasionna la 
demi-ruine du fermier, la famine de l'ouvrier, et ât perdre la 
tête à tous. Mais dès qu'on fut un peu revenu au calme, 
praticiens et savants se sont sérieusement mis à l'œuvre, les 
premiers pour obtenir par voie de semis des variétés plus invul- 
nérables, les seconds pour chercher la cause du mal et les 
remèdes à essayer. 

On sait avec quelle persévérence les uns et les autres ont 
travaillé et avec quelle lenteur l'amélioration se produisit : il 
a fallu plus d'un quart de siècle et jusqu'à nos jours les tenta- 
tives continuent de plus belle. Il j a du reste de quoi. 

C'est que si d'un côté la maladie a diminué d'intensité d'année 
en année, tandis que de l'autre on possède aujourd'hui des 
variétés quasi indemnes, bien souvent cependant l'une et les 
autres nous font faux bon. Cela dépend en effet beaucoup et de 
la température qui règne et du sol où on cultive. 

Le devoir de tout cultivateur est donc 1° de ne planter que de 
bonnes variétés, 2^ de les assurer quand même. 

Ce dernier but, le plus important, peut aujourd'hui être 
obtenu, semble-t-il, avec une grande facilité relative par l'appli- 
cation rationnelle de la bouillie bordelaise. M. E. Thienpont en a 
parlé d'une façon concluante à la page 173 du présent Bulletin^ 


-> 270 — 

voici ce qa*en dit M. Aime Girard, dans le Journal de la 
Société agricole du Bràbawt'Hainaut : 

< Si importantes et si fructueuses que puissent être, ainsi que 
je l'ai démontré, les améliorations que la culture de la pomme de 
terre industrielle et fourragère peut recevoir en France, l'abon- 
dance des récoltes n*en reste pas moins, toujours, sous la dépen- 
dance d'un fait calamiteuz. Ce fait, c*est le développencient 
fréquent dans un grand nombre de régions de notre pajs^ 
constant dans quelques localités, du parasite que nu Bary a 
désigné sous le nom de Phytopktora infestans et auquel, d'habi- 
tude, nous donnons tout simplement le nom de maladie de la 
pomme de terre. 

€ Les récoltes les plus belles peuvent, du fait de ce parasite, 
être en quelques semaines, on pourrait dire en quelques jours, 
entièrement perdues pour l'agriculteur. 

€ Aussi, dès qu'on a su, par l'emploi des sels de cuivre, enrayer 
la marche du mildew, c'est-à-dire du Peronospora mtieola dont 
l'analogie avec le Phytopktora if^estans de la pomme de terre 
est si grande, l'idée s*est-elle présentée d'appliquer à celle-ci le 
même traitement qu'à la vigne. 

€ M. Jouet, dès 1885, a fait, à ce sujet, des essais justement 
remarqués ; d'autres sont venus ensuite, parmi lesquels il con- 
vient de citer MM. Fasqublle , CoRDiER(de Saint-Remj), etc. ; peu 
à peu le nombre des expérimentateurs a augmenté, et dans tous 
les cas, à de rares exceptions près, on a vu le succès couronner 
les essais entrepris. 

€ A tous ces essais cependant, on pouvait, et l'on n'y manqua 
pas, adresser une critique ; à l'indication générale des succès 
obtenus, ne se trouvaient pas joints des résultats numériques, 
tout au moins des résultats numériques suffisants. 

€ C'est à M. Prillieux, en somme, qu'on doit la première 
observation précise sur ce sujet. Au mois d'août 1888, à la ferme 
de la Faiss^nderie (Joinville-le-Pont), il a couvert d'une bouillie 
épaisse à 6 pour cent de sulfate de cuivre le feuillage de neuf 
pieds de pommes de terre qui, à la récolte, lui ont donné 


- 271 — 

115 tubercules tons sains et intacts, tandis qa*à côté, six pieds 
non traités lui ont donné 53 tobercales seulement parmi lesquels 
figuraient 17 malades (soit 32 pour cent de la récolte). 

c Cependant, ces résultats, si intéressants qu*ils fussent, ne 
devaient pas suffire à porter la conviction dans Tesprit des cul- 
tivateurs et si, en 1888 et 1889, on en a ru quelques-uns entre- 
prendre de combattre la maladie de la pomme de terre à l'aide des 
bouillies cuivreuses et obtenir de bons résultats, le nombre de 
ces entreprises est, malgré tout, resté assez faible. 

c Les essais que j*ai faits, de mon côté, pendant ces deux années 
(1888 et 1889) auront, je Tespère, des conséquences plus 
étendues: ils établissent, en effet, avec une grande netteté, et par 
des chifres précis, qu'à peu de frais, par un traitement préventif 
aux bouillies cuivreuses, il est aisé de prémunir nos récoltes de 
pommes de terre contre les dégâts que cause la maladie depuis 
quarante-cinq ans. 

c Mes essais ont eu lieu simultanément à la ferme de la Faisan- 
derie à Joinville-le*Pont (Seine) et au domaine de Clicfaj-sous- 
Bois (Seine-et-Oise). J'y ai employé une bouillie faible ne 
contenant par hectolitre que 2 kilog. de sulfate de cuivre et 
1 kilog. de chaux (pesée à Tétat vif). Une seule application de 
cette bouillie faible a suffi pour: dans le cas d'un traitement 
curatif, amoindrir le mal dans une large mesure, dans le cas d'un 
traitement préventif, l'enrayer complètement. J'ajoute cepen- 
dant qu'en substituant à la bouillie à 2 pour 100 nnehouillie à 
3 pour 100, on aurait certainement, mais pour une dépense un 
peu plus forte, une sécurité encore plus grande. 

< En 1888, la maladie n'est apparue qu'au commencement 
d'août, alors qu'on pensait l'avoir évitée. C'est donc à une 
culture déjà envahie que le traitement dut être appliqué ; il a été 
curatif et non préventif. 

« Un hectare entier de Richter's Imperator a été, à Join ville, 
largement arrosé de bouillie à l'aide d'un pulvérisateur ordinaire; 
la récolte a été sauvée, elle a donné 33^185 kilog. ; préoccupé 
surtout, dans ce cas, d'en assurer l'intégrité^ je n'avais pas 
réservé de témoii). 


— 272 — 


c Mais à côté, à Joinville même, d^autres essais avaient lieu, 
comparatifs cette fois, sur des surfaces moindres il est vrai, mais 
cependant déjà très importantes (4 ares pour chaque variété) ; 
d'autres, de même nature, avaient lieu également à ClichjHSous- 
Bois. Ces essais, à la récolte, en septembre et octobre, ont donné 
les résultats suivants : 

JoinvUle-U-Pont (1888), 

Snr&ce traitée = 200 mq. Snr&ce non traitée » 200 mq . Angmen- 

PoidB total """MaladeT^ Poids total" " T^'aladeB d?îa ré- 

Variétéa. récolté en poids o/o récolté en poids o/o coite 

— — — — _ — saine par 

kilog. kUog. kilog. kileg. kilog. kilog. le traite- 
ment. 

Eos . . . . 470 aO 4.2 468 26 5.5 2.7 o/o 

Komblum . . 450 5 1.1 400 30 7.5 20.2 

Aurèlie ... 427 21 4.9 420 31 7.4 4.4 


Gelberose . 
Jeuxey. . . 
Richter*8 . . 
Red-Skinned 


Cliehy-sous-BoU (1888). 

Sorfiuw traitée ss 126 mq. Siur£B«e non traitée « 1^ mq. 

339.7 10.7 3.1 300 12.3 4.1 

414.5 25 6.0 365 48 18.1 

564 15 2.0 498 14.5 2.9 

469 33 7 423 51 12.0 


14.3 o/o 

22.9 

13.5 

17.2 


c De Texamen des cbifTres qui précèdent, il résuite : 

€ P Que Tapplication d'un traitement curatif n'assure pas une 
immunité absolue ; 

< 2o Que cependant, même dans ce cas, le traitement diminue 
dans une mesure notable le nombre des tubercules malades, et 
en même temps augmente le poids de la récolte saine dans une 
proportion très différente suivant les variétés, mais qui, pour 
quelques-unes (Komblum, Jeuxey), peut s*éle ver jusqu'à 20.2 et 
22.9 pour 100 ; 

€ S^Que les variétés présentent, entre elles, au point de vue de 
la réceptivité pour la maladie, des différences considérables. » 

{Sera continué,) H. J. Van Hullb, 


— 273 — 

Poche Belle impériale. 

Cette préoieuse péohe, certainement la meilleare pour la 
1'" quinzaine de septembre, n*est pas assez répandue dans les 
cultures marchandes aussi bien que dans les jardins d'amateurs. 

Les Bulletins en ont publié une chromolithographie et une 
description (année 1881, page 363). 

En 1867 nous avons été frappé de ces belles pèches au jardin 
de l'obtenteur même, M. Chevalibr père. Nos lecteurs d'alors se 
rappelleront que nous avons parlé avec grand éloge des cultures 
de ce praticien éclairé. 

M. Chevalier fils, qui suit les traditions de son digne père, 
nous a fait voir la supériorité de ses produits à l'Bxposition 
universelle d'Anvers en 1885. Il a bien voulu nous communiquer 
quelques détails concernant la pêche Belle impériale. Elle a été 
obtenue d'un semis fait en 1859. Déjà en 1862, une greffe 
placée sur un autre pécher en plein rapport a donné un fruit de 
28 cent, de circonférence. En 1863 M. Chevalier en expo- 
sait un lot de fruits. En 1866 elle fut primée par le comité de 
pomologie de la Société nationale (impériale in illo tempore) de 
France. Le Congrès pomologique de France s^est empressé de 
l'adopter aux sessions de Lyon et de Bordeaux. 

La meilleure recommandation que nous puissions faire de ce 
fruit, c'est que les confrères Montreuillais de l'obtenteur se 
sont empressés d'introduire cette nouveauté dans leur culture 
commerciale et ils la cultivent en grand. Or, il est généralement 
connu que ces cultivateurs sont très défiants dans l'adoption 
d'une nouvelle venue. Ils préfèrent la Belle impériale à la Bon 
ouvrier qui était de tout temps pour eux la reine des pèches tar- 
dives. La pèche Belle impériale est sortie d'un noyau de Bon 
ouvrier; M. Chevalier pense que sa superbe coloration permet 
de supposer que la P. Oalande a pu faire la galante à la 
cheweme; n'insistons pas. La recherche de la paternité fût-elle 
permise, elle serait bien difficile chez les plantes où la féconda- 


~ 274 - 

tion indirecte joue un si grand rôle dans la production de ces 
innombrables croisements dus au hasard et que certains semeurs, 
heureux à cette grande loterie, voudraient souvent faire passer 
pour les résultats de combinaisons habiles et savantes. 

Frbd. Burvbnich père. 


Oenista Andreana. 

Sous ce nom la Reioue Horticole a publié la description accom- 
pagnée d'une planche coloriée d*un nouveau Genêt à fleurs 
jaunes et pourpre cramoisi. 

Comme le fait très bien observer le savant rédacteur de la 
Tievue, auquel cette jolie nouveauté est dédiée, la plante devrait 
s'appeler Sarothamus Scoparia Andreana. En effet, la nouvelle 
plante est une variété du Genêt à balais. 

Le pédoncule et le calice de la fleur sont d'une teinte acajou. 
Toutes les parties de la corolle sont à fond jaune, comme chez 
Tespèce type. Mais tandis que l'étendard et la carène sont 
bordés d'une ligne pourpre, les pétales latéraux ou ailes, sont 
d'un rouge cramoisi uniforme. 

En somme, le nouveau Genêt est une acquisition vraiment 
précieuse, surtout si on se rend compte dans quelles conditions 
diverses cette plante pourra être cultivée, étant donné qu'elle 
a toute la rusticité de la plante mère. 

Comme de toutes ses congénères on pourra en tirer de grandes 
ressources d'ornementation, soit qu'on la cultive dans sa gra- 
cieuse forme naturelle de touffe, soit qu'on la greffe à différentes 
hauteurs sur faux ébénier. 

Cette jolie plante, qui a été mise au commerce par la Maison 
Crouz et fils, se trouve déjà très répandue et a déjà été admirée 
dans nos expositions. . 

Fréd. Burvenich père. 


- 275 — 
Culture des Kakis du Japon. 

S'il a falla au Plaqaeminier do Japon près d*an siècle pour 
86 faire connaître après que Linnéb Teût décrit, l'attention se 
fixe de plus en plus sur cet arbre fruitier dont Thorticulture 
s'empare actuellement et qui» abstraction faite des variétés 
nombreuses déjà signalées dans les cultures japonaises, oom- 
menoe à donner des variétés en Europe. Il est probable que, par 
la voie du semis et grâce à une sélection persévérante et bien 
entendue, on arrivera, dans un avenir rapproché, à obtenir des 
formes mieux faites pour résister aux intempéries de nos oon- 
trées. Avec des fruits aussi volumineux qu'une belle pomme de 
Court Pendu on est loin déjà de la forme tjpe, ne mesurant que 
trois à cinq centimètres environ de large sur une hauteur 
à l'avenant. 

Il y a quelques années déjà, les journaux horticoles ont indi- 
qué le mode de culture qu'il convient de donner à ces arbres. Il 
leur faut un terrain assez léger et bien perméable; un sol 
humide, argileux, ne leur convient en aucune façon ; si le sous 
sol est aqueux, ils dépérissent. Certaines variétés sont mieux 
faites pour un ciel plus doux, tel que celui de la région de l'Olivier; 
certaines autres sont beaucoup plus rustiques et supportent assez 
bien les hivers de nos contrées, pourvu qu'on leur donne l'abri 
d'un châssis vitré. 

On peut greffer les variétés sur Plaqueminier d'Europe ou 
Diospyroê lotus Linn., ou mieux encore sur le Dioêpyros mr^i- 
nianaon Plaqueminier d'Amérique, dont la résistance est plus 
considérable. L'expérience nous dira sur quel sujet certaines 
variétés prospéreront le mieux. 

Le DiospyrosKahi supporte bien la taille et peut être conduit 
fin espalier et sous telle forme que l'on voudra, comme le 
fuseau ou la colonne, seulement il importe de ne pas oublier 
que la fleur naît sur les brindilles nouvelles et que si on a le 
tnalhenr de pincer ou de tailler les ramifications des branches 


- 276 ~ 

principales on cbarpentières, on supprime de fait la floraison et 
la fructification. On devra donc se borner à tailler en hiver les 
ramilles ayant donné des fruits Tautomne précédent. On aura 
soin de conserver quelques bons yeux au dessus de leur empâte- 
ment. Les Kakis peuvent être cultivés en pots, vases ou bacs, 
ceuxKîi ayant de 0°'25 à O'SO. Traités de la sorte, ils prennent 
peu de place, peuvent'âtre abrités dans un coin quelconque de 
Porangene, être mis en terre avec les pots, depuis le mois de mai 
et offrir en abondance de magnifiques fruits qui serviront d*abord 
d^ornement et pourront, lors de leur maturité complète, fournir 
un joli dessert. Nous avons insisté antérieurement sur la 
nécessité de Tachèvement complet de la maturité; alors la 
chair a le goût de la datte et de la figue en mélange; en 
somme, cette chair est généralement bonne, bien que Tap- 
préciation diffère en raison même de Tétat imparfait dans 
lequel la plupart de ces fruits sont dégustés. Certains d*entr*eQX 
sont dépourvus de noyau, la cause de cette stérilité n*est pas 
encore connue. Le fruit entier est mangeable, on peut en faire 
une excellente confiture rappelant assez bien la saveur du coing. 

Ém. R. 

Les Ouôpes en 1890. 

11 ne s'agit pas de celles dont le spirituel auteur octogénaire 
vient d'être enlevé au monde littéraire^ mais bien des vrais 
hyménoptères ( Vespa vulgaris) qui ont cette année causé tant 
de tourments et de dommages aux apiculteurs et aux jardiniers. 

On ne songe d'ordinaire aux moyens de destruction que lors- 
qu'on voit arriver ces hordes de pillardes sur les premiers fruits 
mûrs. C'est faute de connaître leurs mœurs et leur mode de 
reproduction qu'on se soucie si peu des individus isolés qu*on 
rencontre au commencement de la belle saison. 

Les Guêpes forment des colonies annuelles et non permanentes 
comme les abeilles. Les mâles survivent peu à la fécondation : 
les neutres ou ouvrières périssent dès les premiers froids. 


— 277 — 

Seules les femelles sarvivent et hivernent engoardies dans 
les orenx d'arbres, dans les fentes de murs. Au printemps 
chaque femelle s'établit isolément, construit son nid, pond ses 
œufs et soigne et nourrit ses larves dont le développement et 
la transformation en insectes parfaits sont très rapides; mais ce 
sont tous ouvrières ou neutres qui se mettent au travail et 
agrandissent le nid. 

La guêpe mère, nous ne voulons pas honorer du nom de 
reine ce chef de brigands, se met à faire une nouvelle ponte 
dont les larves seront soignées, cette fois, par les ouvrières de la 
première génération. Plusieurs générations de guêpes neutres se 
succèdent ainsi pendant Tannée. Ce n'est qu'au mois de juillet 
que la mère pond des œufs de mâles et de femelles. Quand ce 
couvain est sorti, les mâles fécondent les femelles et nous 
l'avons dit, les premiers périssent, une partie des secondes 
parviennent à hiverner. 

Comprendra-t-on maintenant que chaque guêpe qu'on tue au 
printemps ou à l'arrière saison représente une de ces formidables 
colonies d'effrontées pillardes qu'on aura en moins, et ne se rend- 
on pas facilement compte d'où viennent les innombrables nids 
qn'oD trouve pendant certaines années, notamment en 1890? 

Un de nos correspondants habituels nous écrivait à la date 
du 9 août : 

< Tous mes fruits sont mangés par les guêpes ; j'ai détruit 
178 nids et le nombre de guêpes ne diminue guère : c'est un 
véritable fléau. » 

On comprend facilement, en présence d'une telle multipli- 
cité, l'impuissance des moyens ordinaires, c'est-à-dire attrape- 
mouches avec ean miellée pour les fruits, les mêmes en^çins 
amorcés d 'un morceau de fruit mûr, pour les prendre au rucher. 

Frbd. Burvbnich père. 


— 278 - 
Le Bambou. 

On a dit longtemps qae le Bamboa ne ponrrait pas être 
naturalisé en Europe. Aujourd'hui pourtant on en trouve des 
exemplaires plantés comme ornement dans nos jardins et résis- 
tant assez généralement à nos hivers. Le Bambou est utilisé 
dans un certain nombre d'industries et c'est pour des millions 
de francs que l'exportation de ilndo-Chine en fournit chaqae 
année. Il existe actuellement dans le département des Basses 
Pyrénées une plantation de Bambous couvrant une surface de 
quatre hectares ; cette plantation est exploitée industriellement 
et donne un excellent résultat. Nous voyons dans la Revue des 
Sciences naturelles que la Compagnie des Chemins de Fer da 
Midi utilise le Bambou pour maintenir les talus des remblais 
et pour orner les lignes. L'administration militaire en France 
en fait autant pour maintenir les talus des fortilications. 

L'Horticulteur y organe de la Société centrale d'horticulture 
de Mons, publie un excellent article dans lequel M. A. Houzeau 
DE Lehaie appelle Tattention sur la possibilité d'introduire une 
série de Bambous dans les jardins de nos régions. Inutile de faire 
ressortir les mérites de ces plantes. Les Bambusa Metake et B. 
gracilis sont depuis assez longtemps répandus dans nos cultures; 
ce dernier toutefois est le moins rustique. M. HouzBiin a 
essayé la culture des Bambusa viridi-glaucescens, B. Mazeliy 
B, miiis, B, nigra et B. sulfurea, à côté du B. Metake comme 
terme de comparaison. Tous sont de bonne végétation. Ces espèces 
sont toutes de magnifiques plantes atteignant une hauteur de 
plusieurs mètres. D'après leur degré de rusticité, M. A. Hou- 
ZEAU place les Bambous dans l'ordre suivant: 1^ Metake, Mazeli^ 
Simoni; 2<^ sinensis, nigra, sulfurea, viridi-glaucescens; 
3° aurea, mitis^pubescens, violescens; A'^falcata, QuUloi, quor 
drangularis; 5"" fiexuosa, gracUis. 

Ém. R. 


— 279 — 

Sources du malaise des arbres des BotQeyards. 

Nous avons déjà fait voir que l'air vicié des villes est la 
première et inévitable cause de ce que les arbres des boulevards 
n*j réussissent jamais aussi bien qu'en pleine campagne; les 
asperger le plus fréquemment possible, surtout leur feuillage, 
est ce qu'il y a de mieux à faire. Une autre cause doit être 
cherchée dans le sol; sa composition n'est pas toujours ce 
qu'elle devrait être et, ce qui est bien plus à craindre, tassé, 
piétiné, dur et froid tel que ce sol est ou devient, les racines ne 
s'y plaisent que médiocrement. L'amender au besoin en le 
défonçant surtout largement et profondément, puis le couvrir 
d'un grillage autour de l'arbre planté, est tout ce qu'on peut 
faire pour aller à rencontre de ce mal. Faut-il arroser? Bien 
moins qu'on ne pense; le feuillage des arbres, soit; mais 
quant au sol, s'il a été assez profondément défoncé au préalable, 
les racines pourront suffisamment aspirer du sous-sol l'humidité 
dont elles ont besoin. Trop arroser la terre des arbres nouvelle- 
ment plantés est même dangereux. 

Les contusions et les blessures sont d'autres causes sérieuses 
de tribulations. Disons à ce sujet que les corsets dont on entoure 
les arbres les plus exposés sont une excellente précaution à 
prendre. Mais ce qu'on ne pourrait plus permettre, sous aucun 
prétexte aux élagueurs, c'est d'escalader les arbres à Taide 
de griffes. C'est dans les plaies que laissent celles-ci sur le tronc 
que les insectes vont se nicher de préférence ; que les ouvriers 
se servent d'échelles pour monter dans les arbres. 

Nous venons de toucher à l'élagage; notre avis a toujours été 
et il le reste, que plus l'arbre qu'on transplante est grand, plus il 
faut lui enlever de grosses branches séance tenante. Prenez au 
printemps de longs sarments de vigne, essence si facile à s'en- 
raciner cependant, piquez-les en terre sans racines, ils se dessé- 
cheront; piquez-en en même temps d'autres de la même essence, 
mais coupez les à une ou deux bourres seulement au-dessus du 


— 28Ô — 

sol et la reprise se fera. Pourquoi ne pas agir de même pour les 
grands arbres qu'on transplante, auxquels on coQserve bien, il 
est vrai, une partie des racines, mais jamais assez en proportion 
de toutes leurs branches. On voudra me confondre en disant 
< mais voyez les ormes de la Place d*armes : vous les avez plantés 
fort grands vous-même sans j couper quoi que ce soit et ils ont 
cependant tous admirablement repris I > Soit; nous y répondrons 
tout simplement que le fait prouve que ce procédé suivi est 
possible, mais pas du tout qu'il est préférable et nous sommes 
autorisé à le soutenir aussi longtemps qu'une expérience compa- 
rative ne nous a pas donné tort. 

D'après nous donc il aurait fallu à la Place d*armes élaguer ne 
fût-ce que quelques arbres à titre d'essai comparatif, ainsi que 
nous l'avions demandé. Dans tous les cas, on aurait dû élaguer 
après. Par un éclaircissage rationnel des branches — se gênant 
d'autantplus les unes lesautres que des arbresqui auraient besoin 
de douze mètres se trouvent ici à six et sur une double rangée 
encore, — on aurait mieux permis à l'air et à la lumière surtout 
d'arriver là où c'était nécessaire. Cela n'ayant pas été fait, du 
bois mort a dû se former : il ne saurait en être autrement; c'est 
la façon d'élaguer de la nature: prenons y une leçon. 

Mais si les branches mortes sont dues à l'absence de tout 
élagage, les insectes y sont incontestablement aussi pour une 
large part. Néanmoins neuf fois sur dix, ces derniers sont la 
suite, non la cause du mal, qu'ils concourent évidemment à 
envenimer de plus en plus II nous mènerait beaucoup trop loin 
d'entrer dans des détails concernant tous les moyens à mettre en 
œuvre pour se débarrasser des insectes, moyens peu pratiques du 
reste pour la plupart; pour ce qui regarde l'orme cependant, 
nous allons nous y arrêter un moment. 

Ses deux plus grands ennemis sont leScolyte et le Cossus; mais 
si ces insectes abiment les arbres au point que leur bois devient 
impropre à l'industrie, fait important en sylviculture ou cul- 
ture de rapport — rarement ils les tuent — fait consolant en 
horticulture ou culture d'agrément. Les entomologues nous 


— 281 — 

enseignent que c'est au mois de roai-jain que le papillon vient 
déposer sur les jeunes branches les œufs du Cossus» mais ils ne 
nous disent pas pourquoi ses larves se développent d'une manière 
si particulièrement inquiétante dans telle plantation et pas du 
tout dans telle autre; pourquoi, dans une même pj^ntation, 
par ci par là un orme en est littéralement dévoré, tandis que 
ceux à côté restent parfaitement indemnes. Faisons cependant 
observer ici que si sur les arbres sains on remarque que 
les feuilles inférieures des bourgeons font défaut ou tombent 
prématurément, c'est ordinairement le signe précurseur de 
Tinvasion du terrible rongeur. * 

C'est encore de mauvais augure quand, sans cause connue, 
il se développe des bourgeons adventifs sur le tronc et dans 
la cime. Mais les causes, où les chercher? Nous croyons les 
troaver dans le traitement qu'on fait subir aux arbres, dans 
le sol et la situation où ils se trouvent et dans la variété 
même de Tessence. 

Nous considérons donc comme très compromettant pour 
l'avenir le vicieux système encore tant suivi de planter trop 
profondément : le collet doit rester raz terre. Au même titre 
nous condamnons l'habitude de n'élaguer les ormes que tous 
les 5, 6, 7 ou 8 ans : dans les promenades publiques surtout, 
il faut leur enlever tous les ans le bois superflu, s'il y a lieu; 
ainsi du moins on ne devra qu'exceptionnellement faire de 
grandes plaies, toujours nuisibles. 

Pour ce qui est du sol et de la situation, nous nous sommes 
déjà expliqué là dessus; mais ajoutons une remarque qui 
peut avoir son importance. C'est que le Cossus attaque pres- 
qu'uniquement les ormes plantés dans de profonds remblais 

— au Boulevard des Hospices par exemple — tandis qu'il laisse 
parfaitement tranquilles ceux plantés en terrain non remblayé 

— c'est le cas au Boulevard de Plaisance. On ne peut supposer 
que ces terres rapportées aient contenu des matières nuisibles à 
la végétation, car dans ce cas les arbres n'y auraient pas pris 
le vigoureux et rapide développement qui a dû frapper tout le 


— 282 — 

monde. On doit au contraire platôt admettre qae ces terres 
sont la cause de cette vigueur excesâive. Celle-ci, à son tour, 
deviendrait-elle la cause de Tapparition du Cossus? On serait 
tenté de le croire. Au fait, au Boulevard de Plaisance point de 
terres rapportées, une végétation normale et peu ou pas de 
Cossus; 4 ou 5 arbres atteints sur plusieurs centaines d^indemnes. 
Le malin rongeur serait-il assez fin bec pour se régaler seule- 
ment aux morceaux tendres et juteux, dédaignant ce qui est 
plus ou moins maigre et coriace? 

Dans tous les cas, ce qui semble confirmer que le Cossus a 
une préférence, c'est que rarenfent on le voit s*attaquer à Terme 
maigre {Ulmus campestris L.); celui-ci a le Scoljte pour 
ennemi. De nos jours, au lieu de cet orme, d'une croissance 
assez lente dans le principe, on plante presque partout l'orme 
ffras (Ulmus fulva Michx.), ou bien la variété soi disant 
améliorée de HoWhnde (Ulmus îatifolia Hort.), à feuilles grandes 
et rudes et grandissant beaucoup plus rapidement. Si les jeunes 
plantes de ces deux dernières races ont été élevées normalement 
dans les pépinières, si ensuite on les a plantées en terrain 
ordinaire et dans les conditions passables, elles peuvent rester à 
Tabri du Cossus; c*est du moins ce qui s'est passé jusqu'ici au 
Boulevard de Plaisance. Si au contraire les jeunes plantes pro- 
viennent de pieds-mères déjà eux-mêmes exubérants de santé et 
de vigueur, si elles sont repiquées ensuite dans une terre extra- 
substantielle, pour de là être plantées à demeure dans un bon et 
profond remblai, ce n'est plus du tout la même chose. Or, c'est 
ce qui s'est passé pour les Ormes du Boulevard des Hospices, 
et par ricochet pour ceux de la Place d'Armes. 

Ces Ormes en effet proviennent d'une pépinière où le terrain 
est de pure alluvion et où de plus on irrigue à volonté, non avec 
de l'eau claire, mais avec de faibles purins. Il s'en suit que les 
jeunes plants s'y développent avec une vigueur telle que, déjà à 
quatre ans, ils ont la force qu'ils n'auraient qu'à sept ou huit ans 
dans la généralité des pépinières. On produit donc ainsi de la 
belle marchandise qu'on peut fournir à un prix excessivement 


— 283 — 

bas — si nos souvenirs sont exacts, ces Ormes ont été soumis- 
sionnés et livrés à raison de fr. 0,80 pièce. Mais la surexcitation 
à laquelle on a soumis ces plançons a nécessairement eu pour 
effet de ne produire que du bois plus mou encore que ne l'était' 
déjà celui des pieds -mères et par conséquent un tissu d*autant 
plus recherché du Cossus qu*il était moins dur^ moins serré. 

Aussi est-ce sur ces plançons là et pas sur d'autres que Tinsecte 
a apparu d'abord. Plantés sur un canal remblayé, une vigueur 
extrême les a toujours fait remarquer ; mais on observait en 
même temps par ci par là un pied atteint par le Cossus, qui n'a 
fait que se répandre de plus belle depuis. Lorsqu'il s'est agi de 
choisir dans cette plantation une partie des Ormes plantés à la 
Place d'armes, on s'est efforcé avec la dernière minutie de 
n'en prendre que de tout à fait indemnes, et, à plusieurs reprises, 
M. PuLs lui-même a déclaré qu'ils l'étaient lors de leur planta- 
tion. Il faut croire cependant qu'on s'est trompé et qu'à ce 
moment déjà si pas le Cossus lui-même au moins ses œufs 
étaient déjà de la partie, a moins que ces œufs n'y aient été 
déposes plus tard par des papillons attirés, alléchés par la beJle 
venue de ces Ormes à leur nouvelle demeure. Quoi qu'il en soit, 
beaucoup de ceux-ci et plus qu'on ne le voit peut-être sont 
bel et bien envahis. 

Sommes-nous dans le vrai pour les causes des tribulations que 
nous venons de signaler? Nous n'oserions l'affirmer, ayant aussi 
rencontré des cas faisant mentir notre théorie, ce qui n'empêche 
pas que nous n'oserions conseiller à personne de planter des 
ormes trop surexcités. Avons-nous eu tort dans le temps de 
procéder comme nous l'avons fait dans la limite de nos pou- 
voirs? C'est fort possible, car l'expérience nous enseigne beau- 
coup de choses. Avons-nous à critiquer ce qui a été fait après 
nous? Tant s'en faut, nous sommes journellement trop témoin 
des sacrifices, soins et dévouements dont on entoure nos prome- 
nades publiques. Depuis que M. l'échevin BrcneelIcs a pris dans 
ses attributions et qu'il s'est fait aider par notre estimé succesr 
86ur M. Ingelrelst, nos parcs et promenades ont pris un déve-r 


- 284 — 

loppement et un aspect tels qa*ils ont peu de chose à 
envier aux autres grandes villes. Et si nous nous occupons 
encore de temps en temps des jardins publics dans nos 
écrits et plus spécialement dans celui-ci, c'est que même dans 
notre retraite nous ne résistons pas au désir de faire notre 
possible pour aider à maintenir en bon état une création à 
laquelle nous avons consacré une grande partie des plus belles 
années de notre existence. H. J. Van Hulle. 


Examens d'arborioulture. 

SESSION DE 1890. 

Les examens d'arboriculture se sont succédé aux Écoles d'horti- 
culture deVilvorde et de Gand depuis le 8 septembre jusqu'au 26. 

Le Jury était composé comme suit : 

MM. DoucET, président de la commission de surveillance de 
rÉcole d horticulture de TËtat à Vilvorde, président; Gille- 
KKNS, directeur de la dite Ecole, secrétaire du Jury à Vilvorde; 
RoDiGAs, directeur de TÉcole d'horticulture de TÉtat à Gaud, 
secrétaire du Jury à Gand; Burvenich, professeur à TÉcole 

9 

d'horticulture de l'Etat à. Gand; Van Lierde, professeur à la 
dite École; Joris, chef de culture à l'École d'horticulture de 
l'État à Vilvorde; De Beugker, professeur d'horticulture à 
Anvers; Millet, pépiniériste à Tirlemont; Clément, directeur 
du Jardin botanique à Malines. 

Le certificat de capacité a été obtenu par les personnes dont 
les noms suivent. 

Examens de Vilvorde. 

Massart, Adolphe, instituteur à Fays; 
Mathieu, Adelin, jardinier à Onhaye près Dinant; 
Palmans, Jean, aide jardinier à Wilryck; 
Heymes, Albert, jardinier à Mont-sur-Marchienne ; 
Philippart, Melchior, jardinier à Florée; 
Pesager, Alphonse, jardinier à Rebecq; 


- 285 — 

Simon, Joseph, jardinier à Namur; 

Merveille, Louis, chef de culture à Namur; 

Début, Léon, jardinier à Haine St. -Pierre.: 

De Feyter, François, jardinier à Lierre ; 

De Ceuster, Jean-Baptiste, jardinier à Duffel ; 

Hanart, Antoine, jardinier à Lodelinsart; 

Dauchie, Séraphin, jardinier à Baudour; 

Fontenoy, Jules, jardinier à Tilff; 

Lantin, Jules, jardinier à Waremme ; 

De Batty, Olivier, jardinier à Cerexhe-Heuseux ; 

Paras, Louis, jardinier à Chièvres; 

Dioos, Alphonse, cultivateur à Beggijnendijck; 

Van Bree, Auguste, cultivateur à Heyst-op-den-Berg ; 

Van Roy, Constant, jardinier à Rhode St. Genèse; 

Leflot, Joseph, particulier à Boisschot; 

Marchai, Au^ste, jardinier à Archennes-Florival ; 

Schildermans, Félix, jardinier à Kessel-Loo; 

Guelette, Alexis, jardinier à Tilly (Namur) ; 

Guiot, Constant, jardinier à Tavier; 

Wauters, Louis, jardinier à Percq; 

Van Hille, Jules, jardinier à St. Josse-ten-Noode ; 

Alewaeters. Jean, jardinier à Effen ; 

Maerévoet, Victor, jardinier à Malines : 

Yan Saet, Thomas, aide-jardinier à Malines ; 

Lints, Victor, propriétaire à Louvain; 

Buyaert, Pierre, jardinier à Tielrode; 

Leflot, Alphonse, instituteur à Leeuw-St-Pierre. 

Oxamens de Gkind. 

Valcke, Jules, jardinier à St. Laurent ; 

Haelters, Gentil, jardinier à Audenarde ; 

DePelsmaeker, Auguste, jardinier à Grammont; 

Aelbrecht, Clément, jardinier à Appels ; 

Verhougstraete, Jules, jardinier à Aeltre ; 

Gyssens, Camille, jardinier à Erembodegem ; 

Vyncke, Auguste, jardinier à Swynaerde ; 

De Meyer, Camille, jardinier à Haeltert ; 

Bracke, Gustave, jardinier à Gand ; 

Van Renterghem, Brunon, jardinier à Lootenhulle; 

Loosveld, Camille, jardinier à Elsegem; 


— 286 - 

Priem, Henri, jardinier à Ardoye ; 

De Weer, Achille, jardinier à Avelghem ; 

Comelis, Félix, sous-instituteur à Erpe; 

De Wilde, Camille, instituteur à Waarschoot. 

Le nombre des récipiendaires qui se sont présentés à Vilvorde 
est de 74; celui des récipiendaires examinés à Gand est de 41. 


Varia, 


Gomment on propage le goût des fleura en Hollande. — 
L'exemple de Tinstitution de ce que nos voisins du Nord 
appellent Floralia mérite d*étre fréquemment rappelé. La com- 
mission des floralies de Purmerende avait, au printemps dernier, 
remis à 150 familles appartenant à la petite bourgeoisie et à la 
classe ouvrière, 150 lots de plantes, se composant chacun de 
six pots. Les plantes cultivées à domicile ont été appelées à 
un concours, et 130 lots complets ont été présentés le 31 août 
1889 au jury, tandis que d'autres lots ont été reproduits 
partiellement. Le jury a accordé quinze prix, qui ont été remis 
solennellement, pendant un concert, le lendemain, en présence 
de Tadministration communale. C'est la neuvième fois que 
l'exposition de Floralia a lieu dans cette commune. 

A Frederiksoord, siège de l'école d'horticulture Adriaan Van 
SwiETEN, on a étendu l'importance de l'institution des Floralia. 
On a distribué, le printemps dernier, des graines de fleurs 
annuelles, des plantes vivaces et même quelques petits arbustes 
à un certain nombre de ménages pour leur permettre d'orner 
ainsi les petits jardins attenant à leur demeure. Cet exemple 
mérite à coup sûr d'être signalé. 




La Tasmanie, dont le climat est un des plus saiubres et des 
plus heureux de l'hémisphère sud, à une étendue de plus de 
4000 lieues carrées et possède aujourd'hui d'assez nombreuses 
fermes dans lesquelles la culture des arbres fruitiers trouve une 


— 287 - 

large place, n*ajaDt rien à redouter des gelées printanières. On 
ne devait pas s'attendre cependant à voir les fruits de ce lointain 
pays arriver déjà en Europe; la facilité et la rapidité des 
communications en ont décidé autrement : les pommes de la 
Tasmanie, qui mûrissent là bas juste au moment où nos pom- 
miers fleurissent, ont fait leur apparition au marché de Covent 
Garden à Londres, en mai dernier. On les dit fort belles et 
d'excellente qualité ; elles n*ont guère souffert de la traversée. 

La Pftquerette d'Europe {Bellis perennis), qui n^existait dans 
les latitudes moyennes de l'Amérique Septentrionale si ce n'est à 
rétat de culture, semble y être déflnitivement naturalisée. La 
fleurette de nos prés se trouve répandue, à Tétat sauvage, dans 
un des vallons du Mont Tamalpais près de San Francisco. C'est 
évidemment la conséquence d'une introduction européenne. 

La Canning industry, industrie des conserves alimentaires 
de fruits, qui doit son nom aux boites en fer blanc dans lesquelles 

9 

on met les fruits, prend dans les Etats-Unis d'Amérique une 
très grande extension. D'après The Garden and Forest, cette 
industrie a commencé dans l'État de New- York, il y a une 
trentaine d'années; or en 1888, une seule maison, celle de 
M. S. G. GuRTiCE, a acheté pour 1,230,000 francs de fruits; 
elle a employé pour 365,000 francs de fer blanc et a consommé 
pour 76,000 francs de sucre; elle a payé à ses employés et 
ouvriers 354,000 francs. Les Etats de Maryland et de Virginie 
ont fourni à eux seuls près de 27 millions de boites de tomates. 

* * 

L'Abies oonoolor Lindl., introduit dans les jardins d'Europe 
depuis quarante ans seulement, a conquis droit de cité partout. 
C est un bel arbre, au port conique, régulier, et à croissance 
rapide. MM. Veitch, dans leur Manual qfthe Coniferae^ figurent 
un exemplaire de Highnam Court, ayant en 1881 une hauteur de 


— 288 — 
15 mètres. It'ÂUei eoneohr oa Abies lasioearpa ou encore Picea 

m 

Lomana croit aux Etats-Unis, sur ane aire géographique fort 

considérable, s'étendant depuis les Rockj Mountains jusqa*en 

Californie, et depuis le Nouveau Mexique jusqu'à TOrégon. Il 

prospère au fond des gorges comme sur les montagnes à des 

hauteurs absolues de 1500 mètres. Dans nos régions, cet arbre 

est parfaitement rustique. Le type et les variétés se distingaeni 

par leur beau feuillage glauque à double rangée d*aigailIeB 

longues de cinq centimètres. 

♦ 
* * 

Deaz nouveautés. — Les feuillages colorés seront toujours 
recherchés parmi la verdure. Sous ce rapport deux plantes de 
plein air méritent d'appeler l'attention, ce sont : le lilas à feuil- 
les pourpres et le Prunus Pissarii à feuilles de Coleus. 

Le Syringa foliis purpureis a été obtenu par M. A. Watb- 
RER, le cultivateur bien connu de Rhododendrons, à Knap Hill. 
Le feuillage pourpre de cette nouveauté serait aussi remarquable 
que celui du hêtre à feuilles pourpres et cela n'est pas peu dire. 

Quant au Prunus Pissardi à feuilles panachées, il fut exposé 
par M. BoNNEAU à Paris. Les feuilles sont panachées et striées 
de rose rouge sur fond pourpre; cette panachure rappelle 
absolument celle de certains Coleus. 

Le Séquoia gigautea est décidément le roi des Conifères. 
Non loin des sources de la rivière Kameah, en Californie, on a 
découvert dernièrement un exemplaire de cette espèce dépassant 
en grandeur tout ce que l'on connaissait à cet égard. Le tronc de 
ce colosse mesure, à hauteur d'homme, la circonférence énorme 
de cinquante-trois mètres. 

Ém. R. 


• Série, Toi. Ir, !• 10. 


BULLETIN 


D'ARBOillGULTURE, DE FLORICULTURE 

ET DE CULTURE POTAGÈRE 

aÉOlGti PAU 

rr. Burrenich, Éd. Pynaert, Ëm. Bodigos ft H. J. Tan HnlIe 


OHHAIRE. 1. £d. PriUMrt. UArier noir, p. S89 - 9. TréA. Barrenlob pin. PAche 
Souvenir de Gérard Galopin, p. SOI — 8. Em. R. Mwji et remèdes, p. 292. - 4. Préd. 
Bnrvenloh père. Du produit des abeilles, p 294. — 5. Éd. P. Lee droits d'eotrëe but 
le Raisin de primeur, p. 29^ — 8. Ém. ±t. DéTelopiJement de la culture maraîchère, 
j). 299. — 7. H. J. Tbd Hu1L«. Pommes de terre i,skiM, p. SOI. — 8. Ëm. B. École 
d'horticulture et d'ai^iculture & Gand, p. 906. — 9. Tréd. Burrenloh i:^. Notes 
Dpicoles, p. 307, - 10, Bm, TL. Poire Fondante da Notl, p. 308. — 11, Sm B. Noa 
arbres fruitiers en Australie, p. 309. — 13. Em. B. Encore ta uomrae de TEstre, p. 311. 
13. Élèves admis à l'École d'horticulturo de l'État à Gand, p. 313. — 14. Ëm. B. Violettes 
à Qeurv pleines, p. SU. - IS Ëm. B. Bdelweiss, p. 315. — 16. F. B. et Em B. 
Varia, ft^. 296, 300, 305, 310, 312, 816-319. — 17. Cercle d'arboricultnre de Belgrique : 
Assemblée générale, p. 320. 

Planche coi.ORiiu : Mûrier noir. 


^ 





I 


&.lTonnetiient, an an : 10 te. poor la Belgique, 12 tr. pour la Francs 
et lea antres pttjs de l'Union postale; 10 Uk. pour l'Allemagne, 10 flJl. 
pour l'Angleterre, 6 fl. pour la Hollande, pajablea d'avance par an mandat-postal 
à Tordra de H. fl. J. Vui flolle, i, Oani». 

«iirratfie 1 Qaud) obauaaâa d* CoUTtrai, 37. 


L'abonnement est dû à partir du !•' janvier. Les démission* doivent être en voy^aa avant 
t'Sl déueiiibrd. L'envoi en continué aux alionnéi qui n'ont pas donné d'avis contraire. 

iïiwivoiwces. 

L'ei péri en ce prouve de plus en plus qu'un des meilleurs moyens de Aire de* affldres, c'est 
'avoir recours aux annonces. Sous ce rapport, le BuUttin, eu é)^rd au grand nombre de 

I qui le lieent, offre d«B avantages très réels aux iatéresaés. 

l'adresser les demandes d'insertion, CjtaiiMAiJcCour^rui,S7,ÂSaNrf,avant le S du moia. 





* Awnmblée générale du Cercle d'arboriculture le SI décembre 1690. 

Voir page 320. 


LlBBAISlE GEilÊBiLE DE AD. EOSTE, LlBRUBE, ME DES CUHPS, IL Cri 


LISTE DESCRIPTIVE 


DES 


CHRYSANTHEME 


D'HIVER 


PAR 


0. i)K MEULENAERE, 

Membre effectif de la Société royale d'Agriculture et de Botanique de Gand, M. N. C. 


Volume oblong, cartonné toile (pour mettre en poche), 

PRIX : Fr. 2-SO. 


(Pépimières de Haarden Hollande) 

SlalioB Naarden-Bussum, près d'AmsIcrdam. 
4k^ IlECXAitES. 

'. Poui' le Priulemps 1890, offre spéciale de notre 

nouveauté hors ligne,. voir le Bulletin 1890, 

pag. 31 . 
0HA.MAECTPABI8 BOTTBSIBBI 
(GupreSBUB Lawgoni) Wenlennani aurea 

êpica. Panachure jaune d'or très constante, 

plantes avec mottes : 

zt: 1/2 mètre de haut., ;itète3 fr., la doux. 25 fr. 

± 3/4 » » ï> 4 » » 35 » 

±1 » » «y» «60» 

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tels que Houx, Buis, arbres d*orncmcnt, 
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— demi tige » i 

— basse • — — » ' 

— Bengale - ^ — » 
Plantes vivacesde pleine terre « i 

Ghynerium argenteumC Herbes de 
Pampas) 2 ans U cetit 

Arbustes de pleine terre i, 

Lauriers en boule de 2 1/2' de circnn- 
fé renée la couple 

Catalogue sur demande. 


7( 
ùl 

51 

Gi 
3 


• • 


- 289 — 

Mûrier noir. 

Le Marier noir est caltivé de plas en plus rarement dans nos 
contrées. Cet abandon ne nous parait nallement justifié. On 
conçoit que son fruit ne pouvant être un objet de vente à i*étran • 
ger, un article d'exportation comme les pommes par exemple, 
on n'eu fasse qu^une culture restreinte pour la consommation 
locale. Mais lorsque le fruit est bien venu, en espalier à bonne 
exposition et dans un sol fertile, il forme un dessert qui n'est 
pas à dédaigner. Il acquiert alors presque le double de la dimen- 
sion qu'il obtient dans la culture ordinaire, en plein vent, dans 
une cour ou dans uq verger, où on ne lui accorde d'habitude 
aucuns soins. Cette différence dans la qualité des produits 
explique le dédain que témoignent pour la mûre noire les 
auteurs de certains traités d'arboriculture. Il j a plus d'un 
siècle que Duhamel a exprimé son sentiment à cet égard. 

€ Cet arbre, dit-il, est cultivé depuis trop longtemps pour 
qu'il ait pu conserver le même port, les mêmes caractères dans 
les différentes contrées où il croit aujourd'hui, éprouvant sur- 
tout les influences du sol et d'une température étrangère à son 
lieu natal; il n'acquiert qu'une médiocre grosseur et se déve- 
loppe avec lenteur dans nos pajs septentrionaux, tandis qu'il 
s'élève bien plus haut et avec plus de rapidité, dans les contrées 
méridionales. Malgré ses variétés, il se distingue du Mûrier 
commun par ses fruits beaucoup plus gros, presque sessiles ; 
par son tronc plus élevé, revêtu d'une écorce épaisse et rude, 
divisé en branches allongées, entrelacées et réunies en une tête 
assez forte. Ses rameaux sont garnis de feuilles pétiolées, ovales, 
en cœur, un peu rudes au toucher, à peine pubescentes, acumi- 
nées à leur sommet, simples ou très rarement divisées en plu- 
sieurs lobes, garnies à leurs bords de dents assez fortes, inégales; 
ses fleurs sont dioïques, médiocrement pédonculées; ses fruits 
ovales-oblongs, assez gros, très succulents, d'une couleur vineuse 
rougeatre. Cet arbre passe pour être originaire de la Perse, 

19 


— 290 — 

mais nous igaorons s*il y est naturel, ou s'il y a été transporte 
de la Chine à une époque 1res reculée. 

€ On cultive les Mûriers à gros fruits noirs à cause de leur 
fruit qui est bon à manger^ et qu'on estime être très sain; 
c'est en cela que consiste le mérite de cet arbre, car on fait 
peu de cas de ses feuilles(l) pour les vers à soie, et elles perdent 
ordinairement leur éclat de bonne heure : ainsi les Mûriers de 
cette espèce ne peuvent servir pour la décoration des bosquets 
d'automne, d'ailleurs ils croissent bien plus lentement que les 
Mûriers blancs. 

€ On plante le Mûrier noir dans une basse-cour, ou quel- 
qu'autre lieu couvert et propre à abriter ses fleurs et les 
empêcher de couler : il ne demande ni taille ni culture ; les 
amateurs de son fruit peuvent planter ce Mûrier en espalier, 
à quelqu'exposition que ce soit: il tapissera fort bien le mur 
et donnera de très beaux fruits : on peut relever de semences, 
mais les marcottes et les boutures sont une voie plus prompte, 
plus sûre et plus facile. 

« On mange les mûres crues au commencement du repas : od 
en fait des sirops propres à apaiser ou modérer les maux de 
gorge; mais on emploie plus ordinairement à cet usage les 
mûres des haies qui sont les fruits de la Ronce, non qu'elles 
soient préférables, mais parce qu*elles sont plus communes. La 
maturité des mûres est depuis la fin de juillet jusque vers celle 
de septembre. Aux approches de l'automne, les feuilles de ce 
Mûrier se couvrent de taches roussâtres. » 

Il y a une dizaine d*années,les Mûriers nofrs ont été rudement 
atteints dans notre pays par la rigueur de l'hiver. L'arbre qui 
a fourni les fruits ayant servi de modèle à notre excellent 
artiste M. De Pannemâeker, et qui se trouve dans mon jardin 


(1) Sauf dans nos pays, où ces feuilles constituent le seul aliment qui 
■oit à la portée des personnes faisant en petit Téievage des vers à soie, 
le Mûrier blanc se rencontre encore plus rarement dans les cultures que 
le Mûrier noir. 


— 291 - 

à la porte de Bruxelles à Gand, a manqué alors de trépasser 
comme tant d'autres. Toute sa braochure avait été gelée et le 
tronc lui-même était fortement atteint; on Taurait cru mort. 
Je Tai fait ébrancher et il a repoussé avec uoe vigueur nouvelle. 
C'est le cas de répéter qu*on ne doit jamais désespérer. 

Éd. Pynabrt. 


Pèche Souvenir de Gérard Galopin. 

M2d. L. Y. Galopin et fils, pépiniéristes à Liège, nous ont 
adressé une pèche de semis vraiment remarquable. Elle est 
à belle chair jaune avec auréole rouge, autour du nojau, dont 
elle se détache franchement; elle est fine et de très bonne qua- 
lité; de plus le fruit est fort beau, d'une couleur pourpre-noir, 
et Texemplaire dégusté le 12 septembre pesait 180 grammes. 
Obéissant à un noble sentiment de respect filial, les obtenteurs 
ont donné à ce gain le nom de Souvenir de Gférard Galopin. 

Il est à remarquer que les pèches à chair jaune ont toujours 
un poids spécifique beaucoup plus grand que les autres. Nous 
avons récolté cette année sur un petit sujet en pot de la pêche 
Eiterard an fruit pesant 284 grammes. 

Le Comité du Cercle d'arboriculture a Tintention de publier 
ultérieurement une planche chromolithographièe du gain de 
MM. Galopin, lorsque le fruit et Tarbre auront été suffisamment 
étudiés et appréciés, ce qui pourra se faire après une année 
d'observation et une nouvelle fructification. 

Les obtenteurs nous déclarent d'ailleurs que l'année est peu 
favorable pour bien apprécier cette pèche et qu'elle a été récoltée 
sur un jeune arbre très vigoureux, exposé à Test et ombragé 
par des hautes tiges cultivées à proximité en pépinière. Avouons 
que ce sont là toutes circonstances qui doivent avoir de fâcheu- 
ses influences sur la qualité du fruit. 

Frbd. Burvbnioh pire. 


^ 


- 292 — 

Maux et Bemèdes. 

Vers blancs. — Les dégâts causés par les larves des hanne- 
tons, les déprédations de plus en plus accentuées commises par 
ceux-ci, arrivés à Tétat parfait, ont fait rechercher des procédés 
efficaces pour arriver à la destruction des vers blancs. On a 
constaté par des expériences concluantes que la benzine donne 

m 

le résultat le plus complet et le plus avantageux. On avait placé 
dans un coffre rempli de terre soixante dix vers blancs ; a u moyen 
d'un pal on introduisit dans cette terre trois grammes de benzine: 
neuf heures après Tinjection, tous les vers étaient morts. La 
même dose de benzine introduite dans le sol, en pleine pépinière 
d'arbres forestiers et par mètre carré, produisit le même résultat. 
En calculant qu'il faut un coup de pal par mètre carré et trois 
grammes de benzine par coup, on arrive à trente kilogrammes 
de benzine valant au total fr. 22,50. En j ajoutant environ 20 fr. 
comme dépense de main d'œuvre, on arrive à un total de 40 fr. 
par hectare, ce qui est peu de chose en comparaison des dégâts que 
les vers blancs peuvent commettre. 

La chasse aux hannetons pendant Tannée 1889 a coûté, dans 
le seul département de Seine et Marne, la somme de 113,000 
francs, payés par Tadministration. Le poids des insectes ramas- 
sés est évalué dans la Hevue Horticole à 5,650 quintaux. Cette 
masse considérable a été convertie en engrais. Ne serait-il pas 
temps d*user d'un procédé analogue en ce qui regarde les che- 
nilles et n'y a-t-il pas utilité publique incontestable à défendre 
nos récoltes contre ces destructeurs ? Ne voit-on pas tous les ans 
la loi actuelle sur l'échenillage absolument impuissante? Le 
département de Seine et Marne trouvera sans doute des 
imitateurs. 

Thrips, araignées rouges, etc. — Pour détruire ces 
insectes qui causent parfois des dégâts dans les serres, le Jouf-, 
nal des Orchidées recommande remploi du liquide suivant : Eau 
2 litres, tabac à fumer 25 grammes, savon noir 50 gr., fleur de 


— 293 — 

soufre llOgr. Mélanger le tout, faire bouillir quelques minutes, 
employer à froid en seringages. 

Loirs. — Un jardinier d'Ësquermes, M. Nisse, a fait con- 
naître le moyen suivant pour détruire les loirs : faire une 
omelette d'œufs, la couper en morceaux, saupoudrer ceux-ci 
d'an peu de noix vomique qu'il faut recouvrir ensuite de sucre 
en poudre, déposer Tappât à proximité des fruits. Ce moyen est 
très eâScace. 

Cossus Ugniperda. — La Revue de P horticulture belge con- 
seille de protéger les chauves-souris, parce qu'elles détruisent 
d'énormes quantités de papillons de nuit, entre autres l'espèce 
de phalène qui donne le cossus. 

Puceron du Hosier. — Un moyen de détruire ce puceron 
a été indiqué récemment dans la chronique de la Revue Horti- 
cole, Le moyen consiste à saupoudrer les rameaux des rosiers 
envahis avec de la cendre de bois tamisée et bien sèche. Les 
rosiers doivent préalablement être arrosés pour que la cendre 
adhère aux feuilles et aux boutons. 

Moyen d'éloigner les fourmis. — M. Henri de Parville, 

le chroniqueur du Temps, décrit avec la verve qui le caractérise, 

la lutte qu'il eut à soutenir avec des fourmis venant de la four- 

milliere d'un voisin, située à cent mètres de distance, Il avait 

beau noyer, employer l'eau bouillante^ brûler au pétrole, écraser 

par masses, la lutte continuait et les fourmis triomphaient. On 

aurait dit que toutes les fourmis du voisinage passaient par soo 

jardin. < Un matin, dit M. H. de Parville^ j'eus Tidée de 

placer près de mon soupirail et le long de l'allée un peu de glu. 

Enânl toutes les fourmis reculèrent, les légions firent demi 

tour, et, depuis ce jour, pas une ne franchit le grillage ni ne 

pénètre dans la cave. Et cependant, pas une ne s'était hasardée 

à monter sur la glu ; à distance, elles eurent comme le sentiment 

du danger, et, sans hésitation, elles s'en retournèrent d'où elles 

étaient venues. » Voilà un remède des plus simples et dont il 

est facile de constater l'efficacité, 

Ém.R. 


— 294 — 

Du produit des abeilles. 

Le moment est mal choisi pour entamer ce sujet après une 
campagne apicole qu'on pourrait presque appeler désastreuse. 
De tous les côtes on n'entend que des plaintes et elles sont 
fondées. Dans notre pays, nous avons manqué deux grandes 
miellées, celles du Tilleul et du Sarrasin, sans parler des 
pertes des floraisons accessoires ; seuls les apiculteurs pouvant 
profiter de la Bruyère^ ont su se mettre un peu à flot. Mais 
ce n*est pas une raison pour désespérer. N*en est-il pas ainsi 
de toutes les cultures et de toutes les entreprises qui sont 
exposées aux vicissitudes du temps? On compte les bonnes 
années pour le vin et pour les fruits, comme celles pour la pro- 
duction du miel et de la cire, et une bonne campagne compense 
et fait oublier bien des mauvaises. 

Le contre-temps qu'ont subi les apiculteurs est surtout regret- 
table pour notre pays, où il s'était produit presque instantanément 
un mouvement considérable et général en faveur de lapiculture 
qui était tombée si profondément dans l'abandon. 

Autrefois on a cependant fait de la propagande apicole, à un 
moment où le pays offrait autant, si pas davantage, de ressources 
mellifères qu'à présent. Dans un ouvrage périodique (1), nous 
trouvons, dans un article traitant d'économie rurale, des rela- 
tions très intéressantes et tellement de circonstance en ce 
moment que nous croyons utile de les résumer ici : 

c II n'est pas probable que beaucoup de personnes se livrent, 
par goût seulement, aux soins qu'exige l'entretien des abeilles; 
mais peut-être le profit qu'elles pourront en retirer en déter- 
minera-t-il d'autres à consacrer à cette occupation leurs heures 
de loisir. Il est quelquefois arrivé à d'industrieux cultivateurs 
de trouver dans le produit des essaims d'abeilles, des secours que, 
dans un état de gêne, ils auraient en vain cherchés ailleurs. 


(1) BMiothèque portative des connaissances usuelles et pratiques, 4837' 


- 295 - 

« Non seulement les abeilles rapportent un bénéfice certain et 
immédiat à leurs possesseurs ; mais si on parvenait à en élever 
autant que peut le permettre Tétat de la culture du royaume, 
elles deviendraient même une source de richesse nationale. On a 
estimé, d'après des données qui paraissent fondées, que' les 
pâturages de la Belgique pourraient nourrir autant d*abeilles 
qu'il en faudrait pour produire 4,000,000 de livres de miel et 
1,OOQ,000 de livres de cire. Le revenu que produirait le miel 
s'élèverait à 8,000,000 de francs, et celui de la cire rapporterait 
225,000 francs formant en tout 8,225,000 francs annuellement. 

€ L'éducation des abeilles mérite d'attirer l'attention de tous 
ceux qui portent intérêt à la prospérité de leur pays. Mais 
comme on a peu de renseignements positifs sur ce sujet, nous 
allons donner quelques détails qui en feront mieux appirécier les 
avantages. Supposons qu'une personne commence seulement par 
deux ruches, qui lui coûteront 50 francs et que chaque ruche ne 
produise qu'un seul essaim par an, leur nombre doublera chaque 
année et augmentera pendant dix ans dans la proportion 
suivante : 

€ 1- année, 2; 2«, 4; 3% 8; 4% 16; 5% 32; 6% 64; 7% 128: 
8«, 256;9«, 512; 10% 1024. 

« D'après cette proportion, deux ruches produiraient en dix 
ans 1024 ruches, qui, suivant une estimation très modérée, 
vaudraient 25 francs chacune; de sorte qu'il y aurait 
pour le possesseur un profit de 25,800 francs pour un peu de 
soins accordés à l'entretien des abeilles. Le second et le 
troisième essaim, que produisent souvent les abeilles, sont aban- 
donnés dans cette hypothèse, pour compenser les journées d'ou- 
vriers^ les achats et les pertes accidentelles. Mais comme on a 
supposé dans l'estimation précédente que les saisons étaient 
favorables, on peut encore diminuer le nombre des ruches de 
cinquante, et il restera encore 22,600 fr. de profit net. Les 
années 1824 et 1825 furent très favorables aux abeilles; la der- 
nière surtout fut remarquable: presque toutes les ruches produi- 
sirent un essaim, beaucoup en produisirent deux, et un certain 


- âÔ6 - 

nombre marne trois. Les masses de miel et de oire que Ton 
enleva pesaient de 25 à 40 livres par roche. Néanmoins, 
on a encore importé de la Grande Bretagne pour 240,000 1. s 
(6,000,000 de fr.) de miel (1), somme considérable, et qa'il 
aurait été facile de conserver dans le pays» si Ton avait pris plas 
de soins pour propager les essaims de ses propres abeilles. On 
doit considérer que presque tout le revenu que l'on retire de 
cette espèce d'exploitation est un profit clair et net, puisque le 
miel et la cire ne^^sont soumis à aucune espèce de droit ni de 
taxe, et que les soins qu'elle exige ne peut pas nuire aux autres 
opérations dont on peut être chargé. Une seule personne peut 
facilement surveiller cinq cents ruches au moment où les 
essaims quittent les mères ruches. Quant à leur nourriture, 
il ne s'agit que de leur conserver, pour l'hiver, une partie 
de leur produit. » 

Cette année, on ne pourra non seulement rien récolter, mais 
bien des apiculteurs seront obligés de recourir au nourrissement 
artificiel. C'est coûteux et pas toujours sans danger pour 
colonies soumises à ce traitement. 

Fréd. EvR^ENiCK, pire. 


Nouveau Brugnon. ~ Notre confrère M. Ch. Baltbt vient 
de présenter au Comité pomologique de la Société nationale 
d'horticulture de Paris le Brugnon précoce de CronceU. Ce 
nouveau gain a été considéré par le Comité comme une riche 
trouvaille ; fruit très gros, énorme, la plus hâtive des nectarines. 
Chair blanche, pleine, juteuse, exquise; nojau petit; maturité 
commencement août. 

Le comité a décerné à cette présentation une prime de 
première classe. F. B. 


(1) En 1827, l'île de Cuba possédait 311,553 ruches qui ont produit 
1,758,672 livres de miel et 1,452,682 de cire. Voyez dans le dixième 
numéro de la Reme Britannique {j^ou^eWe série), l'accroissement rapide 
des abeilles et de leur produit dans cette île, 


— 297 - 

Les droits d'eatrée sur le Raisin de primeur. 

La rédaction da Bulletin d'arboriculture se fait an devoir de 
suivre avec attention la discassion des intérêts opposés qui 
s'agitent autour de cette question. Elle n'est pas aussi simple que 
le supposent ceux qui réclament ces droits, et si les pouvoirs 
publics devaient obéir toujours aux suggestions particulières de 
certaines industries, il arriverait souvent que d'autres indus- 
tries, de plus grande importance» s'en trouveraient fortement 
lésées. 

Nous n'irons pas aujourd'hui plus au fond de la question et 
Qous nous contenterons de mettre sous les jeux de nos lecteurs 
la lettre suivante qui a été adressée au Ministre de TAgriculture 
de France par les représentants officiels du commerce français 
à Bruxelles, c'est à dire par la Chambre de commerce française. 
Voici cette lettre : 

c Monsieur le Ministre, 

€ Nous avons l'honneur d'appeler votre attention sur les 
droits d'entrée réclamés par les viticulteurs de Fontainebleau, 
sur les raisins frais exportés en France. 

c La Commission du Commerce de potre Chambre a examiné 
la question, et il résulte de ses études qu'il est de notre devoir de 
vous faire apprécier les conséquences désastreuses que pourrait 
avoir, pour le commerce français en Belgique, l'adoption des 
propositions de nos viticulteurs. 

c La Belgique exporte en France, seulement du raisin de 
table, pour une somme globale annuelle de 200,000 fr. 

€ Elle ne se trouve pas dans les conditions de l'Espagne et 
de l'Italie, qui font un tort considérable aux viticulteurs français, 
parce que ces pays exportent en France des quantités de raisins 
frais ou secs, mais ceux-là spécialement destinés à la fabrication 
des vins, etc., d'où concurrence directe à nos compatriotes. 

< De ce côté leurs réclamations semblent fondées. 

< Si les producteurs belges se trouvent lésés dans leur 

20 


- 2Ô8 — 

exportation, n'y a-t-il pas à craindre un préjudice bien plus 
grave pour les exportations françaises de fleurs du midi^ de 
primeurs, etc., qui se chiffrent, elles, par millions annuellement? 

< Or, des représailles sont à craindre, si le projet de loi 
qui sera soumis aux délibérations de la Chambre des députés était 
adopté sans amendements. 

c Déjà la Chambre du Commerce horticole bruxellois s'est 
préoccupée de la question et il a été décidé qu'une délégation des 
viticulteurs se rendrait auprès du Ministre de Tagriculture pour 
lui exposer la situation et lui demander d'interyenir auprès da 
Gouvernement français, afin d'empêcher l'application d'un droit 
à l'entrée des raisins belges en France. 

c Nous croyons donc de notre devoir d'appeler toute votre 
attention sur des conséquences qui nous paraissent encore plus 
préjudiciables aux intérêts de la production française, qu'à 
l'exportation des raisins frais de provenance belge en France. 

c Persuades que vous apprécierez. Monsieur le Ministre, les 
raisons majeures qui nous font agir en la circonstance, nous 
sommes heureux de vous renouveler par la même occasion 
l'assurance de nos sentiments dévoués et distingués. » 

€ Le Secrétaire, « Le Présidentf 

< FÉLIX BONVALLET. » < Ch. RoLLAND. » 

Nous croyons inutile, pour le moment, d'ajouter des commen- 
taires à la lettre qu'on vient de lire. A bon entendeur, un demi 
mot suffit! Depuis l'application de la loi Mac Kenley aux États- 
Unis d'Amérique, les nations industrielles de l'Europe peuvent 
faire des réflexions sur les dangers des mesures protectionnistes. 
La guerre à coups de tarifs fait du tort même aux plus puissants, 
qui se croient assurés de la victoire. A quand les impôts sur 
l'entrée des productions artistiques? Éd. P. 


- 299 - 


DéTeloppement de la culture maraîchère. 

La culture des plantes potagères s'étend avec rapidité chez 
nos voisins d'Outre Manche. En 1879 les cultures légumières 
établies pour la vente couvraient, en Angleterre, une superficie 
de 36,610 acres (l'acre vaut 40 ares et 46 centiares); en Ecosse, 
de 3,382 acres, et dans le pays de Galles, de 590 acres. D'après 
un rapport de M. Whitehbad, ces surfaces sont pour l'année 
1889, en Angleterre 63,620 acres, en Ecosse 4,910 acres et au 
pays de Galles 1,090 acres; de sorte qu'en dix ans la terre con- 
sacrée à la culture maraîchère a presque doublé dans les trois 
régions. 

La culture maraîchère prend également en Néerlande un 
grand développement. L'exportation, qui de 1857 à 1867 s'élevait 
à environ 800,000 florins par an et qui en 1880 atteignait le 
chiffre de 6,000,000 de florins, a actuellement, d'après le journal 
Sempervirens, une valeur de 14 à 15 millions de florins. Ces 
produits sont généralement dirigés vers l'Angleterre. 

Le même recueil nous dit que dans la semaine du 20 septembre 
la seule station de Bovenkarspei avait reçu 160,000 choux- 
fleurs. Si l'on tient compte que les bateaux de leur côté 
transportent des quantités énormes de ce produit vers les 
grandes villes, on comprend que la culture du chou-fleur puisse 
avoir une certaine importance. On j cultive plus spécialement 
la variété Groenervegens Eclipse. 

D'après une statistique allemande, que nous avons sous les 
jeux, la Néerlande seule a, en 1889, importé en Allemagne 
27,003,400 kilog. de légumes frais, contre la minime quantité 
de 226,100 kilog. que l'Allemagne a exportée en Néerlande 
la même année. 

La Belgique n'a fourni à l'Allemagne en 1889 que 1,017.300 
kilogrammes de légumes frais, contre 400^100 kilogr. reçus 
d'Allemagne, choucroute non comprise. 

L'Allemagne a reçu en 1889 de l'étranger (France, Italie, 


- 300 — 

Pays-Bas, Belgique, Autriche-Hongrie, Angleterre et Suisse) 
plus de 57 millions de kilogr. de légumes frais, ce qui constitue 
une augmentation de 126 *^/o en dix ans. De son côté, Texporta- 
tion d'Allemagne a augmenté de 55 »/o, y compris les bette- 
raves sucrières. 

Ces importations ont, paraît-il, fait baisser de plus de 50 <'/o 
le prix des légumes en Allemagne ; aussi les producteurs, qai 
ne veulent pas du tout que leurs compatriotes s'enrichissent à 
leurs dépens en mangeant des légumes à bon marché, demandent 
que le législateur y mette un terme en frappant d'un droit de 
fr. 12,50 par 100 kilogr. l'entrée des légumes frais, à l'exception 
toutefois des choux cabus qui ne payeraient que fr. 2,50 les 
100 kilog., évidemment parce que TAllemagne n'aura jamais 
trop de choucroute. Em. R. 


Les Marronniers à Paris. — Un ancien élève de l'École 
d'horticulture de Gand, M. H. J. Goemans, actuellement em- 
ployé au Jardin des Plantes, a observé comme d'autres que les 
marronniers qui, à Paris, avaient perdu leurs feuilles depuis 
longtemps déjà, se sont mis à repousser. Dans un articulet 
communiqué à Sempervirens, il dit que les arbres les plus 
avancés dans ce développement tardif, se trouvent aux carre- 
fours ou vers les coins des rues. Ceux qui sont situés dans les 
squares ou dans les parcs, sont restés verts beaucoup plus 
longtemps, tandis que les arbres isolés ou alignés avaient déjà 
leurs feuilles brunies dès le mois de juin. Les platanes, les ormes, 
les allantes, les Pterocarya, etc., ont conservé leur feuillage. 
La chute prématurée des feuilles est évidemment un défaut dont 
feront bien de tenir compte à l'avenir ceux qui ont la charge 
des plantations publiques dans les villes. 




Bistinotion. — Nous annonçons avec un nouveau plaisir que 
M. Charles Baltet, l'horticulteur pépiniériste de Troyes, est 
nommé chevalier de l'ordre du Christ de Portugal. Ebc. R. 


— 301 — 

Pommes de terre. 

.{Suite, voir ci-dessas p. 269.) 

< En 1889, le développement de la maladie a généralement été 
faible ; parmi les caltivateurs qui, an cours de cette campagne, 
ont bien voulu collaborer à mes recherches sur la culture de la 
variété Richter's Imperator, trente-trois m*ont envoyé des ren- 
seignements à ce sujet. 

« Chez quatorze d'entre eux, la maladie ne s'est pas montrée. 
Cinq ont vu chez eux le parasite attaquer diverses variétés: 
Earlj rose, Institut de Beanvais, Magnum bonum, Chardon, 
tout en laissant indemne la Richter's Imperator ; dans cinq 
localités seulement, à climat humide, cette variété elle-même a 
été franchement attaquée. 

€ Huit de mes collaborateurs ont traité leurs cultures par les 
bouillies cuivreuses, mais n'ont malheureusement pas conservé 
de témoins. Un seul, M. Hbrbbt, préparateur du cours de techno- 
logie agricole à l'Institut agronomique, a fait un essai comparatif 
qui malgré le petit nombre de sujets cultivés, doit être considéré 
comme remarquablement concluant. C'est à Clères (Seine- 
lDférieure)où la maladie a fortement sévi, que cet essai a eu lieu; 
il a porté sur 54 pieds plantés dans un sol de jardin, dont la fer- 
tilité excessive ne me permettait pas de faire figurer cet essai au 
nombre des essais réguliers, mais rend le résultat relatif à la 
8apt>ression de la maladie plus frappant. Sur ces 54 pieds 
44 traités préventivement par la bouillie bordelaise à 2 pour 
100 ont fourni 116 kilog. de tubercules tous sains et intacts, soit 
2 kilog. 643 par pied, tandis qu'à côté, 10 autres pieds non 
traités n*ont fourni que 10 kilog. de tubercules malades pour la 
plupart, soit 1 kilog. par pied ; l'augmentation de la récolte due 
au traitement est ici de 164 pour 100. 

< A Joinville-le-Pont et à Clichj-sous-Bois, j'ai en 1889, 
adopté le traitement préventif et j'ai vu, dans ces conditions, le 
développement de la maladie complètement enrayé, même par 


- 302 — 

remploi d'une bouillie à 2 pour 100; l'intensité du mal, il est 
vrai, a été faible, cette année ; pour certaines variétés cependant» 
comme la Jeuxej, la proportion de malades s'est élevée à 9 pour 
100. 

f Un hectare entier de Richter's Imperator a été, à Joinville, 
mais préventivement cette fois, dès la an de juin, traité par 
une boaiilie à 2 pour 100 de sulfate de cuivre, de la même façon 
que l'hectare traité en 1888. Aucune trace de maladie n'est 
apparue sur la culture, et le 20 octobre j'ai, sur cet hectare, 
récolté 39,000 kilogr. de tubercules sains ; bien entendu, comme 
en 1888, je n'avais pas, sur cet hectare, réservé de témoin. 

t D'autres essais, avec témoins, avaient été, au long de cette 
culture, entrepris également à Joinville-le-Pont. Ces essais, 
qui s'étendaient sur 30 ares environ, comprenaient quatorze 
variétés; les résultats malheureusement ont été perdus par suite 
d'une confusion faite, alors que j'étais gravement malade, par 
la personne chargée de leur surveillance. 

« A Clich j-sous-Bois quatre variétés ont été, de même, soumises 
à un essai comparatif, sur une étendue de 2 ares 50 chacune; 
1 are 25 étant réservés au traitement par la bouillie cuivreuse, 
1 are 25 restant sans défense contre la maladie. Les résultats 
ont été les suivants : 


Surface traitée =s 125 mq. Surface non traitée =3 125 mq. 
Malades. -o^iA^ Malades. 


Augmen- 
tation de la 


Variétés. 


Poids ^_aL^La,u^a^_^^ ^OÎàs 

total En Pour total En Pour récolte saine 

récolté, poids. 100. récolté, poids. 100. parle* 

traitement* 



kUog. 

kilog. 

kilog. 

kilog. 



Gelberose . 

. 338 

néant 

308 

8 

2.6 

9.30/, 

Jeuxey . . 

. 341 

1 0.36 

321 

30 

91 

16.8 

Richter's . . 

. 439 

néant 

421 

1 

0.2 

43 

Red-Skinned. 

. 400 

néant 

394 

1.5 

0.1 

1.9 


c L'influence exercée par le traitement est, ici, tout à fait frap- 
pante ; pour deux variétés en efifet (Gelbe rose et Jeuxej) Taction 
de la maladie, quoique faible, a été sensible; on j a compté 2.6 
et 9.1 pour 100 de malades; mais Temploi de la bouillie cni- 


- 303 — 

vreuse a rendu cette action nulle pour la Gelbe rose, insignifiante 
pour la Jeaxej. Ce n'est pas tout; du même coup, le poids de 
la récolte saine s'est élevé pour toutes les variétés depuis 1.9 
pour 100 jusqu'à 16.8 pour 100. 

< Les dépenses qu'exige le traitement des champs de pommes 
de terre par les bouillies cuivreuses sont, d'ailleurs, peu élevées. 

< Pour un hectare entier, à Joinville-le-Pont, il a fallu 175 hec- 
tolitres de. bouillie à 2 pour 100; la pulvérisation faite par des 
ouvriers sans expérience a exigé quatre journées ; la dépense a 
été de : 

Sulfate de cuivre (à 65 fr. les 100 kilog.), 35 kilog. 22 fr. 75 
Chaux en pierres (à 2 fr. 50 les 100 kil.), 15 kilog. 37 

4 journées à 4 fr. Tune 16 n 

89flr.l2 

< Chez MM. S. Tbtard et âls, à Gonesse, un hectare traité de 
même a exigé une même quantité de bouillie et une même 
main d'œuvre ; mais la journée n'étant pajée que 3 francs, la 
dépense n'a pas excédé 35 francs par hectare. 

c Cette dépense est destinée à diminuer encore, d'un côté par 
l'abaissement probable du cours du sulfate de cuivre^ d'un autre 
par l'emploi de pulvérisateurs perfectionnés. 

« C'est donc, en mojenne, à 37 francs environ par hectare 
qu'on peut estimer les frais du traitement avec une bouillie à 

2 pour 100 ; à 48 fr. environ le traitement avec une bouillie à 

3 pour 100. 

« Au cas où la maladie sévirait avec une intensité particulière 
et où il serait nécessaire de recourir à un deuxième traitement, 
la dépense, dans les conditions actuelles, se trouverait portée à 
74 francs dans le premier cas, à 96 francs dans le second. Mais 
il faut tenir compte de ceci, qu*en face d'une invasion semblable, 
c'est la récolte entière qu'il s'agirait de sauver, et que 
25,000 kilog. seulement à 4 francs les 100 kilog. représentent 
une valeur de 1,000 francs. 

< Le bénéfice que peut donnerle traitement est facile à estimer; 
ii su^ra pour Qola d'établir^ comme je l'ai fait ci-d^ssous^ ce 


- 304 — 

qaMl a été pour les trois cultures qui, dans mes essais, ont 
donné les résultats les plus frappants; la pomme de terre y est 
comptée à 4 francs. les 100 kilog. 

Récolte saine Bénëfiee Inrat 

pur are. en argent. 

Traitée. Non Bénéfice Par Par 

traitée. en poids, are. hectare. 

Join ville 1888 (Komblum). . . 445 kil. 870 kil. 75 kil. 3 fr. 300 fr. 
Clichy 1888 (Jeuxey) .... 390 317 73 2 92 292 
Clichy 1889 (Jeuxey) .... 340 292 48 1 52 152 

< La dépense ayant été de 39 francs, il reste pour ces trois 
cultures, un bénéfice de 261 francs — 253 francs — 113 francs 
par hectare. 

c Ce résultat est trop net, pour que, en prévision d'une invasion 
nouvelle, les cultivateurs soucieux de leurs intérêts hésitent à 
appliquer, dès cette année, vers la fin de juin, dans les régions 
habituellement menacées un traitement préventif, à Taide de 
bouillies soit à 2 pour 100, soit à 3 pour lOOdesulfate de cuivre, t 

c Aimé Girard. » 

Tous ceux qui liront ces lignes seront reconnaissants à 
M« Girard de ses intéressantes communications. Celles-ci peu- 
vent inspirer d*autant plus de confiance à nos compatriotes 
qu'elles confirment entr^autres les expériences tentées àÉtichove 
(FI. Or.) par M. Thienpont. Celui-ci a également opéré avec 
une grande impartialité et ses expériences faites sans aucune 
prévention ont porté sur un petit nombre de variétés. 

«Je me contente, dit-il, de trois variétés, bien connues de nos 
fermiers, bien acclimatées chez nous et recherchées par les 
marchands. Eh bien, en leur appliquant la bouillie bordelaise en 
1889, la récolte s'est augmentée chez moi de 7 à 8000 kilos, dans 
le jardin d'essai de 7 à 13,000 kilos et chez M. D'Hondt à 
Wevelghem (FI. Occ.) de près de 6,000 kilos par hectare. » 

Yoilà des résultats assez concluants et l'élite de nos cultiva- 
teurs des deux Flandres ne se bornera plus dorénavant à un 
simple essai; un seul d'entr'eux va soumettre sept heotares au 


— 305 — 

sulfatage. Et quand les indifférents et les incrédules, conclut-il, 

verront ces champs verdoyants, vrais oasis dans le désert, ils 

comprendront que le vieux dicton < Aide-toi et Dieu t'aidera, • 

reste vrai. 

Mais qu'est-ce que la Bouillie bordelaise? 

Le Bulletin a suffisamment répondu à cette question; il n'est 

plus besoin d'j revenir (Voir Bulletin 1800, p. 185). 

La composition n*est ni difficile, ni coûteuse à faire, et son 

application non plus n'est guère compliquée ni dispendieuse. 

On fera usage du pulvérisateur dans les cultures en grande Une 

simple seringue suffirait dans les petites cultures et celles-ci, 

pour les variétés hâtives surtout, sont tout à fait du ressort 

du maraîcher proprement dit. Aussi est-ce dans son intérêt 

surtout que nous avons donné quelqu'extension à cette notice* 

EDtretemps néanmoins, si dans le grande culture, le sulfatage 

donne réellement les résultats qu ont vient de lire — et Ton n*a 

presque plus le droit d'en douter — un pas énorme a été fait et 

c'est par miliions que pourraient se chiffrer les avantages à en 

retirer pour l'agriculture. 

H. J. Van Hulle. 


Mimosops ballata Gaertn. — Cet arbre, à feuilles entières, 
obovées, coriaces, glauques ou argentées en dessous, lisses en 
dessus, est assez répandu dans la forât de la Gujane; on le 
rencontre aussi à la Martinique. Son bois, d'un beau rouge foncé, 
est plus élastique et deux fois plus résistant que le chêne. Le suc 
laiteux qui s'écoule du tronc donne une sorte de gutta-percha 
extrêmement fine et d'une grande pureté. Ce suc se coagule à 
l'air et plus encore à TébuUition. Cette gutta-percha connue sous 
le nom de ballata est surtout employée pour envelopper les câbles 
télégraphiques sous marins. Le fruit qui est une baie de la 
grosseur d'une prune est vert lisse, sucré et agréable. 

ÉM. R. 


- 306 - 

École dliortioultiire et d'agriculture de l'État 

à Gand. 

Un arrêté royal, en date du 17 octobre 1890, établit à Gand 
et à Vilvorde les deux écoles moyennes pratiques d'horticulture 
et d'agriculture fondéeé aux frais de TËtat, et réorganise les deux 
écoles, conformément à la loi du 4 avril 1890. Voici les princi- 
pales dispositions qui régissent Técole de Gand. 

L'agriculture fait désormais partie des matières de renseigne- 
ment. Il y aura à l'école de Gand une section flamande et une 
section française. • 

Pour être admis à l'école, il faut être âgé de seize ans; il 
pourra être accordé une dispense d'âge d'une année. Tous les 
élèves sont externes. Le Ministre de l'agriculture pourra 
admettre des auditeurs libres. L'enseignement est gratuit pour 
les élèves belges; les élèves étrangers payent une rétribution 
annuelle de 150 francs; les auditeurs libres payent 20 francs 
par cours. La durée des études est de trois années. 

Des bourses peuvent être accordées à des élèves qui se 
distinguent par leur conduite, leur application et leurs progrès; 
elles sont allouées à la suite des examens généraux qui ont lieu 
chaque année au mois d'août. Il peut, en outre, être accordé des 
primes d'encouragement à titre de rétribution des travaux de 
culture exécutés par les élèves dans l'établissement. 

Il y a, chaque année, deux compositions écrites sur toutes 
les branches de l'enseignement. Tous les élèves sont tenus d'y 
prendre part. 

L'année scolaire commence en octobre. Outre les grandes 
vacances qui commencent en août et finissent en octobre, il 
peut être accordé annuellement deux congés de huit à dix 
jours. 

Chaque élève tient un journal dans lequel il inscrit, jour par 
jour, le résumé des leçons, des travaux et des excursions 
auxquels il prend part. Chaque semaine, les élèves rédigent des 


- 307 — 

cotes de culture sur on oo plasiears des traTaax qui leur ont été 
oonâés. 

Le règlement de discipline, arrêté par le Ministre de l'Agri- 
culture, est affiché dans Técole. 

Noos ferons connaître prochainement le programme de 
l'enseignement. Ém. R- 


Notes apicoles. 

Le ffuiie de V Apiculteur anglais de M. Cowan en est à sa 
9* édition depuis 1881 , ce qui correspond à une publicité de 
20,000 exemplaires. II est en outre traduit en suédois, espagnol, 
russe et français. 

La Société Hontlej et Palmers de Londres, fabricants de 
gaufrettes et de biscuits, connus dans le monde entier, achètent 
annuellement pour leur fabrication de desserts secs, de la Société 
anglaise d'apiculture, la bagatelle de 100,000 livres de miel. 

Quelques autres chiffres nous donneront uoe idée de l'exploi- 
tation apicole dans le Nouveau Monde, et principalement dans 
TAraérique du Nord. Nous donnons ces chiffres d'après 
M. Dennler d*Enzheim. 

La Californie comptait en 1888 environ 60,000 ruches, dont 
le rapport était évalué à 3,000,000 livres de miel en pots et à 
500,000 livres de miel en rayons (miel de table non extrait). 
L'Angleterre et l'Allemagne en ont absorbé 1,000,000; le reste 
a été expédié à New- York. 

Aux États-Unis 300,000 ouvriers sont actuellement attachés 
ao service des ruchers et on évalue la production du miel en 
valeur argent à 75 millions de francs. 

C'est, avouons-le, un bien doux revenu I 

Fréd. Burvbnich père. 


- 908 - 
Foire Fondante de Noél. 

Un de nos confrères du Cercle d*arboricultureyM.L. Bottbro, 
qui habite Chambéry (Savoie), a bien voulu nous adresser, à la 
fin d'octobre, deux fruits, types différents, de la poire Fondante 
de NoiL Ce sont deux spécimens d'une grande beauté, dont l'un 
mesure 31 centimètres de tour sur 10 centimètres de hauteur, 
ajant la face qui a été exposée au soleil richement lavée de 
rouge brun, Tautre côté étant jaune clair verdâtre ponctué de 
gris et maculé de fauve ; Tautre type, moins chaud en couleur, 
mesure 25 centimètres de tour, sa hauteur atteint 11 i/s centi- 
mètres. Il est plus mince du côté du pédoncule, bien que la 
forme ait conservé tous les caractères de la variété. 

Nous remercions vivement M. L. Bottero de son envoi; il 
nous fournit une nouvelle preuve du perfectionnement auquel 
arrivent souvent les fruits d'origine septentrionale, lorsqu'ils 
sont transférés sous le ciel du midi et dans des conditions favora- 
bles. La poire Fondante de Noël est un fruit belge qui fut obtenu 
en 1842 par un de nos pomologues les plus estimés, le major 
ËSPERBN. Elle est connue sous les noms de Belle de Noël et 
Belle après Noël. Decaisne, dans le Jardin fruitier du Muséum, 
la désigne sous le nom de Bonne de Noël, tandis que de Liron 
D*AiROLES, dans ses Notices pomoloçiques, la mentionne sous le 
nom de Souvenir d'Bsperen, Le nom donné par Tobtenteur est 
le seul qui doive être maintenu, il est justifié par la qualité 
fondante, très juteuse, de la chair, et par Tépoque de la maturité 
qui va de fin octobre jusqu'en décembre. Le fruit fut dégusté la 
première fois le jour de Noël. 

Bien que cette poire soit de première qualité et que la fertilité 
de Tarbre soit considérée comme remarquable, la variété est 
peu répandue dans son pays d'origine. Ce fait doit être attribué 
au manque de vigueur de l'arbre qui se développe lentement 
sur coignassier et qui reste faible lorsqu'il est greffé sur franc. 

Ém. R. 


-- 300 — 

Ndb arbres fruitiers en Australie. 

Les saisons dans l'hémisphère austral ne coïncident pas avec 
celles de nos contrées septentrionales. En Australie, le printemps 
a lieo aux mois de septembre, d'octobre et de novembre : cette 
saison est admirable si le vent du nord ne règne pas trop 
longtemps; l'été embrasse les mois de décembre, janvier et 
février : le thermomètre marque alors généralement entre 26^ 
et 35° C. à l'ombre; l'aatomne succède en mars, avril et mai, 
et l'hiver ou pour mieux dire la saison des ptaies se présente 
en juin, juillet et août. Il peut être curieax de connaître 
comment se comportent, sous ce climat, les arbres fruitiers 
d'Europe. Généralement dans l'Australie méridionale, les fruits 
atteignent un volume et souvent aussi un arôme inconnus 
ailleurs. Beaucoup de fruits gagnent en changeant d'habitat, 
parce que les conditions climatériques de la région oti on les 
introduit leur sont réellement favorables. 

Dans le dernier Rapport, du Jy Sohomburgk sur le Jardin 
botanique d'Adélaïde, nous trouvons quelques notes sur les 
plantes introduites et nous j voyons entre autres, que les 
(pommes, poires, abricots, pèches, brugnons, nèfles, oranges, 
citrons, cerises, figues, coings, mûres, amendes, olives et 
raisins croissent d'une façon splendide dans les plaines, tandis 
que les fraises, groseilles, framboises, noix, châtaignes et 
noisettes viennent fort mal dans les plaines, mais en perfec- 
tion sous le climat moins chaud des collines et des ravins, t 

Les pommes acquièrent un grand volume, mais sont souvent 
pins acides que celles d'Europe. Les pommiers y ont beaucoup à 
souffrir du puceron lanigère contre lequel on semble, en Austra- 
lie, connaître aucun remède. C'est surtout dans les sols riches 
et sur les collines que les arbres succombent sous les dévastations 
de cet insecte. Les poires y croissent à la perfection et y 
conservent généralement la saveur qui leur est propre dans leur 
pays d'origine. 


^ 310 - 

Tandis que les pèches, les abricots et les pranes acquièrent de 
belles dimensions, les cerises restent petites et n'ont pas autant 
de goût qu*en Europe. En général, les arbres fruitiers à noyaux 
ne deviennent pas vieux ; ils ne dépassent guère une vingtaiDe 
d'années. Ce déclin rapide est attribué à leur développement 
précoce et à leur extrême fécondité. 

Les plus beaux raisins sont obtenus dans lès plaines et sur les 
Tersants des monts Lofty. Les mois d*été les amènent à une 
maturité parfaite. Les vignobles donnent du vin qui contient 
souvent entre 25 et 30 ''/o d'alcool. Il n'est donc pas étonnant que 
les capitalistes seogent à établir de vastes vignobles en Australie. 
La Revue Horticole a mentionné dernièrement une compagnie 
qui vient de se constituer pour approprier à des vignobles 
an territoire de 12,500 hectares d'étendue et qui a engagé en 
Espagne et en Italie des vignerons expérimentés. Cette com- 
pagnie dépensera en douze années huit millions de francs pour 
irriguer le terrain. On peut donc s'attendre à voir, ainsi que l'a 
dit avec raison le Jourfuil de la Société des agriculteurs de 
France, le continent australien produire des vins de coupage et 
des vins de grands crûs, et comme un tiers de l'Australie peut 
porter de la vigne, cette contrée possédera peut-être, dans un 
avenir peu éloigné, des vignobles dix fois plus étendus que 
ceux de France, d'Italie et d'Espagne ensemble. 

Ëm. R. 


Tetragonla expansa. — Cette plante maraîchère, connue 
sous le nom d'Epinard de Nouvelle Zé lande est considérée comme 
annuelle. D'ordinaire, comme l'a fait remarquer un des membres 
correspondants de la Société d'Acclimatation de France^ quel- 
ques graines germent dans les terrains où la plante a été cultivée 
l'année précédente; mais parfois cette ressource manque. Il 
importe de savoir que la Tétragone se reproduit très facilement 
de boutures. On peut donc en conserver un exemplaire en pot à 
l'abri de la gelée pendant l'hiver et en faire des boutures dès le 
retour de la bonne saison. Ém. R. 


- 311 - 

Encore la pomme de TEstre. 

En pariant, à la page 257 da BulUtin^ de cette belle et bonne 
variété, nous avons mis en présence certaines appréciations de 
M. GusTAYB MiCHiBLS et les termes dans lesquels il en est 
question dans le Dictionnaire pomologique d^ANoaÉ Lbrot, 
sans nous prononcer entre les différentes assertions. La même 
impartialité nous fait un devoir de communiquer à nos lecteurs 
les observations que M. G. Michibls veut bien nous adresser à 
cet égard. 

Notre correspondant insiste avec raison sur la qualité du 
fruit. Nous avons dit déjà que le comité central de notre Cercle a 
constaté qu'il est de bonne qualité. Nous ajouterons même qu'il 
faudrait être assez difficile pour ne pas partager cet avis : ce 
fruit est de fort bon goût, de saveur excellente et d*un parfum 
très agréable. Sa chair rappelle la consistance de celle du 
délicieux Pépin d'or; en outre, la conservation du fruit est 
longue et facile. La beauté ne vient qu'après, mais il est permis 
de rinvoquer également en sa faveur. 

M.G.MiGHiELsestime ensuiteque € c'est une erreur de vouloir 
greffer cette variété en tête sur sauvageon. Je possède, dit-il, 
des jeunes pieds de pommiers de TEstre greffés au pied sur sujets 
francs, de semis : ils sont coniques, droits, vigoureux. J'ai vécu 
dans le Limousin pendant plusieurs années ; j'j ai vu par cen- 
taines des pommiers de TEstre, de tous âges, ce qui m'a permis 
de bien étudier cette variété. Eh bien! la plupart de ceux 
greffés ou oculés en bas étaient propres, lisses et vigoureux ; la 
plupart, pour ne pas dire tous, de ceux greffés en te(e présen- 
taient de fortes nodosités à la partie supérieure de la soudure de 
cette greffe. » 

L'affirmation de M. Mïchiels, on le voit, est catégorique; elle 
est fondée d'ailleurs sur des faits précis dont le contrôle appar- 
tient à tout le monde. Il veut bien concéder que le greffage en 
tête sur sauvageon, comme le préconise l'auteur du Dictionnaire 


— 312 - 

de Pomologie, peat être pratiqué, à condition qae le sauvageon 
choisi soit de nature bien vigoureuse par lui-même, sans que 
cette vigueur ait été donnée artiûciellement, comme cela se 
pratique dans certaines pépinières, par exemple au moyen 
d'engrais ; car plus tard, Tarbre étant planté en verger et ne 
recevant plus cette abondance d'engrais, < le naturel mauvais 
reviendrait au galop, > et la variété greffée en tête grossirait 
au point de former une nodosité fort laide. 

M. MiGHiELS termine sa lettre en disant : < Si je voulais 
donner plus de vigueur encore au Pommier de l'Bstre, sans 
le greffer au pied, j'empiojerais comme tronc le Rambour 
Papeleu (greffage intermédiaire), ainsi que je ferai désormais 
pour les Court-pendus et autres variétés de moyenne vigueur 
destinées au verger. De cette façou, je leur assurerai une bonne 
nature : de nombreuses racines, un tronc lisse^ sain et solide, 
en même temps qu'une couronne bien charpentée, t 

L'essai comparatif du greffage proposé sera fait à Tarboretum 
de l'École d'horticulture de l'Etat à Gand. Ëm. R. 


Jasmin blano. — Dans la plupart des écoles de notre pays on 
continue de donner à tort le nom de jasmin au lilas. Écrivains 
et peintres confondent à l'envi deux arbrisseaux qui appartien- 
nent à des familles différentes. Le lilas est originaire de Perse, 
le jasmin blanc, Jasminum officinale Linn., est originaire de 
l'Asie centrale où on le rencontre depuis la Turquie jusqu'en 
Chine. C'est un arbrisseau à feuilles glabres, buissonnant et 
sarmenteuz très ramifié pouvant atteindre quatre mètres de 
hauteur, ses rameaux sont grêles, anguleux et flexibles. Ses 
feuilles sont composées de sept folioles entières, ses fleurs qui 
s'épanouissent depuis mai jusqu'en octobre sont blanches et très 
odorantes, elles sont disposées en petites panicules corymbi- 
formes. Aujourd'hui le jasmin est largement cultivé en Provence, 
la parfumerie tire de la fleur un parfum exquis bien que celui-ci 
soit difficile à fixer. Après l'oranger et la rose, c'est la fleur qui 

donne le produit agricole le plus considérable. 

ËM, R. 


— 318 — 

Élèves admis à l'École dliortioiiltiire de 

l'État à Gand. 

1890-189] . 
Première année d'étodee. 

Une décision ministérielle en date do 27 octobre 1890 prononce 
l'admission des élèves dont les noms saivent : 
MM. Verdonck, Maarice, de Gktnd. 

Ldjns, Achille, de Gand. 

Van den Hende, Léon, de Bruxelles. 

van Deinse, Corneille, de Brielle (Hollande). 

van Baak, Pierre, de Bantam (Java). 

De Schujtter, Théophile, de Wattoux. 

Doriez y Georges, de Gand. 

Romroelaere, Bertolphe, de Roulers. 

Seys, Félix y de Gand. 

De Neuter, Fernand, de Louvain. 

Denhaene, Georges, de Bruges. 

Antheunif, Jean, de Grammont. 

Hujbrecht, Eugène, de Wevelghem. 

Was, Chrétien, de St. Maartensdjk (Hollande). 

Vander Crujssen, Arthur, de Melle. 

Lecocq, Jules, de Melle. 

Arnojs, Hector, de Beveren-lez-Roolers. 

De vos, Henri, de Gand. 

Vandorpe, Henri, d*Eenaroe. 

Protheroe, William - Sudber; , de Lejtonstone (Angle- 
terre). 

Schellinck, Edouard, de Gand. 

Vandenbergh, Jean-Baptiste, de Rhode Ste Agathe. 

Deuxième année d*étades. 

M.Baumann, Conradin, de Horgen près de Zurich (Suisse), 
est admis à la suite des élèves qui ont subi les examens de 
passage en juillet 1890. Ém. R, 


- 314 - 

Violettes à fleurs pleines 

Le nombre des variétés de Violettes à fleurs pleines est assez 
considérable et bien que toutes ne se différencient pas avec une 
grande netteté, elles méritent pourtant â'étre réunies en col- 
lection. EnToici une liste à peu près complète. 

Aîba plena, fleurs blanc pur, tardive. 

Albaplena de Chevreme, blanche, centre rosé. 

Arlorescens ple'iUi\ bleu pâle. 

Belle de Chatenay^ blanc panaché lilas. 

Coerulea plena, bleu foncé. 

De Toulouse, ne diffère de la Violette de Parme que par ses 
feuilles plus rigides. 

* Deutsche EaUertUy bleu très foncé. 

Duhe of Mdinhurghy grande fleur serrée blanche. 

KiTig of Violets^ grande fleur compacte, bleu foncé. 

jj/me Millet, Parme rose pâle. 

i/«"« Berthe Baron, bleu foncé, très parfumée. 

Marie Louise, bleu lavande flammé rouge, centre blanc. 

Princesse Marie de Saiom, pourpre violacé. 

Purple King, pourpre noirâtre. 

Patrie, rose lilacé, très parfumée. 

Parme, très florifère, bleu lavande.' 

Q,ueen of Violets^ blanche, centre bleu. 

Rubra plena, rouge brunâtre. 

*Ruhm von Cassel, violet foncé. 

*8n>anley WhUe, Parme blanche. 

Tricolor plena, nuancé blanc, bleu et rouge. 

Versicolor plena, violet foncé, centre blanchâtre. 

Violacea plena, violet clair. 

Les variétés dont le nom est précédé d'un astérisque con- 
viennent le mieux à la culture hivernale, ainsi qu'à la culture 

forcée. 

Ém R. 


- 315 — 


Edelweiss. 

Ce charmant soavenir des Alpes ou de la Suisse est oonno de 
tout le monde. Le Qnaphalium Uontopoiium L. qui fournit les 
jolies compositions florales vendues, sous toutes les formes, au 
Tojageur, existe même dans beaucoup de cultures. Malheureu- 
sement le tégument blanc du feuillage diminue bientôt et finit 
par se perdre presque tout à fait, ce qui résulte probable- 
ment de la nature trop riche du sol bien plus que de l'altitude 
de celui-ci. Un correspondant du journal Sempervirêni, 
M. BuTSMAN, à Middelburg, offre de faire connaître la compo- 
sition d'une terre dans laquelle le Crnaphalium leontopodium 
non seulement conserve la blancheur de son feuillage, mais en 
même temps se développe avec ampleur et fleurit abondamment. 

D*ailleurs, la culture de la jolie plante alpine est très possible 
dans la plaine, et VEielroeUs ne semble pas encore près de dis- 
paraître, comme les alpinistes le craignaient. Un cultivateur de 
la Carinthie, nous apprend le journal néerlandais SempervirenSy 
a établi une culture assez étendue de la gracieuse plante. Il lui 
a consacré dans la vallée un terrain dont le sol est composé de 
terre de feuilles et de grossier sable calcaire. Il a obtenu un 
résultat tel qu*il possède actuellement 200.000 plantes fleuries 
pareilles à celles des hauteurs. La vente de ces fleurs comprimées 
est très productive. 

Le même journal contient une correspondance dans laquelle 
est prôné avec raison le Gnaphalium javanicum, dont le feuil- 
lage est aussi duveteux et aussi blanc que celui de son congénère 
d'Europe. Il n'a, paraît-il, qu'un tort, c'est que ses fleurs sont 
jaunâtres ; mais il pourrait fort bien trouver place dans les jar- 
dins européens et y former de jolies bordures, au même titre 

que le Onaphalium lanatum 

Ém. R. 


— 316 - 

Varia. 

Les Eniphofia on Trltoma peuvent être rangés parçai les 
plas belles plantes de Tautomne. Leurs fleurs éclatantes» 
disposées en longues grappes et se succédant sans interruption, 
donnent à nos jardins un ornement précieui. Il en existe des 
variétés remarquables. La Wiener lUuitrirte QartenrZeitunç 
cite comme les plus belles les suivantes : 

Stem von Baden-Baden (probablement un semis obtenu par 
M. Max Leichtlin, Téminent amateur de plantes vivaces), avec 
des inflorescences de 2 mètres de hauteur se ramiflant en cinq 
branches; fleurs jaune bronzé; 

CMoriSt plante de taille moyenne, fleur d*un beau jaune; 

Diana, belles grappes de fleurs jaune canari avec anthères 
d*un ronge éclatant; 

Benvenuto, fleurs jaune soufre pâle avec anthères noirâtres; 

Leda, fleurs du plus beau rouge-abricot. 

La plupart des Eniphofla peuvent être cultivés en pots et dès 
lors être utilisés pour remplir des places devenues vides dans 
les parterres. 

Le Séquoia sempervirens est la seule espèce de conifère 
qui repousse franchement et abondamment du pied après la 
coupe. Il existe au bois de Vincennes un taillis de cette essence 
qui a été planté en 1877, sur une étendue de 40 ares environ. 

Ce taillis présente un intérêt réel, parce qu'il indique le 
parti qui peut être tiré du Séquoia sempervirens. 

* * 

Oxalis orenata. — Cette plante n'est point parvenue à 
acquérir chez nous une réelle popularité. Elle est originaire du 
Pérou. Cultivée en Allemagne, en Angleterre, en Belgique et 
en France où elle fut introduite en 1829, elle a été tour à tour 
préconisée et abandonnée. Nous en avons parlé suffisamment 


- 317 — 

dans notre TraÙé de euUure marakkàre pablié en 1865. Noas 
disions alors qae, après tous les essais tentés, on peut dire que, 
€ pour nos climats, i*Oxalide est d'une médiocre valeur. Les 
tubercules sont nombreux mais fort petits et de formation 
lente. » 

M. Chappeluer vient de repécher la pauvre délaissée et il 
en a distribué des bulbes à quelques membres de la Société 
d'Acclimatation de France. Il trouve que ce légume est de bonne 
qualité et très productif. La culture de la plante ne présente 
aucune difficulté. Il pense qu'on doit commencer par la planter 
sur couche. Ce procédé est parfaitement inutile; on peut la 
mettre en place immédiatement. 

« « 
Nouvel ennemi de la Vigne. — Après le Phvlloxéra, le 
Mildew; après le Mildew, le Cochjlis. C'est une sorte de petit 
ver à soie en miniature qui, l'année dernière déjà, a fait irruption 
dans les vignobles de la Champagne anéantissant la vendange 
sar plus de mille hectares. Ce ver microscopique est armé de 
mandibules puissantes au mojen desquelles il fore, dans chaque 
grain de raisin, un trou dans lequel il introduit la partie anté- 
rieure de son corps. «Il vide absolument la partie pulpeuse du 
grain et va de Tun à Tautre jusqu'à épuisement complet de la 
grappe. On a compté 2000 de ces insectes par cep et l'on compte 
30,000 ceps par hectare, ce qui fait 60,000,000 de Cochylis pour 
chaque hectare. Lors de larrivée du raisin au pressoir, les 
grappes étaient remplacées par des masses grouillantes que 
Ton pouvait enlever à la pelle. C'est sur les échalas que cet 
insecte a son refuge. C'est pourquoi on a conseillé de préparer 
des échalas-pièges sur lesquels on ferait des abris pour Vj sur- 
prendre; mais le Cochylis se cache aussi dans le sol, il faudra 
donc l'attaquer également au moyen du sulfure de carbone. 

» 

Sambuous racemosa plumosa. — M Edouard André a 
appelé l'année dernière, dans la Revne Horticole^ Tattention des 


— 318 — 

amateurs de beaux arbustes sur ce sureau d'ornement qull a 
appelé une plante de premier ordre. M. E. A. Carribrb vient 
confirmer Tappréciation de notre estimé 'confrère et rapporte C6 
que dit, au sujet de cette belle espèce, M. Jouin, chef de culture 
à l'établissement Simon-Louis de Plantières lez Metz. € Le Sam- 
hucus racemosa plumosa, écrit celui-ci^ est originaire de la 
Russie; c'est un des plus jolis arbustes comme feuillage. La 
fleur est à peu près semblable à celle du sureau à grappes ordi- 
naire. Ses fruits, disposés en panicules, longues de O^OTà 0"08, 
sont ovales, d'un rouge corail, de la grosseur d'un petit pois. > 
M. Carrière ajoute que sur le vert foncé brillant des feuilles 
se détachent de la manière la plus agréable la nervure médiane 
et les nervures secondaires, qui sont d'un jaune pâle donnant à 
ces feuilles une panachure élégante rappelant certaines fougères 
du groupe Pteris. 

Les Meetings hortiooles organisés par la Société néerlan- 
daise d'horticulture et de botanique à Amsterdam se succèdent 
avec régularité ; le Comité permanent a décerné entre autres des 
certificats de première classe à un Iris persica var. purpurea de 
MM. Krblage à Harlem, aux Cyclamen ptrmum var. Quarle- 
m^wî» à feuilles panachées de M. A. Vander Spiegbl, à Velsen, 
aune collection de Narcisses en cent cinquante espèces et variétés 
de MM. Krelaoe, précités. 

Le Comité a décerné en outre des mentions honorables et il a 
. exprimé sa reconnaissance pour l'apport de collections de plantes 
bulbeuses et tubéreuses fleuries, de primevères alpines, de 
fritillaires et de jacinthes. On le voit, les meetings d'Amsterdam 
n'ont pas tout à fait le caractère des meetings de Gandetde 
Bruxelles ; ils tendent à devenir, par l'admission de collections 
nombreuses, de véritables expositions. 

Ii'Esolisoholtsia oalifomioa est une papavéracée vivace, 
originaire de Californie ; que certaines publications françaises 


— 319 — 

considèrent comme une introduction toute récente, tandis que, 
en réalité, elle existait dans les jardins de Belgique dès 1830. 
Cette plante a des tiges rameuses, étalées, d*un vert glaucescent 
ainsi que les feuilles, qui sont divisées en segments linéaires. 
Les fleurs se produisent en automne et sont d'un beau jaune. 
Les Américains emploient l'extrait de cette plante comme un 
médicament somnifère de haute valeur, procurant un sommeil 
plus calme que celui obtenu par Topium. Le principe actif offre 
d'ailleurs tous les caractères de la morphine. On possède 
VEschscholUia eal\fomica à fleurs doubles. La plante a besoin 
d'un abri pour l'hiver. 

La Vigne épineuse signalée sous le nom ôeSpinovitig Daviii, 
découverte dans la Chine orientale par le missionnaire Armaki) 
David, a pu être étudiée dans son feuillage et dans ses sarments 
par M. Carrière qui Ta décrite et en donne une vignette dans un 
récent numéro de la Revue Horticole. Le principal caractère des 
Spinovitis consiste en une extrême abondance d'épines relative- 
ment fortes, élargies à la base, presque droites, parfois un peu 
arquées, dures et d'un blanc jaunâtre, existant sur toute la surface 
des sarments. Ceux-ci sont à écorce rouge pâle, rendue glauces- 
cente par une sorte de pruine. Les feuilles sont longuement 
cordiformes, assez épaisses, échancrées à la base, acuminées au 
sommet; le limbe est vert roux en dessus, vert glauque en 
dessous, le pétiole est rouge foncé en dedans et rose glaucescent 
à l'extérieur. Il est également couvert d'épines aiguës. Les vrilles 
sont fortes et rouge foncé. La plante, très vigoureuse, s'accroche à 
tous les corps qu'elle rencontre. M. Carrière rapporte que cette 
espèce serait très productive et donnerait des raisins d'une 
hâtiveté remarquable. 

* * 
Un arbre géant, du poids énorme de 30,000 kilogrammes, 
est arrivé récemment à San Francisco à destination de Chicago. 
Cet arbre, qui est sans doute un Séquoia, avait une hauteur de 


— 330 — 

près de 100 mètres. A 10 mètres aa-dessas da sol, le tronc a 
encore près de 7 mètres de diamètre. 11 sera converti en an 
salon qai pourra contenir environ 100 personnes. Notre confrère 
Sempervirens ajoute que l'arbre, éclairé au dedans et au dehors 
par 250 lampes électriques, sera une des choses les plus 
curieuses de TExpositioa de Chicago. Ém. R. 


Cercle d'arboiioulture de Belgique. 

ASSEMBLÉE GÉNÉRALE. 

Nous avons Thonneur d*in former MM. les membres du Cercle 
que rassemblée générale annuelle aura lieu à Gand, le dimanche 
21 décembre 1890, à midi, à l'École d'horticulture et d'agricul- 
ture de rÉtat, Boulevard de TÉcole Normale 15* 

Ordre du jour. 

1. Rapport du Secrétaire général. 

2. Comptes de 1890. Budget de 1891. 

3. Élection de membres du Conseil (1). 

4. Les droits de douane sur les produits horticoles. 

5. Propositions diverses. 

* « 

Le banquet annuel aura lieu le même jour à 1 h. 30, à l'Hôtel 
de la Poste, Place d'Armes. 

Les adhésions et le montant des souscriptions (cinq francs par 
couvert, vin non compris) seront reçus, jusqu'au 19 décembre, 
chez M. H. Van Hulle, vice -président, Chaussée de Cour- 

trai, 27, à Gand. 

Pour le Comité : 

Le Secrétaire général^ 

Em. Rodigas. 


(1) Membres sortants et rééligibles : MM. Van Hulle, Boddabrt, 
BuRVBNiCH père, Crbpin, De Poorteb, Struelbns et Van Wambkke. 


■ Série, Toi. ir, S' 11. Boinil)» isilo. 

BULLETIN 

D'ARBORICULTURE, DE FLORICULTURE 

ET DE CULTURE POTAGÈRE 

nËOIGÉ PAR 

r. Borvenlch, Éd. Pynaert, Ém. Bodigas A H. J. Van Huile 


)IC1CAIKB. 1- BéparatiOD Judiciaire, p. 321- — B. Bm. R. Faussa ctaeDille, p. 894 

- 3. Fréd. Burvenloh ji>^:^ Pnire^Sauvenir Deschamps, p. 325. — 4. B. J. Tau 
Halte. Le biUonnage, p. ^ -^ 5i ièef.~Bt -Palouse roufce, p> 327. — 6. FrM. 
Burvenioh ji^« Fraisiers perpétUGls. p. g29i -f 7. Ëm. B. Azalea mollis glabrior, p. 329. 

- 8. Fréd. Burvenloli pire.' SdHore' ik Mûrier, p. 331. - 6. tm. B. Variétés 
fruitières adoptées par le Congrès? pomologique de France; variétés rayée», p 833 — 
10. H. J. Tau Huile. Quoi plantera pi 334. — 11. Fréd. BurTsnlDh pire. Oimon 
perle, p 331. — 12. Êm. Rodlç*". Ç.ulture du Noyer, p. 339. — 13, Fréd. Bor- 
Tenlofa père. Vignes pour décoratiob da tiîhlé, p. 341. • 14. Em. BodtKS>. A propos 
dWbeillas, p. 344. — IB. H: J. Van HuUe. Les plantes demi -rustiques, p. 341. — 
16. Ém. K. Varia, pp. 336, 330-362. 

Planche coloriée : Poire Souvenir Deschamps. 

R. 35. — Fraisier remontaot Belle de Meaux 328 

• 26. — Oigmoo perle . ; , . . S37 



7^^".i 


^l>on n ement, un un : 10 fr. pour la Belgique, l^ fr. pour lâ'ï'rsnce 
et les autres [ikj's lie rUnion |>ostale; 10 Hk. pour l'Àllemagae, 10 ah. 
Vour l'Angleterre. 6 fl. pour la Hollande, payables d'avunoe par un ma*4at-pottal 
à l'ordre de M. B. J. Van Halle, ik Gand. 

Gand, ohAuesée de Oourtrol, 87. 


anviar. Les dé misai on> doivent êti-a envoyées avRbt 
abanaëa qui n'ont pai douné d'avli coatratre. 

: péri enoa prouve de plus eu plus qu'un des meilleura moyens de faire des affaires, c'est 
r recours aux annonceg. Sous ce riipport, le BHUrlin,eiié^a.td au grand nombre de 
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d'adresser les demandes d'insertion, CilaMife^ Courfrai,a7,âdait(J,8vant le 5 du moil. 




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» /• 




» 


• • 


— 321 — 

JSéparafion judiciaire. 

Crorame nos leetears obt pu le voir page 162 da Bulletin^ an 
joairnal bruxellois ayant publié un aHicle de nature à porter 
atteinte à l'honneur des organisateurs de la dernière exposition 
da Cercle d'arboricultiire, le Comité déféra l'éditeur de ce 
journal à la justice. 

Le tribunal de Brutelles a prononcé le jugement suivant : 

Jugement rendu par la 2* chambre du tribunal de première 
instance séant à Bruxelles, le 5 novembre 1890 : 
En cause de : 

1^ M. le comte Oswald de Kerchove de Dente ROEsk^ mem- 
bre de la Chambre des Représentants, domicilié à Qand; 
2*" M. Hubert Van Hullb, professeur honoraire à l'école d'hor- 
ticultare de Gand, y domicilié ; 3^ M. Emile Rodioas, directeur 
de l'école d'horticulture de l'État à Oand, y domicilié ; é^^M. 
Edouard Ptnaert, professeur à l'école d'horticulture, conseil- 
ler communal, domicilié à Gaud ; 5"* M. Frédéric Burysnich 
père, professeur à Técole d'horticulture de Gand, domicilié à 
Qentbrugge, respectivement président, viccrprésident et mem- 
bres du comité du Cercle d'arboriculture de Belgique, deman- 
deurs, représentés par l'avoué Descamps^ plaidant M* Emile De 
Mot,, avocat à la Cour de cassation. 
Contre: 

M. F. PisTTB, imprimeur du journal Le PatrioU, domicilié à 
Bruxelles, rue Léopold, n"" 19, défendeur, représenté par 
M. Van Hobbroeck, avoué, plaidant M* WauvermanS, avocat à 
la Cour d'appel. 

Attendu que le numéro 1G8 du journal Le JPattiote, en date 
du 17 juin 1890, imprimé par le défendeur, contient à. la 
première page un article intitulé Tout ce qui reluit n'est pas or; 

Attendu que cet article affir/ne qu'en septembre 1889, € le 
Cercle d'Arboriculture de Gand, dont M. Oswald de Ebrohoye 
DE Denterohem est le président » , organisa une exposition 

21 


l 


V 


— 322 — 

pomologique après avoir obtena du gouyernemeût an «abaide de 
cinq mille francs, que le jarj accorda comme prix an certain 
nombre de médailles d'or, et ajoute : « Une médaille d'or ! 
Figurez-vous la joie des vainqueurs. Mais, distribution faite des 
récompenses, ils ont découvert Tun après l'autre que leurs 
médailles ne sont que de minces plaques d'argent valant de 
fr. 3,50 à 4 francs. Aujourd'hui ils récriminent à qui mieux 
mieux. Mais aussi pourquoi décerner d'or quand on veut distri- 
buer des médailles qui, en réalité, sont à^argent >; 

Attendu qu'il découle de cet article que les organisateurs n'ont 
jamais eu l'intention de délivrer des médailles d'or, qu'ils ont 
décerné de semblables médailles tout en sachant qu'ils ne distri- 
bueraient que des médailles d'argent; qu'ils ont donc trompé et 
voulu tromper les exposants primés et, chose plus grave, qu'ils 
les ont trompés quoiqu'ils eussent reçu du gouvernement un 
subside de cinq mille francs ; 

Attendu que cette affirmation catégorique d'un fait précis, 
de nature à porter atteinte à l'honneur des demandeurs, a été 
faite dans une intentiouL mécliLa.iite et à 
dessein de nuire; -- que cela résulte à toute évi- 
dence de la circonstance que le défendeur s'est borné à citer le 
nom d'un seul des organisateurs, celui du comte Osvitald de 
Rerchove de Dbnterohem, témoignant ainsi sa volonté d'attein- 
dre l'homme politique appartenant à un parti qu'il combat, 
sans même s'arrêter à cette considération qu'en prenant part 
à l'organisation de l^exposition, le comte de Kercuove agissait 
comme homme privé ; 

Attendu que l'intention méchante du défendeur est rendue 
plus manifeste encore par les éléments de la cause que lui-même 
verse au procès ; en effet, il est dès à préâent établi qu'avant de 
publier l'article du 17 juin 1890, le défendeur était non seule- 
ment en possession des récriminations des exposants Dbbecq, 
Dbdetn, Ducrot et Struelbns, mais aussi de la réponse faite 
dès le 2 mai 1890, par Rodioas, l'un des demandeurs, réponse 
qui affirmait que les organisateurs étaient étrangers à la sab- 


— 323 — 

stitution, faisait connaître le nom du fournissear des médailles, 
proposait une yérification contradictoire et déclarait qu'en tons 
cas, le comité donnerait toute satisfaction, ajoutant : ce dont 
Yous auriez pu ne jamais douter; 

Attendu qu'en cachant ces renseignements aux lecteurs du 
Pa^no/d jusqu'au 4 juillet 1890, c'est-à-dire jusqu'au lendemain 
de la signification de l'exploit d'ajournement, le défendeur a 
sciemment altéré la mérité : que cette alté- 
ration ne peut s'expliquer que par le dessein de nuire aux 
demandeurs; 

Attendu que l'article revêt tous les caractères du délit de diffar 
mation : qu'il a indiscutablement causé un préjudice tout au moins 
moral aux demandeurs, préjudice dont réparation leur est due; 

Attendu que ce préjudice sera suffisamment réparé par l'allo- 
cation à titre de dommages-intérêts de la somme ci-après 
déterminée et par la publication du présent jugement dans deux 
journaux du pajs au choix des demandeurs ; 

Attendu qu'il échet de limiter le coût de ces insertions en 
indiquant la somme que le défendeur pourra être contraint de 
rembourser ; 

Attendu qu'il y a lieu de faire application de la loi sur la 
contrainte par corps. 

Par ces motifs : 
Le tribunal. 

Ouï en son avis conforme M. Sbryais, substitut du procureur 
du roi; 

Ecartant toutes conclusions autres ou contraires, tant prin- 
cipales que subsidiaires; 

Dit pour droit que l'article c Tout ce gui reluit n'est pas or 9, 
inséré dans le numéro 168 du journal ZePatrioUdvLllinin 1890, 
est €lifiama*toii*e contre les demandeurs ; 

Condamne le défendeur : 1° à pajer aux demandeurs la somme 
de deux cents francs, à titre de dommages-intérêts, avec les 
intérêts judiciaires; 2» à insérer, à ses frais, dans les huit jours 
de la signiâcatiott du présent jugement, à la première page du 


— 324 — 

journal L^ Patriote, sous la rubrique Réparation judiciaire, le 
présent jugemeat in extenso (motifs et dispositifs); 

Autorise les demandeurs à faire insérer en entier le même 
jugement à la première page de deux journaux du pays laissés à 
leur choix, sous le titre de Réparation judiciaire ; 

Dit que ces insertions seront faites aux frais du défendeur et 
récupérables sur simple quittance des éditeurs des journaux ; 

Condamne en conséquence le défendeur à les payer ; 

Dit que le coût des insertions dans les journaux autres que Le 
Patriote ne devra être supporté par le défendeur que jusqu'à 
concurrence de mille francs; 

Dit que les condamnations prononcées contre le défendeur 
seront exécutoires par la voie de la contrainte par corps dont la 
durée est ûxée à un mois ; 

Commet l'huissier Vande Wielb pour faire le commandement 
préalable à l'exercice de la contrainte par corps; 

Condamne le défendeur aux dépens; 

Ordonne l'exécution provisoire du présent jugement non- 
obstant appel et sans caution, sauf en ce qui concerne les dépens. 

{Signé) F. Dequesne» Montaigne. 


Fausse chenille. 

La tenthrède du groseillier, Nematus riUs ou Mouche à 
scie, est un insecte de Tordre des Hyménoptères dont la larve 
qu'on a nommée fausse chenille, à cause de sa ressemblance à 
une chenille, fait un tort immense aux groseilliers. Elle com- 
mence ses ravages en mai et arrivée à tout son développement, 
vers la fin du mois, descend et s'enfonce en terre. En changeant 
vers l'automne la surface du sol, on prévient presque toujours 
l'invasion de Tannée suivante. Toutefois, il est plus simple et 
plus sûr d'arroser les plantes, lors de l'invasion de Tinsecte, 
avec un mélange d*^un kilogramme de sulfate de cuivre et d'un 
kilogramme de carbonate de soude dans quarante litres d'eau. On 
se servira du pulvérisateur. Éii. R. 


— 325 — 

Foire Souvenir Deschamps. 

Parmi les nouvelles variétés de poires qui ont fructifié pour la 
première fois dans la collection de TÉcole d*horticulture de TËtat 
à Gandy nous en avons remarqué trois qui promettent de prendre 
rang parmi les variétés vraiment recommandables. Nous signa- 
lons en première ligne le beau et gros fruit que nous avons fait 
reproduire pour ce Bulletin. 

Les éléments nous manquent pour faire Thistorique et pour 
indiquer l'origine de ce fruit. Les sujets que nous en avons plantés 
nous sont arrivés avec une série d'autres variétés nouvelles ou 
peu répandues. Le poirier Souvenir Deschamps est un arbre de 
bon port, de vigueur moyenne et de fertilité abondante. Il est 
précoce au rapport. Son bois est d*un gris pâle verdâtre, à grandes 
lenticelles allongées; les feuilles sont grandes, longuement 
pétiolées. La poire est grosse ou très grosse, allongée, atténuée 
vers le pédoncule, d*un vert jaune marqué de lenticelles grises. 
A la maturité, qui a lieu en octobre , le fruit est d*un beau jaune 
mat. La chair est fine, fondante, très juteuse; elle pourrait être 
d'un goût un peu plus relevé. 

Ce sera une bonne acquisition pour les petits jardins surtout, 
car elle vient bien sur coignassier et elle se comporte parfai- 
tement en petites formes. 

Nous devons ajouter que la variété qui nous occupe n'a pas eu 
rhonneur d'être adoptée par le dernier Congrès de la Société 
pomologique de France. £lle partage cette malechance avec une 
série d'autres bons fruits, tels que la Pomme Belle de Lippe et 
l'excellent Beurré Spae qui n'ont pas trouvé grâce devant la docte 
compagnie. Fréd. Burvbnich ^^ra. 


— 326 — 


Le billonnage. 

Il j a en culture maraîchère peu de travaux aussi utiles, 
aussi faciles à faire et cependant si généralement négligés que 
le billonnage. Le plus souvent par insouciance on abandonne à 
lui-même tout terrain qui se vide à partir de septembre et qu'on 
juge impropre à être remis en culture avant le printemps 
suivant. Qu'arrive-t-il dans ce cas? C'est que ce sol se couvre 
de mauvaises herbes, si toutefois celles qui s'y trouvent déjà, 
n'empoisonnent de leurs graines, avant et pendant l'hiver, 
l'emplacement qu'elles occupent; c'est qu'ensuite les pluies et 
les neiges battent et humectent le terrain au point qu'il se 
refroidit complètement ; c'est que, comme conséquence, pareil 
terrain ne sera propre aux prochaines cultures du printemps 
que longtemps après les autres, ce qui fera perdre un temps 
des plus précieux. 

Tous ces iuconvénients — et ils sont beaucoup plus graves 
qu'on ne se l'imagine — sont cependant si faciles à éviter. Voi 
tout simplement ce qu'il j a à faire. 

Au fur et à mesure que le terrain se vide à partir de septembre 
— et dans les situations basses et froides, à partir d'août même — 
on J répand la dose de fumier d'étable nécessaire, fumier qui 
n'a même pas besoin d'être plus ou moins décomposé, et à 
chaque mètre ou mètre et quart de distance^ on ménage une 
traînée de terre propre, non couverte de fumier et débarrassée, 
s'il 7 a lieu, des mauvaises herbes, etc. Aussitôt après, le 
long du cordeau, on fait une rigole, pour, avec la terre qu on 
en sort, recouvrir d^un centimètre ou deux le fumier répandu 
au préalable, et tout sera fait : ce sera propre par dessus le 
marché. 

Ajoutons cependant que plus les planches ou plates bandes 
ainsi obtenues seront étroites, plus les rigoles ou tranchées 
seront profondes, mieux cela vaudra. En effet, dans la mesure 
les eaux surabondantes pourront mieux s'en aller, dans la 



— 327 — 

mime mesare les gelées pourront mieux pénétrer ce sol, Tassai- 

nir, le rendre friable. 

Rien n'empêche, le cas échéant, de planter ou d'ensemencer 
un sol arrangé ainsi; si au contraire on ne le met en culture 
qnaa printemps suivant, on se figure aisément avec quelle 
facilité se fera le bêchage, ce qui ne sera pas un petit avantage 
à une époque où les travaux de toute sorte sont si nombreux ; 
on n'aura plus à charrier non plus le fumier à cette époque, et 
on poura se dire : time is maney. H. J. Van Hulle. 


Pelouse rouge. 

Une étrange pelouse est celle dont parle M. A. Ghargub- 
RAUD dans la Sevîte Horticole. Nous avouons que, pour nous, le 
gazon doit être vert foncé et bien tondu. « Le plus curieux effet 
d'ornementation qu'on puisse obtenir des pelouses dans les 
jardins, dit M. Charoubraud, est certainement d'avoir à un 
moment donné du gazon rouge. » Pour arriver à ce résultat, il 
^"^Maut soustraire d'abord le gazon durant une quinzaine de jours à 
Taction de la lumière afin d'obtenir des pousses longues et blan- 
chies, ou d'un blanc légèrement jaunâtre dans le genre de la 
chicorée barbe de capucin; puis, ce gazon, blanchi sous des 
panneaux légers ou des paillassons, est brusquement exposé à la 
lumière et au froid, car, l'aide de la gelée ou d'un puissant 
rayonnement nocture est indispensable. Il suffit quelquefois d'un 
seul jour pour obtenir une teinte variant du rose au rouge foncé. 
M. Charoubraud a remarqué que le Poa prateTiHs donne la 
coloration pourpre la plus intense. Il ajoute que l'on peut com- 
poser sur les pelouses des dessins variés à l'aide de panneaux 
préparés selon la forme voulue. Il a lui-même obtenu des effets 
charmants sur des bordures de pelouses abritées par intervalles, 
de manière à avoir alternativement, par petites bandes trans- 
versales, du gazon rouge et du gazon vert. Les corbeilles en 
mosaïque vont sans doute protester et demander le secours du 
protectionnisme! Ém. R. 


Fra^iers perpétaels. 

On n'est généralement pas d'accord sur cette dénomination. 
Les uns disent /raiturt remontantt, d'autres les désignent som 
les noms de Fr. des Alpti, Fr. da quatre saitons, Fr. quaran- 


26. Fnii*i«i nmoBluI Betti di Mêata. 

tain et Fr. de tout let mois. Les variétés sans filets ou coulants 
sont désignées sous les noms de fraisiers de Gaillon, Fr. Buistn. 

Le nom scientifique de cette catégorie de Fraisiers est Fragaria 
alpina ou Fr. temperfiorem. 

Ce Fraisier est originaire des Alpes; son introduction du 


^ 329 — 

Mont Cenifly 6n France, par Fouoeroux de Bondaroy, date de 
1754. Quoique les rariétés se reproduisent assez exactement de 
semis, il se troare parfois des variations nouvelles assez remar- 
quables dignes d'être propagées. C'est ainsi qu'on a vu surgir 
successivement les variétés La Meudontiaise, Janus^ double de 
Gaujard, Blanche d'Orléane, etc. 

Ce qu'on a obtenu de plus remarquable dans les derniers 
temps ce sont les variétés : la CfénéreuiBy primée à l'exposition 
de Lyon, beau fruit d'un rouge vif et d'un goût exquis; 
if»« Beraud, à fruit gros, de très bonne qualité, d'une fertilité 
prodigieuse, qui se soutient jusqu'aux gelées; Belle de Meauss^ 
yariété très remontante, beau fruit d'une coloration rouge pon- 
ceau, le coloris le plus foncé de tous les fraisiers des quatre 
saisons. On la dit issue du Fr. Général Chanzy, mais cette 
origine est fort douteuse, attendu que cette dernière appartient 
à la série des grosses fraises. Quoi qu'il en soit, le F. perpétuel 
Belle de Meaux est la variété la plus méritante connue. La figure 
ci-contre fait voir la grosseur des fruits sans exagération et 
leur succession sur la même plante. Fréd. Burvbnich fire. 


Azalea mollis glabrior. 

Le ly Rboel a établi avec raison une distinction marquante 
entre les Azalea mollis glabrior^ ces charmantes plantes qui 
décorent avec tant d'élégance nos jardins au printemps, et 
V Azalea sinensis Lodd., espèce moins ornementale et bien plus 
frileuse. Tandis que le tjrpe de cette dernière a été introduit dans 
les cultures européennes en 1823, les Azalea mollis sont d'une 
époque très rapprochée, bien qu'on ne puisse exactejnent préciser 
le moment de leur introduction; d'après les Anglais, celle-ci 
aurait eu lieu en 1865, tandis qu'un horticulteur néerlandais, 
M. Groenewbqen, réclame l'honneur d'en avoir semé en 1861 
les premières graines, reçues par lui du Japon. Quoi qu'il en soit, 
ces Azalées ont vivement excité l'attention aux deux dernières 

22 


— 330 — 

expositions quinquennales à Gand et elles ont conquis dans nos 
jardins une place au premier rang, à cause de leurs gracieuses 
fleurs aux nuances si délicates et si variées, et de leur feuillage 
que Tautomne colore avec richesse. 

Voici les noms de quelques variétés d'élite (1) : 

Alph. Lavallée (VH.). Orange vif nuancé écarlate, maculé 
jaune citron. 

Arthur dé Warelles (VH.). Rouge saumon maculé orange. 

B"^ de Constant Rébecque, Nankin maculé orange vif. 

Charles KeKulé (VH.). Saumon orangé maculé orange foncé. 

Ch. Van 7ra9niaA«(VH.). Orange ombré aurore maculé jaune. 

Chev. A. de £«a/i(VH.). Jaune paille maculé orange. 

Comte de Gomer (VH.). Beau rose vif à macules oranges. 

Comte de Quincey (VH.). Jaune clair ombré de jaune d'or et 
maculé d'orange. Em. R. 


(1) Les horticulteurs ont cru avantageux de croiser les deux plantes. 
Moi-même je me suis rendu acquéreur il y a^juelques années du produit 
de pareil croisement et j'y ai obtenu des variétés très distinctes et très 
remarquables : les plantes sont plus trapues et plus vigoureuses que 
celles de VA . mollis. Les fleurs sont plus grandes et les coloris générale- 
ment plus vifs. Le groupe que j'en ai exposé au printemps dernier au 
Casino de Gand, a remporté une grande médaille d'argent. 

Les variétés d'Azalea mollis se multiplient par greffage. Mais on en 
fait aujourd'hui des semis en quantités considérables et on obtient ainsi 
sans grandes peines et à bas prix de jolies plantes touffues, bien bou- 
tonnées et produisant souvent des fleurs grandes, bien formées et supé- 
rieures même aux variétés dénommées. 

Même plus; de ce que les semeurs se sont complu à ne prendre pour 
porte-graines que des plantes donnant des fleurs rouges ou rose vif, il 
est résulté que ces coloris sont dominants dans les semis, au point qu'on 
n'y rencontre plus que 10 à 15 % de nuances jaunes. 

Ces semis s'expédient par milliers dans tous les grands centres et 
servent à la culture forcée. L'^2^0^^é7 ;;M)//i^ constitue un des meilleurs 
arbustes à forcer. Jamais ses boutons ne sont détériorés par la gelée et la 
floraison s'obtient en peu de temps. Rien de joli dans un salon ou un 
boudoir en plein hiver qu'une belle touffe fleurie d'Azalea mollis placée 
dans une potiche japonaise. L'une semble faite pour l'autre. Après la 
floraison, l'arbuste peut retourner à la pleine terre où il ne tardera pas à 
se remettre. Ed. P. 


- 331 ^ i 


Encore le Mûrier. 

Nous avons vu avec satisfaction les Bulletins du Cercle s^occu- 
per du Mûrier et j consacrer une planche coloriée. Comme le 
dit bien notre collègue M. Éd. Ptnabrt, Tabandon dont cet 
arbre est Tobjet ne se justifie pas. 

Forsyth, jardinier de sa Majesté Britannique, dit dans son 
traité de la culture des arbres fruitiers publié en 1803 et traduit 
par J. P. Pictbt-Mallbt de Genève, que le Mûrier fut introduit 
60 Angleterre en 1596. Mais il j a des raisons de croire qu'il 
y a existé avant cette époque, si on tient compte des vieux arbres 
qai s'y trouvaient déjà au temps où l'ouvrage de W. Forsyth a 
para en français. En effet les quatre grands Mûriers qui faisaient 
partie du boulingrin de Lion-House, autrefois monastère, j crois- 
saient depuis plus de trois cents ans, si on croit Taffirmation donnée 
par le Duc de Northumberland. De même les Mûriers d'un prieuré 
dans le Middlesex et dans un vieux jardin à Chelsea témoignent 
que l'introduction du Mûrier dans ce pajs date d'avant 157Ô. 

Ce qui d'ailleurs est plus concluant encore, c'est l'opinion 
de Gérard dans son Histoire des Plantes^ parue en 1697. Cet 
auteur dit dans son livre que les Mûriers croissaient alors dans 
plusieurs jardins de l'Angleterre (1). Il cite un paragraphe qui 
viendrait corroborer la réputation qu'ont les fruits du Mûrier de 
guérir de la goutte : cHexandre,dans Athènes, assure que de son 
temps les Mûriers demeurèrent stériles pendant vingt années 
consécutives, et il régna une si grande épidémie de goutte, que 
non seulement les hommes, mais aussi les jeunes garçons, les 
jeunes filles, les femmes et même les eunuques furent attaqués 
de cette maladie. > 

(1) En 1862 nous avons mentionné dans la l^^* édition de notre traité 
d'arboriculture en langue flamande, le célèbre Mûrier qui se trouvait 
encore à cette époque au château de West-Ende, à Goes, en Zélande, et 
que la comtesse Jacqueline de Bavière avait planté de ses propres mains 
au Xy siècle. 


- 332 — 

Le fruit du Mûrier peut se consommer frais, mais le plus 
souvent on le transforme en excellent sirop. Son jus, fortement 
coloré, tache les toilettes, mais il est assez remarquable qae le 
suc des fruits rouges efface les taches produites par le jos de 
celles qui sont mûres. Le Mûrier est une plante monoïque; il 
arrive parfois par des temps froids, que les chatons mâles 
tombent avant que les fleurs femelles n'aient subi Tinfluence du 
pollen. Mais cet accident se présente rarement, le Mûrier n'en- 
trant en végétation que dans la dernière quinzaine de mai, oe 
qui Ta fait surnommer V Arbre saçe; les intempéries ne se 
font plus guère sentir à l'époque de sa floraison. 

Pour multiplier le Mûrier et le reproduire identiquement 
il n'j a guère d'autre moyen que le n^arcottage. Nous avons 
essayé sans résultat le greffage sur le Mûrier blanc. Il j a deux 
an», nous avons réussi quelques greffes à l'étouffée à chaud, sur 
tronçons de racines de Mûrier noir. Mais les jeunes greffes qui 
ont très bien pris, n'ont aujourd'hui encore que 15 c. de hauteur. 
Un amateur de nos connaissances assure que les semis de 
graines de Mûrier noir ne lui ont produit que des Mûriers blancs; 
nous éprouvons quelque peine à le croire, quoi qu'il soit bien 
établi que la belle mûre cultivée est une variété et qu'elle ne se 
reproduit pas par le semis. Mais de là, à produire du Mûrier 
blanc {Morus (Ma), il j a encore de la distance. 

Dans notre petite brochure sur l'utilisation des pignons, nous 
avons appelé l'attention sur la culture de cet arbre en espalier 
à grande envergure imitant l'exemple des beaux espaliers sur 
pignons au sud qu'on peut admirer au château d'Oosterzeele 
près de Gand, A Gand même, en pleine ville, nous dirigeons 
les cultures d'un jardin d*amateur où de spacieuses murailles 
sont couvertes de mûriers. 

Nous avons à l'essai quelques mûriers en cuvelle ; nous ne 
pouvons encore nous prononcer sur le résultat; ils poussent 
assez faiblement. Frbd. Burvenich père. 


— 333 — 

Variétés fruitières adoptées par le Congrès 
pomologique de France; variétés rayées. 

Dans sa 32"* session, tenae à Limoges en septembre dernier, 
le Congrès pomologique de France a prononcé Tadoption des 
fraits suivants : 

Poire Beurré Amande (Sannier). — Pruit de grosseur 
moyenne, tronqué à la base; peau rude, jaune pointillé roux 
marbrée fauve; chair blanche, assez âne, fondante, manque 
d*acidulé. 

Poire MouiUe JBouehe de Bordeaux, fruit local répandu dans 
la Gironde. 

Pomme Reinette de Brives. — Fruit assez gros, un peu élevé, 
conique ; peau jaune^ striée de rouge à riusolation ; pédicelle 
court; œil grand, ouvert; cavité large et profonde; chair âne, 
tendre, sucrée. 

Pommes locales .* Cuêset, fruit du Rhône. 

de Cave, fruit de TOise. 
de Salé, fruit de TOise. 

Pnne Belsiana. — Fruit moyen, arrondi, un peu élargi; peau 
résistante, âne, parcheminée, jaune d'ambre, marbrée de sau- 
mon à rinsolatiou; chair jaune ambré, très juteuse, sucrée et 
finement acidulée. 

Raisin Commandeur. — Grappe rameuse, énorme; grain gros, 
blanc doré, croquant, sucré. 

D'autre part le Congrès a prononcé la radiation des yariétés 
suivantes : 

Pèche Baronne de Brivamc. 

Pèche Nectarine Pitmaeton Orange. 

Poires Souvenir Deschamps, Sucrée troyenne, Valfiore de 
Fontenelle. 

Pommes Reinette superflne et Reinette Van Mons. 

Prune Monsieur à fruit vert. 

Baisins de table ; Allen's Hybridy BoisseM, BxeOsior, Œillade 

ambrée et Seeretarff. Eu. R. 


- 334 - 
Quoi planter P 

Elle est longue la saison pendant laquelle les plantations dans 
les parcs et les jardins peuvent se faire, attendu qu'on peut y 
procéder depuis la chute des feuilles jusqu'au moment où il va 
en pousser de nouvelles. Quand le fera-t-on de préférence ? Les 
avis diffèrent quelque peu sous ce rapport, mais pour nous le 
mieux est de planter aussitôt qu*on le pourra, quelle que soit la 
nature du sol, pourvu cependant que ce dernier soit suffisamment 
essuinté. Cela ne veut nullement dire qu'on ne pourrait tout aussi 
bien planter sur le tard avec tout autant de chance de bonne 
réussite; c'est même ainsi qu'il faut agir, soit lorsque le terrain 
n'est pas prêt à temps, alors qu*on fait un nouveau jardin, par 
ex., soit et surtout, lorsque des pluies ou des neiges continuelles 
ou la nature même du sol le rendent saturé ou boueux. Attendez 
dans ces cas jusque fin avril ou même commencement de mai 
avant de planter et vous aurez un meilleur résultat qu'en le 
faisant plus tôt. 

Mais quand on peut planter ou mieux avant d'y procéder, 
il convient de bien étudier à quelles essences on arrêtera son 
choix. Il va tout seul que lorsqu'il s'agit d'un jardin fruitier, 
on se tiendra exclusivement aux espèces et variétés fruitières. 
Doit-on par le même raisonnement ne planter que des essences 
forestières ou purement décoratives lorsqu'il s'agira de planter 
un parc ou un jardin d'agrément? Généralement on croit qu'oui, 
on agit en conséquence et loin de nous de dire que c'est mal fait. 

Rien n'empêche cependant de déroger à cette règle et plus 
d'une fois et depuis de longues années déjà nous nous sommes 
permis avec plus ou moins de succès de placer un arbre fruitier 
là où nous aurions pu mettre tout aussi bien un Tilleul, une 
Aubépine, un Sorbier ou un Cytise. Récemment encore nous 
visitions un jardin que nous avons planté il y a cinq ou six ans 
où, à notre grande satisfaction de même qu'à celle du proprié- 
taire, nous remarquions chargés de beaux fruits des pommiers 


— 33g — 

en buissons de boart-pendu, plantés dans le temps en société de 
Ligastrum, Hibiscus, Viburnum, etc. De ce fait il ne faut pas 
conclare cependant que dans la plantation d*un jardin d'agré- 
ment on peut à la légère remplacer tel arbre ou arbuste forestier 
ou décoratif par le premier arbre fruitier venu. Non, il faat 
d'abord bien raisonner la chose. 

Notons avant tout que les arbres fruitiers se développent en 
général moins vite et qu*aân de pouvoir boutonner et nourrir 
leurs fruits il leur faut suffisamment de jour, de lumière. Il y a 
donc peu de chance de les voir bien réussir, soit quand ils sont 
trop entourés d'arbres voraces, soit dans les parties trop ombra- 
gées par des arbres de haute futaie. 

Il devient en conséquence nécessaire de ne destiner à la plan- 
tation éventuelle d'arbres fruitiers que les rideaux, bordures, 
coteaux, pentes, etc., regardant le midi ou à peu près; mettez-y 
ensuite, pour ainsi dire exclusivement, des arbres fruitiers 
comme haute futaie, et pour ce qui est du sous-bois, si le tout 
ne consiste pas en buissons de pommiers, cerisiers, groseilliers 
ou noisetiers, n'y associez d'aucune façon des sureaux, des 
ormeaux, des charmilles, des châtaigniers ou plantes analogues 
envahissantes, épuisantes ou étouffantes. 

On a réellement tort de ne pas former plus souvent dans les 
propriétés, principalement non loin de l'habitation, des massifs 
de cerisiers en buisson, entreplantés de bigarreautiers à haute 
tige et espacés de 6 à 7 mètres ; au printemps leur abondante 
floraison embaumera Tair, en été leurs beaux fruits ont une double 
attraction, et quant à leur feuillage, il supporte bien la compa- 
raison avec celui d'autres essences. 

Si on voulait risquer la plantation d'arbres fruitiers dans 
certaines parties du jardin moins propices que celles que nous 
avons indiquées, prenez les Châtaignier, Mûrier, Noyer et même 
le Poirier. Les trois premiers supporteront assez bien la lutte 
souterraine et aérienne avec leurs voisins et ne craignent du 
reste pas tant un peu d'ombrage, bien qu'ils préfèrent le grand 
jour. Quant au Poirier, ses racines pivotantes lui permettent 


— 336 — 

asfez bien de se défendre ; toutefois son yrai emplacement serait 
au point d'intersection de deux allées, par exemple. 

Qaant au choix des variétés, on devra prendre uniquement 
celles qui sont extra fertiles de leur nature, bien que ces der- 
nières ne soient pas toujours celles qui se forment le mieux. Mais 
peu importe leur forme, ces arbres pouvant se confondre dans 
Tensemble du paysage. Au surplus les arbres se comportent 
parfois si singulièrement : ainsi dans notre propre jardinet, an 
Zéphyrin Grrégoire et un Soldai Laioureur formant partie d'un 
maseif d'arbustes portent assez régulièrement tous les ans. 
En serait-il de marne ailleurs? 

Voilà pour les groupes ou massifs ; mais quant aux plantes à 
isoler dans les pelouses, que de parti ne saurait-on tirer des 
arbres fruitiers? Nous ne voudrions nullement proposer de 
remplacer tous les Hêtres noirs, les Tilleuls argentés, les Érables 
panachés, les Bouleaux pleureurs, les Abies Nordmanniana, les 
Cèdres du Liban et toutes autres plantes de distinction, par 
des Pommiers et des Poiriers, mais dans les grands parcs sur- 
tout nous croyons qu'on pourrait le faire au moins partiellement. 
Nous l'avons du reste déjà fait pour plus d'un propriétaire. Bt 
puis là où on met dans la pelouse et isolément trois, cinq ou 
sept plantes d'ornement quelconques, autant de pyramides de 
poiriers par exemple, ne feraient-elles pas souvent tout aussi 
bien l'affaire ? H. J. Van Hulle. 


Eaa de vie de Staohjre. — Voici le moment de récolter les 
tubercules de Siachys affinU. On sait que ce produit ne se 
conserve pas longtemps hors de terre et qu'il faut l'utiliser 
autant que possible aussitôt après la récolte, sinon il vaut mieux 
laisser le produit en terre. L'an dernier, un cultivateur n'ayant 
pu tirer parti d'une soixantaine de kilogrammes, résolut d'en 
faire de l'eau de vie. Il ût germer les tubercules, puis il y versa 
de l'eau chauffée à 40^ dont la température fut maintenue une 
quinzaine de jours; ensuite les tubercules fermentes furent 
distillés. Les soixante kilos ont donné huit litres de bon alcool. 

Ém. R. 


Oignon perle. 

On accorda oetto dénominatioii la plus soarent aaz patiti 
oignoni blanoa d« Noeera on à la Reine, qu'on obiîent par an 
semis dru fait ea terrain bien tassé. Maia en réalité le vérita- 
ble Oignonperle ait toat antre chose; o'eat an quelque aorte la 
produit de la transformation dn Poireao. Lorsque les Poireaux, 
les petites plantes surtout, sont replantés après l'hirer et qu'on 
les empéobe de porter graine en pin^nt les tiges florales à 
mesura qu'elles apparaissent, le Poireau ainsi opéré toitme an 
balba comme un oignon, et à aa base se produit toute une 


tt. ^ 0i|BCK parla- 
famille déjeunes bulbes dura, croquants, ayant an léger goât 
alliaoé. Étant replantés ils grossissant et produisent & leur 
tour un grand nombre de bulbilles de grandeur différente & la 
^n de ce qui a lieu chez les glaïeuls. 

Dana certaines localités en Allemagne et en Hollande, ce pro- 
duit est connu depuis des temps très reculéa, mais il a été 
rarement mentionné dans les traités. L'ouvrage le plus complet 
qui ait paru sur la culture potagère est certes celui publié par 
la maison Vilmorin- Andbibox et C'*(l), et cependant nous n'y 

(1) Lei ptanU» polagirei, descriptioD et culture des prinôpsus tournes 
d«E climats tempéras. Vol. de 660 pagea et 625 gravures. Pris 13 r»ncB. 


— 338 - 

trouvons rien au sujet de notre Oignon perle. Il y a environ 
vingt ans, nous avons renouvelé l'expérience de cette trans- 
formation, qui intéressa vivement feu notre Directeur, le prof- 
EiGKX. Henriette Davidis fait mention des Oignons perle dans 
son intéressant livre allemand sur le jardinage qui a été traduit 
en langue néerlandaise. L*auteur allemand Th. Bôttner y consa- 
cre un article détaillé dans Der Praktische Ratgéber im Obst* uni 
Oartenbau (n® 43, 23 oct. 1887), une publication hebdomadaire 
des plus instructives. Cet écrivain dit entr*autres que quelque- 
fois des bulbilles se produisent sur la tige florale même des porte- 
graines de Poireau, mais nous n'avons jamais constaté cette 
production aérienne. 

L'Ognon perle se plaît en tout terrain. La récolte des bul- 
billes a lieu vers le mois de juillet, lorsque les feuilles se fanent. 
On les fait sécher au soleil, on sépare les petits des plus grands, 
soit en les triant à la main, soit en les passant au crible. Les 
plus gros bulbes sont immédiatement mis en conserve ou en 
picklêS, les petits sont gardés jusqu'en automne pour être plantés 
de septembre à novembre en lignes distantes de 15 c. et à 5c. 
sur la ligne. L'Oignon perle ne craint nullement la gelée, ce qui 
est très avantageux, car les bulbes poussent à l'automne, ce qui 
fendrait difficile leur conservation à sec jusqu'au printemps. 

M.BôTTNER s*étonne d'avoir constaté que dans une ville déplus 
de6,000 habitants, rOignon perle était entièrement inconnu. Que 
dirait-il s'il apprenait qu'il n'y a peut-être, en dehors de nos 
élèves, pas douze personnes, dans toute la Belgique, qui connais- 
sent ce produit ? Nous avons fait des recherches dans les nom- 
breux catalogues des importantes maisons de graines d'Erfurt 
et Quedlinbourg, mais nulle trace à trouver de TOignon perle. 
Dans l'ouvrage d'ailleurs assez complet de M. Jâegbr (Der 
OemUse &arten), il n'en est pas fait mention. 

Pour finir, disons un mot de la manière d'utiliser ces oignons 
dans le ménage. Comme nous l'avons déjà dit, ce sont d'excel- 
lents petits oignons à confire. Mais on peut très bien les utiliser 
à l'état frais dans les ragoûts, les sauces pour rôtis, et comme 


— 389 — 

condiment des salades à l'allemande de pommes de terre, de 
haricots et de concombres. On peut dire sans exagération qne 
le Gurken Salât et le Kartofeln Salai sont des mets nationaax 
allemands. 

La âgare qai accompagne cette note représente un groupe des 
direrses tailles sous lesquelles ces oignons se présentent; elle a 
été dessinée d*après les bu 1 billes récoltés dans nos cultures. 

Frbd. Burvbnich père. 


Culture du Noyer. 

L*exagération empêche trop souvent la vérité de faire tout le 
bien que colle-ci pourrait réaliser; on finit par craindre que le 
tout ne soit outré et par ne plus croire à rien. Un M. Harrisson 
de Chicago a publié une intéressante brochure sur la culture du 
Noyer; seulement le titre du petit livre est de nature à mettre 
le lecteur en garde : € How to get rich in the South, » ce qui 
veut dire: comment on peut s'enricher dans les contrées du Sud. 
Le Noyer, il est vrai, réussit à merveille dans toutes les 
provinces et surtout dans les provinces méridionales des États- 
Unis de TAmérique Septentrionale; la valeur du bois de noyer 
y est parfaitement établie; de plus, jusqu'ici du moins, cette 
essence semble demeurer à Tabri des déprédations que de nom- 
breux parasites exercent sur les autres arbres fruitiers; mais de 
là à vouloir assurer la fortune aux planteurs de noyers, il 
semblerait qu'il doive y avoir quelque distance. Nous extrayons 
cependant pour les communiquer aux lecteurs du Bulletin les 
principales données de la méthode préconisée par M. Harrisson. 

Les noix doivent être plantées ou mieux semées en automne, 
lors de leur complète maturité et avant qu'elles aient pu se 
dessécher ; on peut aussi les stratifier en automne et les mettre 
en place au printemps; le terrain a été labouré au préalable 
comme pour la culture du blé. Le semis ou le repiquage a 
lieu sur place en lignes espacées à l^^BS. Au printemps les 


— 340 — 

jeanes sajets forment lêor première pousse. Durant les deux 
premières années on continue de retourner le sol au printemps 
et à l'automne, afin de prévenir Tinvasion de Tivraie. Le semis 
sur place est préféré au semis en pépinière, parce que le repiquage 
peut détériorer la racine pivotante que, pour cette essence, on 
tient à conserver intacte. Dans le principe, la croissance est 
lente; mais une fois bien en train, elle est aussi rapide que celle 
de n'importe quel arbre à bois dur. 

C'est le greffage des meilleures variétés européennes sur des 
sauvageons indigènes employés comme sujets qui semble donner 
les plus beaux produits; toutefois ce procédé n'est pas indispen- 
sable et le semis fait avec des noix bien choisies donne également 
de très bon résultats. Au bout de quatre ou cinq ans, ces semis 
portent leurs premiers fruits. Vers la huitième année, ils don- 
nent en moyenne trente hectolitres de noix par hectare, ce qui 
revient à lûOOkilog. d'une valeur approximative de 1500 francs. 
A ce moment on peut supprimer les baliveaux à raison de 400 
à l'hectare; il j aura dès lors un espace de 2*^50 entre les pieds 
conservés; les rondins abattus fourniront environ 80 stères de 
bois pouvant être évalués à 15 francs le stère. 

Sept ans plus tard, à la quinzième année, on abat encore un 
millier d'arbres à l'hectare pour éclaircir les autres restants 
qui, au nombre de 250, se trouvent espacés de plus de 5 mètres. 
Les arbres abattus à cette seconde coupe fournissent en rondins 
de 4 mètres de long sur 0<"20 de diamètre, environ 130 stères de 
bois utile valant 16 francs le stère. 

Sept ou huit ans après, on abat la moitié des arbres laissés 
debout; cette dernière coupe peut fournir 150 stères de bois 
valant toujours 16 francs le stère, et la plantation donne chaque 
année de 1400 à 1600 francs de noix ne coûtant plus que les 
frais de cueillette. 

En résumé, l'hectare de noyers aura donné dès la 8°** année 
à la 25*^ un rendement moyen de 1500 francs de noix, plus un 
produit total supplémentaire de bois d'une valeur de 5680 francs. 
Maintenant les arbres continuent à se développer encore, et à 


- 341 — 

quarante ans, chacun d'eux pêut donner, tous les ans, de 2 à 3 
hectolitres de fruits. 

Tel est le calcul fait par M. Harrisson dans sa brochure. Il 
vaut la peine d'être examiné et expérimenté. Ajoutons que 
chaque arbre gagne encore annuellement en bois Jusque quatre- 
vingts ans. £m. Rodioas. 

Vignes pour déooratioii de table. 

Le Bulletin a déjà publié la méthode anglaise de la culture de 
la Vigne en vue de la décoration des tables. Un de nos meilleurs 
élèves sortis récemment de l'École d'horticulture de Gand, 
M. AnoLPHB BuTSSBNS, actuellement à Francfort S/M, nous entre- 
tient, dans une de ses dernières correspondances, d'un mode de 
culture tout à fait intéressant qu'on suit en Allemagne et qui se 
trouve décrit avec tous les détails dans « Mdller*s deuttehe 
Gârten Zeitung^ * n® du 20 octobre de cette année. 

Nous sommes de l'avis de notre correspondant que les lecteurs 
des Bulletins liront avec plaisir un extrait du journal précité, 
que nous communique M. Butssbns. 

Le système de culture en question est pratiqué avec un succès 
exceptionnel par M. Jensen, jardinier chef à Blankenhese, 
puisqu'on 14 mois il obtient d'une bouture à un seul œil (bouture 
anglaise) un beau cep portant fruit et propre à figurer sur la 
table, c'est-à-dire, qu'un œil bouturé en mars produit son fruit 
mûr en mai de l'année suivante. 

Les cultivateurs anglais et en cela nous les avons imités en 
Belgique, font leurs boutures très tôt en saison, déjà en janvier- 
février. M. G. Jbnsbn s'écarte de cette date et ne commence ses 
multiplications qu'en mars. Fort de son expérience, il soutient 
que les boutures de mars sont moins exposées à ces arrêts 
de végétation qui font souvent rester stationnaires les jeunes 
vignes trop longtemps soumises à la chaleur de la serre à 
multiplication. 


— 842 — 

Voici la .manière de procéder : Les boutares se placent comme 
à Tordinaire en petits pots remplis d'une terre très sablease pour 
être mises ensuite sur la couche d'une serre à multiplication, où 
l'on maintient une température de 25 à SI"" c. L'enracinement 
s'opère en trois semaines; on rempote alors les jeunes plantes 
dans des pots de 16 c. de diamètre en un mélange de 3 parties 
de gazons réduits en menus morceaux, une partie de terreau de 
fumier consommé et beaucoup de sable. Les jeunes vignes sont 
placées ensuite sur couche chaude, sous châssis et quand les 
racines tapisseront les parois des pots, on procède au second 
rempotage, en terre composée de trois parties de gazon haché, 
une partie de bouse de vache séchée, beaucoup de raclures de 
cornes qu'on pourrait remplacer à la rigueur par la poudre d'os. 
On ajoute encore à ce mélange de la chaux et du charbon de bois 
réduit en petits morceaux. 

Après ce rempotage, on dispose les jeunes vignes dans une 
serre tempérée sur une tablette et on conduit les sarments contre 
le vitrage. A partir de ce moment, on leur prodigue les serin- 
guages (au moins 3 par jour) ainsi que les arrosements à l'en- 
grais liquide une fois par semaine. 

Quand les sarments ont dépassé 2 mètres en longueur, 
l'extrémité herbacée est supprimée et on pince les ailerons qui 
se développent ensuite. Ce pincement ne sera pas trop sé?ère sur 
les ailerons qui se développent à l'extrémité du sarment, de 
crainte que les veux qu'ils accompagnent ne se développent 
en faux bourgeons. Ne perdons pas de vue, que, dans ce mode 
de culture, les yeux de l'extrémité des sarments sont destinés 
à produire les sarments fructifères de l'année suivante et qu'ils 
donnent le plus et les plus belles grappes. 

Dès que les jeunes vignes seront aoûtées, les ailerons les plas 
vigoureux sont graduellement supprimés et les plantes sont 
exposées à l'air libre pour mûrir leur bois. Là il faut les arroser 
peu sans toutefois les laisser se faner. Quand les premières gelées 
surgissent, il est nécessaire de les rentrer en serre froide, où 
elles pourront rester jusqu'au moment de commencer le forçage. 


— 343 — 

On recommande dans cette colture les ▼ariétés Blaek Hambwrghy 
Royal Muscûdinêj Blaeh Prince et Forster'swhUeSiedlinfff parce 
qu'elles fructifient tôt et conservent leur feaillage bien vert 
jusqu'à la maturité des fruits. 

La culture suivie par M. Jbnsbn est réellement curieuse, et 
tout à fait nouvelle jusqu'au moment où il se dispose à pousser 
ses vignes en végétation pour les faire fructifier; là, nous 
trouvons quelque analogie avec le système de M. Saob, culti- 
vateur anglais. 

Avant de commencer à forcer, il passe la tige à travers le trou 
d*un nouveau pot relativement petit qu'on descend ainsi sur le 
grand et qu'on remplit de terreau ce qui provoque l'émission de 
nombreuses racines nouvelles à la base du sarment. On con- 
tourne ensuite la partie supérieure du sarment sur un treillis en 
ombelle porté par une tige de fer qui, attachée au petit pot, sert 
en même temps de tuteur à la partie inférieure du sarment. 

Le forçage peut commencer au 1*' décembre ou même à la 
mi-novembre pour obtenir des fruits mûrs en avril-mai. 
A défaut de serre spéciale, les jeunes sarments en pots peuvent 
être posés sur les tuyaux de chauffage d'une serre à vignes 
ordinaire, qu'on chauffe un peu. De cette manière les jeunes 
ceps se mettent d'abord en végétation et jouissent d'une lumière 
suffisante jusqu'à leur floraison. Quand celle-ci est terminée et 
que la formation du raisin commence, les plantes seront placées 
très près du vitrage et traitées par les soins ordinaires. 

La maturité étant proche, la vigne aura formé beaucoup de 
nouvelles racines dans le pot supérieur. Au moment d'utiliser la 
plante pour la décoration de table, on coupe la tige directement 
sous le petit pot, de manière à supprimer le grand, dont l'aspect 
est moins attrayant. Rien de plus ravissant, dit M. Ad. Butssens, 
que de voir alors sur une table ce petit arbre élever sa couronne 
en parasol au feuillage tendre et épais sous lequel pendent 
élégamment quelques grappes de ce noble fruit, qui ne peut 
manquer de charmer les convives. 

Quoique le procédé de M. Jensen pour la fructification tienne 


— 344 — 

beaucoup du mode suivi par M. Sagb(1) lorsqu'il était jardinier 
à Ashridge Park (Angleterre) qui faisait des marcottes eu Tair 
dans le second pot, nous ne saurions assez remercier notre 
ancien et excellent élève pour sa précieuse communication qui 
est surtout intéressante et inédite, au point de vue des modifica- 
tions dans la multiplication. Aussi nous lui promettons que le 
premier qui profitera de la leçon sera son ancien professeur. 

Fkàd, BvKVEmoB fire. 


A propos d'Abeilles. 

Bas abeilles seraient-elles oaprloieoses ? — Dans une 
intéressante étude sur les abeilles et les plantes mellifëres, 
publiée dernièrement par la Bienenzeitunff , il est dit que lee 
abeilles sont parfois capricieuses, qu'elles visitent assidûment 
certaines plantes dans une localité, tandis qu'elles délaissent 
complètement ces mômes plantes dans un autre endroit même 
rapproché. On a constaté par exemple que les abeilles vont 
butiner en masse à une demi lieue de leur rucher, sur les fleurs 
du Muscari raeemosum Mill., qui sont fort riches en nectar, 
à tel point que le miel lui-même en acquiert un arôme spécial, 
permettant de déterminer son origine. Dans le même temps, 
les fleurs du Muscari cultivé en quantité à proximité des ruches, 
étaient absolument délaissées. Le même fait est connu pour une 
Bruyère, VErica gracilU, visitée assidûment dans une contrée 
et entièrement oubliée dans une autre, par toutes les abeilles 
d'un même rucher. Nous ne voulons pas admettre que celles-ci 
obéiraient toutes à la fois à un caprice ; nous sommes bien plus 
disposé à croire que les plantes sont modifiées suffisamment par 
suite de l'action d'un sol différemment composé pour justifier 
cette préférence d'une part et cette abstention de l'autre. 


(1) Voir le traité « Vines and Vine culture n par Abchibald F. Barbon, 
Ch. XVn, Pot vines as décorative table plants. 


— 345 — 


* * 


La répatatlon des abeilles serait-elle surfaite ? — Depais 
déjà longtemps les abeilles sont considérées comme d'utiles 
auxiliaires en agricultore et en horticulture. Elles ont la réputa- 
tion d*aider à la fécondation des fleurs et de provoquer, dans 
beaucoup de cas, des produits plus nombreux. Aujourd'hui on 
conteste leur influence. On trouve qu'en butinant elles écartent 
et abiment souvent les organes principaux de la fleur. On cite 
des arbres fruitiers plantés à proximité de ruchers et qui 
demeurent absolument stériles. Il parait qu'en Sologne, où 
l'apiculture est une des ressources du pays, les arbres fruitiers 
ne sont pas plus féconds qu'ailleurs. Que faut-il croire de ces 
assertions ? Et quand bien même les abeilles ne donneraient que 
le miel, faudrait-il en faire moins de cas ? D'ailleurs, comme 
nous l'écrivait naguère un apiculteur des plus zélés, M. André 
Parfaits, propriétaire au château de Carignon, dans les Arden- 
nes, « le rôle utile de ces insectes pour favoriser la fécondation 
des fleurs est sufSsamment prouvé par les expériences de l'im- 
mortel Darwin. Les fleurs visitées en toute liberté par les 
abeilles donnèrent vingt fois plus de graines que d'autres mises 
à Tabri sous une gaze légère, i 




Les abeilles de la Guyane hollandaise sont très mellifëres 
et fort variées. On en distingue neuf races, dont une noire à ailes 
jaune doré, et une autre non pourvue d'aiguillon. La première 
produit un miel exquis renfermé dans des rayons de cire noire. 
La seconde, celle qui n'a pas d'aiguillon, construit ses rayons 
au moyen de filaments ligneux qu'elle mâche, et, elle dépose 
son miel dans des excavations qu'elle enduit de cire noire. Cette 
race ne pique pas, mais quand on l'attaque elle se défend avec 
ses mandibules et mieux encore en se faufilant dans les vête- 
ments et les cheveux. Les abeilles d'une troisième race font de 
la nuit le jour et ne rentrent au logis qu'à l'aube chargées de 
butin. Une' quatrième race, d'un jaune doré avec l'abdomen rouge, 
nidifie dans les Palmiers et produit un miel excellent. Une autre 


— 346 — 

eofln eut fort incommode et va se loger dans les creux des ser- 
rures qu'elle rend ainsi impraticables. Les colons de la G-ayane 
ne connaissent guère Tapiculture ; néanmoins ils nagent dans 
le miel. 

L'extension de la oulture des abeilles dans les tlea de la 
Sonde préoccupe à bon droit la Compagnie des Indes néerlan- 
daises. Dans ces îles on importait en 1862 pour 60,000 francs 
de cire d'Europe servant à la teinture des cotonnades ; dix ans 
après, cette importation montait déjà à 1,570,000 francs; 
en 1882, elle dépassait les deux millions. Les abeilles sauvages 
de Java et de Sumatra placent leurs nids dans les branches des 
arbres à des hauteurs de 80 à 40 mètres. 

Les raohes dans Tlndé anglaise sont très primitives. Ce 
sont des vases de terre renversés, percés de deux petites ouver- 
tures, enduits à l'intérieur de cire et de miel, ou bien des seaux 
de bambous. Pour récolter le miel, il faut les briser. Les Indous, 
lors de cette opération, n'enfument pas les abeilles; ils se bornent 
à s'envelopper la tête d'un linge et à mâcher du gingembre, 
dont l'odeur suffît pour tenir les abeilles à distance. 

La oulture des abeilles fait de notables progrès dans toutes 
nos provinces. Sous le nom de Fédération apicole du Hainaut 
s'est constituée à Mons une association composée déjà de vingt 
et une sociétés d'apiculture. Elle a pour but d'améliorer cette 
culture, de propager les bonnes méthodes et de poursuivre la 
réalisation des mesures favorables à l'apiculture. La Fédération 
fait une propagande active auprès des agriculteurs de la 
province, organise l'enseignement, fait l'achat en commun de 
ruches perfectionnées et d'appareils, et encourage Textension 
de la culture des plantes mellifères. 




Sait-on que le Crapaud est un destructeur d'abeilles? 
> On a vu un crapaud monté sur la planchette d'une ruche au 


— 347 — 

rocher de la Société d'acclimatation de Rassie, guetter la rentrée 
des abeilles et les avaler ane à ane pendant une heure et demie. 
Son estomac était bourré d'abeilles. On a constaté ensuite que 
tous les crapauds pris au hasard dans l'herbe aux environs du 
rucher contenaient des abeilles. Des observations multiples ont 
démontré que le Crapaud fait aux abeilles une chasse systémati- 
que et journalière. Nous signalons cet ennemi aux apiculteurs. 

Ém. RoDiaAS. 


Les plantes demi-nutiqaeB. 

Toute plante a sa patrie quelque part où elle parcourt sans 
assistance aucune toutes les phases de son existence et se 
reproduit d'elle-même, si bien entendu aucune cause nuisible 
extraordinaire ne vient contrarier la marche régulière de la 
nature. Là la plante est parfaitement rustique et pas n'est 
besoin de slnquiéter pour elle quant aux intempéries des 
saisons et aux rigueurs de l'hiver. Mais du moment qu'on 
transporte cette plante dans un autre pays, où les conditions 
de sol et de climat surtout ne sont plus les mêmes, cette 
plante exigera d'autant plus de soins divers qu'elle se trouvera 
plus dépaysée. 

C'est ainsi qu'en horticulture plus spécialement on peut avoir 
afiaire aux plantes rustiques, demi-rustiques et frileuses, suivant 
l'écart qui existe entre le climat de leur patrie naturelle et 
celai de leur séjour de captivité. Dans la captivité les premières 
se cultivent à l'air libre, les secondes à l'air libre en été seule- 
ment et abritées plus ou moins en hiver, les troisièmes en serre, 
ce au moins en hiver et même pour certaines d'entr' elles aussi 
en été. 

Nous ne voulons nous occuper ici ni des premières ni des 
troisièmes, mais bien des demi-rustiques. 

Il y en a déjà beaucoup et leur nombre augmente toujours 
'à mesure que les explorateurs nous envoient leurs découvertes 


- 348 — 

du Nouveau Monde et plus particulièrement de la Chine et 
du Japon. La plupart de ces plantes n'existent encore qu*en 
nombre restreint dans nos collections, probablement parce 
que le hasard a voulu qu'on ne les ait mises à Tessai sur 
une échelle assez large, assez générale pour pouvoir juger et 
apprécier tout leur mérite comme demi-rustiques dans nos 
jardins. 

Par contre il y en a aussi qui ont obtenu un tel droit de cité 
dans nos cultures qu'on ne les traite que trop souvent comme 
si elles étaient tout à fait rustiques. Beaucoup prétendent 
même que ces plantes, frileuses à l'époque de leur introduction 
et devant être traitées en conséquence dans le principe, se 
sont acclimatées petit à petit et à présent ne craignent plus du 
tout nos hivers. Qu'on se détrompe : l'acclimatation est totale- 
ment impossible par simple voie de culture ; on ne peut y 
arriver que par les croisements, les hybridations en obtenant 
ainsi une race intermédiaire, mieux appropriée à ses conditions 
d'existence. Seulement, ne le perdons pas^de vue, une réussite 
de cette nature est tellement rare qu'on doit à peine en tenir 
compte. 

S'il n'en était pas ainsi, si réellement l'acclimatation des 
plantes était possible à quelque titre que ce soit, n'y aurait-il 
pas longtemps déjà que nos haricots, nos pourpiers, nos pom- 
mes de terre, etc., tous introduits dans nos cultures depuis plas 
d'un siècle, seraient devenus tout à fait rustiques? Or, tel n'est 
pas le cas : ces plantes sont aujourd'hui aussi frileuses qu'elles 
l'étaient lors de leur arrivée chez nous. 

Il en est et en sera toujours de même de nos soi disant 
demi rustiques. Si VHydtangea japonica, la pivoine arbores- 
cente, etc., se cultivaient d'abord en serre, tandis qu'aujourd'hui 
avec un peu de précautions, ils bravent nos hivers dehors, cela 
prouve, non pas leur acclimatation, mais tout simplement un 
excès de prudence de notre part au début. Si dès le principe 
nous les avions confiés à l'air libre, ils l'auraient supporté ni 
mieux ni moins bien qu'aujourd'hui. 


J 


— 349 — 

Mais preoisemeDt parce que cela est ainsi, nous pouTons et 
devons en condare qu'on ne change pas la nature d'une plante, 
qu'il ne faut pas se laisser tromper par les apparences et prendre 
pour rustique telle ou telle plante demi-rustique, ce uniquement 
parce que un ou plusieurs hivers l'ont laissée intacte sans qu'on 
ait pris beaucoup de soins spéciaux à son égard. Au fait pareil 
heureux résultat peut être dû à plusieurs causes exceptionnel- 
les, par ex. un hiver fort doux, un abri naturel, un sol très 
perméable, etc. Mais qu^une de ces causes vienne à disparaître, 
qu'une anomalie fâcheuse quelconque se produise dans la saison 
et on ne tardera pas à s'apercevoir que la quasi rustique j a 
perdu ses plus belles plumes, si toutefois elle n'y a pas trouvé 
directement la mort. 

La morale c'est que chaque hiver il faut prendre ses précau- 
tions à l'égard des demi-rustiques. 

Avant d'j procéder pénétrons-nous bien de ceci : que l'hiver 
a plus de prise sur du bois incomplètement mûri que sur le 
bois bien aoûté ; que ce dernier se forme d^autant plus difficile- 
ment que l'été a été moins chaud et que la terre est plus 
humide, moins perméable de sa nature; qu'enfin dans un sol 
humide et froid les racines ne peuvent fonctionner normalement 
et deviennent ainsi la cause principale du malaise que la plante 
unit par éprouver. 

Cela étant, ce à quoi il faut veiller avant tout c'est que le sol 
soit rendu suffisamment perméable. Ensuite l'essentiel c'est de 
bien couvrir le sol autour des plantes ou entre les pieds des 
plantes avec une couche de litière ou de feuilles; ainsi la gelée 
ne se fera pas sentir aux racines et cela est suffisant pour 
garantir contre l'hiver non seulement des plantes comme les 
Gunnera, Gynerium, Phormium, Phœnix sinensis et autres 
n'ayant pas besoin de beaucoup de lumière pendant leur som- 
meil, mais bien souvent aussi pour d'autres telles que Araucaria 
imbricata, Weliingtonia gigantea, Hydrangea japonica, Evony- 
mas. Rosiers, etc. Toutefois pour ces dernières plantes et même 
les Lauriers Cerise, de Portugal, Houx, Aucuba, Rhododendron^ 
etc., très exposés, il faut en plus des brise-vent. 


— 350 — 

Si les plantes forment des massifs, le plus simple est d'entou- 
rer ceux-ci de branchés de sapins, d'Abies de préférence, colles-ci 
étant aplaties naturellement et se prêtant donc mieax à Tasage 
qu'on en veut faire. Si au contraire on a affaire à des pieds isolés, 
le mieux est de rapprocher un peu leurs branches vers le tronc, 
puis de mettre à l'entour quelques perches un peu réunies vers le 
haut et autour desquelles on attache un canevas ou natte quel- 
conque, capable de briser les vents. Dans cet état et sauf à 
donner un peu d'air de temps à autre quand il ne gèle pas, les 
plantes passeront saines et sauves les plus forts hivers, à condi- 
tion qu'on ait bien couvert les racines. 

Un soin spécial peut être pris pour les Hydrangea en les cou- 
vrant davantage. Au fait rarement ou jamais leur bois ne 
s'aoûte assez; il est donc d'autant plus sensible aux froids. Or, 
dès qu'il est trop atteint par la gelée, celle-ci ne tuera pas préci- 
sément la plante, mais le bout non aoûté des rameaux, cette 
partie là juste où se trouvent les boutons. Veut-on jouir Tété 
suivant de cette abondante et splendide floraison que les 
Hortensia peuvent nous fournir, il faut ou les couvrir suffisam- 
ment sur place, sauf à leur donner de l'air de temps à autre, ou 
les mettre en pots, en cuvelles ou en nattes et les conserver à 
l'orangerie jusque mi-avril. H. J. Van Hulle. 


Varia. 


L'Anis Tert {Pimpinella anisum) est une plante herbacée an- 
nuelle à nombreuses petites fleurs blanches, disposées en ombelles 
terminales. Il est originaire de l'Orient et cultivé en grand dans 
plusieurs parties de l'Europe pour l'usage des graines employées 
dans la distillerie, la confiserie, etc. Concurremment avec la 
Badiane, ses graines entrent dans la préparation de l'Anisette de 
Hollande, de Bordeaux, de Russie, etc. L'auis est aussi employé 
à la parfumerie. C'est surtout la variété d'Anis vert de Malte, de 
grosseur moyenne, qui est recherchée par les confiseurs pour la 


— 351 — 

fabrication des petites dragées. KAnîs d'Italie est préféré poar la 
fabrication de TAnisette fine. L'Anis de Toars qui est le plas 
gros est recherché par les pâtissiers. 

Fondre de Pyrèthre. — Le Pj^rethrumroêmm, le Pyrethrum 
eameum et le Pyrethrum evMrariaefolium fournissent dans le 
Midi la pondre de Pjrèthre. Le Pacifie rural Press fait con- 
naître qu'an Dalmate, M. 0-. Milbo, a introduit en Californie 
cette dernière espèce il j a quelques années déjà, et qu'il en pos- 
sède aujourd'hui une culture industrielle d*une étendue de plus 
de 120 hectares. Cette culture est située à Atwata, dans le comté 
de Merced. Les plantes sont disposées à 0"50 de distance sur des 
lignes séparées de l'*25; la première récolte s'ohtient la troisième 
année, le plus grand rendement a lieu la cinquième année. Les 
capitules sont récoltés fin de mai, puis peignés et séchés au 
soleil et finalement pulvérisés. 

Oàmellia géant. — Les journaux horticoles citent comme 
très remarquable un Camellia de la variété aiba plena, qui se 
trouve chez M. Lathan à Ëdisbury, près de Liverpool. Il a Ô'^IO 
de hauteur et le diamètre du tronc mesure vingt cinq centimètres. 
Le feuillage oeuvre un cercle ajant plus de six mètres de diamè- 
tre. Ce bel arbre fournit tous les ans des fleurs pour une somme de 
1500 francs. Il s'agit ici delà variété à fleurs pleines. Nous nous 
rappelons avoir vu naguère à rétablissement VANOBRMASLBif , à 
Molenbeek Saint Jean, des exemplaires, les uns à fleurs simples, 
les autres à fleurs doubles, atteignant au moins les dimensions 
de l'exemplaire précité. Que seraient devenus ces nombreux 
spécimens ? 

Lumière éleotriqne. — L'influence de la lumière électrique 
sur la végétation a été expérimentée de façons diverses et 
discutée sans solution définitive. Récemment il a été institué à 
la faculté de botanique de l'Université Cornbll des expériences 


— 352 — 

dont les résultats ne confirment pac( ceux indiqués naguère par 
SiBMENS. Des plantes ont été exposées jour et nuit aux rajoDS 
de puissantes lampes électriques; d'autres plantes analogues, 
disposées dans les mêmes conditions quant au sol, mais exposées 
seulement à la lumière solaire, ont servi de termes de compa- 
raison. Le développement foliacé des plantes soumises à la 
lumière électrique a été extraordinaire. Les pois, par exemple, 
avaient acquis en peu de semaines deux ou trois fois la hauteur 
des pois soustraits à cette influence. D'autre part les gousâes et 
les grains dans les cosses étaient plus nombreux chez les plantes 
exposées seulement à la lumière solaire. La lumière électrique 
augmente donc sensiblement le développement foliacé et la 
rapidité de la croissance, mais elle diminue les forces nécessaires 
à la reproduction. 

Aoer Baooharinum. — Malgré le prix peu élevé du sucre, les 
Sugar Orchards, vergers à sucre ou bois plantés d'érables, four- 
nissent encore des revenus assez importants aux fermiers da 
Canada et du nord des États-Unis. D'après le Garden and Foreêt, 
ces plantations reçoivent des soins analogues â ceux donnés aux 
vergers et aux vignes. On supprime toute végétation inutile et les 
plaies sont couvertes d'enduits les protégeant contre les insectes. 
On ne détériore plus les arbres comme autrefois ; on se borne à j 
percer un trou oblique de 0"03 à 0*"05 de profondeur. Aussitôt 
la récolte faite, on ferme les trous avec des chevilles de bois sec. 
L^exploitation commence à vingt-cinq ans; avant cette époque 
le bois donne le produit des élagages et des éclaircies annuels. 
La teneur en sucre varie de 2 1/3 à 3 p. c. Rarement elle dépasse 
ce chiffre. Le sucre d'érable est souvent mêlé à da sucre prove- 
nant d'autres Acer et même d'arbres de nature entièrement 
différente, tels que VEiclery ou Carya alba. Ém. R. 


• «1 

• » l 


* ' } f t 


— 353 — 


Pomme Calville des Prairies. 

Faut-il écrire Calville, ou adopter Torthographe suivie par 
ÀNDR0 Leroy dans son Dictionnaire pomologique qui écrit 
Càlleville, du nom d'un bourg en Normandie qu'on suppose être 
le berceau des premières pommes à côtes. Malgré l'assertion de 
plasieors anciens pomologues, le mot Calville a prévalu dans les 
catalogues et dans les ouvrages pomologlques. 

L'arbre de la variété Calville des prairies est d^une très 
grande fertilité, d'une production exceptionnelle. Cependant il 
est vigoureux. Greffé à rez de terre il produit de belles tiges 
droites et grosses, susceptibles d'atteindre des dimensions qui 
distinguent toujours cette variété dans les vergers. Il a le bois 
fort, se garnissant un peu à Texcès de petites ramifications 
longues; celles-ci sont à mérithalles fortement coudés ou géni- 
calés aux nœuds. L'arbre est peu Sujet aux chancres, les plaies 
accidentelles aux branches ou à la tige se cicatrisent avec une 
eitréroe facilité. 

Le nom de Coistreas ou Quaslress qu'elle porte dans les 
provinces wallonnes semble faire allusion à la forme du fruit. 
Voici sur l'origine du nom, l'opinion de M. 4.rthur Bivort, 
fils du savant pomologue belge Albxandrb Bivort : 

< .... Selon moi, les noms de quatresse ou coitresse comme on 
dit à Liège (c'est la même prononciation) viennent de ce que cette 
pomme a des côtes ; le mot côte en wallon c'est quasse, prononcez 
coisse; etcomtne les côtes sont petites, on aura voulu faire un 
diminutif et on aura dit qtmtresse, appellation sous laquelle 
cette pomme est connue dans nos environs, i 

Cette variété est très cultivée dans le Limbourg(l), dans les 
provinces du Hainaut, de Namur et en général dans le pajs 
Wallon où, à côté des Court-pendus et des Belles-âeurs, elle 


(1) Dans certaines localités dé cette province, on nomme le Calville des 
prairies Wildenappel (pomme sauvage). 

23 


— 354 — 

occupe une grande place dans les prairies. Elle est très rare en 
Flandre. 

Nous la recommandons vivement pour nos localités, car ce 
serait une précieuse acquisition pour nos pâtures arborées. 
C'est une variété des plus rustiques; tous les sujets jeunes et 
vieux ont résisté aux hivers néfastes de 1879 et de 1880. Le 
fruit^ qui peut être, utilisé dès l'automne, se garde en maturité 
bien avant dans Thiver. 

Il a la forme de calville sans côtes bien accentuées et il est 
généralement oblique. L'épiderme vert clair, jaune blanchâtre 
à la maturité, est légèrement lavé d'une transparence rougeâtre 
qui devient rarement aussi intense que sur notre planche et par- 
semé de quelques lenticelles grises. Le fruit est de première 
qualité pour la table et pour la cuisine et très estimé dans le 
commerce. Cependant, d'après Topinion de certains cultivateurs, 
il ne convient pas pour Texportation à cause de sa chair délicate, 
fine et moelleuse et de la finesse de son épiderme qui ne 
résistent pas aux manipulations grossières. M. Arthur Bivort 
nous fait remarquer que si ce fruit se contusionne facilement, la 
plaie se sèche et n'entraîne jamais la pourriture du fruit. 

Le pédoncule est très court, implanté dans une cavité pro- 
fonde, de couleur gris-brun; calice demi clos, à folioles brun 
grisâtre, placé dans une cavité irrégulière, formée parcinqbosse- 
lures ou côtes. Trognon petite pépins brun gros, loges étroites. 

Les spécimens que nous figurons dans la planche ci-contre 
proviennent du verger de M. Arthur Bivort, banquier à 
Fleurus, où des arbres avant au moins 60 ans produisent encore 
des récoltes exceptionnellement abondantes. 

La pomme Calville des prairies a été décrite en détail par 
A. Royer, dans les Annales de pomologie belge, année 1854. 
Nous ignorons quand et où elle a été obtenue. 

Ni André Lbrot, ni Simon -Louis, ni les ouvrages anglais 
sur la pomologie ne la mentionnent. 

Frbd. Burvbnich père. 


— 355 - 

La bouillie bordelaise contre le chanore. 

L'efficacité de ce remède contre la maladie des pommes de 
terre devient de plus en pi as évidente, à en juger par les arti- 
cles que ce recueil à consacrés à cette intéressante question 
dans le courant de cette année, ainsi que par les résultats obte- 
nus à la suite de nouveaux essais. 

Mais que la bouillie bordelaise pût devenir également un 
remède sérieux dans certains cas arboricoles, c'est à quoi on 
avait moins songé. C'est cependant ce que vient de signaler 
le Journal de la Société agricole du Brahant, en imprimant ce 
qui suit dans son N^ du 23 novembre : 

• Le Nectria ditiêrima est, comme on sait, un cryptogame très 
répandu sur un grand^ nombre d'arbres d'espèces fort diverses, 
forestiers et fruitiers, auxquels il cause les torts les plus graves 
par la désorganisation des tissus ligneux, la formation de chan- 
cres, d'où résulte un arrêt de développement, une réduction des 
produits en matière ligneuse et en fruits, ainsi qu'une dépré- 
ciation de la valeur du bois. 

« Entre autres moyens préconisés pour combattre les ravages 
de cette affection parasitaire, l'emploi des composés cupriques, 
et notamment de la bouillie bordelaise, si efficace contre d'au- 
tres affections crjptogamiques de plusieurs plantes cultivées, 
paraît avoir donné les meilleurs résultats. On doit, pendant 
rhiver, badigeonner toutes les branches des arbres malades avec 
une bouillie bordelaise composée de 10 à 12 p. c. de sulfate de 
cuivre et répéter l'opération au moins deux fois dans le cours 
de la saison. Le succès a aussi couronné l'aspersion, plus 
commode que le badigeonnage, avec une bouillie composée seu- 
lement de 3 kil. de sulfate de cuivre et 6 kil. de chaux par 
hectolitre d'eau. Il serait peut-être avantageux de recourir 
simultanément à un arrosage du sol avec du sulfate de fer : on 
met 10 grammes de sulfate de fer par litre d'eau et on arrose le 
sol sur toute la surface occupée par les racines. L'opération est 


^ 356 — 

répétée deax ou trois fois dans le coars de Tannée, de façon à 
avoir donné 100 à 150 grammes de salfate de fer par mètre 
carré. Cette dose peut aussi être appliquée en poudre, que Ton 
enterre par un binage. 

« Le traitement dont il vient d'être question a, depuis assez 
longtemps déjà, été indiqué (voir an. L888. p. 356); un article 
tout récent du Journal de Vagriculture nous fournit l'occasion 
de le rappeler. » 

Voilà une communication qui nous semble très intéressante 
pour ceux là surtout qui s'occupent d'arboriculture fruitière. 
Trop souvent hélas, malgré toutes les précautions qu'on prend, 
on voit ses pommiers surtout envahis par les chancres ; dans le 
principe le mal ne se remarque guère, ne fait pas toujours des 
progrès rapides, mais tôt ou tard l'arbre en souffre de plus en 
plus sérieusement et finit par succomber. 

Nous ne pouvons assez recommander, le cas échéant, d'avoir 
recours à l'application du remède de la façon qui est indiquée 
ci-dessus. Il est plus que probable qu'on en aura les effets désirés 
si on s'j prend dès le début et si on refait la chose chaque année. 
Entretemps n'oublions pas que les principales causes du chancre 
doivent être cherchées dans l'hérédité du sujet et dans la nature 
du sous-sol où ce dernier se trouve planté. Unarbredont père et 
mère, s*il est permis de s'exprimer ainsi, étaient chancreux,serH 
toujours difficile à être rendu indemne par n'importe quel 
moyen; un arbre de meilleure provenance, mais qui doit en 
majeure partie au sol le mal dont il souffre, aura peut-être 
quelque chance d'être rendu à la santé, au moins pour un cer- 
tain temps^ par l'administration rationnelle et en temps oppor- 
tun de la bouillie bordelaise. H. J. Van Hullk. 


Exposition à Bruges. — La Société provinciale d'horti- 
culture tiendra une exposition printanière à Bruges, le dimanche 
12 avril 1891. Pour le programme, s adresser à M. H. Van der 
Straeten, secrétaire. Ém R. 


- 357 — 

Prix des fruits et légumes Jadis et aujourd'hui. 

Un savant français, M. L^paulle, a tradait un édit de 
Tempereur Dioclétien, promulgué en l'an 301 de notre ère. Cet 
édit réglementait la vente de toutes les denrées dans le but de 
favoriser les pauvres et d'empêcher l'accumulation de grandes 
fortunes. L'édit tomba bientôt en désuétude. M. Dtbowski a 
réduit la valeur monétaire des pièces romaines en monnaie 
actuelle et les mesures d*alors en litre, et il donne, dans la 
Revue Horticole, une liste de quelques prix, parmi lesquels 
nous relevons les suivants : 10 chicorées de premier choix, 
fr. 0-20; 5 choux de premier choix, 0-08; 10 gros poireaux, 
0-08; 10 gros navets, 008; 50 oignons, 0-08; 2 melons, 0^8; 
25 haricots en cosses, 0-08; 25 asperges cultivées, 0-12; 
1/2 litre de haricots écossés, 0-08 ; 25 carottes, 0,12 ; 
8 bottes <le unes herbes, 0-10; 100 roses, 0-16: 1/2 litre de 
cerises, 0-08; 1/2 litre d'abricots, 0-08; 40 petites pommes, 
0-08; pour le même prix de 0-08 on achetait 10 pommes de 
premier choix, 10 coings, 1/2 litre de mûres, 25 figues de pre- 
mier choix, 4 livres de raisins à gros grains et 16 dattes 
ordinaires. 

Il importe encore de faire remarquer que la valeur des mon- 
naies dépassait de beaucoup leur valeur actuelle et il est probable 
aussi que les produits étaient inférieurs à ceux que donnent 
actuellement nos cultures. 

Voici comme termes de comparaison les prix de quelques 
denrées analogues en Belgique, d'après les marchés de G«nd et 
Bruxelles en octobre 1890 : 10 chicorées, 0,25; 5 choux, 0,60; 
10 poireaux, 0,30; iO navets, 0,10; un kilo d'oignons, 0,08 à 
0,12; 25 asperges, 2,00; pommes, le kilo, 0,30 à 0,50; coings, 
le kilo, 0,50 à 0,80; raisins, le kilo, 0,90 à 3,00. 

Ém. R. 


- 358 — 

Expériences sur le pincement long de 

la Vigne. 

Depuis que oette question a été mise au jour par les belles 
expériences faites au château de M. le sénateur de Hausst à 
Manage, par son habile chef de culture M. Joseph Marée, le 
Cercle d'arboriculture de Belgique s'en est occupé très sérieuse- 
ment et sans relâche. Une députation de membres du Cercle fut 
envoyée pour constater de visu dans les cultures de Manage, 
les résultats des essais comparatifs du pincement long et du pin- 
cement court. De nombreux articles sur ce sujet ont paru dans 
ces Bulletins, La question a été portée à l'ordre du jour de 
l'assemblée générale et librement discutée. 

Les Bulletins ont 2kccue\\\i en outre toutes les communications 
de nature à apporter leur appoint dans le débat, ou à convaincre 
ceux à qui il répugne de brûler ce qu'ils ont adoré. 

Nous ne prétendons pas être les seuls qui se soient intéressés 
à cette importante modification dans le traitement de la Vigne. 
Certes d'autres personnes et d'autres publications ont parlé pour 
ou contre le pincement long. 

Dans le Bulletin du mois d'août nous avons inséré encore une 
correspondance d'un membre du Cercle sur le pincement long. 
Nous avons mis l'occasion à profit pour faire appel à ceux qui 
auraient à faire des communications sur cette question. Tout 
n'a pas été dit, et parmi les jardiniers et les amateurs il j en a 
encore qui ne se décident pas à abandonner le pincement à une 
feuille au-dessus de la grappe, à brûler ce qu'ils ont toujours 
adoré. 

Un confrère qui croit avoir écrit sur le pincement long 
bien avant n'importe qui, et longtemps avant, et qui l'a sans 
doute pratiqué autrefois dans ses pépinières, a très mal accueilli 
la publication de cette correspondance dans la livraison du 
mois d'août de cette année. 

Au risque de déplaire encore une fois à cet inventeur du pince- 
ment long, nous mettons sous les yeux de nos lecteurs le résul- 


— 359 - 

tat des expériences de plusieurs viticulteurs allemands qui se 
sont occupés dn pincenaent long de la Vigne. 

Le pincemeni des sarments fructifères des fdgnesW. 

« Tous les viticulteurs reconnaissent la nécessité d'arrêter 
dans leur croissance les sarments portant grappe, en les 
écimant. Mais les opinions sont très divergentes sur la question : 
Commeni et quand doit se faire le pincement? Voici les expé- 
riences de pincement long avec indication de la marche suivie et 
des résultats obtenus : 

« Le pincement des sarments fructifères avant ou pendant la 
floraison nuit au développement du raisin. A l'institut royal 
pomologique et viticole de Geisenheim sur le Rhin, le IK Mûller 
a fait depuis de nombreuses années des expériences. Le champ 
d'épreuve était divisé en quatre zones, les résultats ont été 
comme suit : 


ZONE. 

NOMBBB 

DF FfcUILLBS CON- 

SERTÉES AU-DKS- 

SUS DE LA GRAPPE. 

RAISIN 
RÉCOLTÉ KN 

1882. 

RAISIN 

RÉCOLTÉ KN 

1883. 

RAISIN 

RÉCOLTÉ BN 

1884. 

I 

2 feuilles 

K 

14.96 

K. ' 

18.30 

K. 

35.50 

II 

4 » 

18.17 

23 

46.28 

m 

IV 

6 » 
toutes les 
feuilles 

17.06 

20.90 

• 

25 

30.40 

51.64 
49.48 * 


< Outre la différence notable en poids, on a constaté que la 
richesse en sucre était de 2 °/o en moins dans les raisins récoltés 
sur sarments pinces court. 

< Dans les vignobles rhénans (Rheingau), où se récoltent les 
meilleurs raisins, on supprime avant la floraison les sar- 
ments inutiles. Ceux qui sont fructifères ou qui doivent servir 


(1) Das Kappen der Tragruten beim Weinstocke, extrait du journal 
hebdomadaire : •* Der praktische Ratgeber im Obst- und Qartenbau. u 


- 360 - 

rannée suivante, sont palisses et laissés sans pincement. 
« Le véritable moment d'opérer le pincement est quand la base 
du sarment commence à s*aoûter ou quand Textrémité retournée 
en crosse dans la jeunesse, se redresse pour rester dans cette 
position. On ne pincera jamais plus bas qu*au dessus de la 
B** feuille après la grappe ; il est même prouvé que la sixième 
exerce encore une influence favorable sur le fruit. Il est à remar- 
quer, que les ailerons ne peuvent pas être arrachés, mais qu'on 
leur laisse 2 ou 3 feuilles, puisqu'il est évident qu'elles aident à 
nourrir la grappe et à former pour Tan prochain le dépôt àe 
sève en réserve. (Signé) H. Schlbgel. 

« D'après mes expériences, je me suis formé Topinion que les 
feuilles sont aussi nécessaires pour la Vigne que le pain pour 
rhomme. Aussi quand on prive de bonne heure la Vigne d'un 
grand nombre de feuilles, le raisin reste petit comme des groseil- 
les à grappe. La vigne a couvert chez moi toute la treille; 
je suis donc obligé de raccourcir les sarments. Mais je néclair- 
cis les sarments inutiles que vers la fin de juillet et c'est à cette 
date aussi que j'opère le pincement. (Signé) Hruschka. 

€ En guise d'expérience, j'ai pincé à 2, 3, 4, 5 et 6 feuilles au 
dessus de la grappe et j'ai constaté chaque année que les raisins 
provenant de vignes pincées à 5 et 6 feuilles étaient beaucoup 
plus sucrés ; c'est surtout pendant les étés froids que cette diffé- 
rence était frappante et que le raisin restait plus petit. Main- 
tenant je ne pince plus qu'au dessus de la 5*^ feuille. » 

(Signé) A. Bombe. 

Nous renouvelons notre appel à tous ceux que la chose inté- 
resse afin qu'ils nous adressent le résultat de l'application du 
pincement long. C'est le meilleur moyen de vulgarisation d'un 
procédé reconnu pour être recommandable. Ce n'est pas parce 
que quelqu'un aurait traité de ce procédé, fût-ce il y a cinquante 
ans, dans une publication dont peut-être aucun fascicule n'a 
échappé au panier, qu'il faut abandonner un sujet d'une réelle 
importance. Fréd. Burvenich pire. 


Haricot Prodige à rames à grain vert. 

Très vigoureux, le Saricot prodige atteint 2 m. à 2 m. 50 et 


37. — Euicot FcodJge i hdm 1 gnin mt 

se couvre littéralement de nombreuses coasea allongées, légère- 
ment recourbées à l'extrémité, contenant 7 ou 8 g^rains, 

Cee grains sont un peu arqués, atténués aux deux bouts. De 
groiseuF moyenne, ils revotent une belle couleur vart clair. La 


— 362 - 

peau, peu épaisse, semble fondre à la cuisson et la qualité ne 
laisse rien à désirer. 

Par suite de sèn extrême vigueur et de sa grande fertilité, la 
production se soutient pendant longtemps. Pour donner une 
idée de cette fertilité, il nous suffit de dire que 2 litres de grains 

« 

ont produit Tannée dernière 90 litres à la récolte. 

Cette nouveauté excessivement méritante possède la couleur 
engageante du Haricot Chevrier et elle peut rivaliser comme 
qualité avec la meilleure variété de nos haricots à rames à 
écosser, le Haricot de Soissons par exemple. E. Forgeot. 


La Confrérie des tueurs de Moineaux. 

... Où courent ces guerriers, 

Dont la foule à longs flots roule et se précipite? 

La joie éclate sur leurs traits ; 

Sans doute l'honneur les enflamme; 

Ils vont pour un assaut former leurs rangs épais; 

Non ! Ce sont les membres de T Association pour Textermi- 
nation des moineaux, qui se rendent à la réunion annuelle à 
Borssele (Zélande), où ils ont à rendre compte de leurs exploits 
cynégétiques pendant Tannée. 

Le rapport constate que 424,472 moineaux ont été détroits, 
ce qui fait 212,072 de plus que le nombre obligatoire que les 
membres de cette Société ont à livrer annuellement. Cest 
M. F. Van DuYNEqui a été proclamé champion, ayant immolé 
à lui tout seul 502 pierrots. 

Ce n*est pas seulement un platonique honneur d'être roi des 
tueurs de moineaux, mais il y a des avantages pécuniaires pour 
le dignitaire : il est exempt de cotisation pour Tannée courante 
et pendant ce même temps , il occupe le poste lucratif de 
comptable, aux émoluments de fr. 5,27 pour toute Tannée. 

F. B. 


- 363 -^ 

Le télégraphe au service de Thortioulture. 

Dans la livraison de septembre, page 267 du Bulletin, nous 
avons cité quelques formules télégraphiques recueillies dans un 
catalogue américain. Nous croyions que la découverte de ce 
mode ingénieux de correspondre était due aux Américains, 
n^ayant jamais rien rencontré de semblable dans les nombreux 
catalogues de graines qui nous passent annuellement sous les 
yeux depuis 35 années. Nous nous étions trompé. Déjà en 1877 
la maison Vilmorin- Andribux et C**, qui a toujours ouvert la 
marche dans la voie du progrès, avait publié un ouvrage com- 
plet, intitulé Cable code et un catalogue, où ce système était 
appliqué aux commandes et à toutes les correspondances qui 
peuvent y donner lieu. C'est avec empressement que nous 
publions la lettre que MM. Vilmorin ont adressée au Comité de 
rédaction des Bulletins^ Personne n'est plus partisan que nous 
du principe : c Donnez à César ce qui revient à César(l) >. 

Fréd. Burvrnicu père. 


* 


Paris, 25 octobre 1890. 
A Monsieur le Rédacteur du Bulletin d'Arboriculture de Gand. 

Monsieur le Rédacteur, 

Dans le n" 9 de votre estimable journal pour septembre 
dernier, page 267, nous lisons, sous la signature de M. Fréd. 
BuRVfiNiGH père, une très intéressante remarque sur c Le télé- 
graphe au service de Vhortieulture » . 

Vos lecteurs apprendront peut-être avec plaisir que pour cette 
fois la vieille Europe n'a pas attendu, comme on pourrait le 
croire, que lexemple lui viut de la jeune et positive Amérique, 
pour mettre pratiquement le télégraphe au service de l'horti- 

(1) Au moment de mettre sous presse, dous recevons de la maison 
£. Bbnart d*Erfurt, son cable code, 2°>« édition. La première a paru en 
1880. C'est un beau volume cartonné de 105 pages. 


— 364 — 

cultare. C^est même exactement le contraire. Ceci étant, de 
i*autre côté de la « grande mare » on pardonnera, sans doute au 
vieuû^ monde de sortir de sa réserve habituelle et de faire une 
douce violence à sa modestie, dans Tintérét de la vérité. 
A Tappui de ce que nous avançons nous vous envoyons par la 

poste : 

1" Un exemplaire d'un code télégraphique publié par nous 
en 1877 pour faciliter l'échange des dépêches. 

2" Un exemplaire d'un prix-courant de graines et d'oignons à 
fleurs publié par nous le 3 septembre 1877, dans lequel se trouve 
appliqué, pour la première fois croyons-nous en horticulture, 
le système d'accoler un mot télégraphique à chaque variété 
pour la désigner dans les dépêches. 

De son côté, le code contient une liste de mots télégraphiques 
tirés de séries tout-à-fait différentes, pour donner des instruc- 
tions, pour désigner des quantités, des prix, de telle façon qu'à 
la simple inspection d'une dépêche on peut reconnaître, sans 
erreur possible, lès mots désignant les quantités, ceux désignant 
les marchandises et ceux s'appliquant à des instructions. 

En outre un simple changement de désinence peut servir à 
signifier qu'on désire savoir de suite, par dépêche, si Ton peut 
compter sur la quantité demandée ou sur le prix du dernier 
catalogue pour l'article en question. 

Pardonnez-nous, Monsieur le Rédacteur, la longueur de cette 
lettre, mais nous avons pensé que les détails qu'elle ajoute à 
ceux déjà fournis par M. Burvenich, pouvaient faire entrevoir 
à quelques uns de vos abonnés la possibilité d'adapter ce 
système à leurs propres affaires. 

Nous ajouterons que ce système n est ni breveté, ni déposé, 
et qu'il est donc à la disposition de tous. Nous avons même été 
très flattés de le voir successivement adopté de tous côtés, voire 

même en Amérique ! 
Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Rédacteur, l'assurance 

de notre considération distinguée. 

Vilmorin-Andrieux et Ç'". 


- 365 — 

Abies Donglafii. 

UAiies Douçlasi fat découvert, il j a environ un siècle, sur 
les bords de TOcéan Pacifique, au détroit de Nutka, par 
Menzies; il fut trouvé un peu plus tard par Lewis sur la 
rivière Golumbia; son introduction en Europe par David Dou- 
glas, dont il porte le nom, ne date que de 1825. Les premiers 
cônes en furent reçus à la Société royale d'horticulture de 
Londres. 

C*est un des Conifères les plus majestueux des forêts occi- 
dentales de TAmérique du Nord. Il est répandu entre le 43*' et 
le 52' degrés de latitude boréale et fournit les superbes mâtures 
connues sous les noms de sapin rouge et pin de Vancouver. 
On en a rencontré au Nord de la Californie, dans TOrégon et 
dans la Colombie anglaise, des exemplaires qui atteignaient cent 
mètres de haut et mesuraient, à un mètre du sol, plus de vingt 
mètres de circonférence (1). Les arbres de 60 mètres de hauteur 
y sont communs, avec une circonférence de 15 à 18 mètres. On 
en cite des forêts, notamment à Tembouchure de la rivière 
Willamette, dont la densité est comparable à celle d'une plan- 
tation de cannes à sucre, et dont les arbres serrés les uns contre 
les autres sont droits comme des flèches et entièrement dépour- 
vus de branches jusqu'à une hauteur de 60 mètres. Comme 
arbre d'ornement c'est un rival du Séquoia giçantea et comme 
celui-ci un arbre d'une belle forme pyramidale élancée ; étant 
isolé, il est garni de la base an sommet de branches d'un beau 
vert. 


(1) A rExposition internationale de Londres en 1862, on montrait dans 
la section de la Colombie anglaise une coupe horizontale ù! Abies Dou- 
çlasi de 2 mètres de diamètre. L'arbre était renseigné comme ayant une 
hauteur de 309 pieds, et son âge évalué à 354 ans. 

Ceux qui ont visité les Jardins de Kew ont dû remarquer le mât de 
sapin de Douglas qui s'y trouve dressé et qui y fut apporté de Vancou- 
ver. Il a 159 pieds de hauteur, 22 pouces de diamètre à la base et 8 pouces 
au sommet. L'arbre qui a fourni ce mât était âgé de deux siècles et demi. 
\Qard, Chron, 1861.) 


- 366 — 

^Malheureusement dang des situations pareilles, découvertes, 
il ne résiste pas à des hivers rigoureux, sauf de rares excep- 
tions. Le bel exemplaire que nous en possédions au Jardin 
zoologique de Gand, navait souffert que relativement fort peu 
du rude hiver de 1879-1880, tandis que les grands Séquoia 
avaient été mortellement atteints. Mais cet exemplaire était 
abrité du côté de TEst par un rideau d'arbres élevés. Les 
arbres isolés, il semble superflu de le dire, ue peuvent être 
considérés comme étant soumis aux conditions des stations 
naturelles, qui sont presque toujours des forêts. Dans le cas 
présent, nous estimons que VAbies ou Pseudotsuga Douglasi 
résisterait parfaitement aux hivers même exceptionnellement 
rigoureux qui dévastent parfois nos cultures, s^il était groupé 
en plein bois. A Paris, d*aprës les renseignements donnés par 
M. Ch. Bâltbt dans son ouvrage sur « VAcHon du froid sur 
les végétaux, » il a supporté, au Bois de Boulogne, — 26^ c. ; 
dans l'Allier il a résisté à — 25° c. ; il a gelé à — 28<* en 
Champagne, en Alsace, en Franche-Comté et en Lorraine. 
Nous saurons dans peu de temps quelle résistance il aura 
offerte au rude hiver que nous traversons actuellement. 

Il en existe quelques variétés dont les meilleures sont : A.Doth 
glasipendula. aux branches pendantes; A. D. Sùandiski, aux 
feuilles blanchâtres en dessous; A. D, taxifolia, moins élevé, 
plus large et plus massif. 

Le bois du Sapin de Douglas ressemble à celui du Mélèze; il 
est coloré en rouge et entouré d'une étroite zone d*aubier teinte 
en jaune clair. Il est dur et très résineux, tellement même que 
les éclats de bois mort brûlent comme des torches. Il est de 
qualité supérieure pour toutes les constructions. La disposition 
de ses racines qui sont à la fois traçantes et pivotantes le rend 
particulièrement apte aux transplantations; en outre, il dépasse 
tous nos arbres résineux par la rapidité et la vigueur soutenue de 
sa croissance. Il est assez indifférent à la nature du sol pourva 
qu'il soit profond et pas trop sec. Il vient très bien en plaine. 
En Angleterre il est considéré comme rustique; il en est de 




- 367 — 

mâmeen France. Des essais de plantations ont été faits en 
Saisse, notamment dans le canton d'Argovie, et en Allemagne, 
près de Baden-Baden : les résultats en sont très satisfaisants. 

Ém. R. 

Pèches tardives. 

Noos avons trouvé récemment dans la Eevue Horticole de 
Paris l'articule t suivant qui nous croyons devoir reproduire, 
parce quMl touche à une spécialité de la culture qui est malheu- 
reusement perdue de vue par la plupart des cultivateurs. 

c Conservation de la pèche Salwey(l). — Notre collabora- 
teur, M. J. RiCAUD, de Beaume, nous écrit la lettre suivante : 

c Beaume, 17 novembre 1890. 

f Je viens vous donner communication d'un fait qui me parait 
intéressant pour les amateurs de Péchas. 

< Le 12 octobre dernier j'ai récolté, sur un Pécher en espalier 
au levant, 15 pèches de la variété Salwej. Ces fruits étaient 
beaux, car ils peseient généralement de 240 à 250 grammes, 
avec 27 centimètres de circonférence ; leur coloration était 
superbe. 

« Une partie a été consommée presque tout de suite, c'est à 
dire huit ou dix jours après la cueillette ; mais j*en ai conservé 
5, surtout pour avoir occasion de les faire admirer plus long- 
temps, et pour constater aussi combien de temps elles se conser- 
veraient. 

« Or, ces 5 pèches se sont conservées sans aucune précaution 
extraordinaire, c'est-à-dire dans un simple fruitier, jusqu'au 11 
novembre, jour où elles ont été dégustées. La qualité en était 
bien supérieure à celle des premières consommées ; elles avaient 
surtout beaucoup d'eau et de parfum. 

c Sans me prononcer d'une manière absolue après un seul 
fait, je crois cependant pouvoir engager ceux qui cultivent cette 
variété à renouveler mon expérience. 

(1) La Revue Horticole écrit Sàlwa^. 


— 368 - 

• 

« Je dois ajouter qu'après cette observation d*un mois, mes 
5 pèches étaient aussi magnifiques d*aspect qu'au moment delà 
récolte. J. Ricaud. • 

« Nous engageons vivement nos lecteurs, ajoute \£l Revue Hor- 
HcoUy à se souvenir, l'année prochaine, à l'époque convenable, 
de la très intéressante observation de M. J. Ricaud ». 

Nous nous permettrons de faire remarquer que l'observation 
de M. Ricaud est loin d'être nouvelle. 

Il J a plus de 25 ans, nous avons appelé Tattention dans 
la Flore des serres et des jardins de Louis Van Houttb, sur 
les pèches tardives. C'est même ce qui nous a donné l'idée de 
consacrer un chapitre spécial à la culture retardée, dans notre 
ouvrage des Serres- Verger sW^ qui traite de la culture forcée et 
artificielle des arbres fruitiers. Et précisément nous avons écrit 
d'après feu Th. Rivers, le fameux promoteur de la culture 
des arbres fruitiers en pots, les lignes suivantes à propos de 
culture retardée : « Ce sont surtout les pèches tardives, spé- 
cialement les Pavies, qui sont propres à ce mode de culture. 
Les pêches ou ^2iV\e9 2iV[\ëv'\c2i\ue^ Tardive de Baldwiriy Ofçueil 
de r automne, Tardive de Gaither, Thomas' Novemher mûrissent 
vers la fin d'octobre dans leur pays d'origine (à Augusta, 
États-Unis). Nous pouvons donc espérer les faire mûrir à la 
mi-novembre et même plus tard. Il ne sera pas impossible 
d'en avoir parfois jusqu'à Noël, car les variétés tardives à 
chair ferme conservent assez longtemps leurs qualités. » 

Pour en revenir à la Pêche Salwey (qui a été obtenue par le 
colonel Salwey, d'un noyau rapporté d'Italie, et mise au com- 
merce par l'établissement Charles Turner de Slough), c'est une 
pêche à chair jaune comme celle d'un abricot, de maturation 


(1) Un volume gr. in 8*> de 468 pages. Ouvrage illustré de 134 figures 
représentant les applications des divers procédés de culture forcée et 
artificielle des arbres fruitiers en Angleterre, en Allemagne, en Hol- 
lande, en France, en Belgique, et de quatre planches hors texte. — 
Gand, librairie générale de Ad. Hoste, éditeur, rue des Champs, 
prix . fr. "7-50. 


— 369 — 

très tardive à l'air libre. C'est une variété à cultiver soas verre 
et qui avec Taide d'un pea de chaleur artificielle, acquerra les 
qualités de sucre et de vinosité qui lui manquent presque 
toujours dans nos climats. 

En tous cas, M. Rigâud a bien fait de signaler le fait de la 
conservation tardive de ces fruits dans les conditions ordinaires. 
Aujourd'hui que la culture sous verre tend à prendre de Tessor 
et à faire Tobjet de grandes exploitations, les cultures tardives 
ou retardées sont appelées incontestablement à fournir leur con- 
tingent à Talimentation des marchés. Éd. Ptnabrt. 


La température eu novembre et décembre 1890. 

Comme le mois d'octobre, le mois de novembre a été marqué 
en Belgique par des pressions généralement élevées et des tem- 
pératures dépassant la normale. Octobre a donné une série de 
beaux jours, tandis que novembre n'a pas offert un seul jour de 
sérénité complète; la nébulosité a été très considérable, les 
rayons du soleil excessivement rares, les brumes fréquentes et les 
précipitations d'humidité tellement fortes que l'eau mesurée à 
l'udomètre à l'École d'horticulture de l'État à Gand a été de 
99 millimètres, quantité de beaucoup supérieure à la normale. 

Jusqu'au 25 novembre, la température est restée élevée dans 
nos provinces; mais alors le vent a tourné au NE. et comme 
l'intérieur du continent était déjà très refroidi, puisque de 
St-Pétersbourg on signalait près de 20^ de gelée, le thermomètre 
s'est abaissé rapidement, après la bourrasque du 24 novembre, 
jusqu'à — 10»7 à Gand, à — 12«5 à Bruxelles, à — 16°2 à 
Arlon. Ce froid en novembre est sans exemple dans les annales 
météorologiques de notre pays; il a été presque constamment 
accompagné de brume et s'est continué sans interruption 
jusqu'au 20 décembre. Alors il y eu un peu de réchauffement, 
mais dès le 21 la gelée a repris et continue encore au moment 
où nous écrivons ces lignes, le 27 décembre. Tout le mois de 


— 370 — 

décembre a été fort brumeux, et les brouillards ont été très 
fréquents. En Flandre il j a eu peu de neige ; il en est tombe 
suffisamment à TEst du pajs pour garantir les champs ensemen- 
ces. A Paris, on a eu jusque 20* de gelée. Em. R. 


Bibliographie. 

L'Agriculture pratique, par L. Dumas (1). —C'est le titre d'un 
ouvrage de vulgarisation que vient de publier M. Léon Dumas, 
et que nous croyons appelé à rendre de grands services à tous 
ceux qui s*occupent d'agriculture. Les diverses sortes de terres, 
les engrais, les semences, les différentes cultures, enfin l'exploi- 
tation du bétail, de la laiterie, etc.^ font tour à tour Tobjet d*une 
étude approfondie, basée sur les documents scientifiques les pins 
complets; le tout est présenté de la façon la plus claire et la plus 
pratique. CVst l'œuvre d'un esprit lucide, et d'une expérience 
coDsommée. 

Zimmergàrtnerei^ par M. Lbbl(2). — Le livre que nous avons 
sous les jeux et qui est consacré à la culture des plantes daus 
les appartements^ fait partie d'une bibliothèque déjà très étendue, 
éditée sous le nom de « Katechismus » et ayant pour objet des 
spécialités des arts et des sciences. Dans notre domaine, nous j 
rencontrons entre autres les Katechismus der Botanily ier 
Nutzgàrtnerei, der Rosenzucht, der Zierçârtnerei, ces trois 
derniers par H. Jaegbr. Le nom de Lebl n'est pas moins favo- 
rablement connu dans le monde horticole, et le Katechismus der 
Zimmergârtnerei peut se passer de toute autre recommandation. 
Il est bien conçu et très complet. Le sol, le sable, les pots, les 


(1) V Agriculture pratique par LéoN Dumas, ingénieur agricole. 
Wesmakl-Charlier, à Namur. Prix : 2,50 francs. 

(2) VoL in-160, 290 pages avec 6 gravures. Leipzig, J. J. Webbr, 1890. 
Prix : % Marks. 


— 371 — 

cuves, les terrines, les soins que réclament les végétaax à 
l'intérieur des habitations : Tarrosement, le seringage, la taille, 
le drainage, la fumure, la disposition ornementale de la fenêtre, 
de la chambre, du balcon, les vases et les corbeilles, Taquarium, 
la multiplication, la culture et le choix des meilleures plantes 
d^appartements, tous ces points sont passes en revue et traités 
de manière à fournir à chacun les renseignements les plu;; 
précis et les plus complets. Le charmant petit livre se termine 
par quelques conseils sur la composition d*un jardinet de ville 
et peut servir de guide à l'amateur de plantes. 

Tableaux pour renseignement de la Botanique. — Le program- 
me le mieux combiné devient lettre morte quand la méthode 
fait défaut chez celui qui doit le développer devant de jeunes 
élèves, et les démonstrations bien faites contribuent plus que la 
théorie pure à rendre renseignement fructueux. Pour ces raisons, 
nous aimons à signaler aux instituteurs et professeurs les 
Tableaux de botanique publiés par M. Ëm. Laurent, professeur 
à rÉcole d^horticulture de TÉtat à Vilvorde. Ces tableaux 0) 
contiennent les premiers éléments d*un cours complet de botani- 
que agricole^ comprenant Tanatomie et la physiologie végétale. 
L'auteur n'a eu garde d'omettre les objets de ses études favorites, 
les cryptogames et les bactéries : nous l'en félicitons. 

Ém. R. 


Fioelles pour paillassons. Le Jardin, dans son n"^ du 
5 décembre, indique un moyen très simple de préserver d'une 
destruction trop rapide la ficelle employée dans le tissage des 
paillassons. M. Anfroy, le fabricant de paillassons d'Andilly, 
qui approvisionne tous les grands établissements de Paris et des 


(1) Dix-huit planches avec brochure explicative. G. Mayolez, éditeur. 
Place de l'Université, Bruxelles, 1890. Prix : 20-28 franc». 


— 372 - 

entirons, a fait des essais à Versailles, sur la ficelle à employer 
poar paillassons. Des pelotes de ficelles goudronnées et des 
pelotes sulfatées, enterrées côte à côte, se sont comportées 
tout différemment. Les ficelles goudronnées, après un an se 
réduisaient en miettes, tandis que les ficelles sulfatées auraient 
pu, à la rigueur, être encore utilisées. F, B. 


Nécrologie. 

M. Houllet, ancien chef des serres au Jardin des Plantes 
à Paris, est mort au mois d'avril dernier, à Fontenaj sous Bois, 
à Vige de 75 ans. Il fut un des praticiens les plus considérés de 
rhorticulture française. 


* 


B. S. Willlanis, chef du célèhre établissement horticole 
d^pper Hollowaj, est mort le 24 juin, à l'âge de 67 ans. Il fut 
l'auteur de VOrchid Grower's Manual et publia, avec la collabo- 
ration de M. Warner le Select Orchidaceous Plants et l'Orchid 
Album; d'autres écrits émanant de sa plume aidèrent à la vulga- 
risation d*une série d'autres plantes d'ornement. Tous ceux 
qui l'ont connu rendent hommage à sa sagacité, sa parfaite 
loyauté, sa haute impartialité, son extrême obligeance. Il était 
membre correspondant du Cercle d'arboriculture de Belgique. 




Alphonse Karr, le célèbre horticulteur niçois, est mort à 
Nice, le 30 septembre, dans sa 82°»* année. Publiciste original et 
fécond, ancien journaliste, connu dans le monde horticole par 
son Voyage autour de mon jardin^ il a rempli une belle et / 
longue carrière couronnée d'une réputation sans tache. )jU^ > 

Julius Niepraschk, directeur des magnifiques jardins de la 
Flora à Cologne, est mort le 14 octobre, à Tâge de 65 ans 
C'était un homme de cœur et d'intelligence. Il a créé de nom- 
breux parcs et jardins et jouissait comme architecte d'une 


— 373 - 

réelle renommée. Le Cercle d'arboricultare de Belgique loi avait 
décerné le diplôme de membre correspondant. 

Shirley Hibberd, le spirituel et fécond directeur du Garde- 
nets* Magazine, est mo^t le 16 novembre. Vulgarisateur d*une 
incontestable valeur, il mettait au service d'une activité rare, 
une vaste expérience, une courtoisie incessante, une loyauté et 
une impartialité à toute épreuve. Homme de cœur et d'esprit, 
il ne comptait que des amis, bien que sa vie presque entière fût 
consacrée à la publicité; on sait que ceux qui manient la plume 
ne sauraient écrire de manière à plaire à tous. Shirlet Hibberd 
était membre honoraire du Cercle d arboriculture de Belgique. 

ËM. R. 

Varia. 

Gisements de Phosphates. — Des gisements considérables 
de phosphates ont été découverts dans ces derniers temps sur 
plusieurs points de la Belgique et plus spécialement dans la pro- 
vince de Liège. La couche de certains dépôts est assez épaisse 
pour que l'exploitation donne des bénéfices suffisants. La 
découverte de ces gisements, due surtout à la chimie, constitue 
une nouvelle source de fortune pour les propriétaires des terres ; 
celles-ci, en effet, se louent à des prix élevés. C'est en même 
temps un grand bienfait pour l'agriculture qui fait une impor- 
tante consommation d'engrais phosphatés. 

Denrées alinientaires falsifiées. — Les laboratoires agri- 
coles de l'Etat, outre les services immédiats qu'il doivent ren- 
dre à l'agriculture, peuvent être directement utiles au commerce 
en général par les analyses qu'ils sont en mesure de faire. Les 
laboratoires officiels belges, au nombre de sept, ont eu à s'occuper 
de 11,835 analyses dont 836 substances alimentaires pour l'hom- 
me, la plupart reconnaes falsifiées. La hardiesse de certaines 
sophistications dépasse toutes les bornes. Que le poivre con- 


~ 374 ~ 

tienne 20 p. c. de verre pilé et du sable ; qae le beurre vendu 
comme par renferme jusqu'à 60 et 70 p. c. de margarine ; que 
la chicorée contienne de la terre de bruyère ou de la tourbe, tout 
cela est connu; mais qu'on mette de i'étain, de Tindigo et de 
la fuchsine dans les bonboDs; qu'on ajoute 70 p. c. de seigle 
torréfié à du café et que ce mélange soit garanti comme étant da 
café pur; qu'on nièle 25 p. c. de terre à la farine de moutarde, 
franchement cela dépasse toute prévision. Les aliments destines 
au bétail et les matières dites fertilisantes sont falsifiés dans les 
mêmes proportions. 

Culture de Champignons. — De vastes champignonnières 
ont été établies dans les carrières de Fauqaemont, Duc lié de 
Limbourg. Elles sont dirigées avec succès par un ancien élève 
de rËcole d'Horticulture de TEtat à Gand, M. Y. Romein. Les 
carrières deSt-Pierre près de Maestricht, qui sont fort étendues 
et analogues à celles de Montrouge, à Paris, pourraient être 
parfaitement utilisées de la même manière. 

* 

Gentiana lutea. — Cette superbe plante, indigène et assez 
commune dans la région montagneuse des Alpes, est en voie de 
disparaître par suite de l'arrachage inconsidéré qui en est fait 
pour l'industrie ; on sait qu'on en fabrique l'eau de vie de Gen- 
tiane. Le Gouvernement du Tjrol désire mettre un terme à la 
destruction qui menace la belle fleur jaune et le Landtag de 
Salzbourg a voté une loi interdisant l'arrachage des plants dont 
les racines mesurent moins de deux centimètres de diamètre. 
L'enlèvement des pieds ayant atteint ce développement est moins 
grave, parce qu'alors ils ont pu fleurir et disséminer leurs grai- 
nes. Il serait bon, dans l'ocourence, de favoriser l'élevage par 
semis. Pourquoi, d'ailleurs, puisque cest une plante industrielle, 
ne pas la cultiver spécialement? 

Le préfet de la Savoie vient d'interdire l'arrachage des Cj- 
ciamen dans le département de la Savoie. 


— 376 — 


4> 


Fleurs doubles. — Le professeur P. Nobbb, de Tharande, a 
établi par voie d'expériences, dont les résultats ont été publiés en 
1888, que les graines de Giroflées quarantaines qui gerraent les 
prenaières produisent des plantes se développant plus rapidement 
et donnent lieu à une floraison plus régulière et à des fleurs plus 
constantes; que ces plantes ont^en outre, un poids sec plus grand 
et sont plus vigoureuses que les plantes produites par des grai- 
nes à germination plus tardive. Enfin, on constate chez les 
variétés jardinières à fleurs doubles que les individus â fleurs 
doubles prédominent parmi les plantes issues de graines à ger- 
mination hâtive, tandis que les graines à germination lente 
produisent des individus dont la majorité sont à fleurs simples. 
Les expériences faites par le professeur Nobbe sur un nombre 
assez considérable de Pieds d'alouette et de Giroflées quaran- 
taines ont été refaites avec soin, dans des conditions analogues, 
par le personnel supérieur du Jardin botanique de l'Université 
de Gand| et les résultats obtenus ont été absolument les mêmes. 


* 


Les promenades publiques de Berlin, ses parcs et ses 
squares sont nombreux et étendus. Ils occupent une superflcie 
de plus de 528 hectares. Les arbres que Ton j trouve sont le 
Platane, le Peuplier de Hollande, le Hêtre, le Chêne, mais 
celui qui y domine est le Tilleul. M. ërn. Bergman, dans sa 
notice sur Berlin et sou exposition horticole de 1890, fournit 
sur le service pratique des plantations de Berlin des détails in- 
téressants. Le service pratique comprend un directeur, un 
inspecteur, 4 jardiniers principaux, 137 jardiniers, 600 ouvriers 
et 180 ouvrières. Le budget alloué pour Tentretien des planta- 
tions en 1890 et 1891 est de 549,321 fr. plus 146,600 fr. pour 
de nouvelles installations. Sur 203 rues et places, il j a à Berlin 
40,620 arbres d'alignement et, dans les cours de 138 écoles, 
4,800 arbres environ. 


— 376 — 

Une nouvelle Violette est signalée dans la Wiener Illustrirte 
Garten Zeitung, d'après VAmericm Florist. La feuille est plus 
longue que chez la violette commune; les fleurs sont d'un beau 
blanc strié et panaché de pourpre foncé; leur parfum serait 
exquis. Cette variété a été trouvée dans un jardin de Sjkes- 
ville par Miss Browning, fleuriste à Baltimore. 

Le peuplier géant ou gros arbre de Viohy. — Ceux qui se 
rendent à Vichj ne manquent pas de revoir le grand peuplier 
noir qui se trouve à Fextrémité nord du nouveau parc, tout près 
du petit lac Cet arbre qui est entouré d'un banc, mesure deux 
mètres de diamètre à un mètre du sol, et plus de quatre mètres à 
la naissance des grosses branches qui forment une tête de vingt- 
cinq mètres de diamètre. Quelques-unes de ces branches mesu- 
rent près de trois mètres de circonférence. La hauteur totale de 
l'arbre es*; d'environ vingt-six mètres. D'après M Carrière, qui 
signale dans la Revue Horticole, quelques arbres remarquables 
de Vichj, ce colosse n'aurait que quatre-vingts ans. Il fut planté 
à cet endroit lorsque la rivière l'Allier passait encore sur l'em- 
placement actuel du nouveau parc. 

La tenthrèdè du groseillier, Nematus rihié ou ' Mouche à 
scie, est un insecte de l'ordre des Hyménoptères dont la larve, 
qn'on a nommée fausse chenille, à cause de sa ressemblance à 
une chenille, fait un tort immense aux groseilliers. Elle com- 
mence ses ravages en mai et arrivée à tout son développement, 
vers la fin du mois, descend et s'enfonce en terre. En changeant 
vers l'automne la surface du sol, on prévient presque toujours 
l'invasion de l'année suivante. Toutefois, il est plus simple et 
plus sûr d'arroser les plantes, lors de l'invasion de l'insecte, 
ayec un mélange d'un kilogramme sulfate de cuivre et un kilo- 
gramme carbonate de soude dans quarante litres d'eau. On se 
servira du pulvérisateur. Ëm. R. 


TABLE DES MATIERES 

VOLDMB tSdO 


Pagres. 

Abeilles et les services de poste et de chemin de fer, par Fr fiurvcnicb 252 

Abeilles (Nourrissement des), par Fr. BnrTenich 20 

Abies concolor Lindl • 287 

Âbies Douglasi, par Ém. Rodigas 565 

m 

Âbricot-péche, par Ed. Pynaert 6!( 

Acer saccbarinum 352 

Ampélopsis Veitchi fol purpureis • 28 

Ananas (La culture de 1*) 12i 

Anan»s, plante textile 1^ 

Anémones hépatiques, par Em. Rodigas 23 

Anis vert 350 

A propos d*abeilles, par Ero. R 3i5 

A quel moment faut-il arroser? 92 

Araucaria imbricata 29 

Arbre géant • • • . • 319 

Arbres parasols^ par Em R 246 

Arbutus^unedo 191 

Asperges d*automne, par Em. Rodigas 141 

Azalea mollis glahrior, par Em. R 329 

Bambou, par Em R. . . . 278 

fietuwe (La) 64 

Bibliographie, par Em, Rodigas : 

Agriculture pralique, par L. Dumas • . 370 

Le Petit Jardin, par M. D. Bois 25 

Les Fougères rustiques, par H. Correvon 26 

Les fruits de choix pour vergers et jardins, par G. Michieis. . 25 

Liste descriptive des Chrysanthèmes, par M. 0. de Meulenaere, 189 

Tableau pour renseignement de la botanique 371 

Zimmergai'tnerei, par M. Lebl • . 370 

Billonnage, par H. J. Van Huile 326 

Boissons de Nèfles • 223 

Bouillie bordelaise, par Em. R 185 

Bouillie bordelaise contre le chancre 355 

Bouquet du vin 31 

Bourses horticoles à Bruxelles en 1890 160 

Bouturage intéressant, par Em. Rodigas . . 123 

Cacographie horticole, par Fr. Burvenich 74 

Cameliia géant 351 


- 378 — 

PageB. 

Campagnols (Guerre aux), par Em. R. . . • 24 

Canna (Les nouveaui), par Em. R 40 

Canning industry 287 

Cèdre du Liban ...... 63 

Céleris (Deux nouveaux), par Fr. Burveuich 72 

Centenaire du Dahlia 426 

Cercle d*arboricuIture de Belgique (Les viogt-ciuq premières années 

du), par Emile Rodigas 7 

ChamaecyparisBoursieri, parH. J. Van Huilé • .113 

Cbanvre de Manille 149 

Chasse aux truffes 90 

Chêne (Un vieux) 71 

Chou Fraise de Veau, par Fr. Burvenich 121 

Chronique apicole, par Fr. Burvenich 2 13, 25:2 

Chrysanthèmes (Parterres de), par Em. R ... 135 

Cocos australis, par Em. R. • 140 

Coloration des raisins, par Em. Rodigas 137 

Comment on massacre les noms 127 

Comment on propage le goût des fleurs en Hollande 286 

Confrérie des tueurs de Moineaux ...» . 362 

Congrès agricole et forestier à Vienne, en 1890, par Ff. .1. Van Huile . 70 

Conifères pour petits jardins, par Em. Rodigas ....... 143 

Conifère utile, par Em R 167 

Conseil d'administration du Cercle d*arboriculture de Belgique . . 4 

Cresson de fontaine, par £m. R 232 

Culture de champignons 374 

Culture des abeilles 70 

Culture des Kakis du Japon, par Em, R 275 

Culture du Noyer 339 

Cultures fruitières en Angleterre, par Em. R 60 

Culture retardée'des arbres fruitiers, par Ed. Pynaert 210 

Dahlia à feuilles pourpres • 49 

Dahlia à fleurs de Cactus, par Em. Rodigas 56 

Danemark 94 

Dapbne indica, par Em. R 231 

Décortication des Vignes, par H. J. Van Huile lit 

Denrées alimentaires . 373 

Deux nouveautés 288 

Deux heures à flaarlem, par Em. Rodigas 108 

Destruction du ver blanc par le sulfure de carbone, par Em R. . . 4S 

Développement de la culture maraîchère, par Em. R 299 

Disposition utile des jardins botaniques, par Em. R. . , , ^ , i42 


- 379 - 

Distinction à M. H. J. Van Huile l52 

Distinctioni honorifiques. M. Baltet, par F. B 226, 300 

Distribution de plantes potagères nouvelles aux membres du Cercle 26 f 

Dragonnier (Le plusgrand) 30 

Droits d*entrée sur te Raisin de primeur, par Ed. P 297 

Eau de vie de Stachys • 336 

Ecole de laiterie et de fromagerie . i f 

Ecole d'horticulture de TËtat à Gand ........ 23b, 506 

Ecole d*horticuIture et d'agriculture d'Âlnarp 126 

Edelweiss, par Em. R 313 

Elèves admi^ à PËcole d'horticulture de PËtat à Gand ..... 313 

Encore la pomme de TEstre, par Em. Rodigas 311 

Encore le centenaire 93 

Enseignement agricole primaire, par Em. Rodigas .*.... 83 

Eremurus bucharicus 139 

Ëschscholtîa californica 31 ^ 

Essences d'arbres propres aux places publiques, par H. J. Van Huile 227 
Examens d'arboriculture à l'Ecole d'horticulture de l'État à Gand 236^ 28i 
Eiamens de sortie de TEcole d'horticulture de l'Etat à Gand . . . 233 
Expériences sur le pincement long de la Vigne, par Fr. Burrenich . 558 

Expositions annoncées 91,128,138 

Exposition de Mont St-Amand, par Em. Rodigas . 133 

Exposition florale à Bruges, par Ëm. R 116,556 

Exposition .florale è Namur, par Ëm. Rodigas 220 

Exposition générale d'horticulture à Berlin, en 1890, par Van Bulle 28, li5 

Fabrication des essences parfumées 12i 

Fausse chenille 52i 

Faut-il arroser les arbres en hiver? par Ëm. R 156 

Faux café, par Ëm. R 76 

Ficelles pour paillassons 571 

Fixation des sables dans les dunes, par Ëm. R 55 

Fleurs comestibles, par Ëm. R 67 

Fleurs doubles • 575 

Floraison du Stachys 93 

Fraise Edouard Lefort, par Em. R • * 150 

Fraises (Les meilleures), par Em Rodigas • 151 

Fraisiers perpétuels, par Fr. Burvenich 528 

Fruits de luxe, par Em. Rodigas . 46,117 

Fruits et fleurs aux Halles de Bruxelles 9i 

Fruits verts et fruits nuisibles à la santé publique, par Em. Rodigas 218 

Fumigation des serres 32, 6i 

Garantie générale agricole , ,...,,«,•.•, 92 


- 380 — 

Pages, 

GenisU Andreana, par Fr . Burvenicb , iîi 

Gentiana lutea • . 374 

Gisements de phosphates • • 373 

Greffage des arbres • • • . . • .187 

Groseillier à grappes Fay*s new Prolific • * 63 

Guêpes en 1890, par Fr. Burvenicb 276 

Guerre aux campagnols, par Em. R. 2i 

Gynerium i25 

Haricot nain Shah de Perse, par Fr Burvenicb 89 

Haricot Prodige à rames à grain vert . . • • 361 

Herbier général analytique, par Em. R • . • . 2^ 

Insecticide du chimiste C. Mohr . 134 

Institution d*un cours d*agriculture pour soldats, par Fr. Burvenicb . 114 

Iris de pleine terre, par H. J. Goemans 236 

Iris reticulata 162 

Iris Sari var. lurida 80 

Jardins de Tantiquité, par H. J. Van Huile ... .... 99 

Jasmin blanc . 312 

Jubile (Un), par Fr. Burvenicb 61 

Jute ou chanvre de Bengale 64 

Kakis (Encore les) 138 

Knipbofia ou Tritoma 316 

Légumes nouveaux ou peu répandus, par Fr. Burvenicb . . . 168,201 

Liège du commerce ••• 96 

Lilas (nouveaux), par Em. R 6 

Lilas rosés, par Ém. R. 122 

Liquidambar, par Em. R. . 207 

Lis du Japon . . 32 

Lis du Japon en prime . i^ 

Longueur des noms de variétés, par Em. R 27 

Lumière électrique 35i 

Magnolia parviflora • . , . i^ 

Maladie des Caféiers au Brésil, par Em. R 242 

Malheureux échanges 30 

Marronnier colossal ^^ 

Marronniers à Paris 300 

Maux et remèdes, par Ém. R 29i 

Meetings horticoles 318 

Melons de garde, par Ém. R • ^^ 

Mimusops ballata • 305 

Ministère de TAgriculture en Angleterre ^ 

Mitsuba Seri, par Ém, R , . ^^ 


— 381 — 

Pages* 
Monmnent Roeil . . • • 19i 

Biorina betonicoidas 96 

Mûrier (Encore le), par Fr. Burvenieh 331 

Mûrier noir, par Éd. Pynaert ^ . . . . 289 

Naphtaline en apiculture; par Fr. Burvenieh 263 

. Nécrologie^ par Ém. Rodigas : 

Courtois (Jules) 192 

d*Ayoinc (Hippolyte) 62 

Dubreuil(A.) 130 

Hibberd (Shirley) . ...... 375 

Houllct 372 

Rarr (Alphonse) 372 

Sene]ar(F.) . 192 

Williams (B. S.) .372 

Nos arbres fruitiers en Australie, par Em R 309 

Notes apicoles, par Fr. B 307 

Nourrissement des abeilles, par Fr. Burvenieh 20 

Nouveau brugnon, par F. B 296 

Nouveaux hybrides de Streptocarpus, par Éd. Pynaert ... . . 248 

Nouvel ennemi de la vigne 317 

Nouvelles variétés de Crassula hybrides, par Ed. Pynaert .... 130 

Nouvelle violette 376 

Nymphaea eultivés pour la fleur, par Ém. R , . . 71 

Oignon perle, par Fr. Burvenieh 337 

Oignons précoces, par Fr. Burvenieh 87 

Orme géant 128 

Ormes malades, par H. J. Van Huile . . 195 

Orme {Un bel) 78 

Oxalis crenata 316 

Pâquerette d'Europe 287 

Piirc public à Zaandam 190, 223 

Pèche Belle Impériale, par Fr. Burvenieh 273 

Pèche précoce de Haie, par Fr. Burvenieh 97 

Pèche Souvenir de Gérard Galopin, par Fr. Burvenieh 291 

Pèches et Nectarines, par Em. R. . • 144 

Pèches tardives, par Ed. Pynaert 367 

Pelouse rouge, par Em. Rodigas 327 

I Peuplier géant 376 

I Peut-on prémunir la Pomme de terre contre la maladie et peut on la 

l guérir ? par £. Thienpont 173 

Pincement long de la vigne, par Fr. Burvenieh 262 

Plantations fruitières le long des routes 75, 102 


— 382 - 

Plantes alpines 95 

Plantes aux prises avec la vermine (Nos), par H. J. Van Huile . . 163 

Plantes cultivées par les enfants . , • • 157 

Plantes demi rustiques, par H. J. Van Huile Zil 

Plantes de rapport, par H. J. Van Halle . , 2i5 

Plantes et luminaire 136 

Plantes vivaces à fleurs bleues, par Ero. K SiO 

Planteur mécanique • • . . 28 

Poire Beurré Ghaudy, par Fr. Burvenich 193 

Poire Beurré d'Hardenpont, par G. de Cherville 41 

Poire Beurré Gambier, par Fr. Burvenich • . . ICl^SOS 

Poire Favorite Moral, par Pr. Burvenich f29 

Poire Fondante de Noël, par Em. R 308 

Poire Mansuette de Bougnies, par Fr. Burvenich S 

Poire Souvenir Desehamps, par Fr. Burvenich ^ . 3â2( 

Poiriers pour la culture en espalier, par Em. R . 55 

Polygonum lanigeruro 233 

Pomme Calville des Prairies . • 3S3 

Pomme de TEstre, par Gustave Micbiels et Emile Rodigas .... 257 

Pomme Ribston Pippin, par Ed. Pynaerl • . • . 35 

Pomme de terre Richter*s Imperator, par Em. Rodigas 77 

Pommes de terre, par H. J. Van Huile 269,301 

Pommes de terre japonaises 94 

Pommes empoisonnées 159 

Poudre de Pyrèthre 351 

Pour conserver les clous 63 

Précautions pour l'biver, par H. J. Van Huile 265 

Prévision du froid nocturne, par Em. Rodigas 139 

Primevères de Tunnan, par Em. R 154 

Prix des fruits et légumes, jadis et aujourd'hui 357 

Production de pommes 224 

Production des pécbes en Amérique 96 

Produits des abeilles 22,294 

Promenades publiques de Berlin 375 

Protection ou libre-échange horticole, par H. J. Van Huile. . . .119 

Prune des Béjonnièrcs, par Em. R 255 

Prunus eerasifera Pissardi, par Fr. Burvenich 206 

Prunus Simoni et Prunier Kelsey 127 

Pulvérisateur Loumaigne 192 

Quinquina dans Plnde «... 50 

Quoi planter? par H. J. Van Huile 33i 

Raffia sulfaté 203 


: 


— 383 - 

Réglisse en Floride ...•..• 125 

Rapport de rAssemblëe générale da Cercle d*arb. de Belgique . 36 

Remède contre les chenilles 223 

Remèdes contre les maladies de la Pomme de terre, par Em. Rodigas . 88 

Réparation judiciaire • . • • 321 

Ronces cultivées, par Em. Rodigas 208 

Rosa rugosa, par Em. R 268 

Rose Félicité Perpétue, par Fr. Burvenich 238 

Roses d* élite, par Em. R 451 

Roses en décembre, par Em. R 32 

Salisbnria adiantifolia 32 

Sambueus raccmosa plumosa 317 

Sauterelles 190 

Sciadopitys verticillata 28 

Séchoir Ryder 92 

Semis d'Églantier 112 

Sempervirens, par H. J. Van Huile 79 

Sentiers dans les jardins, par Ém. Rodigas i8 

Séquoia gigantea 288 

Séquoia sempervirens 316 

Société horticole de secours mutuels 137 

Société néerlandaise d*horticulture et de botanique 31 

Société pomologique américaine 22i 

Sources du malaise des arbres des boulevards, par H. J. Van Huile 279 

Soy a hispida 1 58 

Spiraea millefolîum 115 

Spiraea opulifolia 107 

Statice Suworowi 12i 

Sulfate de fer en arboriculture, par Ëm Rodigas 59 

Tasmanie 286 

Télégraphe au service de Thorticulture, par Fr. Burvenich . . 267, 363 

Température en novembre et décembre 1890 369 

Température de Teau d*arrosage. . • . • 29 

Tenthrède du groseillier 376 

Tetragonia expansa 310 

Tilleul de Kadier-en-Keer 159 

Tilleul (Le), par Fr. Burvenich 81 

Tomates à Nice 125 

Trains de fleurs 126 

Variétés de fraises peu répandues, par Fr. Burvenich 225 

Variétés fruitières adoptées par le congrès pomologique de France, 

variétés rayées 533 


— 384 — 


Pages. 

Variétés Douvellës de Chryanthèmcs du Japon, par Éd. Pynaert . . . f 8f 

Végétation anormale, par J. T '. . . . • > • . 2^0 

Vieux arbres 190 

Vigne épineuse 519 

Vignes pour décoration de tables, par Fr. Rurvenicb 5if 

Vignobles de la Tunisie 63 

Vin elle cidre dans PAubc 191 

Violettes à fleurs pleines, par Em. R 514 

Flanches coloriées. 


3. Abricot-Péche. 

i. Chainaecyparis Bour^icri. 

8. Fraises (variétés peu répandues) 

10. Mûrier noir. 

-7. Poire beurré Chaud y. 

, 6. Poire beurré Gambier. 


_ 5. Poire favorite Morel. 
' 1. Poire maiisuette de Bougnies. 
1 1 . Poire souvemr Deschamps. 
't2. Pomme calville des Prairies. 
_9. Pomme de TEslre. 
^2. Pomme ribston pippiu. 


Pèche précoce de Haie. 


Flanche noire. 


Figures. 


11. Aubergine blanche naine . 168 
% Cage pour nourrissement 

au sucre 22 

3. Céleri Pascal plein blanc 72 

4. Céleri rave géant de Prague 73 
23. Charpente pour rosiers sar- 

menteux 259 

12. Chou de Milan de la S» Jean 169 
10. Chou Fraise de Veau . . J2I 

13. Chou frisé de Mosbach . .170 
16. Chrysanthème Mrs Alpheus 

Hardy ISi 

ii. Concombre blanc long 

parisien 171 

9. Crassula hybride (Rochea 

X j<*sminee coccinea) . 105 
8. Crassula hybride (Rochea 

X jasmineO'falcata). . 10>i 
22. Cresson de fontaine . . 235 


Pttfçes. 

25. Fraisier remontant Belle de 

Meaiix 328 

7. Haricot nain Shah de Perse. 89 
37. Haricot Prodige à rames à 

grains vert .... 361 

17. Laitue pomme d'or . . . 201 
21. Mello-exlracteur . . . 217 

i . Nourrisseur avec passoire. 20 

26. Oignon perh 337 

6. Petits oignons de Mulhouse 

ou de Cambrai ... 88 

18. Piment célestial. . . . 202 

19. Pois mange tout de St- 

Désirat 203 

15. Pulvérisateur Loumaigne. 177 

2i. Streptocarpus .... 2i9 

5. Tilleul à feuilles larges . 81 

20. Tomate Champion . . . 204 


ÉTABLISSEMENT HORTICOLE 

. E. FRANCKEN, 

Architecte -Paysagiste, 

J'offire pour la saison les Conifères suivants 

en très belles pkmles, bonnes molles : 


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